‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 75 sur 224 · Monslrvlet · texte numérisé non relu

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sir Hichard Woodville, qui peu après le mariage de sa fille Elisabeth avec Edouard IV, fut nommé comte Hivers. Elle acquit sur le roi un immense ascendant, dont elle fit usage pour élever rapidement ses proches aux honneurs , et sa famille passa subitement , comme il arrivait si souvent dans ces temps orageux, d'un état de proscription et de ruine au faîte de la fortune. Ce fut l’origine et l’une des causes de la rupture de Warwick avec Edouard. L’élévation subite et immodérée de la famille d'Elisabeth offensa son orgueil : à ce premier motif d’irritation il s'en joignit d’autres , et quelques historiens ont prétendu qu’au moment même où ce mariage fut conclu, Warwick en négociait un pour le roi avec la princesse Bonne de Savoie, lie 1 léser ur de Louis XI. il s’irrita, disent-ils, en se voyant trompé par Edouard, et dans une situation équivoque aux yeux de Louis. <Juoi qu’il en soit, la raison véritable de sa rupture avec le premier fut peut-être l’importun souvenir des services qu’il lui avait rendus, et dont le poids se faisait trop sentir dans les rapports d’un sujet avec son souverain. Edouard était impatient de sortir de tutelle : il avait comblé de richesses et d’honneurs Warwick et scs deux frères : l’un d’eux, lord Montagu, était gouverneur des Marches orientales d’Ecosse, et avait reçu les biens des Percys avec le titre de comte de Northumberland ; l’autre tenait les sceaux et venait d’être promu au siège archiépiscopal d’York; Warwick enfin lui-même joignait aux vastes domaines des Spencers, aux comtés de Warwick et de Salisbury, et aux charges de grand-chambellan et de grand-amiral, la lieutenance d’Irlande et le gouvernement de Calais. Commines nous

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de Warwicl.

apprend que le produit île ses emplois montait à 80,000 couronnes par an, indépendamment des immenses revenus de ses propriétés. Ge|>endant cette fortune prodigieuse ne lui suffisait pas, et elle ne mit point son âme sordide «à l’épreuve des séductions politiques de Louis XI, dont il accepta une pension secrète et de honteuses gratifications.

Les largesses intéressées du roi de France jiortèrent peut-être Warwick à combattre un projet d'alliance et d’union entre Marguerite, sœur du roi d’Angleterre, et Charles, comte de Cliarolais lils du duc de Bourgogne, qui, descendant de la maison de Lancastre, avait jusqu’alors favorisé Henri VI, et désirait maintenant se rapprocher d'Edouard. Désigné parce monarque pour négocier avec le roi de France, Warwick avait été reçu à sa cour avec des honneurs extraordinaires, et s’était vu, non-seulement traité par lui en public à l égal d’un souverain, mais aussi l’objet de ses attentions secrètes. Le bruit des relations cachées qu’il entretenait avec Louis parvint sans doute jusqu’à Edouard, et prépara la disgrâce du comte, quoique le roi ait d’abord, et durant quelque temps, dissimulé. De premiers nuages élevés entre eux furent enapparencedissipés; maisaprès le mariage de la princesse Margueriteavec le comte de Charolais, récemment devenu duc «le Bourgogne parla mort de Philippe le Bon, son père. Warwick sentit son crédit ébranlé, et, cherchant à se susciter près du trône un appui contre le roi lui-même, il donna sa fille au duc de Clarence, son frère : leur

I. Ce prince, qui devint si colfcbre tous le nom do Charles Ir lYmérairr, épousa U princesse Marguerite l'année suivante.

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