‹ Histoire d'AngleterreChapitre 15 sur 70 · MAISON DE BRDNSWICK-HANOVRE · texte numérisé non relu

MAISON DE BRDNSWICK-HANOVRE

dans les rangs élevés ou subalteraes, pas même parmi les brigands auxquels il fut quelquefois obligé de se confier, qui ait songé à arrivera l'opulence en trahissant le proscrit.^ Cette conduite fera honneur aux montagnards d'Ecosse aussi longtemps qu'existeront leurs montagnes.

Une des conséquences de la révolte de 1745 fut la ruine, en Ecosse, du système des clans. L'usage du costume montagnard fut formellement interdit et l'autorité des cheCs anéantie. Dne loi défendit l'usage de l'étoffe appelée tartan, avec tous ses carreaux dont les couleurs et l'arrangement indiquaient tel ou tel clan, de sorte qu'en voyant un montafgnard on pouvait dire de quel clan il faisait partie. Porter aucune partie du costume montagnard, c'est-à-dire plaid (manteau), philabeg (espèce de jupon laissant le genou déicouvert), trews (culotte très-courte qui était cachée parle philabeg), devint une offense punie, pour la premièrefois, de lix mois d'emprisonnement, et, en cas de récidive, de déportation auxc olonios. Quiconque portait ou gardaiten sa possession une claymore, un dirk ou un pistolet était obligé de servir comme soldat, à moins qu'il ne pût payerune amende de quinze livres sterling (trois cent soixante-quinze francs). Une seconde contravention était punie par une déportation |iux colonies pour sept ans. Un acte du parlement, passé en 1^748 , abolit les derniers restes effectifs du système féodal , e'est-à-dire la juridiction héréditaire, dans toute l'Ecosse. |far un autre acte de la même année, toute concession de fief à charge de service militaire fut déclarée illégale, et ceux qui existaient déjà furent changés en fiefs tenus moyeni^ntune redevance annuelle en argent, ou à charge de quel- IPe reconnaissance honorifique du vasselage. Il devint donc inapossible à un seigneur d'imposer à ses vassaux la fatale obligation de le suivre à la guerre, ou de remplir les devoirs pénibles de l'accompagner à la chasse et de garder son châl^eau. Ainsi tomba le système social d'après lequel les clans montagnards étaient gouvernés. Ce système patriarcal, sous hien des rapports, parle puissamment au cœur et à l'imagination, mais il n'en est pas moins incontestable qu'en réail s'opposait à toute liberté , à toute amélioration dans

les idées religieuses et morales , en mettant le bonheur et même l'existence de tribus entières à la disposition de chefs dont le pouvoir administratif ne connaissait d'autres bornes que leur bon plaisir.

C'est aussi vers ce temps, en 1751, que le gouvernement anglais abolit enfin l'ancien calendrier qui était en retard de onze jours sur l'année véritable , et adopta le calendrier grégorien.

Traité d'Atx-la-Chapelle (1948).

Pendant les succès e;t les revers de Charles-Edouard, l< maréchal de Saxe renouvelait à Raucoux (1746) et à Laufeld,i où il battit encore le duc de Cumberland (1747) , malgré 1 cent mille alliés qu'il commandait, ses lauriers de Fontenoy et se rendait à peu près maître des Pays-Bas. Même sur les Anglais n'avaient pas de brillants succès. Ils faisaient, il est vrai, de nombreuses descentes sur nos côtes, brûlai des villages, tuaient quelques braves paysans, bloquaiei Brest et Toulon et nous enlevaient , en Amérique , Lout bourg et l'île importante du cap Breton; mais ils ne rép; raient l'échec subi par leur flotte en vue de Toulon, en 1 qu'en condamnant un de leurs amiraux qui , pourtant, s'é tait bien battu, et ils laissaient, aux Indes orientales, La< bourdonnaie, vainqueur d'une de leurs escadres, arborer pavillon français sur les murs de Madras. L'année 1747 fui plus heureuse. L'Angleterre, délivrée du prétendant, fit nouveaux efforts : plusieurs escadres françaises furent d truites et des prises nombreuses désolèrent notre co merce. Mais enfin la paix approchait, car le ministè anglais voyait que ses alliés ne faisaient la guerre qu*i ses dépens, avec les subsides de l'Angleterre ;* la posi tion que la France prenait aux bouches de l'Escaut e\ de la Meuse , leur faisait désirer d'arrêter ces menaçan progrès. Louis XV, pris d'un singulier accès de magnanimité,' déclara ne pas vouloir traiter en marchand ; il renonça aui Pays-Bas qu'il tenait et que nous n'avons pu reprendre encore. Par le traité d'Aix-la-Chapelle, toutes les puissances se restituèrent leurs conquêtes. L'Angleterre n'avait rien gagn*

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