‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 193 sur 224 · II · texte numérisé non relu

II

*»:io

LIVKE IV. Cil A NT H K 111.

lal religieux «lu pivs.

convaincu, île reconnaître que les violences auxquelles son gouvernement se porta envers les catholiques et les puritains ne furent ]>oinl au nombre des abus contre lesquels protestèrent ses parlements C’est un des problèmes historiques les plus difficiles à résoudre que de savoir comment un peuple d'un caractère grave et religieux passa trois fois d’un culte à un autre sans guerre civile, sans profonde secousse, rompant avec Rome sous Henri VIII, adoptant la doctrine du protestantisme avec Edouard VI, revenant au catholicisme sous Marie pour le rejeter de nouveau sous Elisabeth. D'excellents esprits ont conclu de ce singulier phénomène dont l’histoire moderne n'offre peut-être aucun autre exemple, qu’il n’y avait dans la nation, vers le milieu du xvi* siècle, qu'une très-faible minorité, soil de catholiques fervents*, soit de protestants très-zélés, et que la très-grande masse du peuple flottait incertaine entre ces deux religions, ne considérant comme essentiels que les points qui leur étaient communs à l'un et à l’autre.

Cette opinion semble confirmée |>ar plusieurs faits particuliers a l’histoire de ce royaume où les doctrines de Wicleff, le grand précurseur de Luther, s'étaient infiltrées et répandues longtemps avant la révolution du xvi* siècle. Déjà au commencement du xv*. ses secla-

1. Voy M k ce sujet les reflétions judicieuse* de M. Ilallain, llisl. cou si . d'Angl., c. iv et v.

2. Le cardinal Rcnlivoglio, dit M. Macaulav, dans le compte qu’il donne de l’état de l’Angleterre à cette époque, évalue, non sans raison, au trentième seulement de la population le nombre des catholiques très-sérieui, tandis qu’il porte auv quatre cinquièmes le nombre de ceux qui auraient été aisément rameuta au catholicisme si ce culte eût prévalu dans l'État. (Eisaisur ta rie de lord Rurlcigh, par Nare.)

ÈUSABKTM. N31

leurs. nommés loi lards, étaient nombreux dans toutes les classes de la nation, et nous avons vu sous Henri IV, les communes provoquer, par deux pétitions relatives aux biens d’église, l’exécution des mesures qu'ordonna plus tard Henri VIH, et l’appropriation d’une grande partie de ces biens aux besoins de l’État L'autorité de la cour romaine n'avait eu en aucun temps des racines aussi profondes en Angleterre que dans les états du continent, et déjà depuis plusieurs siècles, le parlement avait décrété contre les prétentions du Saint-Siège soit louchant la juridiction soit en matière de disci[dine et de collations de bénéfice par les célèbres statuts des provisions et de prœmunire

Les esprits furent ainsi préparés à admettre la révolution commencée |>ar Henri VIII ; mais qui ne fut consommée que sous le règne suivant. Nous avons vu celleci rendue facile dans les liantes classes par l'affaiblissement de la noblesse décimée et ruinée dans les guerres civiles, par le soin que prit Henri de l'intéresser à ses réformes en lui donnant une large part dans les dépouilles des biens d’église, par la soumission traditionnelle et effective des évêques au siège primatial dont le roi disposa selon ses vues : elle s’accomplit sans secousse dans les régions inférieures parce qu’elle y fut d'abord presque invisible et qu’elle s'ofiéra ensuite lentement et par des degrés insensibles, le clergé ayant conservé sa hiérarchie, et le peuple ses églises, ses sanctuaires, ses jours fériés, un grand nombre de ses céré-

Page 1