Moreaii de Jonnès, Staiisiiqw de la Grande-Bretagne
rain est fort cher, que dans Fintervalle qui sépare Londres de Portsmouth , et qui est de quatre-vingts kilomètres, il n*y en a que dix-sept traversées ou bordées par la route.
L'aristocratie anglaise est donc bien forte; mais ce qui fait surtout qu'elle est loin de sa ruine, quoique plusieurs en disent , c'est cette modération , cet esprit libéral qui lui font oiivrir ses rangs à tous ceux qui dans la guerre , l'administration , le commerce, Tindustrie, se sont signalés par leur courage, leur intelligence et leurs succès; c'est aussi cette incomparable habileté qui la fait toujours céder à temps devant un péril. Elle a cédé sur l'émancipation catholique, sur le bill de réforme, sur la liberté du commerce et l'abolition du monopole agricole ; sur chacune de ces questions elle a attendu la maturité de l'opinion et en a prévenu l'explosion. La démocratie française , qui en réalité ne peut rencontrer d'autre adversaire redoutable qu'elle-même , devrait toujours avoir les yeux fixés sur le siénat de Westminster, si digne de siéger au Capitole. Elle devrait, le prenant pour modèle, s'efforcer d'acquérir un peu de son esprit de suite, de sa prudence, de sa patience. On est si près de devenir le maître des autres , quand on sait se commander à soi-même !
Des parU« polIUqneti.
Il n'y a plus guère aujourd'hui en Angleterre de w^higs et de torys, mais seulement des libre-échangistes ^ et des pro- TECTiONiSTES. Toutc la qucstion est là. L'Angleterre poursuivra-t-elle sa marche dans cette voie de liberté commerciale où sir Robert Peel l'a fait avancer d'un pas si ferme , ou retournera-t-elle à l'ancien système de protection? Voilà là grande préoccupation. Quant aux radicaux, c'est-à-dire aux hommes qui, comme MM. Hume, Duncombe et Roebuck, veulent l'abolition de tous les privilèges aristocratiques et le triomphe de la démocratie , ils sont peu nombreux et sans beaucoup d'autorité ; mais ils ont derrière eux toute
t. Les chefs de ce parti sont les chefs mêmes de l'ancien ministère, savoir : le marquis de Lansdo^ne, lord John Kussel et lord Palmerston. Les proiectionistes avaient pour leaders , pour debaters ^ à la chambre haute , lordf Stanley , devenu depuis peu, par la mort de son père, comte de Derby ; à la chambre basse , )I. IMsraeli. Ces deux personnages sont aujourd'hui les chefs du ministère tory.
438 CHAPITEX XXXVIII.
Tarmée des chartistes , tout une population ouTrière ou beaucoup sont excités par leurs souffrances à rêver une complète transformation sociale. La condition d'une partie delà classe manufacturière et agricole est vraiment digne de pitié. Le nier, c'est nier le fait le plus évident, le mieux constaté. Toutes les enquêtes faites depuis quinze ans soit par ordre du parlement , soit par les délégués de la ligue, soit par ceux du parti protectioniste » le démontrent unanimement. M. Ledru-Rollin, dans son livre de la Décadem de l'Angleterre , n'a rien dit que n'eût exposé avant lui M. Léon Faucher, que n'eût avoué lord Ashley, ce philan-^ thrope d'une si infatigable activité. Les chàbtistes ou paN tisans de la charte du peuple , sont ainsi désignés du titre d'une pétition présentée par eux à la chambre des communes et par laquelle ils demandaient : « 1° que tout habitant mâle du royaume, qui aurait atteint l'ftge d'homme eût le droit de voter dans les élections ; 2*" que le vote lieu au scrutin secret ; 3*" que les élections fussent annuel les; 4° que le cens d'éligibilité fût supprimé, et que l membres des communes reçussent un traitement ; ô"* en! que l'égalité proportionnelle fût établie entre les distri électoraux, en prenant la population pour base du nom des membres à élire.
La pétition, dite charte du peuple, adoptée à Birmingh le 6 août 1838 dans une assemblée nombreuse, servit rallier et à organiser les ouvriers. £lle se couvrit, en peu mois, de plus d'un million deux cent quatre-vingt mil signatures, et le principe en fut reconnu dans plus de ci cents meetings. Chacune de ces réunions devait nommer délégué; l'assemblée des délégués, convoquée à Lond pour les premiers jours d'avril 1839, reçut le nom pompe de convention nationale. Les classes laborieuses affichai ainsi la prétention d'établir un parlement démocratique, face du parlement qui était l'expression légale de Taris cratie. Cette convention nationale , à peine réunie , se j dans les voies de l'anarchie la plus furibonde. Le 2 mai 1 fut présentée en grande pompe, à la chambre des co munes, une pétition couverte de trois millions trois c
dix^sept mille sept cent deux signatures. Son volume était tel qu'il avait fallu seize hommes robustes pour la porter, et on dut la dérouler pour qu'elle pût passer par la porte de la chambre. La teneur de ce document faisait aussi peu d'honneur aux lumières de ceux qui Tavaient signé, qu'aux intentions de ceux qui l'avaient rédigé. Les pétitionnaires ne se bornaient pas à solliciter le suffrage universel , à se plaindre du système d'exclusion dont s'inspiraient tous les actes du parlement , ni à exposer l'état profond de misère des classes laborieuses. C'était une protestation en forme contre toute espèce de propriété. Ils attaquaient ce qu'ils ap* pelaient. « le monopole du papier-monnaie, le monopole de la force mécanique, le monopole du sol, le monopole des moyens de transport; » et pour couronner ces folles doctrines, ils attaquaient la légitimité de la dette publique. Si la pétition n'eût embrassé que les cinq points de la charte du peuple énumérés plus haut, elle aurait trouvé des défenseurs dans la classe moyenne, dans la chambre des communes. Mais les chartistes, du moment où ils identifiaient leur cause avec de si révoltantes absurdités, n'avaient plus aucune chance de succès. La révolution de février, qui a ébranlé l'Europe entière, n'a abouti en Angleterre <iii'à quelques promenades insignifiantes dans les rues de Londres. Et cependant il ne manque pas en Angleterre, pour de sages réformateurs, d'abus à attaquer, notamment dans l'Église.
iSslUie anglteane on haute Église ou Kglt«e épiscopale.
Le roi (en ce moment la reine) est le seul chef de l'Église; il convoque et dissout les synodes ; il confirme les lois ecclésiastiques, il nomme les évoques, mais il ne peut gérer luimême les affaires épiscopales. L'archevêque de Canterbury est primat d'Angleterre ; il a vingt-deux sufiTragants. L'archevêque d'York en a quatre*. Les évêques de Londres, de
1. Il y a deux archevêchés : Canterbury et York ; vingt-six évèehéa : Londres, Durhanj , "Winchester, Rochesler, Lincoln , Bangor, Carhsle, Bath et Wella, Gloucesteret Bristol, Exeter, Ripon (depuis 1836), Salisbury, Pelerborough, Worcester, St-David's, St-Asaph, Chichester, Lichfield, Ely, Oxford, Manchester (depuis 1847), Hereford , Ghester, Norwich, Sodor et Man , Llandaff. L'évêque de Llandaff n'a pas de siège en ce moment à la chambre des lords. L'évêque de Sodor et Man n'en a jamais. Le nombre des évêques protestants d'Irlande a été singulièrement réduit.
Durham et de Winchester ont le pas sur les autres; après eux répoque seule de la consécration donne la préséance. L'archevêque est élu par ie chapitre de la cathédrale, après que le roi a accordé congé d'élire, A ce congé est d'ordinaire jointe une recommandation royale, dite commendamus, et le recommandé est toujours élu. Du moins les cas d'opposition sont excessivement rares. C'est de la main du roi que les évoques reçoivent tout leur temporel. Chaque archevêque, indépendamment de sa paroisse propre, est chargé de l'inspection de toutes les églises de son diocèse. Il nomme les évéques, mais d'après un ordre du roi; il reçoit les appels de plusieurs affaires ecclésiastiques, sacre les évêques , gère les affaires ecclésiastiques pendant la vacance des sièges , donne des dispenses en tout ce qui n'est point contraire au droit divin et civil, etc.
Les évoques sont placés, par rapport à la puissance temporelle, dans la même position que l'archevêque ; ils ont leur tribunal et leur grand vicaire, surtout pendant les séances du parlement, dont ils sont membres (banc des évêques à la chambre des lords). Ils mettent les ecclésiastiques dans la possession spirituelle et temporelle de leurs bénéfices, etc. Le doyen et le chapitre forment le conseil de l'évêque et l'assistent dans les affaires ecclésiastiques. Depuis Henri VIII, c'est le roi qui nomme le doyen. Le chapitre est nommé dans certains diocèses par le roi, dans d'autres par l'évêque ; enfin il y a des chapitres qui ont le droit de se compléter eux-mêmes. L'archidiacre a une juridiction pour tout ou partie de la paroisse, immédiatement au-dessous de l'évêque. C'est d'ordinaire l'évêque qui le nomme, et il forme ensuite lui-même son tribunal ecclé-
II n'y a plus aujourd'hui que deux archevêchés, celui d'Armagh et Gogher et celoi de Dublin et Kildare, et dix évêchés : i*> Meath, dont le titulaire a la préséance sur tous les collèges; 2*> Kilmore, Ardagh et Elphin; 3» Derry et Raphoe; 4** Killaloe, Kilfenora. Cloufert ci Kilmacduagh ; 5« Tuam, Kilala et Aehonry ; G» Ossory, Ferns et Lejghlin; 7* Cashel, Emly, Waterford et Lismore; 8« Cork, Cloyne et Ross ; 9^ Down, Conuor ei Dromore; 10» Limerick, Ardfert et Aghadoe.
Les vingi-huit évêques des colonies résident dans les villes ou localités suivantes : Calcutta . Bombay, Madras, Ceylan, Maurice, Sidncy, Melrop, Tasmanie, Newcastle. Adélaïde, Melbourne, Australie occidentale, Nouvelle-Zélande, LylteltOD (Nouvelle-Zélande), Jamaïque, etc., les Barbades, Antigoa, Guiane, Québec, MoDtréal, Toronto, Nouvelle- Ecosse, Fredericion, Newfoundland ( Terre-Neuve), Gibraliar, Cape Town, Sierra-Leone, Victoria (Hong-Kong), Terre du Prince Rupert.
GOUVERNËAfENT Et ADMINISTRATION. 441
siastique. Les doyens ou diacres ruraux ont été supprimés. On a trouvé trop considérable la multiplicité des instances et la surveillance qu'elles exigeaient. Les pasteurs (parsons) en sont devenus d'autant plus importants , ainsi que les curés (vicars). Les curâtes forment la dernière classe des personnes ecclésiastiques, et n'ont aucun droit durable sur leurs places.
L'Église anglicane est odieuse à une grande partie de l'Angleterre, et il ne saurait en être autrement, car, indépendamment de la dime qu'elle perçoit toujours, non plus en nature, mais sous la forme d'une redevance pécuniaire désormais invariable, elle a conservé tous les abus reprocbés à l'Église catholique à la fin du moyen âge, abus que même elle a encore exagérés. C'est ainsi qu'avant Henri VIII beaucoup de couvents possédaient les terres d'un grand nombre d'églises, mais à la condition de faire desservir convenablement ces églises. Quand Henri YIII supprima les couvents, il disposa de ceux de leurs domaines qu'il ne garda pas pour la couronne, en faveur de diverses personnes ou corporations, et sous les mêmes conditions, mais ces nouveaux propriétaires n'abandonnèrent aux pauvres prêtres chargés du service qu'une partie très-insufBsante du revenu , s'inquiétant fort peu que les fonctions sacerdotales fussent mal remplies ou même ne le fussent pas du tout. Leurs descendants ont persisté à marcher dans cette voie honteuse. Vainement les whigs demandent-ils que ces terres reçoivent une meilleure destination , et que le revenu en soit approprié soit à l'entretien d'écoles dont manque le pays, soit à l'amélioration du sort du bas clergé. L'aristocratie ne veut pas se dessaisir de sa proie, et tous les bills d'appropriation sont invariablement repoussés par la chambre des lords.
Comme au moyen âge, le droit de patronage, dont la révolution a purifié notre clergé, est toujours en pleine vigueur dans l'Église anglicane. Sur le nombre total des bénéfices, il y en a neuf cent quatre-vingt-dix qui sont à la disposition du roi, sept cent soixante à celle des deux universités d'Oxford et de Cambridge, deux mille deux cent
442 CHAPITRE XXXVUl.
quatre-vingts à celle des évéques et chapitres , et enfin sept mille quatre cents auxquels nomment des patrons laïques.
Comme au moyen âge, la non-résidence et le cumul, inconnus dans le clergé français depuis 1789, déshonoreut le clergé anglican. Quatre mille quatre cent seize ecclésiastiques anglicans résident où leur devoir l'exige ; six mille quatre-vingts au contraire sont des non-résidents^ quoiqu'il suffise de passer un jour tous les ans dans sa cure pour ôtre considéré comme résident ; deux mille cent jouis* sent de plusieurs bénéfices à la fois. Tel était du moins Tétat des choses jusqu'en 1838, époque où un bill a déclaré que les ministres du culte seraient désormais astreints à la résidence, et que deux bénéfices ne pourraient ôtre CU'* mules par un même titulaire, à moins qu'ils ne fussent Vm de l'autre à une distance de moins de quinze kilomètres; ils ne pourraient l'être également, si la population de l'un d'eux excédait trois mille âmes, ou son revenu la somme de vingt-cinq mille francs. Cornue on le voit, la latitude est encore assez grande.
Gomme au moyen âge, il y a la disproportion la plus étrange dans la rétribution des divers membres du clergé anglican. Les revenus s'élèvent, pour vingt'^sept prélats, à trois millions neuf cent cinquante mille francs, soit environ cent cinquante mille francs de rente pour chacun d'eux; pour les doyens et chapitres, à cinq millions neuf cent mille francs ; et pour les bénéficiers, à soixante-quinze mit lions de francs, c'est-à-dire, en somme ronde, à un total de quatre-vingt-Kiuatre millions de francs ^ Or, le nonobre total des bénéfices étant de onze mille cinq cents, le terme moyen du revenu de chaque bénéfice est de six mille cinq cent vingt*deux francs. Mais il s'en faut de beaucoup que cette égalité existe dans la pratique. Tandis que l'arche* vêque de Canterbury a cinq cent mille francs de revenu ; celui d'Tork, trois cent trente-six mille ; l'évéque de Durham» cinq cent soixantenseize mille; celui de Winchester, quatre
1. Un membre du parlement portait, \\y& quelques années, dans la chambre def coBUQuDos, le chiffre des revenus de V£giiae anglicane à plus de six miUiOBS sttf» ling, c'est-à-dire à plus de cent cinquante miUions de francs. Le bud({et des GuItW en Franee n'est que de quarante miûione.
CODVERNEMENT £T ADMINISTBATION. 443
cent trente-deux mille ; celui d*Ely, deux cent quatre-vingthuit mille; celui de Londres, deux cent seize mille, il y a des bénéfices qui ne rapportent pas plus de cent vingt-cinq à cent quarante francs par an. Quatre mille huit cent neur bénéfices sont tels, qu'aucun ecclésiastique ne peut y demeurer à cause du mauvais état du presbytère, et il y en a même deux mille six cent vingt-six qui n*ont pas d'habitation du tout. Les évôchés, les décanats et les canonicats, tous fort largement rétribués, comme le prouvent les chiffres ci-dessus, sont le partage des cadets de grande famille qui n'entrent ni dans Tarmée de terre ni dans Tarmée de mer. Ils mènent sur les terres de l'Église la vie que mènent leurs aînés sur leurs propi'es terres, chassant, buvant, voyageant. Le bas clergé se recrute parmi les chapelains ou les précepteurs des landlords : après avoir pendant quelques années officié duns leurs châteaux, et élevé leurs enfants, ils reçoivent une cure et épousent une des femmes de chambre de la maison ou la fille de quelque petit fermier. Tous, membres du haut comme du bas clergé, sont, caractère privé à part, peu aimés, peu respectés et peu dignes de l'être. La science et la charité sont assez rares, sauf de glorieuses exceptions, chez les membres opulents comme diez les membres besoigneux de l'anglicanisme. La vie religieuse s'est retirée de cette Église toute mondaine pour se concentrer chez les dissidents ou chez les catho^^ liques. Tout ce qu'elle fait aujourd'hui, tout ce que peuvent ses partisans, et, à leur tête, le très-intolérant sir Robert IngUs, c'est de retarder le plus possible le triomphe infaillible des grands principes de liberté civile et religieuse. Le baron Lionel de Rothschild a été nommé, en 1847, par les électeurs de la cité de Londres, membre de la chambre des communes, et depuis cinq ans il n'a pu, comme juif, prendre possession de son siège. L'Église anglicane a vu forcer successivement les portes du parlement par les catholiques, par les quakers ; aujourd'hui elle ne peut plus en exclure que les juifs, et très-certainement elle Q*a plus longtemps à jouir de cette dernière concession faite à son esprit persécuteur.
444 CHAPITRE XXXVIU.
OrnanUaftlOB Jndlelatre '•
Un Français aura toujours de la peine à comprendre qu'en Angleterre il n'existe absolument point de tribunaux locaux d'aucun genre. Pendant que , d'un côté , les Anglais regardent comme un attentat tyrannique contre la liberté individuelle , tout ce qui ressemble à de la centralisation dans l'administration politique , d'un autre côté , ils ont admis dans celle de la justice la centralisation la plus énorme qui jamais ait existé dans quelque pays que ce soit. On ne connaît en Angleterre que quatre grandes cours, les quatre grandes cours de Westminster, avec un tribunal suprême de cassation qui n'est autre que la chambre des lords. Les juges des quatre grandes cours de Westminster sont au nombre de trois pour chacune de ces cours, et désignés sous le nom de lords juges. Tout le pays a été divisé en six circuits, trois du nord et trois du midi ; les douze grands juges se les partagent deux à deux, et s'y rendent deux fois chaque année à des époques déterminées. C'est ce qu'on appelle les tournées ou les circuits des grands juges.
Suivant leur manière de juger, soit au civil , soit au criminel, les quatre grandes cours de Westminster se divisent en cours de loi commune et cours d'équité : les trois premières, celles des plaids communs, du banc du roi et de l'échiquier, sont dites cours de loi commune; la quatrième, celle de la chancellerie, est dite cour d'équité. Quoique depuis longtemps , dans l'application , les juridictions de ces trois cours soient à peu près confondues, et que l'on puisse aujourd'hui, dans la plupart des cas, s'adresser de préférence à celle d'entre elles que l'on veut choisir, cependant il existe dans le droit strict certaines distinctions.
Dans le droit strict , toutes les actions civiles ordinaires doivent être portées devant la cour des plaids communs; aussi cette cour est-elle appelée par les jurisconsultes la clef de la loi commune, elle n'a du reste qu'une juridiction purement civile.
A la diiférence de la cour des plaids communs, la cour du banc du roi a une juridiction à la fois civile et criminelle :