ÉDOUARD IV
mariage fut conclu contre le gré d’Edouard et malgré «i défense.
Plusieurs insurrections formidables éclatèrent à cette époque sur divers points du royaume, et surtout dans le comté d’York : dans l’une d’elles on vit figurer des membres de la famille Ncville, et les rebelles s’autoriser, à tort peut-être, du grand nom de Warwick. Ces mouvements insurrectionnels étaient dirigés contre les Woodville. dont l’un, lord Rivers, père de la reine Elisabeth, et l’autre, sir John Woodville, son frère, étaient en butte au courroux populaire. Ils furent pris tous "«r'"™
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deux et aussitôt nus a mort. Warwick accourut au- warwick près du roi comme pour se justifier, et, le voyant mal ac- d hilüiJ^r(] )V compagné, il s’assura de sa personne, et revint avec lui à Londres, où il donna l’étrange spectacle d’un ministre tout-puissant entre deux rois prisonniers.
L’histoire de ces temps est fort obscure, et on ne sait avec certitude ni les causes de plusieurs événements importants ni leurs suites. Warwick, à cette époque, quoique coupable envers Edouard de torts qu’un roi n’oublie pas, même en les pardonnant, n’avait point encore traité avec Henri. Le parti de Lancaslre, cependant, abusé par les apparences, avait repris courage et relevé son étendard dans les Marches d'Ecosse. Warwick alors, opposant aux insurgés le roi même qu'il tenait en sa puissance, mais auquel il n’avait point retiré son hommage, étouffa l’insurrection, dont les chefs portèrent leur tète sur l’échafaud. Edouard recouvra peu de temps après sa liberté, sans qu’on sache par quels moyens il s’affranchit, et il pardonna leurs offenses à Clarence, son frere, et à Warwick. Mais les protestations d’entier
Réconcilia-
tion
de Waroirk el de la reine Marguerite.
oubli d’une part, de dévouement de l’autre, couvraientdes ressentiments implacables; une nouvelle insurrection éclata dans le comté de Lincoln : les habitants, dirigés par sir Robert Welles, prirent les armes, chassèrent les ofllciers royaux, et furent ensuite battus et dispersés par le roi lui-même à blsingham. Les chefs de la rébellion furent exécutés; mais, avant de subir leur supplice, ils portèrent témoignage contre Clarence et Warwick, et ceux-ci, convaincus d’avoir excité sous inain les rebelles qu’ils s’étaient engagés à combattre, furent contraints de fuir à l’étranger.
Warwick se retira en France : Louis XI aussi ôt embrassa sa querelle, et, par sa médiation, la reine Marguerite lit sa paix avec le comte proscrit, principal auteur de toutes ses disgrâces : réconciliés maintenant par leur haine commune contre le roi Edouard, ils conclurent un traité portant que le jeune prince iils de Henri VI et de Marguerite, épouserait Anne Néville, fille de Warwick ; que Marguerite et le comte joindraient leurs forces pour rétablir Henri sur le trône, et qu’à défaut de descendants de ce prince, le duc de Clarence hériterait de la couronne.
Édouard était à Londres, endormi dans les plaisirs au sein «l’une trompeuse sécurité, quand tout à coup il fut réveillé par l’orage prêt à fondre sur lui. Attiré dans le nord par le faux avis d’un mouvement insurrectionnel, il abandonna la capitale et les comtés du sud où le grand nom de Warwick était le plus populaire el valait une armée. Louis XI s’ôtait déclaré pour Henri VI : Charles le Téméraire embrassa chaleureusement la cause opposée, celle d’Édouard, qui