II
Utile conduis «lu roi
sorl. Lue bande d’insurgés força les ap|>artrincnts royaux, d'où la princesse de Galles, mère du roi, fui eiuporlée évanouie; les furieux sondèrent sa couche axer leurs épées; puis, sortant de la Tour saccagée, ils se répandirent dans les rues, portant sur des piques les tètes de leurs victimes et dressèrent sur le pont de Londres leurs sanglants trophées
Le roi traversait alors Smilh-Kield, suivi de soixante cavaliers seulement : tout à coup il aperçut Tyler, venant à sa rencontre, à la tète de vingt mille insurgés. Tyler avait rejeté successivement toutes les chartes qui lui avaient été présentées, et voyant Richard, il lit arrêter les siens et s’avança seul. Dans le colloque qui s’engagea entre eux, Tyler gesticulait avec son poignard et s’était enhardi jusqu’à porter la main sur la hride que tenait le roi ; le lord-maire Walworth, indigné, le frappa à la gorge, de son épée : Tyler blessé piqua son cheval, a quelques pas de là il tomba et fut achevé par l’écuyer du roi, Robert Standish.
Richard courait alors un danger immense; déjà les insurgés bandaient leurs arcs pour venger sur lui la mort de leur chef : une heureuse audace sauva le roi; il s'élança seul vers les rebelles. « Mes amis, leur dit-il, me voici, que me voulez-vous' Tyler était un traître : c’csl moi ipii suis votre chef, je suis votre roi; demeurez en paix et suivez-nioi. » Saisie d’admiration pour cette action hardie, la multitude obéit et suivit le roi en silence; mais déjà le bruit de son danger s’était répandu , une troupe de mille hommes d’armes accourait, réunie à la hâte par le lord-maire et sir Robert Knowles : à leur approche, une foule d'insurgés se jetè-
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rent à genoux et demandèrent merci : Richard les couvrit de sa protection et les renvoya tous en paix dans leurs demeures : défense fut faite en son nom, sous peine de mort, à tout étranger de passer la nuit dans la cité de Londres
L’insurrection avait fait de grands progrès dans le sud et dans l’est : les propriétaires épouvantés se tenaient cachés dans leurs châteaux, sans oser rien entreprendre pour la commune défense : un seul homme , Henri Spenscr, évêque de Norwich, lit preuve de résolution • il prit les mesures nécessaires pour arrêter ce torrent furieux : armé de toutes pièces, il marchait lui-même au combat et rétablit l’ordre dans plusieurs comtés. La mort de Tyler étouffa la rébellion et valut au roi une armée: de toutes'parts il reçut des offres de secours et se vit rapidement à la tète de quarante mille cavaliers; il révoqua alors les chartes d’affranchissement qui lui avaient été arrachées par la violence et comprima par la force les restes de l’insurrection épars et encore menaçants dans les provinces : de nombreuses et cruelles exécutions accompagnèrent sa triste victoire et furent ordonnées par le juge Tressilian, qui acquit dans cette occasion un renom exécrable.
Le parlement suivant fut marqué par un fait digne d’attention : Richard, après avoir révoqué les chartes qu’il avait données aux serfs et aux vilains de son royaume, exprima le désir qu’ils fussent affranchis par un acte légal, et fit soumettre à l'examen des deux chambres une proposition tendant à abolir toute servi-
WuUiiifjham. — Knyp.lilon. — Froissard.
Fin de U
rébellion.
LIN RE III. CH Al*ll HK II.
tudc en Angleterre. Les lords et les communes furent unanimes (tour la rejeter, et la révocation des chartes royales fut ainsi légalement confirmée par l’autorité du parlement Un pardon général fut ensuite accordé aux rebelles à l’occasion du mariage du roi avec Anne de Bohême, fille du dernier empereur Charles IV et sœur de Wenceslas, <pii lui succéda sur le trône impérial.
La conduite ferme et prudente du jeune roi, pendant cette rébellion formidable, faisait espérer un règne glorieux; mais Richard, emporté par la fougue de l'âge, se livra trop aux plaisirs et s’aliéna imprudemment. ses proches en donnant toute sa confiance à ses deux principaux favoris, La Pôle et de Vere, dont il créa l’un comte de Sufl'olk, chancelier du royaume, el l’autre comte d’Oxford et duc d’Irlande. Ils provoquèrent, moins par leurs actes que par les grâces dont ils étaient comblés, les ressentiments des trois oncles du roi, les ducs de Lancastre, d’York et de Glocester.
Le premier entraîna l’Angleterre, pour son intérêt propre, dans une nouvelle el stérile entreprise. 11 avait épousé Constance, tille aînée de Pierre le Cruel , roi de Ktjrfdiiioo Castille : à la mort de ce prince, il fit valoir les droits .lu duc (jc ^ femme à ia couronne, et, dans le but de l’obtenir,
<ie Uncastre
en R sollicita du |iarlemenl des subsides pour conduire une ,sp.gnï. eXp^ijuon ,,n Espagne. Richard n’y mit point d’obstacle. <|3*«) Déjà des scènes tragiques avaient éclaté dans l'intérieur de la famille royale : le jeune roi soupçonnait deux de ses oncles, Lancastre et Glocester, d’avoir voulu l’assassiner; il appuya la demande du premier et saisit cette