‹ Histoire d'AngleterreChapitre 14 sur 70 · MAISON DE BRUNSWICIÎ- HANOVRE · texte numérisé non relu

MAISON DE BRUNSWICIÎ- HANOVRE

mais tandis que, malgré son âge, il oubliait à Calander- House, auprès d'une jacobite, la comtesse de Kilmarnock, rioiportancc de sa mission et la gravité des circonstances, il fut tout à coup attaqué à Falkirk , près de Stiriing. La rencontre eut lieu le 28 janvier 1746. Les montagnards , abordant bravement la cavalerie anglaise, culbutèrent leurs adversaires, et les refoulèrent jusque dans les murs d'Ë* dimbourg.

Cette défaite jeta la consternation dans toute la Grande^

Bretagne, et le duc de Cumberland vint en personne pren-

: dre la direction des affaires d'Ecosse. Du reste , les insurgés

[n'avaient pas recueilli de leur victoire de grands avantages.

Non-seulement ils n'étaient pas rentrés dans Edimbourg, ce

qui leur eût été facile, mais ce succès avait, comme tou-

I jours, éclairci les rangs des montagnards. Bientôt même,

I Charles-Edouard , quoique vainqueur, se vit proposer par

I ses officiers d'abandonner le siège de Stiriing et de se retirer

dans le nord des hautes terres. Quand cette proposition

; d'une nouvelle retraite lui fut présentée , le chevalier fut

[d'abord saisi d'un accès de désespoir et s'écria : « Grand

I Dieu ! ai-je vécu pour voir une telle chose ! » Il se frappa la tête contre la muraille avec une telle violence qu'il chancela, mais n'en dut pas moins s'acheminer vers l'extrémité de Tile.

II arriva à Culloden (huit kilomètres E. d'Inverness) le 27 avril 1746, avec des soldats exténués de fatigue et de faim. Les principaux officiers eux-mêmes étaient épuisés d'insomnie et d'inanition ; réunis à Culloden-House , ils se trouvaient tellement fatigués, qu'au lieu de tenir un conseil de guerre, ils s'étendirent pour dormir sur des lits , sur des tables ou sur le plancher. Il y avait à peine deux heures que le prince était arrivé, lorsqu'une patrouille de cavalerie rapporta la nouvelle que l'armée du duc de Cumberland n'était plits qu'à trois kilomètres. Charles-Edouard donna aussitôt l'ordre aux tambours de battre , et aux cornemuses de jouer leurs airs de guerre. Mais les troupes étaient dispersées : un tiers de l'armée, deux mille hommes, ne prit aucune part à la bataille, dont l'artillerie anglaise eut tous les honneurs. Les montagnards, incafjpables de rester fermes, et Immobiles

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SOUS le feu, demandèrent à grands cris à avancer et se précipitèrent sur les Anglais avant môme d'en avoir reçu le signal. Accueillis par la mitraille , ils furent repoussés avec perte, et plus de mille jonchèrent le champ de bataille.

Le duc de Cumberland racheta en ce jour et sa défiiite de Fontenoy et l'humiliation qu'il devait essuyer plus tard à Closter-Seven, mais il souilla sa victoire par la plus effroyable cruauté et ne mérita que trop son surnom de boucher. Plus de deux cents personnes, dont cinq lords, périrent sur réchafaud. Quoique les highlanders eussent renoncé à toute résistance , le duc envoya des détachements dans les différentes vallées qui étaient depuis des siècles la demeure des clans jacobites. Les soldats faisaient feu sur les hommes qui fuyaient à leur approche , pillaient les maisons des chefs, incendiaient les cabanes des paysans, ne respectaient ni lai vieillesse ni l'enfance, et se portaient à tous les genres d'outrages envers les femmes. Lorsque les hommes étaient tués, les maisons brûlées, les moutons et les bestiaux enlevés, une; partie des femmes et des enfants périssaient par la faim,' tandis que d'autres suivaient les traces des pillards et solli-^ citaient comme une aumône le sang et les entrailles desj bestiaux qu'on tuait pour la nourriture des soldats.

Quant à Charles-Edouard, une récompense de trente millej livres sterling (sept cent cinquante mille francs) fut offerte à^ quiconque le livrerait mort ou vif. Traqué comme une béte^ fauve, il n'en échappa pas moins, grâce surtout au courage, à la présence d'esprit d'une femme, Flora Mac-Donald. La bataille de Culloden avait eu lieu le 27 avril : le 17 septembre seulement il s'embarqua sur un vaisseau malouin qui le déposa en Bretagne, près de Morlaix. Sa courte, mais brillante expédition, avait excité l'admiration de toute l'Europe, depuis son débarquement (26 août 1745) jusqu'au moment de sa rentrée en France, treize mois après. Pendant cinq mois il avait été obligé de se cacher de retraite en retraite , au milieu de fatigues et de périls qui surpassent tout ce que l'imagination peut inventer. Pendant ces cinq mois, son secret fut livré à des centaines de personnes de tout sexe, de tout âge et de toute condition, et il ne s'en trouva aucune

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