‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 197 sur 224 · V K K IV. C.MAI’ITRK III · texte numérisé non relu

V K K IV. C.MAI’ITRK III

douanes, «le garde et de tutelle, «l'octroi de monopoles, de confiscations el d’amendes. Elle était donc, à cette époque, en possession de nombreux privilèges qu’elle n’a plus aujourd'hui et dont chacun était incompatible avec la liberté des sujets, et les historiens «lu règne rapportent une multitude d’actes <|iii ne sauraient émaner que d’un pouvoir arbitraire et absolu

On aurait tort d'en conclure que ce pouvoir immense, ait été alors considéré comme usurpé ou tyrannique : Elisabeth l’exerça avec l’assentiment général, sans l'appui d’une armée ou d’aucune force étrangère : ses mesures les plus despotiqiii's frappaient non sur le peuple en masse, mais individuellement sur les particuliers, et elle fut toujours habile* à se concilier l’opinion populaire, soit en l’associant à ses rigueurs contre les hommes puis-

étaient alors vi» a-vi» de la couronne. Elisabeth s'attribuait le Jioil de les déposer el il parait, a quelques exceptions près, qu’ils donnaient lieu a de graves reproches, et que, dans le pillage (••‘itérai des biens d’église, ils prirent grand soin d’eux -mêmes el de leurs familles, les ministres les plus intègres d'Elisnheih ne se firent aucun scrupule de participer a celte spoliation : C'rtl ainsi que William Cecil entoura sa maison de Rurleigh de domaines qui avaient appartenu au siège de Pét< rb«>rough : WaUingbam seul donna l’exemple d’un noble désintéressement. (Hallain, ttf snprà.)

4. On *e ferait difficilement une idée aujourd’hui en Angleterre des restrictions innombrables apportées par le gouvernement d'Elisabeth aux libertés de ses sujets. Ils ne pouvaient, sans son autorisation, sc réunir pour lire l’Ecriture sainte ou pour conférer sur des matières de religion. Personne dans la noblesse n'elait libre de *e marier sans l'agrément du souverain («ij : il fallait l'obtenir pour, voyager a l’étranger : la reine s’arrogeait une autorité absolue sur le commerce extérieur : aucune marchandise ne pouvait être importée ou exportée sait» son consentement.

«* i)ini une lettre justificative iiirriièc par le comte J’Eeaei aut ton)* «lu consul à ton retour A li lande, il m plaint qu’on ait fait subir on long emprisonnement au comte Je Soaltuiaplon coupable d'avoir épousé sa < «vaine »»ns l'aveu de la reine. Birch, Mrnton ti, il, 122.

ELISABETH

sauts de la noblesse el du clergé, contre les papistes et les dissidents, soit en se montrant préoccupée dos intérêts publies dans les questions générales relatives aux subsides, ii l'industrie et au commerce. Aussi ne s’éleva-t-il contre son gouvernement aucune opposition sérieuse ou marquée d’un caractère national, et en jugeant Ivlisabeth il ne nous appartient pas de nous montrer, pour ses contemporains, plus difficiles ou plus exigeants qu’ils ne le furent eux-inèmes. On v i t alors en Angleterre ce qui s’est produit souvent ailleurs, dans des temps agités, entre les justes craintes de lu guerre civile et de la guerre étrangère, on y vit les sujets plus préoccupés de l’indépendance du pays que des liliertés intérieures, plus jaloux de grandir en force et en richesse que d’étendre leurs immunités ou leurs privilèges. La concentration de l'autorité dans une main habile et vigoureuse fut un besoin universellement senti ; il y eut harmonie à cet égard entre le génie du souverain et le vœu public, et le poids du sceptre se perdit dans la prospérité du règne.

Malgré toute la fermeté île la reine et les rigueurs de son gouvernement, la police du royaume laissait encore beaucoup à désirer. Un document contemporain, digne d’une attention sérieuse *, nous a transmis l’exposé des désordres commis durant l’année 1 59<> dans le seul comté de Somerset : nous y voyons quarante condamnations capitales, soixante-douze personnes condamnées aux |ieines corporelles de la marque el du fouet : l’auteur nous apprend que la cinquième partie des crimes commis ne-

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