‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 80 sur 224 · ÉDOUARD IV · texte numérisé non relu

ÉDOUARD IV

sement plusieurs combats opiniâtres. Le retour de l’armée royale victorieuse, força les assaillants à la retraite. Edouard fit son entrée triomphale dans Londres, le 22 mai (1471), et le lendemain on apprit la mort de Henri VI. Son corps fut, suivant l’usage, exposé publiquement à Saint-Paul. Un crime, disent plusieurs historiens, termina les jours de cet infortuné prince, digne, par ses vertus, d’un meilleur sort. L’attentat imputé par eux au duc de Glocester, frère d’Edouard, n’a pas été suffisamment prouvé, mais il est très-croyable; et si Glocester ne l’exécuta pas lni-mème, il était capable de le conseiller et le roi de l’ordonner. Edouard, d’ailleurs, avait pour le commettre un motif politique, et l’autorité contagieuse de tant d’exemples que lui offrait la sanglante histoire de ses prédécesseurs : Henri était devenu personnellement plus dangereux pour lui, depuis que son fils n’existait plus , et qu’il demeurait seul pour revendiquer ses propres droits : il mourut aussitôt qu’Edouard eut un intérêt puissant à sa mort et fut en étal de l’ordonner; et si quelque raison de plus était nécessaire pour nous convaincre qu’elle fut violente, on la trouverait dans les précautions mêmes que l’on prit selon l’usage pour la faire croire naturelle '.

La veuve de Henri, l’altière Marguerite, recouvra plus tard sa liberté, moyennant une rançon de cinquante mille couronnes, qui fut acquittée par le roi Louis XI, et elle survécut en France, durant sept années, à son

1. Le* motifs de Turner pour absoudre Edouard IV sont faibles, cl le» argu nient» qu'il lire du manuscrit Harlcycn laissent beaucoup a désirer.

Mort

Henri VI.

mari, à son fils et à sa fortune. L’héritier des droits de la branche de Lancaslre était alors le petit-lils de Catherine de France et d’Owcn Tudor, Henri, comte de Richmond, réfugié a la cour de Bretagne, où il se tint caché jusqu’au temps marqué pour le rétablissement de sa maison.

De courtes hostilités entre l’Angleterre et la France suivirent la guerre des deux Roses et aboutirent , en 1475, au traité de Pequigny, dont la clause principale fut une convention de mariage entre le fils aîné du monarque français et la fille aînée d'Edouard. Louis XI cependant avait d’autres vues pour son fils, il différa son mariage avec la fille du roi d’Angleterre sous divers prétextes, et abusa longtemps ce prince dont il pensionnait les ministres.

Edouard, cupide et insatiable, employait les plus odieux moyens pour grossir son trésor. Les lords temporels, le clergé, les communes n’osèrent lui résister, rivalisèrent de servilité et lui votèrent sans opposition d'abondants subsides. Il se fit en outre accorder, à titre de don gratuit, des sommes énormes, qui, sous son règne, furent, pour la première fois, nommées benerolences, quoiqu'elles fussent arrachées par la crainte et non par le dévouement. Le roi les demandait sous le prétexte toujours populaire d’une nouvelle guerre pour reconquérir en Franco les provinces perdues, et il recevait en même temps, ainsi que ses ministres, de grosses sommes du roi Louis XI pour maintenir In paix *.

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