‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 91 sur 224 · I. T. l*r, pasùm · texte numérisé non relu

I. T. l*r, pasùm

L’ A. VGI-ETER 11 E AL Xl\' et Al XV' SIÈCLES. 24.1

Nous avons dit la part bienfaisante que prit le clergé à ce grand résultat dans les siècles précédents, soit en contribuant à faire disparaitre toute distinction humiliante entre les Saxons et les Normands, entre le peuple conquis et le peuple conquérant, et en favorisant partout l'affranchissement des serfs ', soit enfin en favorisant de toutes ses forces l’étude du droit civil, et en formant comme un lien naturel entre l’aristocratie et la bourgeoisie, avec lesquelles il faisait cause commune pour la défense des institutions libres du pays.

Le rapprochement des ordres ou des classes fut aussi préparé, en Angleterre, jiar le déclin de la chevalerie qui, apres avoir concouru grandement à la civilisation de l'Europe, était devenue, par sa nature même, un obstacle à ses progrès ultérieurs. D'autres causes, encore très-anciennes et très-profondes, se combinant, en Angleterre, avec la situation maritime du pays, concoururent a celte fusion désirable des diverses classes de la nation, et aucune n'y contribua plus que l’accroissement rapide des villes, en importance et en richesses, par les progrès du commerce et de l’industrie.

Pendant longtemps le commerce principal et presque unique des villes d’Angleterre, fut l’exportation de la

I. Je suis porté a croire qu’on a un peu exagéré, non les vœux, nuis les succès du clergé au moyen Age comme émancipateur des serfs auxquels, a-lnn dit, scs propres rangs demeuraient toujours ouverts. De grandes entraves furent apportées par les seigneurs, en Angleterre comme partout, a l’entrée de leurs serfs dans les ordres sacrés • Ce ne fut que sous Henri |V# dit le docteur Ilemy, que les laboureurs et les pauvres artisans obtinrent la permission dW/oyer leuis enfants h l’école, et longtemps encore après il leur fallut uue permission spéciale de leur seigneur pour faire instruire leur* enfants. • (ttist, (i'Angt.)

Commerce

et

industrie.

Industrie.

laine brûle ou manufacturée . cause première de sa richesse. La Flandre était, comme on le sait, au moyen âge, le pays le plus renommé (tour la fabrication des étoffes. Les marchands y arrivaient de tous les points du monde : Bruge possédait dans son enceinte les comptoirs de dix-sepf royaumes ‘, et nous avons vu plusieurs rois d'Angleterre , empressés d’attirer les artisans flamands, faire beaucoup d’efforts pour introduire chez eux une industrie qui avait reçu, dans un état voisin, de si prodigieux développements. Des guerres perpétuelles, la difficulté des trans|»orts , la barbarie des mœurs, l’absence de garanties suffisamment efficaces pour la fortune et la vie des trafiquants, arrêta quelques temps l’essor du commerce dans tous les états du continent. Edouard III en fit, comme son père Edouard II 2, l’objet de sa haute sollicitude; il appela sur lui l’attention spéciale du parlement, et un très-grand nombre de statuts, relatifs aux intérêts commerciaux du pays, datent de son règne. Ce fut lui aussi qui, en couvrant d’une protection spéciale les ouvriers flamands qui émigraient de préférence en Angleterre, donna une si rapide et si heureuse impulsion à l’industrie anglaise, qui prit un grand essor au commencement du xv* siècle.

On vit, à cette époque, s’introduire ou plutôt se perfectionner en Angleterre, entre autres arts, celui de tisser la soie, d’imprimer sm étoffes, et de dorer les

1. Erat nempè Flindria loliu. propé orbi, Habile nicrcaloribm cmplorium. Scplemdecim regnorum negolialorc, tum Brugi, un certa babaere domicilia ac wdc! . prrler compares incognilai pcnc goule, undique ronflaebanl (Meyer.)

Page 1