‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 68 sur 224 · Hotul. Pailcmcut · texte numérisé non relu

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HENRI VI

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danl; Somerset sortit de prison, recouvra la cliarge de sa délivrance, gouverneur de Calais et ce fut au duc d’York à trembler.

11 s’éloigna ivre de vengeance, appelant à lui scs partisans et ses nombreux vassaux. Somerset avait pour lui l’impérieuse Marguerite et, par elle, le roi, toujours docile aux volontés de la reine : la querelle des deux rivaux, également exaspérés et implacables, était parvenue à ce point extrême où elle ne pouvait plus être vidée que jiar les armes. Toute la nation se partagea entre les deux maisons d’York et de Lancastre; des marques distinctives furent adoptées par chacune : les partisans de la première arborèrent comme signe de ralliement la rose blanche, ceux de la maison de Lan- Koie £*tnc|ie castre la rose rouqe, et ces gracieux emblèmes de la . *■

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fraîcheur et de la beauté donnèrent leur nom .à l’une des guerres les plus désastreuses et les plus sanglantes dont l'histoire fasse mention.

Marguerite rallia autour d’elle et du roi tous ceux que les liens du sang ou des services antérieurs attachaient à la maison de Lancastre. Les comtés du nord étaient fidèles à sa cause; Percy et Clifford lui amenèrent des renforts du Northumberland et du Cumberland et son parti comptait, avec eux, parmi les chefs les plus éminents après Somerset, le duc de Buckingham, Edmond Hatham, comte de Richmond et Jasper Hafield, comte de Pembroke. Ces deux derniers, frères utérins du roi, étaient issus du second mariage de sa mère, Catherine de France, avec Ovven Tudor, seigneur du pays de Galles, et souche de l’illustre maison des Tudor, qui régna plus d’un siècle sur l’Angleterre. Les comtés de l’ouest et du sud et surtout lu ville de Londres étaient

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favorables a» duc d'York, qui par son mariage avec lady Cécile Neville avait gagné l’appui de ses frères les puissants comtes de Salisburv et de Warwick. Celui-ci, qui fut nommé le faiseur des rois, est la plus grande figure de cette sanglante époque. Il n'était pas moins célèbre par sa bravoure que par sa magnificence et l’on assure qu'il nourrissait journellement trente mille personnes dans les nombreux fiefs et châteaux qu'il possédait en Angleterre. 11 était l’idole du peuple et ses nombreux clients obéissaient à ses volontés plus qu’au souverain ou aux lois. 11 fut, dit un historien célèbre, le plus puissant aussi bien que le dernier de ces grands barons qui imposaient autrefois à la couronne et qui rendaient le peuple incapable de se plier à aucun système régulier de gouvernement civil

Le but principal des deux partis, comme cela s’était vu en France, dans des circonstances semblables, durant la minorité et ensuite pendant la démence du roi Charles VI, était de conquérir le pouvoir et de le conserver avec une apparence de légalité ou de justice, en s’assurant la possession de la personne du roi.

' La première rencontre à main armée eut lieu le S3 mai 1453, à Saint-Alban, entre deux corps peu considérables de chaque parti : Warwick à la tête d’une troupe intrépide de Gallois insurgés, décida le succès. Les royalistes furent mis en fuite et laissèrent morts sur le champ de bataille deux cents hommes et trois chefs illustres, le comte de Nortlmmberland, lord Clifford et le duc de Somerset.

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