‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 19 sur 224 · LIVRE III. Clf.l l’ITHE II · texte numérisé non relu

LIVRE III. Clf.l l’ITHE II

Imnaux, décapitant les juges, les jurés et les gens de loi. Le torrent dévastateur se dirigea sur Londres, sous la conduite du couvreur Wat-Tyler 1 et d'un prêtre démagogue, Jacques Straw : cent mille hommes se rassemblèrent en armes à Black-Heath, où ils proclamèrent l’égalité des hommes, l’abolition de toutes les dignités et de toutes les taxes, sauf celle du quinzième qu’avaient payée leurs pères; ils entrèrent ainsi dans les faubourgs de Londres, sur la rive droite de la Tamise, requérant impérieusement l’affranchissement immédiat de tous les serfs; ils ne voulaient pas, disaient-ils, d’un roi du nom île John, désignant ainsi le duc de Lancastre, chef du conseil; mais ils consentaient à demeurer fidèles aux communes et au roi Richard, s’il faisait droit à leur requête. A l'approche du péril, le jeune roi, avec la princesse de Galles, sa mère, et les principaux dignitaires de l'Église et de l’État, s’étaient jetés dans la Tour de Londres : les insurgés se répandirent dans Soutliwark; ils démolirent plusieurs maisons cl incendièrent le mobilier de l'archcvcque, à Lambelh; ils franchirent le |>ont et s’avancèrent jusque sous les murs de la cité, dont la populace leur ouvrit les ]>ortes, et durant toute une nuit d’horreur et d’épouvante, la capitale fui en leur pouvoir : on vit alors quelques-unes des scènes hideuses qui, reproduites en France après cinq siècles, ont rendu une époque récente exécrable : les prisons furent démolies, le magnifique palais de Savoie, chef-d’œuvre de l’art et résidence du duc de Lancastre, fut livré aux flammes;

4. Cet homme tirait son nom de sa profession, nat -tylcr signifiant Gautier le couvreur.

HIC IfARD II.

quiconque ne répondait pas au mot d’ordre des insurgés, était immédiatement mis à mort; les Flamands surtout étaient en butte à leurs cruautés, plus de soixante de ces malheureux furent égorgés aux acclamations d’une multitude forcenée '. Le jeune roi, dans cette crise terrible, donna des preuves d’un grand courage et d’une présence d’esprit supérieure à son âge : il tint conseil, et trop faible jiour combattre ouvertement l’insurrection, il essaya de négocier; il assigna Mile-End pour rendez-vous aux insurgés, et annonça qu’il accueillerait en personne leurs demandes. Il sortit à cheval de la Tour, avec une suite peu nombreuse, et s’avança jusqu’au lieu désigné, où il se vit immédiatement entouré de soixante mille pétitionnaires en armes. Leurs demandes , plus modérées qu’on aurait cru, se réduisaient à quatre : ils requéraient l’abolition de l’esclavage, la réduction de la rente des terres à un taux égal et uniforme, la franchise d’achat et de vente aux foires et marchés, et une amnistie générale. Richard souscrivit à ces vœux : des chartes conformes furent rédigées à la hâte, copiées pour chaque paroisse et revêtues du sceau royal. Mile-End fut immédiatement évacué : les pétitionnaires, presque tous des comtés voisins, se retirèrent, en apparence satisfaits, et le roi put croire l’insurrection apaisée. Elle sévissait alors avec fureur où il n’était pas. Tyler et Straw l’ayant vu sortir de la Tour, s’y élancèrent avec quatre cents hommes : l’archevêque célébrait la messe et fut massacré à l’autel ; le confesseur du roi et cinq de ses officiers eurent le même

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