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d'Angleterre et lui demanda de l’argent et des soldats. Elisabeth et ses vieux confidents Burleigh et Walsingham reconnurent que l’intérêt du royaume était de soutenir Henri IV contre la ligue et contre Philippe II; ils comprirent qu’il fallait mettre obstacle au triomphe définitif du catholicisme sur le continent, et qu’occuper en France les forces espagnoles, c’était les affaiblir dans les Provinces-llnies et garantir le sol anglais d’une seconde invasion La demande d’Henri IV fut accueillie, il reçut vingt mille livres sterling et quatre mille soldats qui rejoignirent sa petite armée en Normandie près d’Arqoes, où il obtint un glorieux succès et se vit en état de reprendre l’offensive et de marcher sur Paris.
Tout souriait alors à Elisabeth : la destruction de la grande Armada mit le comble à sa gloire et à sa popularité : elle avait vaincu par sa marine, et sans l’assistance de l’armée formée en hâte, à l’approche du péril, d’une foule d’hommes accourus des divers points de l’Angleterre, pour la défense de leur pays et de leur religion, et qui avaient été réunis en deux camps, dont l’un aux environs de Ja capitale, sous les ordres du comte de Leiccster, grand maréchal du royaume. Ce puissant seigneur, après avoir provoqué par sa présomption et son incapacité, le ressentiment et la haine des Provinces- Unies que son devoir était de secourir, avait été rappelé en Angleterre l’année précédente *; mais dans cette cir-
1 . Walïingham écrivit «lors aux était d’Allemagne ta sujet d'Henri IV ; « ta bonne issue de la cause commune gît en U tie et bon portement de ce roy. Le mal qui lui peut advenir nous accablera tout qui courons la même fortune. • (♦5 octobre 438$. State paper office.)
2. Leiceister, dit Hume, est le seul mauvais choix qu’ait fait Élisabeth pour
Él'sabetli assiste Henri IV.
Mûri du coinle de
Leiccster.
constance, comme en plusieurs autres, il sut rétablir auprès d'Elisabeth, par son adresse de courtisan, son crédit ébranlé par les plaintes légitimes dont sa conduite politique et militaire avait été l’objet. Il ménagea un nouveau triomphe à sa souveraine en la recevant au milieu de son camp à Tilbury, où Elisabeth passa l'armée en revue et reçut un accueil enthousiaste. Leicester se vit alors au |>oint culminant de sa fortune. La reine créa |>our lui une charge nouvelle ajoutée à tontes celles qu’il possédait déjà, cl lui conféra une distinction sans exemple, en le nommant lord lieutenant d’Angleterre et d'Irlande '. Mais, en atteignant au faîte, ce favori fameux louchait aussi au terme de ses grandeurs et de sa vie. Il avait licencié l'armée par l'ordre d’Elisabclh * et retournait à sa résidence de Kémlworth lorsqu’il fut saisi d’un mal violent dont il mourut soudain. Il fut un des hommes qui s’élevèrent le plus haut sans aucun talent véritable et qui surent le mieux maîtriser la fortune sans mériter ses faveurs. Les écrivains contemporains lui ont refusé toute bonne qualité, toute vertu et ne lui accordent l»oint d’autres avantages personnels que ceux des dons
commander de* eipéditioni intpviianlr». Los Hollandais le soupçonnèrent de vouloir abuser tic l'autorité dont il était revêtu pour attenter h leur liberté. Leur défiance remonta jusqu'à lu reine : celle-ci, convaincue de l’importance d’une alliance étroite avec Ici Étals-Généraux, rappela Leiccslcr : il eut pour successeur dam le commandement général «les ferres de teire et de mer des Provinces Lnirs, le fameux Maurice de Na«sau , prince d’Orange, fil» de Guillaume le Taciturne, âgé de vingt ans seulement.
4. L’ordounaoce était prèle et n’attendait plus que la siguature de la reine lorsque les remontrances de Burleigh et du chaiictdicr Uullun la firent hésiter.
2. L’armée composée tout entière d’hommes de bonne volonté fut licenciée et renvoyée dans ses foyers après la destruction de l’Armada espagnole.
extérieurs unis aux séductions d'une parole insinuante et adulatrice: ils lui imputent les forfaits les plus noirs, masqués sous les apparences d’une piété fervente 1 : on l'accuse, entre autres crimes, d’avoir fait périr sa prc micre femme pour contracter la royale alliance qui tentait son ambition *. Il fut remplacé dans le cœur d’Elisal>elli par son beau-fils le jeune Robert d’Evereux 3, comte >,CUI “*l"*uk d’Essex, en possession de tous les «Ions qui lui man- Cl’",le J quaient à lui-même, courtisan généreux, guerrier habile et magnifique, le plus brillant et le premier des chevaliers du royaume, et que la plus haute fortune ne garantit (tas contre une fin sanglante et prématurée.
La première grande entreprise militaire à laquelle il prit part fut une expédition tentée sur la côte de Portugal. L’émotion causée par l’Armada de Philippe II avait été profondément sentie dans toutes les classes de la nation en Angleterre, et à la joie du triomphe avait suc- , (
cédé le désir de la vengeance. Les communes s’associè- minée rent en 13K9 à ce sentiment général et présentèrent ie p0"'ugai. une pétition à la reine, pour la prier de punir l’audacieuse tentative de Philippe 11 contre son peuple en portant la guerre dans ses états. Elisabeth accueillit ce vœu; mais son trésor, dit-elle, était vide; elle ne put qu’inviter ses sujets à faire les fonds nécessaires et à s’associer pour cette grande entreprise qu’elle promit de seconder, par l’envoi de quelques vieilles troupes et de