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Troisième époque de la guerre civile. — Retour et rétablissement d'tèdouard IV. — Fin de son règne.
La fortune des deux rois rivaux éprouva rapidement de nouvelles vicissitudes. Marguerite, à cette époque, était encore en France, à la cour de Louis XI, où elle se préparait, avec l’aide de ce prince, à seconder les efforts de Warwick, pour sa cause, lorsqu'elle apprit presque en même temps le début de cette entreprise et son heureuse issue. Mais sachant Edouard sur le continent, dans les états du duc de Bourgogne, son beau-frère, et connaissant ses talents et son audace, elle jugea prudent d’attendre, avant de passer l’Angleterre, des forces nécessaires pour consolider sa fortune. Edouard, en effet, dans l’adversité, trouva en lui-même des ressources qui lui avaient manqué sur le trône et déploya toutes les qualités nécessaires pour en triompher. L’Angleterre d’ailleurs avait relevé les couleurs de la maison de Laneastre, plutôt par surprise et pour éviter l’effusion du sang que par dévouement et par conviction. Tous les hommes influents qui avaient auparavant soutenu la cause op|>osée et qui avaient fait leur soumission pour conserver leurs emplois et leurs honneurs, sc sentaient mal affermis et menacés. D’autre part, plusieurs qui par vengeance avaient trempé dans cette révolution se voyaient en butte aux méfiances et au mépris de leurs nouveaux alliés, et personne, entre ceux-là, n était plus profondément blessé dans ses prétentions ou dans son orgueil que
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le duc de Clarence qui, après s être joint à Warwick, pour renverser son frère, fit la paix avec celui-ci, et conspira pour le rétablir, contre Warwick.
Edouard se confiait davantage dans l'assistance qu'il obtiendrait de ses partisans en Angleterre, que dans le peu de lorces dont il disposait, et après six mois de séjour sur le continent, il débarqua avec deux mille hommes, à Kavenspur sur l’Humber : là il fut rejoint par son frère Glocesler et par les lords Haslings et Hivers, et marcha rapidement sur York, évitant de s’annoncer
comme roi avant d’être en état d’agir en souverain et de l’être en effet, et se bornant, comme autrefois Henri IV, à revendiquer l’héritage de sa maison. Personne, pendant quinze jours, ne voulut ni le combattre ni le seconder, et traversant, à marches forcées, un pays soumis à son rival, avant même que Warwick eût eu connaissance de son débarquement, Edouard à son tour captiva l’admiration par son activité merveilleuse et par son audace, tandis que des vents furieux retenaient en France Marguerite et sou armée.
Cette conduite à la fois prudente et hardie lui rallia des partisans : avec trois mille hommes il se dirigea sur Londres, et s’avança, sans obstacle, jusqu’au château de Warwick, domaine du puissant comte de ce nom jadis son plus ferme soutien, maintenant son implacable ennemi. Là, le duc de Clarence lui amena un utile renfort de quatre mille hommes et les deux frères scellèrent leur réconciliation à la vue de toute l’armée. Warwick alors tenta d’arrêter leur marche et laissant derrière lui Londres et 'son fantôme de roi, sous la garde de l’archevêque d'York, son frère, il s’avança a la rencontre
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d’Édouard , et l’attendit dans les murs de Coventrv. Édouard cependant avait repris son litre royal. Ce nom suprême, qui dans la mauvaise fortune glace les cœurs indifférents ou même amis, et qui gagne dans la prospérité jusqu’aux adversaires, rallia sous la bannière de la Hose blanche de nombreux partisans. Sans s’arrêter pour combattre Warwick, Édouard marcha directement sur Londres, dont la trahison de l’archevêque d’York, ou son effroi, lui ouvrit les portes. 11 y fut de nouveau proclamé : Henri VI rentra captif dans la Tour, dont il ne sortit plus vivant et, peu de jours après, une sanglante bataille fut livrée à dix milles et au nord de Londres, dans les champs de Barnet. Warwick fut vaincu et ne voulut pas survivre à sa défaite : il péril en combattant et avec lui s'évanouit la grandeur de la maison de Néville. Ce comte fameux avait été vingt ans, par ses talents et sa puissance, l’homme le plus considérable de cette sanglante époque. Son besoin d’agitation, son activité désordonnée, dit un célèbre historien, ont été exprimés par le surnom de faiseur de rois que le peuple lui donna et qui indique plus d'ardeur pour la vaine possession du pouvoir que pour la poursuite d’un noble but, et un empressement presque égal à élever un roi sur le trône et à l’en précipiter selon le caprice du moment *.
L’issue de cette campagne rapide eût été différente si Warwick avait pu recevoir le renfort que lui amenait de France la reine Marguerite, qui prit terre à l’embouchure de la Wye, dans le pays de Galles, le jour même de la bataille de Barnet. l'embroke l'attendait sur la rive
I. Sir Jailli*» Mac !ulo»li, llitl. d'Ançl., règne il Edouard VI.