MAISON DB BRUNSWICK-HANOVRE
jde Jacques m. Le vent était très-violent, et il abattit le jiobe d*or qui surmontait la lance à laquelle était attaché «étendard; circonstance que les montagnards superstitieux regardèrent comme de mauvais augure. D'autres se rappe- Jèrent que, par une étrange coïncidence, quelque chose de lemblable était arrivé le jour fatal où Charles P' déploya
CM étendard à Nottingham.
Les jacobites , après s'être emparés de Perth , livrèrent taille près de Sheriffmuir, dans le comté de Perth, le jl3 novembre 1715, aux troupes de George I". Celles-ci, peu nombreuses, étaient commandées par un homme de grand talent , le duc d'Argyle, petit-fils de celui-là môme qu'avait &it décapiter Jacques il. Les montagnards ne combattirent
Kl tous avec leur impétuosité accoutumée , et le fameux b-Roy, entre autres, resta impassible avec les hommes 46 son clan. Des deyx côtés on s'attribua la victoire, qui ta en réalité aux whigs , puisque le duc d'Ârgyle deeura maître du champ de bataille, et que les jacobites, au a de s'avancer vers le sud comme ils en avaient le projet, pirelournèrent à Perth. Cette retraite jeta la consternation IMurmi eux, et beaucoup avaient déserté lorsque, le 22 décembre, le prétendant en personne débarqua à Peterhead. :ll n'avait avec lui que six gentilshommes, le reste de sa -Suite et ses équipages devant arriver sur deux petits bâti- ;inents. Mais Tun deux fit naufrage. Comme soldat, le che* talier de Saint-George avait montré du courage en plusieurs occasions, c'est-à-dire qu'il s'était approché du champ de bataille aussi près qu'on le permet ordinairement aux per-* sonnes de son importance. Néannioins sa vue n'excita pas beaucoup d'enthousiasme parmi ses partisans. Il était grand et maigre ; ses traits et ses yeux étaient abattus par une fièvre récente, et sa physionomie manquait de ce feu qui doit caractériser le chef d'une entreprise hasardeuse , ou pour mieux dire désespérée. Dénué d'intelligence , il parlait avec lenteur, était difficile à aborder, et semblait prendre peu û'ifttérêt aux revues de ses soldats et à leurs exercices militaires. Les montagnards , frappés de sa ressemblance avec un automate , demandaient s'il pouvait parler.
222 CHAPITRE xxxni.
Ceux de ses partisans qui professaient le culte réformé s'alarmaient aussi de son zèle catholique. Cependant les braves highlanders ne demandaient qu'une occasion de verser leur sang pour celui qu'ils appelaient leur souve^ rain légitime et réclamaient à grands cris une bataille. Pour toute réponse, Jacques III, qui trônait à peine depuis quelques semaines à Perth, n'eut pas plutôt appris l'in*^ tention où était Argyle d'attaquer cette ville , qu'il donna l'ordre de l'évacuer. Le 30 janvier 1716, anniversaire de la décapitation de Charles P% l'armée des montagnards passa le Tay sur la glace. La voiture et les chevaux de Jacques III furent amenés devant la porte de son logement, comme s'il se fût proposé de suivre les highlanders dans leur retraite, mais, se déguisant avec le comte de Mar, ils gagnèrent tous deux le bord de la mer, où ils s'embarquèrent pour le con« tinent Arrivés à Àberdeen , les montagnards y connurent enfin la conduite de leur roi et de leur général , et ils se dispersèrent aussitôt avec indignation. Ainsi se termina lai rébellion de 1715, sans avoir même le triste éclat d'une défaite.
Les montagnards furent désarmés, mais imparfaitement: des garnisons de troupes régulières furent espacées de dis^ tance en distance, et on leur adjoignit même, sous le nom; de garde noire (elle ne portait pas l'habit rouge des troupe régulières), six compagnies de highlanders. Les soldats de.] ces garnisons furent occupés non-seulement à réprimer leS; brigandages des caterans et à les empocher d'aller percevoir dans les basses terres le blackmail ou tribut du pillard^ mais à sillonner le pays de routes militaires. Le gouvernement anglais prit encore d'autres mesures louables pour améliorer la condition des montagnards. Mais comme les effets qu'elles devaient produire ne pouvaient se développer qu'avec le temps, on ne s'en occupa qu'avec une sorte d'insouciance. Ces mesures avaient rapport à l'éducation de cette population à demi sauvage, et aux soins à prendre pour élever la génération nouvelle dans des principes de morale et de religion ; mais la loi rendue à ce sujet par le parlement ne produisit presque aucun résultat. La société