LIVRE III. Cll.vmilE V
La fortune souriait à ce prince, et sa chute était prochaine. La reine Marguerite, toujours réfugiée dans le nord avec son fils, protesta contre ce qu’avait fait le parlement de Londres, déploya tous ses efforts et toutes ses séductions pour maintenir tldèle à Henri VI la noblesse des comtés septentrionaux, et parvint à rassembler vingt mille hommes pour arracher le roi à ses ennemis. Northumbcrland et Clifford la rejoignirent avec leurs vassaux des frontières; tandis que le duc d’York, plein d’une trompeuse sécurité, confiait la garde de la personne du roi au duc de Norfolk et à Warwick, et s’avançait à la rencontre de la reine avec une armée très-inférieure en nombre. 11 s’arrêta dans un de ses châteaux près de Wakefield. Son tils aîné, Edouard, comte de March, lui amenait des renforts que la prudence commandait d’attendre; mais le duc. pour un motif que les historiens n’ont pas suffisamment éclairci sortit imprudemment de sa forteresse et s'aventura dans la campagne, à Wakcfield-Grecn, avec sa faible troupe, exposée de deux côtés aux attaques de l'ennemi. Les laneas- Kcf.iic h'iens 80 tenaient a peu de distance en embuscade, et .lu .lut j'Yori lorsqu'ils virent les yorkislesdans la plaine, ils fondirent
Waiifici.1- sur eux de toutes parts, rompirent leurs rangs, et, avec sa' îm'ri. la déroute, commença un hideux carnage. Le duc d’York
(iitaii l'érit dans cette journée si fatale à son parti; il fut tué
dans le combat , disent les uns , et prisonnier selon d’autres, il fut accablé d'outrages, puis décapité de sang froid 1 2. Ses restes sanglants furent l'objet d’actes
1. Solon Hume, le duc obéit dans celte circonstance a un fju\ point d'bonneur.