‹ Histoire d'AngleterreChapitre 12 sur 70 · MAISON BB BRDNSWIGK-HANOVRE · texte numérisé non relu

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que responsable de ces échecs répétés, fut attaqué avec une violence extrême et tomba (janvier 1742).

Sur le continent avait éclaté déjà depuis deux ans la guerre pour la succession d'Autriche, à laquelle toutes les puissances européennr;s prirent successivement part. L'Angleterre fut une des dernières à y entrer. Aucun intérêt direct ne Ty appelait, mais George II, comme électeur de Hanovre, était intéressé à toutes les affaires d'Allemagne ; il prit le parti de TAutriche contre la Prusse , et Walpole, qui alors était encore au ministère, obtint pour Marie-Thérèse un sub- «de de sept millions cinq cent mille francs, qui fut voté avec enthousiasme. La nation, en effet, avait devancé son gou«veroement. « Ce peuple, dit Voltaire, n'est pas de ceux qui attendent l'opinion de leur maître pour en avoir une. Des particuliers proposèrent de faire un don gratuit à cette princesse. La duchesse de Marlborough, veuve de celui qui avait combattu pour Charles YI, assembla les principales dames de Londres : elles s'engagèrent à fournir cent mille Hvres sterling, et la duchesse en déposa quarante mille. La reine de Hongrie eut la grandeur d'âme de ne pas recevoir cet argent, qu'on avait la générosité de lui offrir ; elle ne Toulut que celui qu'elle attendait de la nation assemblée en parlement. » En 1743, une armée de trente-six mille Anglais, Hanovriens et Hessois, commandée par George II en personne, battit les Français à Dettingen (27 mai). Ce succès engagea plus avant l'Angleterre dans la guerre. Le 24 février de l'année suivante, se livra la bataille navale de Toulon, qui fut indécise et sanglante, comme l'ont été si souvent les actions de mer, et le 11 mai 1745, la grande bataille de Fontenoy .

Bataille de Vonienoy (194ft).

La principale force des alliés consistait en vingt bataillons et vingt-six escadrons anglais, sous le jeune duc de Cumberland, qui avait gagné, avec le roi son père, la bataille de Dettingen ; cinq bataillons et seize escadrons hanovriens ; quarante escadrons hollandais et vingt-six bataillons : en tout, cinquante«cinq mille combattants. Le maréchal de

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Saxe commandait les Français qui assiégeaient Tournn. Louis XV était à l'armée» et fit remarquer ayant Taction^dit Voltaire^ dont nous abrégeons le récit, que, depuis la bataille de Poitiers, aucun roi de France n'avait combattu avec soniils, et qu'aucun, depuis saint Louis, n'avait gagné de victoire signalée contre les Anglais. Le champ de bataille était un vrai champ clos, enfermé entre les villages de Fodtenoy et d'Anthoin, et le bois de Barri. Derrière les Français était l'Escaut avec le pont de Galonné. Les deux villages étaient garnis de canon. Le feu commença à sixiieuresdu matin.* Les Anglais assiégèrent trois fois Fontenoy, et les Hollandais se présentèrent à deux reprises devant Anthoin. A leur seconde attaque, on vit un escadron hollandais emporté presque tout entier : il n'en resta que quinze hommes; et les Hollandais ne se présentèrent plus depuis ce moment.

Alors le duc de Cumberland prit une résolution qui pouvait lui assurer le succès de cette journée. Il ordonna à ud major général d'entrer dans le bois de Barri. Celui-ci, pre? nant quelques hommes qui s'y trouvaient pour un corps formidable, retourna auprès du duc et demanda du canon. Le temps se perdait. Le prince était au désespoir. Il se détermina sur-le-champ à passer entre ce bois et Fontenoy. Le terrain était escarpé; il fallait franchir un ravin profond; il fallait essuyer tout le feu de Fontenoy et de la redoute du bois. L'entreprise était audacieuse"; mais il était réduit alors ou à ne point combattre, ou à ne point tenter ce passage.

Les Anglais et les Hanovriens s'avancent avec lui sans presque déranger leurs rangs, traînant leurs canons à bras par les sentiers. Des rangs entiers tombaient morts à droite et à gauche; ils étaient remplacés aussitôt; ils marchaient carrément, précédés de six pièces d'artillerie, et en ayant encore six autres au milieu de leurs lignes. Ils rencontrèrent d'abord quatre bataillons de gardes françaises, deux de gardes suisses et trois régiments. Quand on fut à cinquante pas de distance, les officiers anglais saluèrent les Français en ôtant leurs chapeaux. Tous les officiers des gardes françaises leur rendirent le salut. Milord Charles Hay, capitaine

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aux gardes anglaises, cria : « Messieurs des gardes français ses, tirez. » Le comte d'Auteroche répondit à haute voix : « Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers ; tirez vous^ mêmes. » Les Anglais firent un feu roulant qui emporta presque tout le premier rang de la ligne française et jeta le désordre dans les autres. Les Anglais avançaient à pas lents, comme faisant Texercice. On voyait les majors appuyer leurs cannes sur les fusils des soldats pour les faire tirer bas et droit. Ils débordèrent Fontenoy et la redoute. Ce corps, qui auparavant était en trois divisions, se pressant peu à peu , devint une colonne longue et épaisse, presque inébranlable par sa masse et plus encore par son courage. Le régiment d'Aubeterre, qui Taborde de front, est culbuté ; celui du roi essaye une attaque de tlanc. Un bataillon des gardes anglaises se détache, avance quelques pas à lui, fait une décharge très-meurtrière, et revient au petit pas se replacer à la tète de la colonne, qui avance toujours lentement sans jamais se déranger, repoussant tous les régiments qui viennent l'un après Tautre se présenter devant elle.

Le maréchal de Saxe fait avancer sa cavalerie : deux attaques sont repoussées, et Tinébranlable colonne, cnasse de plus de quatorze mille hommes, avance toujours, marchant serrée, en travers des morts et des blessés, faisant face de tous côtés et tirant toujours par division. Rien ne pouvait Tentourer, parce que rien ne se faisait de concert et à la fois.

Cependant cette masse d'infanterie avait été endommagée, quoique sa profondeur parût toujours égale. Elle-même était étonnée de se trouver au milieu des Français sans avoir de cavaleriei»La colonne était immobile et semblait ne recevoir plus d'ordre ; mais elle gardait une contenance fière et paraissait être maîtresse du champ de bataille. Si les Hollandais avaient passé entre les redoutes qui étaient vers Fontenoy et Anthoin, s'ils étaient venus donner la main aux Anglais, il n'y avait plus de ressource, plus de retraite même, ni pour l'armée française, ni probablement pour le roi et son fils. A ce moment, le duc de Richelieu accourt auprès du roi, propose de foudroyer la tête de la colonne avec du

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canon, tandis que toute l'armée française l'attaquera à la fois sur tous les flancs. « II faut tomber sur elle comme des fourrageurs, >» dit-il. Cette attaque combinée est faite avec une énergie et un ensemble* formidables. En sept ou huit minutes la colonne est ébranlée, ouverte. Dès ce moment sa force fut brisée. Ses débris cependant se rallièrent encore et reculèrent avec honneur, sans tumulte, sans confusion. Ils perdirent neuf mille hommes, dont deux mille prisonniers.

Cette victoire ouvrait les Pays-Bas aux Français. Elle décida encore une autre entreprise. Tandis que TÀngleterre dépensait ses subsides et ses soldats sur le continent, tandis que ses flottes couraient toutes les mers et que Tamiral Anson renouvelait Texpédition de Drake autour du monde, le prétendant crut que cette dispersion de toutes les forces anglaises offrait une occasion favorable pour renverser la maison de Hanovre et rétablir les Stuarts. Les ministres de France, entrant dans ses vues, mirent une flotte à sa disposition.

Charles-lÊdouard) ImtalUes dePresfon (t94ft), de Valklrk * et de CuUoden ( t «4«).

Obligé de quitter la France, TEspagne, Avignon, et n*ayant pu obtenir la permission de se fixer en Allemagne, le chevalier de Saint-George, peu de temps après son entreprise en Ecosse, en 1715, se retira en Italie, où ce que son père avait souffert pour la religion catholique romaine lui donnait droit à un accueil hospitalier. Il y épousa, en 1720, la princesse Clémentine Sobieska, fille du prince Jacques Sobieski de Pologne, et petite-fille du grand ro^ de ce nom. De cette union naquirent deux fils, Tun le 31 décembre 1720, l'autre le 6 mars 1725. Nous allons raconter les exploits de rainé, Charles-Edouard^; quant au second , qui portait le titre de duc d'Tork, il entra dans les ordres et fut fait cardinal. Aveclui s'est éteinte, en 1807,1a race infortunée des Stuarls.

Charles-Edouard avait été appelé de Rome dès l'année

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