‹ Histoire d'AngleterreChapitre 10 sur 70 · MAISON DB BRUNSWIGK-HANOVRE · texte numérisé non relu

MAISON DB BRUNSWIGK-HANOVRE

mr la propagation de la connaissance du christianisme

)» les montagnes d'Ecosse et dans les îles qui en dépen-

mtfitdes efforts qui suppléèrent, jusqu'à un certain point,

ceux qui auraient dû être faits par le gouvernement : elle

^oda des chapelles et des écoles, et fit, pour éclairer le

îople de ce pays, plus que n'avait jamais fait aucun prince

ri eût régné en Ecosse ou sur l'Ecosse.

Les catholiques du nord de l'Angleterre qui avaient pris

armes en même temps que les jacobites d'Ecosse, furent

imédiâtement écrasés ; deux de leurs chefs, les lords Der-

[enwater et Kenmure, furent décapités à Londres ; d'autres

mdus ou écartelés. On déporta aux colonies mille des in-

rgés les moins marquants. Une des conséquences politi-

les de cette insurrection fut l'établissement de la septen*

klité des parlements; les élections, disait un des pairs,

linaient les élus.

George avait acheté, comme électeur de Hanovre, les du-

lés de Brème et de Verden , domaines de la couronne de

lède. Charles XII, de retour de Bender, en conçut un pro-

fnd ressentiment, et une singulière ligue se forma entre

Suède et l'Espagne contre lui. L'Angleterre, malgré le

arment de son roi qu'elle ne serait jamais entraînée à une

lerre pour la défense du Hanovre, se vit contrainte de

;ner le traité de la quadruple alliance pour se défendre

>Dtre la turbulente ambition d'Alberoni , et fut menacée

fune nouvelle descente du prétendant. La chute du mi-

fstre espagnol arrêta l'explosion d'une nouvelle guerre en

irope, qui eût présenté l'étrange spectacle de la France

de l'Angleterre combattant dans les mêmes rangs. C'était

temps de Charles 11 qui revenait, mais en sens inverse et

>urla France, où le cardinal Dubois était publiquement le

msionné du cabinet de Saint-James.

Nous parlons de corruption , ce mot nous conduit à Ro-

îrt Walpole.

Robert ^iralpole («9ft«-«94t).

La rude tâche de défendre cette famille banovrienne qui \^ se recommandait que par les principes personnifiés en

elle, et qui, aux ridicules et aux prétentions du vice civilisé joignait quelques traces de barbarie, échut, en 1721, au chevalier Robert Walpole. « Un portrait trèsrressemblant de ce ministre célèbre existe encore à Cambridge. À voir cette figure de bonhomme madré, ce petit nez peu héroïque, cet œil fin et brillant, ces plis qui se prolongent à la commissure des paupières, ce double menton de gastronome, ces lèvres riantes et qui se relèvent des coins, ce caractère de tête sans élévation, cette tenue sans prétention comme sansl timidité. Ton reconnaît le rustique et spirituel fils dusei-j gneur- fermier de Houghton, celui que Ton appela le wa-; quignon des consciences, et qui trouva de grandes facilitésl à ce commerce, puisqu'il a tenu l'Angleterre dans ses mains| pendant un quart de siècle (1721-1742). » Si la monarchie! constitutionnelle a jamais mérité le titre de gouvernement de corruption, c'est entre les mains de ce ministre, que Ton désignait souvent sous le nom de père de la corruption, et qui se vantait de connaître le prix de chaque homme. Son fils, le spirituel Horace, nous raconte sur ses moyens de succès et sa captation perpétuelle des hommes une foule dc| traits curieux, et il était bien heureux pour le trésor que.| les parlements fussent devenus de triennaux septennaux. Les consciences qu'on accusait Robert de séduire, a-t-onditj venaient à lui pour être séduites; devait-il les décourager*^ . Cependant plus d'une fois son propre fils qualifie ce système de sale politique, dirty poUtics. Il est certain que , grâce l'habileté, à la persévérance, à l'énergie de Robert Walpole, la masse de la nation anglaise s'attacha de plus en plus auxj bienfaits de la révolution de 1688 et aux princes qui en^ étaient les représentants. Grftce à Walpole, les séditions fu^ rent comprimées, les guerres étrangères évitées, l'agiotage, un agiotage non moins frénétique que celui de notre ré^| gence, et peut-être plus ruineux pour l'Angleterre, réprimé, la caisse d'amortissement établie , et le commerce anglaisll lancé dans une voie de prospérité où il ne devait plus s'ar-| rêter.

Walpole se proposant de faire vivre l'Angleterre en paix et d'endormir la nation, les dernières années du règne de

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Geoi^ I*' sont vides d'événements. La fondation de la compagnie d'Ostende pour le commerce des Indes et Palliance de l'Autriche avec TEspagne, qui accorda aux sujets autrichiens d'importants privilèges de commerce, amenèrent, en 1726, d'insignifiantes hostilités : une attaque sans résultat des Espagnols sur Gibraltar et une tentative d'une flotte anglaise sur les galions de Porto-Bello, qui ne réussit pas. Le cardinal de Fleury s'interposa, et le privilège de la compagnie fut suspendu pour sept ans.

Ainsi tout le système des alliances étrangères de l'Angleterre était changé. C'était sur la France qu'elle s'appuyait contre l'Espagne et l'Autriche. La raison de cette révolution était la situation de l'électorat de Hanovre, menacé par l'empereur, qui en était venu avec George à une rupture ouverte et violente, à cause du duché de Brème et de Verden, dont il lui refusait l'investiture. Le roi avait caché, aux yeux des Anglais, le mobile réel de sa politique sous l'affaire d'Ostende,dont il s'était servi pour exciter leur avidité commerciale. Walpole, au reste, lui livrait un parlement docile qui, en 1727, lui abandonna même une des premières conquêtes de la liberté, l'emploi des subsides, et qui suspendait avec une déplorable facilité l'acte d'habeas corpus. Ainsi le despotisme tâchait encore de se relever par la corruption, digne alliance! Et, par un singulier renversement des rôles, c'étaient les whigs qui, par crainte des jacobites, livraient les droits de la nation , comme si à cette époque tout devait être confusion dans la politique anglaise.

Cteorge II et la reine CTaroline.

George h' allait revoir une fois encore son cher électorat de Hanovre, lorsqu'il mourut sur le continent d'une indigestion de melon (U juin 1727). Cet événement inattendu semblait à tout le monde la fin de la toute-puissance de Walpole. Mais la merveille de sa conduite politique et le chefd'œuvre de son habileté, c'est qu'il resta premier ministre même après la mort de George P'. Il avait réussi auprès de ce dernier roi par la flatterie ; auprès des communes , par la captation; auprès des jacobites , par la terreur. Il s'agissait

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de se maintenir sous George II, qui exécrait George 1^ son père , et qui n'eut rien de plus pressé que de ren* verser ce qu'il avait fait. Le nouveau monarque s'était épris d'admiration pour un nommé Compton, la sottise et l'exactitude mêmes ; ces qualités séduisaient le monarque , habitué à ne rien faire que par poids et mesure. George II voulait Compton pour ministre. Mais Walpole avait promis à la reine Caroline d'Ànspach , l'une de ces femmes supérieures dont l'Allemagne dota l'Angleterre au xvm* siècle, de faire porter par les communes sa liste civile à cent mille livres sterling (deux millions cinq cent mille francs), au lieu de cinquante. Il réussit; la reine fut à lui, et comme le roi était à elle , Robert resta maître du royaume. L'intrigue demandait au surplus toute l'habileté de celui qui en était l'auteur et l'acteur. George II, dont son père avait dit : <c II est fougueux, mais il se bat bien, » valait un peu mieux que George I"; il avait de la bravoure militaire, un bon sens court, des manières brusques, dures et farouches, et des vices ridicules , entre autres une avarice burlesque, et ce qui le rejetait plus bas encore, c'est qu'il était un peu voleur. Il mit dans sa poche, au grand étonnement du conseil privé assemblé, le testament de son père, et paya ainsi tous les legs que ce dernier avait faits. Ce fut son unique solde de compte, à propos de quoi Frédéric le Grand lui écrivait « qu'il méritait les galères. »

George II faisait le lovelace; amoureux de sa femme et cachant cet amour, il payait des maîtresses qu'il détestait, et tenait à certains vices de gentilhomme qui, fort inutiles à son bien-être, lui semblaient essentiels à son honneur, pour ne pas rester trop au-dessous de Louis XIV et du régent. La reine Caroline, très-distinguée par le bon sens, la beauté et le caractère , voyait sans crainte ses rivales, dominait son mari sans en avoir l'air, s'entourait de gens de lettres qu'elle encourageait, se faisait adorer du peuple, et rachetait, par la décence aimable de sa cour personnelle, les brutalités prétentieuses de ce sergent aux gardes que l'Angleterre soutenait sur le trône des Tudors et des Stuarts. C'était elle qui disait à son mari : « La plus belle couronne du monde est

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