‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 192 sur 224 · D’Ewes, p. 6<i · texte numérisé non relu

D’Ewes, p. 6<i

Mission de Rosny eu

Ai»|;lelerre.

Contention entre Elis» bd 11 et

lleuri IV.

jets concouraient sur ce point avec ceux que formait Henri IV pour assurer la paix du monde. Ce prince, le plus grand roi du xvi* siècle était venu à Calais au commencement de l’année i 601 : la reine d’Angleterre lui députa quelques-uns de ses principaux officiers pour l’inviter a franchir le détroit, et afin de rendre leur entrevue plus facile, elle se rendit de sa personne à Douvres *, où le roi cependant ne put la visiter. Il envoya à sa place son ministre Rosny, qui reçut <l 'Élisabeth le plus grand accueil, et avec qui elle s’ouvrit sur les projets mutuels qu’elle nourrissait en commun avec Henri IV depuis plusieurs années. Ces grands projets furent alors débattus et arrêtés avec Rosny : il fut convenu entre eux, que les deux souverains emploieraient tous leurs efforts pour décider les rois protestants d’Ecosse, de Danemark et de Suède à se joindre à la France, à l’Angleterre et à la Hollande; que les six états, unis par une association intime, travailleraient en commun à mettre dans une

1. Je me crois fondé a nommer ainsi Hem i IV qui unissait, à la grandeur des vues de Charles Quint el à l'habileté consommée d’Flisabelb, quelques rayons du cœur de Mini Louis. — D'après l’opinion récent mou I exprimée par un célébré éctivain protestant, Léopold Raoke, les traits principaux du caractère de ce prince éiaienl : la fermeté, le courage, l’énergie active, la dignité que donnent le sentiment du droit au pouvoir et d’une grande mission a remplir. Tout cela se combinait en lui avec l’idée du devoir, avec des vues étendue*, généreuses, patriotiques el avec un grand fond» de bonté naturelle. Henri secrul jusqu’à la fin, dit lemèmc auteur, appelé an grand rôle de modérateur religieux de l'Europe. (Ratike , llit/oire de France.)

2. Elle lui écrivit de Douvres une lettre remplie des termes de la plus viveaffection : • Je m’étais promit ce bonheur, dit-elle de vous embrasser des deux bras, comme étant votre très-loyale sœur cl fidèle alliée, et vous, ce mien cher frère que j’aime et honore plus que chose au monde. [Mémoires de Sulht, an 1601.)

ELISAUETH.

complète indépendance lu Hollande et la Suisse; qu'ils agrandiraient ees deux républiques des provinces enlevées à la maison d’Autriche, donnant à la Hollande les dix provinces belges, à la Suisse la Franche- Comté, l’Alsace, et le Tyrol; que la confédération, grossie de ces nouveaux peuples, enlèverait l’empire à la branche allemande et rendrait de nouveau électifs les royaumes de Bohème et de Hongrie. Il fut arrêté, en outre, que les confédérés feraient lout ce qui dépendrait d’eux pour qu’à l’avenir les trois religions, la catholique, la luthérienne, et la calviniste, subsistassent à côté l’une de l’autre sans se nuire, qu’ils travailleraient enfin à établir, entre les monarchies formant les principaux états de l’Europe, une égalité de puissance qui garantit l’indépendance de tous Telle fut la convention célèbre qui, sans être formulée en traité, fut formellement agréée par Henri et par Elisabeth et qui eût épargné à l’Europe un demi -siècle de guerre, si l’exécution n'en eût été prévenue et rendue impossible par la mort de ses auteurs.

La reine approchait du terme de ses jours mais il lui fut encore accordé de voir a ses pieds $es ennemis. La guerre continuait en Irlande où Tyrone avait pris le nom d’O’Neal et s’était fait reconnaître pour roi par les insurgés. Il reçut d’Espagne un renfort considérable (septembre 1601). Philippe 111 qui, à cette époque, convoitait sérieusement peut-être pour l'infante Isabelle sa sœur, le trône d’Élisat eth, tenta de s’assurer

1. Voyez le» O Economies royales ou Mémoires de Sully dan» la collection Petitot, l. IV, p. 35-46. L’aulhcitlicilé de celle nmiivc confidentielle de Sully a olo parfaitement «Ha Mie par M. Poirson, dans ton excellente Histoire du régne 4' H cnn H\ i, il, p. 884.

Suite et fin de

la guerre en

Irlande.

Maladie

de

la reine.

d’abord la possession de l’Irlande, et, jugeant le moment propice, il envoya dans l'ile,au secours de Tyrone, quatre mille Espagnols, sous les ordres de don Juan d’Agnilar. Celui-ci débarqua à Kinsalc et invita le peuple enlier à s’insurger contre l’hérétique Elisabeth dont la déchéance, dit-il, avait été solennellement prononcée par plusieurs pontifes Le nouveau lord lieutenant Montjoy ruina ses plans par une conduite habile et hardie : il prévint la jonction des insurgés avec les Espagnols et tint ceux-ci assiégés dans Kinsale, où Tyrone tenta sans succès de les secourir. Enfin à la suite d'un heureux combat sous les murs de cette place, Montjoy força d’Aguilar a capituler : les Espagnols se rembarquèrent, et Tyrone, bientôt après, fit sa soumission et se rendit prisonnier. Cette victoire et l’enlèvement d’une riche cargaison d’or appartenant à l’Espagne furent les derniers événements militaires du règne.

Elisabeth avait étouffé la révolte dans ses états, vaincu ses ennemis au dehors, porté aux extrémités du monde la gloire et la terreur de son nom, et elle ne goûtait plus ni ses |*rospérilés ni ses triomphes : elle souffrait d’un mal étrange et nerveux dont plusieurs fois déjà elle avait senli les atteintes, et un noir chagrin s’empara d’elle. Quelques auteurs l’ont attribué au repentir, aux cuisants regrets de la mort d’Essex. Cette catastrophe sanglante laissa sans doute des traces profondes et douloureuses dans l’âme d’Elisabeth, mais elle ne suffit point pour expliquer son inconsolable tristesse , sa mélancolie

I. Le paj»e Clément VIII asait accu nié «les indulgences plénières aux insurgés comme a tous ceux nui prcndiaicn! les armes cnntic Llisjlnili pour le comte de Tyrone (Caimlcn, p jlô.)

ELISABETH

sombre el mortelle Cette reine si superbe et si impérieuse avait à son tour reconnu son maître; le temps inexorable s’était appesanti sur elle : en vain, pour s’abuser sur ses progrès, avait-elle essayé de dissimuler avec elle-même ; elle avait récusé ses miroirs et déclaré faux et trompeurs les portraits qui reproduisaient ses traits flétris a ; elle avait nié sa faiblesse croissante, ne retranchant rien de ses exercices accoutumés, imposant à son corps presque septuagénaire les fatigues des festins, de la chasse et du bal 3, s’efforçant enfin de faire accroire aux autres el de croire elle-même qu’elle ne changeait point, parce que rien ne changeait autour d’elle. De toutes parts cependant lui étaient venus des avertissements douloureux et sinistres : elle voyait déjà tous les esprits préoccupés de l’attente d’un nouveau règne; les mécontents s'enhardissaient, les murmures comme les espérances allaient croissant : des négociations étaient suivies avec l’étranger pour sa succession prête à s’ouvrir ; les ministres, les hommes le plus en crédit auprès

! . Depuis la dernière conspiration, quoique le péril fut passé, elle semblait menacée d'un ennemi invisible. Elle était devenue d’une irritabilité extrême, frappait du pied et tenait a la main une épée qu’elle enfonçait avec rage dan» la boiserie de «on appariement (Harrington, Suqa: antiquœ, I. I, p. 3l8.

7. Elisabeth fil à ce sujet une proclamation ott elle annonçait qu’il serait fait de sa personne un portrait officiel : elle défendait en même temps d’exposer ou de reproduire aucun de ses portraits antérieurs, tous défectueux, disatiellc, et ceux qui voudraient la peindre seraient tenus de se conforme i exactement au modèle qui serait donné. Voyez Luigaid.

3. Elle continua jusqu'à 1a fin ses promenades annuelles dans les châteaux delà noblesse, où la musique, les jeux et lesdauscs occupaient ses heures. {Lettre de Henri Howard nu comte de Mar, 1002.) L’anuée qui précéda celle de sa mort elle ouvrit le bal avec le duc de Nevers (de Keaumcr, t. il, p. 180.' Elle avait même alors un nouveau favori, le comte de Clcnricarde, que llcaumcr nomme a tort Clancarty, t. II. p- 183.

Si 4

d’elle, engageaient d’avance au roi d’Écosse leur concours et leur foi *. Elisabeth avait vu Essex lui-même négocieravec Jacques pour le même objet, et maintenant les forces avec le courage l’abandonnaientI. 2; la religion qui éclairait son intelligence n’échauffait pas son coeur : rappelant le passé, elle trouvait, dans ses souvenirs, moins de sujets de consolation et d’espérance que de regrets et d’effroi ; elle craignait de mourir et elle sentait les approches de la mort.

Transportée a Richmond, sa faiblesse augmenta et repoussant tous les secours de l’art, elle passa plusieurs jours dans les soupirs et les larmes, s’entretenant avec ses familiers des plus tristes épisodes de son règne, et de temps en temps, sou humeur aigrie s’échappait en éclats violents et terribles. Elle se dit obsédée par des fantômes, son lit l’épouvantait, l’éclat des lumières blessait sa vue et elle se tint trois jours et deux nuits assise sur des coussins, au milieu de sa chambre, les yeux habituellement fixés sur le plancher, dans une muette stupeur, sourde aux exhortations des lords du conseil et des prélats qui l’entouraient, refusant toute consolation et toute nourriture; et comme son ministre Cécil la conjurait de se mettre au lit en lui rappelant quelle devait à son peuple de prendre soin d’elle-même, elle s’emporta contre lui jusqu’à la fureur, fit sortir tout le monde à l’exception du lord amiral son parent : elle

I . Voyez, sur loi négociai ions secrètes du roi d'Krosse avec Cécil, les Mémoires de Birch, i. Il, p. 514 -5 1 ».

1. A l'ouverture de son dernier parlement, elle voulut paraître dans l'appareil de la royauté, elle fle> bit tou» le poids : le garde de» sceaux la soutint : il fallut remporter.

ELISABETH

Si»

l'appela prés d’elle el lui dit : «Je sens un joug de fer sur mon cou : je suis enchaînée, vous dis-je, je suis morte » Elle consentit enfin à s’aliter, et dans la dernière nuit de sa vie, ses ministres essayèrent d’obtenir qu’elle déclarât son successeur. D’après un témoignage authentique, Cécil lui nomma successivement le roi de France et le roi d’Écosse, puis enfin lord Beauchamp, né du mariage secret de Catherine Grey et de lord Hereford : à ce mot, la reine, muette jusqu’alors, répondit irritée : « Je ne veux pas d’un homme de rien sur mon trône a. » D’autres documents dignes de foi attestent qu’elle nomma positivement pour son successeur le roi d’Ecosse. Le lendemain, en la présence de l’archevêque de Cantorbéry, Whitgift, et de ses chapelains, la reine fut invitée par Cécil à confirmer le choix de la veille, mais elle était trop faible pour parler, et portant la main à la tète, elle fit le signe d’une couronne, indiquant ainsi qu’elle voulait un successeur qui fût roi. Elle vécut encore deux ou trois jours, attentive aux pieuses ex-

Le docteur Lingard a tiré ces délai!* précieux du manuscrit de miss Souihwell, demoiselle d'honneur de la reine, cl qui fut témoin de ses derniers moments. Camdcn, dans son récit, rapporte h peu près les mêmes paroles, p. 910. Celle dernière scène prouve suffisamment que ce ne fut pas le repentir ou le regret de la mort d'Essex qui abrégea les jours d'Elisabeth, autrement elle n’eùt pas retenu près d'elle et jusqu'à la fin, dans la plus grande intimité, le lord amiral comte de Noitinghani et mortel ennemi d'Essex.

2. Lingard dit, d’après miss Southwell, un fils de misérable. Camden, qui n’était pas présent, attribue la réponse suivante à la reine : Nolim ut vilis mthi sucadat^ p. 912. Catherine Grey, sœur de l'intéressante et infortunée Jeanne Grey, paya cruellement aussi l’honneur de sa royale naissance : elle avait épousé en secret et sans l’aveu de la reine, lord Uereford : Elisabeth ne reconnut pas ce mariage et retint la malheureuse Catherine en prison où elle mourut le cœur brisé après une captivité de cinq aunéet.

Mort

«I ’KI i»ahet h .

Son caractère «I sa

politique.

liortalions du primat qui ne la quitta plus, et donnant ses | h: usées à de pieuses lectures et à la prière. Elle expira sans agonie le 25 mars dans la soixantedixième année de son Age et le conseil lit aussitôt proclamer comme héritier de la couronne le roi d’Ecosse Jacques VI, au milieu du deuil public et de l’inquiétude générale.

Elisabeth par son caractère, par son génie et la longue durée de son règne, exerça la plus grande influence sur l’Angleterre et sur son siècle, et elle mérita par quelques-unes de ses qualités, l’admiration de ses contemporains et les éloges de la postérité. Elle offrit d’ailleurs aux regards, dans sa personne comme dans sa vie, des oppositions nombreuses, un singulier mélange d’ombre et de lumière. Vaine et dissimulée à l’excès, pleine de caprices, de jalousie et de ruses, portant les prétentions à la beauté jusques dans une vieillesse avancée, et tirant encore une vanité puérile du litre de reine vierge qu’elle se donnait à elle-même 2 : rappelant d'autre part son père Henri VIII par son orgueil, par son despotisme, par ses persécutions cruelles, parsesempor-

1. Selon Turner, Elisabeth n’avait a sa mort que soixante-sept ans. J'ai adopté l'opinion générale.

2. Le docteur Lingerd, très-partial contre Elisabeth, a recherché avec un soin minutieux tout ce qui pouvait porter quelque atteinte b sa réputation morale : Sharon ïurner nous semble avoir réuni avec plus de succès toutes les preuves qui tendent à établir que scs mœurs repèrent pure? (Modem histonj o f En gland part lhe second, edit. 4°, p. 707-720), et nous croyons re curieux problème résolu de la façon la plus probable par le témoignage que rend, duns tes mémoires, a Elisabeth, le français Michel de Castelnau en ces termes : « El si l'on l'a voulu taxer faussement d'avoir de l'amour, je dirai avec vérité que ce sont inventions forgées de scs malveillants et ès cabinets des ambassadeurs, pour dégoutter de son alliance ceux auxquels elle rut été utile, lis. ni. rhap. I". »

kl.ISVBETH.

tements et ses vengeances : tantôt plus qu'un homme et tantôt moins qu’une femme 1 ; mais reine avant tout, et possédant mieux que personne le grand art de gouverner, d’inspirer le dévouement en commandant l’obéissance2. Son orgueil, si redoutable à la noblesse, aux évêques et aux puissants, s’effaçait dans ses rapports avec les humbles, avec les bourgeois et les paysans; elle visitait les pauvres comme les riches dans ses excursions annuelles, s’entretenant avec les plus obscurs de ses sujets d’une manière affable, s’enquérant de leurs besoins et de leurs vœux, prenant à leur bien-être un intérêt sérieux, habile enfin à s’assurer, par tous les moyens, une popularité durable.

Parmi toutes les causes qui concoururent à la réputation de cette, puissante reine et à sa grandeur, il faut compter la fortune qui ne l’abandonna jamais et sans laquelle les plus grands efforts demeurent stériles : ce fut la fortune qui empêcha scs innombrables ennemis de se concerter et de l’écraser en l’attaquant tous ensemble; ce fut elle qui permit à Elisabeth de vaincre Philippe 11 avec des forces très-inférieures et de lui survivre. Leur lutte fut le grand spectacle de l’Europe, au

1. tfuÿ/r antiquœ, I. I. p. 345. — Lettre de sir Robert Cecil à sir John Harrington, 29 niai 1003.

2. L’exemple le plut remarquable de l'attachement qu’Elirabclh avait su inspirer a tes sujets et de sa popularité, est celui que donna un écrivain nommé Stubbc, condamné a perdre une main pour avoir centuré trop vivement dans un pamphlet le projet de mariage entre Elisabeth et le duc d’Aojou, en exprimant la crainte que ce prince catholique, s’il devenait le mari de la reine, ne prit trop d’ascendant sur elle. Après l’exécution de la sentence, ayant perdu la main droite, il leva son chapeau de la main gauche et cria : Longue vie à la reine Elisabeth. (Voyez Strype, lit, 480.)

xvi* siècle ou l’on vit en présence les intérêts les plus considérables du monde moderne, ceux des deux religions qui se disputaient l'avenir : leur but fut aussi différent que le génie des deux peuples soumis à leur sceptre, mais tous deux montrèrent pour l’atteindre une égale énergie, un même mépris pour les droits sacrés de la conscience humaine. Cette dernière assertion pourra sembler étrange, appliquée à Elisabeth dans laquelle on a voulu personnifier le génie même du protestantisme, établi en Angleterre par son frère Edouard et défendu par elle dans son royaume comme en Europe. C’est une grave erreur : tout intérêt à ses yeux fut subordonné à raffermissement du sceptre dans ses mains et à la forte constitution du pouvoir royal, tandis que Philippe II subordonna tout, même sa puissance et ses entreprises, dans la dernière période de sa vie, au grand intérêt du catholicisme, se considérant comme le premier soldat de l’Eglise, comme le ministre armé du Saint-Siège, toujours enclin à voir dans tout mouvement d’indépendance ou de rébellion, un attentat contre Dieu même : Elisabeth au contraire, considérait toute protestation contre le culte rétabli par elle, tout effort pour se soustraire aux prescriptions de son Église, comme un crime contre elle-même et contre sa prérogative dont elle était plus jalouse que ne le fut jamais aucun roi. Philippe se fit un devoir d'être impitoyable; il répandit le sang à flots par motif de conscience, par fanatisme religieux : Elisabeth en versa pour sa cause personnelle et par raison d’Élat.

Si l’Angleterre qu’elle tint un demi -siècle sous sa main puissante a gardé un respect religieux pour sa mémoire, c’est que, pour les peuples, il y a un grand pres-

KI.IS A Ht I 11 .

tige dans le spectacle de la force intelligente et longtemps victorieuse, c'est qu’ils sont indulgents pour ceux qui les servent et dont l’ambition, même excessive, se déploie utilement pour leurs intérêts, c’est qu’Elisabeth fit beaucoup avec peu et obtint salis prodigalité des résultats immenses et populaires : elle maintint la paix à l’intérieur, rendit au dehors l’Angleterre redoutable, vainquit l’Espagne, triompha du papisme armé contre elle et de ses doctrines subversives de l'indépendance de 1 autorité civile', donna l’essor nu génie national, domina sur les mers et révéla aux Anglais le secret de leur force et de leur puissance : la postérité s’est montrée reconnaissante, et en jugeant l’œuvre d’Elisabeth, elle a aussi tenu compte des périls de si situation, des innombrables difficultés quelle eut à vaincre et qu’elle surmonta.

I. 'Angleterre a la fin <lu XVI- aiêele. — Religion, gouvernement, iinluatrie, population, commerce, mature, coutume,, etc. — Homme, célébrés din> Ire lettre», dans la politique et la guerre. — Consi.léralion» générale».

Le caractère principal du gouvernement d’Elisabeth est la réunion du pouvoir religieux et du pouvoir civil dont la concentration mit en ses mains une force irrésistible parce qu’elle fut populaire. Il suffit, pour en être

4. Le Saint-Siège •'attribuait le droit Je délier le» sujets du ferment d'obéissance et de fidélité envers leurs princes temporels. La proposition contraire est exprimée dans le premier des quatre articles de la fameuse déclaration de l'assemblée du clergé de K rame en 1685, ou Bossuet a résumé les doctrines fondamentales de l'Kgltse gallicane.

Page 1