LIVRE III. Cll.tMTKK III
Traité Je TmiJM.
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à Henri V, qui reçoit de la reine Isabeau, sa tille, Catherine de France, en mariage. La cérémonie nuptiale se célèbre à Troyes et, dans celte môme ville, Henri et Charles VI signent le traité célèbre par lequel la couronne de France, conservée nominalement par Charles VI durant sa vie, était dévolue après lui à perpétuité à Henri V et à ses descendants. L’administration du royaume devait être, pendant la démence du roi, confiée à Henri V qui promettait de maintenir la juridiction du parlement ainsi que les droits des pairs, des nobles, des cités, villes et communautés de France, et de gouverner chaque état selon ses lois et usages. Ce traité fut bien accueilli des Parisiens, réduits aux plus terribles extrémités par un blocus rigoureux * et il reçut l’approbation des États que le roi convoqua et présida dans la capitale. Mais Henri V prit à tâche de détruire le nouveau peuple qu’il devait gouverner; et ses cruautés rendirent au dauphin le cœur des Français. Déclaré par le parlement déchu de ses droits au trône, le jeune prince erra longtemps fuyant devant les armes anglaises : la victoire de Ueaugé ranima ses espérances : une armée de paysans français, soutenue par six mille Écossais, sous les ordres du fameux John Stuart, comte de Lluchan , avait défait près de lfeaugé , en Anjou , le duc de Clarence, frère de Henri V. Ce prince périt dans le combat avec douze cents Anglais2. A cette nouvelle, Heuri accourt de nouveau sur le théâtre de la
1 . Il faut lire il ce »ujel le Journal d’un Bourgeois de Paris
2. En r&ompcme de ce brillant fail d’arme» , Charles V** le comte de r.uihan connétable Je Fiance.
HENRI V
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guerre; il traînait à sa suite le jeune roi d’Écosse avec l’espoir que sa présence désarmerait les Écossais au service du dauphin, et bientôt la prise de Meaux lui soumit toutes les provinces septentrionales de la France jusqu’à la Loire, à l’exception de l’Anjou et du Maine.
Exalté par ses nouveaux succès, Henri V entra triomphalement dans Paris avec la jeune reine Catherine, sa femme, et présenta au peuple son fds nouveau-né.
11 ne jouit pas longtemps de sa haute fortune; un K«i*uia mal secret minait depuis plusieurs années sa santé et Henri v. résistait aux efforts des médecins. Sentant sa fin approcher, il se fit transporter au château de Vineennes et là perdit rapidement tout espoir de guérison. Il s’émut alors en pensant aux dangers qui environnaient le ber- Sc« a..ril;tr. > ceau de son fils et, appelant près de son lit de mort diipo.inon». son frère, le duc de Bedfort, et quelques autres seigneurs, il remit à leur loyauté sa femme et son enfant : il les exhorta à demeurer entre eux dans la paix et dans l’union pendant la minorité du jeune prince, son ttls, leur recommandant de ne point relâcher le duc d’Orléans et les autres chefs faits prisonniers à Azincourt avant que le nouveau roi fût devenu majeur, et surtout de ne jamais faire la paix avec Charles , soi-disant dauphin, sans stipuler la cession de la couronne de France ou du moins du duché de Normandie et d’Aquitaine en toute souveraineté. Enfin : nomma le comte de Warwick tuteur de son (ils, et son frère, le duc de Gloccster, lord protecteur du royaume. Il rappela combien
I. Ce prince, qui lui lacqucs 1er, clait deja prisonnier «le* Anglais depuii sciic ans.
Mort
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10<i LIVRE III. CHAPITRE III.
il importait de cultiver l'alliance et l'amitié du duc de Bourgogne en exprimant le vœu que la régence de France lui fût offerte, et il demanda qu’à son refus elle fût donnée à son cher frère le duc de Bedfort. Henri V ayant alors appris des médecins qu’il n’avait plus que deux heures à vivre, entendit cet arrêt sans trembler, se confessa, et consacra scs derniers instants à des pratiques de piété. Il expira dans toute la force de l’àge, le 31 août de l’année H24. Son corps fut transféré à Westminster où scs funérailles furent célébrées avec une magnificence inouïe. Jamais roi ne se rendit plus populaire par ses conquêtes ; jamais aussi on ne vit en aucun temps plus rapprochées les pompes de la victoire et celles de la mort. Le peuple garda un culle pour la mémoire de ce prince, et visita le tombeau du roi Henri, comme s’il eût été uw saint en paradis'.
Ce prince ne fut pas seulement un grand capitaine, il posséda encore tous les talents d’un profond politique ; nul ne sut mieux que lui exciter la division parmi ses ennemis et tirer |>arli des événements, mais il négligea ou dédaigna de gagner l’aircction du peuple sur lequel scs victoires l’avaient appelé à régner. L’éclat que cellesci jetèrent sur son règne , en flattant la vanité des Anglais, maintint constamment la bonne harmonie entre le roi et le parlement. Henri avait besoin de beaucoup d’argent {tour l’entretien de ses armées; les communes lui en accordèrent autant qu’il en demanda, et lui donnèrent, pour sa vie, les droits de tonnage et de pondage et les taxes sur les laines. Le roi, en retour, se montra