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Y compris celui de Ceyfan

574 CHAPITRE XLï.

avec leur magnifique climat, leur fécoudité et leur heureuse position au sud de TAsie , entre FÂmérique et l'Europe. Les filateurs de Leeds et de Manchester ont tué, il est vcai, la fabrique indigène, dans l'Inde, des cotonnades; mais la presqu'île doit être comme la ferme de l'Angleterre , chargée de lui fournir les produits agricoles nécessaires à l'alimentation ou au travail des ouvriers de ses manufactures. Déjà le coton de l'Inde fait une vive concurrence au coton américain , bien que celui-ci soit d'une qualité supérieure. Oq disait aussi que le riz indieu ne pourrait lutter avec celui de la Caroline, et il se vend presque au même prix. Le lin est très-cher et rare en Europe, l'Inde en donnera d'excellent; la laine pourra y être produite en quantités énormes. Les plus beaux bois , une huile excellente seront encore des objets d'exportation que bientôt on ne négligera plus. Que la compagnie ouvre des canaux , améliore les routes , multiplie les chemins de fer, et la face de l'Inde changera au profit du monde entier, car lorsque ses populations misérables auront secoué leur paresse séculaire, elle pourra jeter dans la circulation générale , une telle masse de produits que les prix baisseront partout.

Les revenus de la compagnie étaient, en 1837, de 19 530 679 livres sterling; ils n'étaient plus en 1847 que de

17 576 907; les dépenses au contraire se sont élevées de

18 750 361 livr. st., en 1837, à 19 488 893 livr. st. en 1847. Les revenus de la compagnie proviennent surtout de la

taxe foncière :

Années. Taie foncière. Sel. Opiam. Douanes.

1810 10 050 142 livr. 1&14 617 livr. 646 485 livr. 795 425iiTr. 1840 12 480 854 2 321 556 417 140 1 166 751

Sa dette éUit en 1840 de 26 559 854 livres sterling , plus 32 760 360 livres dues pour emprunts, dépôts ou obligations. Le dividende annuellement partagé entre les actionnaires de la compagnie est de 630 000 livres sterling par an.

Il est encore question à cette heure ( avril 1852 ) de modifier l'organisation de la compagnie des Indes. Le président du bureau du contrôle qui siège au conseil des ministres avec le titre de secrétaire d*Etat pour l'Inde, et qui, nous l'avons déjà

dit (page 280), est le véritable gouverneur de llnde, serait délivré des dernières entraves qui gênent encore son action, et le conseil de la compagnie dépouillé du droit de nommer à certains emplois très-lucratifs, recevrait les attributions d'un simple conseil de surveillance. Il s'agit, en efifet, d'un empire de 100 millions d'âmes, d'un budget de 500 millions et d'une armée de 400 000 hommes. Il est difficile que le gouvernement métropolitain ne veuille pas tenir toutes ces forces dans sa main. Ce serait un bien sans doute pour les indigènes, l'État étant plus libéral dans son administration qu'une compagnie d'actionnaires , lesquels demandent avant tout que l'opération produise des dividendes. Le premier ministre a même donné à entendre que, dût l'Inde suivre un jour l'exemple de l'Amérique, il fallait appliquer ici comme dans les autres colonies les principes de liberté, appeler graduellement les Indous à la gestion de leurs intérêts civils, au risque de les engager plus tard à demander la participation dans la gestion de leurs intérêts politiques ^ Ce sont là de grandes pensée^ qui honorent un gouvernement et un pays, et peut-être leur succès prouvera-t-il une fois de plus que le juste est toujours d'accord avec l'utile» La meilleure manière , pour l'Angleterre , de garder les Indes contre la Russie , c'est de mériter la reconnaissance des su* jets indiens.

£n ce moment aussi une expédition dirigée contre les Birmans va peut-être compléter la soumission de la presqu'île de Malacca. Singapoure, qu'ils ont fondé en 1819 sur un îlot dans le détroit de Sumatra et qu'ils ont déclaré port franc , est déjà une riche cité où il se fait pour 150 millions de francs d'affaires par an. Depuis 1846, les Anglais ont occupé un autre îlot sur la icôte de Bornéo, Labouan, pour y observer

1. Lord Derby, premier ministre, disait dernièrement (avril 1852) au sein du parlement anglais : « Le temps n'est pas venu d'octroyer à l'inde des inslituiions populaires; mais je suis d'avis qu'il faudrait instruire les indigènes à prendre une plus grande part dans l'administration de leurs affaires intérieures, dussent-ils être amenés à souhaiter qu'au pouvoir judiciaire fût ajouté le pouvoir pulitique ; d ùt aussi l'immense puissance britannique tomber de ses propres mains, par la suite des temps, et mre place à un pouvoir indigène. Il serait digne d'une nation comme la nôtre d'entreprendre d'affranchir ces populations de l'abaissement et de l'ignorance dans lesquels nous les avons trouvées, et de les rendre capables de se gouverner elles-mêmes. »

les progrès des Hollandais dans la grande lie, et en 1842, un troisième dans la baie de Canlon , Hong-Kong, d*oii ils tiennent incessamment les Chinois sous la crainte de leur voir recommencer les expéditions qui ont forcé le Céleste-Empire à ouvrir cinq de ses ports aux étrangers.

Cette lie , bien que touchant à la presqu'île du Gange , n'est pas un domaine de la compagnie des Indes, mais de la couronne. Son étendue, du nord au sud, est de 270 milles; de Test à Touest, de 145 milles. Sa superficie est de 24 700 milles carrés. Depuis 1819, elle reconnaît tout entière Tautorité britannique, laquelle ne s'était qu'assez récemment établie dans cette lie, en 1796, après l'expulsion des Hollandais. La population de Ceylan", en 1835, était de 1 241 825 habitants, dont 9121 blancs, 1 194 482 noirs libres, 27 397 esclaves, et 10 825 résidents étrangers. Une ach tre évaluation , pour l'année 1846, porte le chiffre total à 1 500 000 habitants. L'Ile, comme on voit , est peu peuplée eu égard à son étendue ; il parait qu'autrefois elle avait beaucoup plus d'habitants. Les habitants, d'origine asiatique, sont les Bedhahs ou indigènes, qui vivent sans vêtements et sans demeures , du produit de leur chasse et de fruits sauvages, dans les grandes forêts de l'intérieur de l'Ile ; les Cingalais, descendants des Rajpoutes de l'Inde, fixés au sud-ouest et au sud ; les Malabares au nord et à l'est; quelques musulmans, des Chinois , des Javanais , des Malais , des Cafres et des Parsis. Elle produit du café d'excellente qualité ; en 1835, elle en expédiait pour l'Angleterre plus de 1 800 000 Ibs. Ce chiffre s'est accru chaque année , et s'élevait en 1849 à 35 64Ô 958 Ibs. On ne sait quelle est l'étendue du sol affecté à la culture de cette plante, mais elle doit être considérable. La noix de cacao est aussi une production importante du pays. Elle produit en outre la cannelle , la noix d'arec, du tabac, de l'huile de coco, etc. On y pêche des perles; le gouvernement s'est réservé le monopole de cette industrie, qui produit un revenu annuel d'environ 14000 livres sterling; mais de 1837 à 1846 les frais d'exploitation oat

dépassé la recette , ce qui est une nouvelle démonstration de rinutilité des monopoles. Ceylan a aussi des pierres précieuses : la topaze, le saphir; du cristal ; du fer, surtout de Texcellen t carbonate de fer (plombagine) . Les capitaux anglais se portent sur cette riche terre, où l'industrie n*est pas entravée par le travail des esclaves. On a estimé que de 1841 à 1846, un capital d'un million de livres sterling avait été annuellement importé d'Europe pour être appliqué aux cultures de Ceylan. D'autre part , il s'est établi un courant considérable d'émigration venant de l'Inde, de sorte qu'il ne manque pas de bras pour le travail. Aussi peut-on prédire à cette lie une prochaine et grande prospérité commerciale.

lÊtablltfseineiittf en Australie.

La Nouvelle-Hollande , la terre de Van-Diémen et l'île de Norfolk , appartiennent à l'Angleterre et forment les colonies d'Australie. La première île a, dans sa plus grande largeur, de l'est à l'ouest, 2400 milles, et dans sa plus petite, du nord au sud, 1700 milles. Sa superficie est d'environ 3 360 000 milles , c'est-à-dire 28 fois plus grande que la surface du royaume-uni. La terre de Van-Diémen, ou Tasmanie, a 25000 milles carrés.

C'est en 1788 que le pavillon britannique fut arboré pour la première fois sur ces rivages. On comprendra la rapidité des développements des colonies qui y ont été fondées , en sachant que moins d'un demi-siècle après, il s'est vendu du terrain , à raison de 20000 livr. st. l'acre , dans la ville de Sidney, la capitale de la Nouvelle-Galles du sud , c'est-à-dire des établissements fondés sur la côte orientale de la Nouvelle- Hollande. La colonisation de l'Australie occidentale, ou de la rivière des Cygnes {Swan River) a commencé en 1829, celle de l'Australie méridionale en 1836.

L'île de Norfolk , à 700 milles dans l'est de la Nouvelle- Hollande, fut colonisée en 1791 par le gouverneur de Sidney. Elle sert de lieu de déportation pour les convie t s qui, depuis leur transportation , ont mérité par leur mauvaise conduite une aggravation de peine. La Nouvelle-Galles du sud n'était en effet , dans l'origine , destinée qu'à être un II 33

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pénitentiaire pour leê condamnés de la métropole. Mais la population libre y est accourue en grand nombre, et cette colonie pénale est devenue en soixante ans un riche établissement qui prend une part déjà considérable dans le commerce du royaume- uni. Les condamnés chassés de la métropole pour leurs crimes y sont devenus pour la plupart des membres utiles de la communauté. Les uns sont employés par le gouvernement lui-^méme, les autres sont confiés aux colons comme ouvriers. Ceux dont la conduite est irréprochable obtiennent permission de porter leur travail et leur industrie où bon leur semble, en attendant Texpiration de leur peine {hùléing iicketê ofleave). Ceux enfin qui sont libérés peuvent retourner en Angleterre , mais préfèrent le plus souvent rester dans la colonie » où ils deviennent aisément propriétaires.

En 1828 , la Nouvelle-Galles du sud , dont les principales villes sont Sidney ou Port-Jackson, Botany-Bay, Paramata, Bathurst et Port-Macquarle , comprenait 36 598 habitants, dont 4673 émigrants libres; en 1841, 128718 habitants. Les hommes y étaient en nombre double des femmes. Sur le chiffre total, on comptait 23 844 convicts hommes, et 2133 convicts femmes, ainsi répartis : employés par le gouvernement, 7637; confiés aux colons, 13181; provisoirement en liberté, 6159. En 1848 , la population s'était élevée à 220 407 habitants , dont 88 699 femmes seulement. De 1829 à 1840, le nombre des émigrants a été de 41 794, auxquels le gouvernement a donné des terres à bas prix à la condition qu'ils les mettraient aussitôt en culture. Pour les établissements militaires et pénitentiaires, la colonie coûte annuellement à la métropole 300 000 livres sterling : mais ses revenus ont rapidement augmenté; de 72 230 livres sterling qu'ils étaient en 1826, ils se sont élevés à 551 246 livres sterling en 1848. La Nouvelle-Hollande est très-favorable à la multiplication du petit bétail, et par conséquent à la production de la laine. En 1822, l'exportation de cet article était de 172 880 Ibs. ; en 1848 de 22 969 711 Ibs. Les côtes sont aussi très-favorables à la pêche de la baleine, qui employait an 1827 27 navires, et en 1838 en occupait 53.

La Nouvelle-Galles du sud peut donner d*excellent coton , du tabac, môme des vins dont la production s'est élevée en 1847 à ôô 335 gallons , et des spiritueux dont on a eu la même année 1432 gallons. La valeur totale des importations a été en 1828 de 570 000 livres sterling, en 1848 de 1 556 550. Celle des exportations a été dans les mêmes années de 90 050 livres sterling, et de 1830 360; c'est-àdire qu'en vingt et une années les exportations ont augmenté de plus de vingt fois leur valeur.

La population de Van-Diémen était, en 1824, de 12 803 habitants, dont 5938 condamnés; en 1848, de 70 164. La différence entre le nombre des hommes et celui des femmes est très-considérable, comme dans toutes les colonies australiennes, mais tend à diminuer. Ainsi, sur les 70 164 habitants de 1848 on ne comptait que 22 336 femmes. L'île est plus propre à la production des céréales que la Nouvelle- Gallesi du sud ; elle donna :

bushels de froment, d'orgè, d'avoine.

En (896.... 4d5969 89 439 ISl 526

fia 1848.... 1241706 958890 IlOêU

L'exportation d« Ift laine s'est élevée de 1 333061 Ibs. en 1832, à 4 856 400 en 1847* La valeur totale des importations et exportations a été :

Importations. Exportations.

En 1829 * 272 189 IWn 126 984 livr.

En 1847 538 323 393 486

La population de TAustralie oocidentale était, en 1848, de 4460 , non compris environ 2000 indigènes.

La colonie de {^Australie méridionale comprenait, en 1848, 38 666 habitants, sans compter 3730 hommes de couleur environ.

La colonie de la Nouvelle-Zélande comprend trois îles qui ont été déclarées, en 1839, domaine de la couronne, au moment où la France allait en prendre possession : New- XJIster, New-Munster et New-Leinster ou île du Nord , île du Milieu et île du Sud. L'île du Nord peut avoir 100 000 indigènes, les trois îles, avaient, en 1848, 10483 Européens, dont 4283 femmes. En 1848, on a importé à New-Munster

pour 109412 livres de produits anglais et exporté pour 22 875 livres d'huile de baleine et de bois de construction. En résumé, à la fin de 1848, le groupe des colonies australiennes comptait 333 764 habitants d'origine européenne ou le double de la population en 1839, et ces terres inconnues au monde il y a soixante et quelques années font aujourd'hui un commerce de près de 1 15 millions de francs. Voici même qu'on annonce l'existence d'une nouvelle Californie australienne. On avait déjà trouvé dans la Nouvelle-Hollande de riches mines de cuivre. Des mines d'or viennent d'y être découvertes et attirent déjà, par leurs magnifiques produits, une foule de chercheurs du précieux métal K

I>épeiid«nee0 en Afrique.

Maurice. — Cette lie, nommée l'Ile de France tant qu'elle resta entre nos mains (de 1713à 1810), est située à 120 milles au nord-est de la Réunion (île Bourbon). Du nord au sud, elle mesure 40 milles; sa plus grande largeur est de 32; sa superficie de 700 milles carrés. Les habitants n'ont pas encore oublié qu'ils ont été pendant un siècle français. On s'y souvient de La Bourdonnais, l'habile gouverneur qui fit la prospérité de l'île ; on y montre le quartier des Pamplemousses, si bien décrit par Bernardin de Saint-Pierre ; on y raconte les exploits de nos corsaires dans la grande guerre, et quels efibrts il fallut aux Anglais pour s'emparer, en 1810, de cett^ forteresse de la mer des Indes.

En 1849, sa population était de 170 881 habitants, dont 112 146 Européens et Africains; ceux-ci, au nombre de 68 613 , ont été émancipés au prix de 2 112 632 livres sterling. Des coulies de l'Inde, importés en grand nombre, ont empêché le travail de chômer, et la production du sucre, la principale richesse de l'île, loin de s'arrêter s'est accrue. En 1820, Maurice en exportait 15 524755 Ibs.; en

1. Aa moment même oh nous écrivons vient d'avoir lieu le départ des premiers vapeurs se rendant directement de Plymoulh en Australie , en passant par le Cap. C'est un événement ini ponant pour les colonies australiennes et qui montre un nouveau progrès dans la navigation par vapeurs à hélice. Déjà ces vapeurs avaient pris le monopole du commerce de la Méditerranée et naviguaient tout le long des côtes de r Amérique et de l'Afrique. Ils font plus maintenant, ils traversent le grand Océan.

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