MAISON DE BRUNSWICK- HANOVRE
i eette lutte ; car elle nous rendit le cap Breton, et il ne fut pas parlé au traité de ce droit de visite , cause première de k gnerre avec FEspagne. Mais sa dette s'était accrue de près de trente millions de livres sterling.
lie premier PIM) eommenceineiit de la ipierre de ëejft ana
George II confia successivement les destinées de TAngle-
ne à deux hommes d'une nature et d'une moralité bien
posées. Il avait eu pour ministre', au commencement de
règne, Robert Walpole, le père de la corruption. Il prit,
la fin, William Pitt, de qui on a dit qu'il avait la vertu
an Romain et les nobles manières d'un courtisan français;
contemporains l'appelaient le grand député des com-
nés.
William Pitt, le ministre dont s'enorgueillit le plus justet l'Angleterre, si féconde en hommes d'État , naquit à estminster, le 15 novembre 1708, et fut élevé à Éton, 'où il fut envoyé, en 1726, au collège de la Trinité, à Oxpour y terminer ses études. Il y passa trois années 'il consacra à la lecture assidue des philosophes et des teurs grecs. Après cette forte éducation, le jeune Pitt* yagea. Il vif la France et Tltalie, puis revint dans son ys, près de sa mère, demeurée veuve et sans fortune. La lébrité de ses premières études, je ne sais quoi d'orateur i était en lui, dans sa taille élevée, dans ses yeux pleins le feu, dans sa voix sonore, dans la dignité et la force sinière de son langage^ le désignaient pour la chambre des munes. Il y fut nommé par le bourg pourri d'Old Sarum, l'âge de vingt-sept ans. A l'époque (1735) où William Pitt int siéger au parlement, Robert Walpole était toujours mistre. Ce qu'il y avait d'astucieux et de corrupteur dans le ctère du chef de l'administration devait peu sympathiser vec l'âme altière et pure du nouveau député, qui prit place s les rangs de l'opposition. Après la chute de Walpole, «e fut lord Carteret, le duc de Newcastle et d'autres nobles personnages de l'aristocratie whig qui d'abord (février 1742) concentrèrent dans leurs mains le pouvoir. William Pitt, fils U H
d*un simple squire (écuyer), ayant à peine deux cents livres sterling (cinq mille francs) de revenu, ne se distinguait par aucun titre aristocratique au milieu des cinq ou six grandes familles en possession de gouverner TAngleterre, et il avait trop de fierté pour être leur client et s'élever à leur suite ^ les servant de son éloquence. La dignité de son caractère, la force de son génie, soutenues par une faveur publique habilement ménagée, furent ses seuls appuis, et lui donnèrent enfin Talliance de Taristocratie ou lui permirent de s'en passer.
La première administration qui succédait à Walpole avai offert une part de puissance au jeune Pitt; il refusa. Quati ans après, en 1746, le duc de Newcastle, qui appréci toute l'importance de sa coopération, le fit nommer vi trésorier d'Irlande et , la même année , conseiller privé payeur général des troupes anglaises. Les sages réformi que Pitt introduisit dans le département qui lui était confii et le rare désintéressement dont il donna des preuves d un poste où ses prédécesseurs s'étaient toujours enrichis négociant à leur profit l'argent du trésor, lui rendirej toute son ancienne popularité que sa promotion avait peu diminuée.
Ce ministère du duc de Newcastle eut une'existencea pâle. Il s'occupa surtout de mesures prises dans l'intén du commerce. On encouragea la pèche maritime par d primes ; on défendit l'exportation des machines et métiers on supprima les droits sur quelques-uns des produits colonies d'Amérique, et on ramena l'intérêt de la dette pu blique de quatre à trois et demi pour cent. L'armée fut minuée , et les vétérans envoyés dans la Nouvelle-Ecosse o Acadie que la France avait cédée en 1713, où ils fondèren ce qui excita la jalousie et les craintes des Français d Canada, la ville d'Halifax. D'autres Anglais s'établirent sur côte des Mosquitos, dans le golfe du Mexique, ce qui par à l'Espagne un empiétement.
William Pitt, qui était fort attaché à Henri Pelham, frè du duc de Newcastle, soutint de son éloquence le ministè dont il faisait partie ; mais, à la mort de Pelham (mars 1754)^
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désapprouvant la marche de radministration, et craignant que i'ÂDgleterre ne fût entraînée dans une guerre dispen-* dieuse, par suite des alliances contractées avec les princes d'Allemagne pour la défense du Hanovre, que le roi de Prasse menaçait, il se démit de son emploi , et se plaça de nouveau dans les rangs de Topposition (1755). Il rentra au ministère en 1756, à la chute du duc de Newcastle ; mais ce fut seulement en 1757 qu'il eut réellement toute la direction des affaires et put agir comme premier ministre. Pitt remplaçant Newcastle, c'était la victoire de l'homme nou-
m sur le grand seigneur, du talent sur les titres. Là se résente une autre singularité du caractère et de la fortune je Pitt. Comme il s'était passé de cette affiliation aristocra-
que qui semblait la condition nécessaire du pouvoir, on le oitaussi se passer respectueusement de la faveur du souverain it contrarier ses vues. Celui qu'il veut servir, c'est exclusiement le roi d'Angleterre, et non pas le roi d'Angleterre rince du Hanovre. Lorsque Pitt eut sa première auiencedu roi, il lui dit : « Sire, accordez -moi votre con-
nce, je la mériterai. i> George II lui répondit : « Méritez ma confiance et vous l'obtiendrez. » Bientôt , en effet, le [monarque oublia dans Pitt l'ancien chef de l'opposition [pour ne plus voir en lui que le grand homme d'Ëtat. Com- |nient un roi d'Angleterre, à moins d'être traître à son pays, ^âurmt-il pu se montrer ingrat envers l'homme qui conduisit avec tant de vigueur cette guerre de sept ans si funeste à la 'ïrance?
l'a première cause de cette guerre fut l'incertitude qui
' planait sur les limites des possessions anglaises et françaises
en Amérique. La France avait encore sur ce continent deux
'magnifiques possessions, le Canada et la Louisiane, c'est-à-
dire le Saint-Laurent et le Mississipi , les deux plus grands
I fleuves de l'Amérique du nord, qu'elle tenait ainsi par les
<^eux bouts. En 1751, on avait nommé des commissaires
pour fixer les frontières; ils ne purent s'entendre, et les
^^ons mêlant des deux côtés les Indiens à leur querelle,
avaient commencé les hostilités. En 1754, Washington ,
a\oTsbien jeune, se distingua dans une de ces rencontres.
244 CHAPITRE XXXItl.
C'était le temps de la plus brillante prospérité du commerce français. Nos armateurs de Nalites et de Bordeaux cherchaient partout des débouchés, et partout aussi rencontraient les négociants anglais. Il y eut des collisions dans les Indes orientales et sur les côtes d'Afrique comme en Amérique. En 17ÔÔ, les hostilités prirent un caractère encore plus sérieux. Les Anglais, sans déclaration de guerre, capturèrent deux de nos vaisseaux, et leurs corsaires nous prirent trois cents navires marchands montés par huit mille matelots. Notre commerce ne se releva pas de cette surprise , odieuse violation du droit des gens. George II craignit que la France, justement irritée, ne se vengeât sur son électorat de Hanovre, cette meule de moulin, avait dit Pitt, attachée au coa de l'Angleterre , et pour le protéger, il fit des traités avec la Hesse, la Prusse et la Russie, promettant des subsides que l'Angleterre paya. Ainsi, grâce à l'or anglais, la lutte qui semblait devoir être toute maritime devint aussi continentale. La France eut à combattre des deux mains. Elle porta d'abord légèrement son fardeau. En 1766, le maréchal de Richelieu se signala par une attaque audacieuse ; il en* leva Minorque aux Anglais. L'amiral Byng, en voulant sauver cette île, avait été battu : l'orgueil humilié de ses compatriotes le condamna à être fusillé à son bord. Garthagese vengeait ainsi. Cette iniquité ne fit pas réussir une grande expédition dirigée l'année suivante sur Rochefort , et qui n'eut pour résultat que la dévastation de l'île d'Aix. Un sanglant échec en Allemagne, la défaite du duc de Cumberland à Hastembeck et sa capitulation honteuse à Closler-Seven, obscurcirent singulièrement la gloire du vainqueur de Culloden. Ce qui fut plus honteux encore, c'est que les Anglais, le danger passé, violèrent les conditions qu'ils avaient eux-mêmes implorées. Enfin, en Amérique, les Français prirent les forts Oswego et William, et détruisirent tous les bâtiments qui leur disputaient la navigation des lacs. Il n'y eut de dédommagement pour les Anglais qu'aux Indes orientales, où Clive s'empara de Chandernagor, et par ses victoires sur le soubah du Rengale jeta les fondements de la puissance britannique dans l'Inde.