‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 98 sur 224 · I.l\ Il K 111. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

I.l\ Il K 111. CHAPITRE V

vulsions périodiques d’une guerre dont l'issue était sans aucune importance pour elles ou pour les destinées générales du pays. Dans ces tristes et interminables querelles que personnifie à nos yeux le grand comte de W'arwick , changeant de parti connue de bannière, selon le caprice ou la passion du moment, aucun grand but invariable, aucun mobile généreux, ni la loyauté héréditaire, ni l'amour des libertés. traditionnelles n’invitaient au dévouement et au sacrifice et n’élevaient les âmes au-dessus des nécessités journalières ou des étroits calculs de l'égoïsme et de la vengeance. La portion de l’aristocratie qui avait échappé aux champs de bataille et aux échafauds, subit les conséquences fatales de cet état de choses et perdit son caractère en s'habituant à combattre, non pour des prfbcipes généraux, mais pour des intérêts mesquins et privés, et en substituant d’étroites questions de personnes à la grande cause nationale pour laquelle autrefois son sang avait coulé. Cette vaillante noblesse s’affaissa ainsi , pour un temps, sur elle-mcme et perdit toute dignité morale. Epuisée d’âme plus que de sang après une si longue série de guerres individuelles el effroyables, partagée tout entière entre la crainte de perdre et la soif d’acquérir, elle borna toute son ambition à la jouissance des biens matériels dont elle savait la possession si précaire, prête pour se l’assurer à accepter un maître quel qu’il fût, et à ramper à ses pieds.

Le découragement s’emparait des meilleurs lorsqu’ils voyaient les institutions même établies comme des garanties de liberté, le parlement et le jury, changées en instruments de servitude; l’espérance comme l’honneur

L'ANGLETERRE Al XV* SIÈCLE.

ne savaient plus où s’attacher; la conscience était muette ou avilie parles appels que les partis vainqueurs lui adressaient tour à tour, et les serments multipliaient les parjures. Le sens moral s’éteignait, et les hommes qui, revêtus d’un caractère sacré, auraient dû en être les interprètes ou les guides, étaient eux-mêmes sans considération et sans influence. Les désordres du clergé, dont tous les écrivains catholiques font mention, vers la fin du xv siècle, et qui furent une des principales causes des rapides progrès de la Réforme, étaient aussi grands en Angleterre que sur le continent *, et la loi morale en reçut comme la foi des peuples une atteinte profonde. Pour toutes ces causes, la nation tomba dans un avilissement presque sans exemple ; il s’y rencontra tout à la fois un clergé sans mœurs, une aristocratie mutilée et sans vertu héréditaire, des classes moyennes faibles, sans union comme sans esprit public; partout l'impuissance et partout l’égoïsme substitués aux nobles inspirations de la foi, du patriotisme et de l’honneur : l’heure des tyrans était venue : on a vu Richard lit, Henri VIH n’est fias loin.

I. Voyez, etilrc attires, le compte-rendu tics griefs exprimés dans le concile afscmMé a Saint- Paul de Londres le 13 février f-lfcii. {Wilk.. Court/., t. lit.)

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