‹ Histoire d'AngleterreChapitre 11 sur 70 · MAISON DS BRUNSWICK-HANOVRE · texte numérisé non relu

MAISON DS BRUNSWICK-HANOVRE

celle qui a pour sujets Leibnitz en Hanovre et Newton en Angleterre. »

Affaires lntérleare« et étrangères de 1999 à 194ft.

A l'avènement de George II , la dette publique dépassait déjà cent vingt-cinq millions de francs ; les continuels besoins d'argent de Walpole , Tentretien des troupes étrangères et l'habitude déjà prise de payer des alliances sur la continent ne promettaient pas de diminution dans les dépenses, bien qa'un parti réfractaire à la corruption se fût formé dans le parlement et livrât déjà de vifs combats en faveur des libertés publiques. Cette corruption éclata dans un procès fameux qui montra l'étendue du mal. En 1732, deux agents de la corporation charitable disparurent emportant douze millions et demi. 11 fut constaté que dans cette affaire d'escroquerie trempaient plusieurs directeurs de la société, des membres du parlement et trois avocats de la couronne. La nation, lancée à pleines voiles dans les voies du gain, y courait, laissant la bonne foi et la probité en route; à l'exemple du ministre, elle faisait de l'or son dieu.

£n 1733, Walpole présente un bill sur V excise. « Les sommes que cet impôt devait rapporter, dit Frédéric le Grand, auraient suffi pour rendre l'autorité du roi despotique. » La nation le sentit : elle se cabra. Des membres du parlement dirent à Walpole qu'il les payait pour le courant des sottises ordinaires, mais que celle-là était au-dessus de toute corruption. Cet échec, à la suite duquel Walpole fut brûlé par la foule «n effigie, encouragea l'opposition à demander. Tannée suivante, le retrait de la septennalité; le ministre cette fois l'emporta. Mais peu à peu l'esprit public se réveillait. L'héritier môme de la couronne, le prince de Galles , passa dans l'opposition , exemple assez fréquemment suivi par ses successeurs, et qui devint une tactique du gouvernement pour avoir ainsi la main dans les deux camps.

Walpole tint l'Angleterre soigneusement à l'écart de la guerre pour la couronne de Pologne. Cependant, malgré tous ses efforts, la paix menaçait chaque jour d'être trou-

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blée d'un autre côté, et de ce cdté-Ià John Bull n'entendait pas raison. Il s'agissait de son commerce. Par le traité d'Utrecht les Anglais avaient obtenu d'envoyer tous les ans un vaisseau marchand dans rAmérique espagnole ; suivant la lettre du traité, ils n'envoyèrent qu'un navire , mais ce navire ne se vidait jamais; sa cargaison, incessamment renouvelée, semblait inépuisable ; en réalité, c'était un entrepôt. D'ailleurs toutes les côtes espagnoles étaient assaillies par de hardis contrebandiers, malgré les visites fréquentes des croisières espagnoles. Un d'eux, Jenkyns, ayant été pris, eut une oreille coupée. On le fit paraître à la barre de lacham* bre des communes, et quand il eut raconté les mauvais trai* tements qu'il avait subis, un membre lui demanda ce qu'il avait pensé, lui, citoyen d'un pays libre, en recevant cet outrage : « Je recommandai mon âme à Dieu, dit Jenkyns, et ma vengeance à mon pays. » La réponse était belle et fit , beaucoup d'effet. Malheureusement Jenkyns avait encore ses deux oreilles, ou, suivant d'autres, avait laissé au pilori celle qui lui manquait. L'opposition fulmina contre le droit de visite que s'attribuaient les Espagnols, réclama la liberté de la mer, et invectiva contre l'Espagne coupable de ne vouloir pas recevoir les marchandises anglaises, comme naguère on força à coups de canon la Chine à s'empoisonner avec l'opium de la compagnie des Indes. «< Où est le temps, s'écriait un membre du parlement, où est le temps où un ministre de la guerre disait qu'il ne fallait pas qu'on osât tirer un coup de canon en Europe sans la permission de l'Angleterre? » Malgré le roi, malgré le ministre et la majo* rite vendue, la guerre fut déclarée le 19 octobre 1739.

Cette guerre commença par un coup d'éclat, la prise, par l'amiral Vernon, de Porto-Bello, d'où partaient pour l'Espagne tous les trésors du nouveau monde. Mais un immense armement dirigé contre Carthagène, l'entrepôt en Amérique de toutes les marchandises que l'Espagne expédiait à ses colonies, échoua. Les amiraux chargés d'opérer dans le» mers d'Europe ne furent pas plus heureux. Ces efforts inutiles ruinaient le trésor, et les corsaires espagnols ruinaient le commerce; Walpole, rendu par la haine publi-

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