‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 69 sur 224 · I. Hume, II il. <t' Aajlelcrtr, régal Jt Il tari ri · texte numérisé non relu

I. Hume, II il. <t' Aajlelcrtr, régal Jt Il tari ri

IIEMII VI.

Ainsi commenta celte guerre affreuse ilans ki<|uelle le nombre «les chefs massacrés fui immense et constammenl hors de toute proportion avec les pertes de cha«iue armée. « A mon souvenir, dit Philippe de Commines, «piatre-v in fûts princes du sang royal d’Angleterre périrent dans ces convulsions; sept ou huit batailles furent livrées dans le cours de trente ans : l’Angleterre fut dévastée par les Anglais aussi cruellement que la France l’avait été par la génération précédente, cl ceux que le glaive épargna allèrent subir de nouvelles souffrances en pays étrangers. » J’ai vu moi-même, dit encore Commines, le duc d’Exeter, beau-frère du roi d’Angleterre, marchant nu-pieds à la suite du duc de Bourgogne et mendiant son pain de |>orte en porte '. Les plus illustres familles d’Angleterre furent anéanties dans cette lutte effroyable, et deux générations des familles de Somerset et de Warwick périrent sur le champ de bataille ou sur l’échafaud.

Durant les cinif années qui suivirent la première bataille de Saint-Alban, le pouvoir passa tour à tour, selon létal «le la raison «lu monarque, «le la reine Marguerite au duc d’York qui, reconnu protecteur du royaume, par le parlement, en 1455, fut écarté de l’administration, l’année suivante, |>ar le roi lui-même, dont la santé donna de nouveau quehjues espérances. Mais Henri oublia bientôt jus(|u'au nom de son (ils, et les deux partis r« prirent les armes. In«|uièle «les dispositions de la ville «le Londres, toujours favorable au «Inc d’York, Marguerite se rapprocha «les comtés du nord, «‘t elle établit sa cour à Cnventry.

Victoire

de

l'armée royale à Ludlow.

Sa défaite

Mort lia ni|i Ion.

Captivité de Henri VI.

(UCO)

L’armée royale, vaincue à Rlore-Heath, en septembre 1459, fut victorieuse en octobre, à Ludlow. Le duc d’York sc retira on Irlande, les Nevilles cherchèrent un refuge sur le continent , et Warwick rentra dans son gouvernement de Calais, place dont la possession, dit Philippe de Commincs, mettait alors plus de force qu’aucune autre dans les mains d’un prince chrétien.

Le premier usage que Marguerite fil de sa victoire fut la convocation d’un parlement à Covenlrv pour proscrire le duc d'York et ses adhérents, qui furent déclarés coupables de trahison. Mais bientôt la fortune changea encore une fois : le duc d’York reparut tout à coup sur les côtes d’Angleterre, avec une armée d’Irlandais renforcés par une troupe nombreuse d’insurgés gallois. Warwick débarqua en même temps dans le comté de Kent, et fit à Londres, aux acclamations du peuple, une entrée triomplialc. Les forces réunies du parti d’York rencontrèrent, à Northampton, l’armée royale; celle-ci fut vaincue avec un grand carnage de la noblesse lancastrienne : le roi tomba aux mains des vainqueurs qui lui prodiguèrent les marques extérieures de la soumission et du respect dus au sang royal, mais dont toute la puissance passa au duc d’York. Le parlement, convoqué à Westminster, cassa les actes du parlement de Covenlrv, déclarant l'élection de ses membres illégale. Peu de jours après l’ouverture de ce parlement, Richard, duc d'York, entra dans Londres au son des trompettes, à la tète d’un nombreux cortège d’hommes d’armes, et faisant porter devant lui un glaive nn en signe de la souveraineté. lise rendit à la chambre haute où le roi et les lords avaient coutume de siéger pendant la session

HENRI VI

du parlement, s’avança vers le trône et y porta la main comme pour en prendre possession; puis son conseil présenta en son nom, à la chambre, un écrit par lequel il réclamait les couronnes d’Angleterre et de France et la souveraineté de l lrlande, comme fils d’Anne Mortimer, tille de Roger, comte de Mardi, tils et héritier de Philippa, tille de Lionnel, duc de Clarence, troisième fils d’Edouard III, et comme ayant au trône des droits préférables à ceux de Henri de Lancastre qui l’occupait, et qui descendait de Jean de Gand, quatrième fils d’Edouard III.

Les lords combattirent ces prétentions : la plupart avaient reçu des dons et des concessions territoriales pendant les soixante années durant lesquelles la maison de Lancastre avait occupé le trône; ils craignaient, en la dépouillant de la couronne, agir contre eux-mêmes et être dépossédés par la maison rivale. Ils firent donc valoir leur serment d’hommage et de fidélité au roi Henri VI, et ils opposèrent au duc d’York les actes antérieurs du parlement qui avaient substitué la couronne à la maison de Lancastre, dans la personne de Henri IV, et enfin la prescription de temps. Ils parvinrent à faire adopter un compromis par lequel la dignité royale et la possession de la couronne furent maintenues à Henri VI avec cette clause, qu’elles passeraient après lui au duc d’York et à scs héritiers; aucune mention n’y était faite du jeune prince de Galles et de ses droits connue héritier légal. L’exercice entier de la puissance souveraine fut en même temps transmis à Richard d’York, et le parlement déclara qu’obéissance lui était due par tous les lords et par les communes, comme s’il était roi de nom aussi bien que de fait.

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