‹ Histoire d'AngleterreChapitre 48 sur 70 · I. Cape Town De Bathurst à ' à Montevideo · texte numérisé non relu

I. Cape Town De Bathurst à ' à Montevideo

n est à peu près sous le même parallèle que Sidney et Montefideo. la Nottvelle^UolIande , il y a environ 85 degrés et autant de Bathurst

au grand captif de TÂnglelerre^ Napoléon, qui y fut enifermé de 1815 à 1821, et d*oii ses restes n'ont été enlevés pour être rapportés en France qu'en 1840. Aujourd'hui, elle n'a d'autre importance que d'approvisionner d'eau fraîche et de quelques végétauic les navires qui vont aux Indes. Elle est restée, de 1651 à 1815, aux mains de la compagnie, qui l'a depuis cédée à la couronne. On y comptait en 1839, 4736 âmes. Les exportations pour Sainte-Hélène étaient, en 1827, de 41 430 livres, en 1849, de 23312 livres.

L'île de V Ascension, à 685 milles de Sainte-Hélène dans le nord-ouest, n'a que 7 milles ^ de long sur 6 de large, avec une petite source dont l'eau est conservée dans des réservoirs pour le petit nombre de navires qui visitent ce rocher.

Sierra-Leone. — Cette colonie, établie sur une péninsule de la côte d'Afrique, entre les rivières de la Sierra-Leone et de la Bunoe , a 35 milles de long sur 25 de large. La Sierra-Leone, qui n'est que l'estuaire de la Rokelle, a 7 milles de large en face deFreetow^n, la capitale de la colonie, et forme le port, le seul véritablement qu'on puisse trouver du cap Vert à Fernando Po. Les Anglais y bâtirent un fort sous Charles I*', mais la colonisation ne commença qu'en 1787. En 1844 on y comptait 175 blancs, 41 058 noirs et 3702 ré* sidents étrangers. La colonie est administrée par un gouverneur duquel relève Bathurst, bâtie en 1816 sur l'île Saint- Mary à l'embouchure de la Gambie, et par un conseil législatif. Le climat est malsain et funeste aux Européens; la moitié de ceux qui y débarquent y meurent. En comprenant dans le commerce de Sierra-Leone celui de toute la côte, depuis la Gambie inclusivement jusqu'à la Mesurada, CD A pour le chiffre des importations, en 1827, 75 456 livres, en 1841, 96092 livres. Les exportations de la colonie consistent en gomme, huile de palmier, ivoire, bois de teck, cire, etc. Outre Bathurst, les Anglais possèdent, à 175 milles de» bouches de Gambie, au point où s'arrêtent les gros navires, l'île Macarthy, et sur le continent un petit territoire qui commande l'entrée du tieuve, et un autre dans le voisinage du cap Saint'Mary. Les autres établissements anglais sur le continent africain, sont compris dansée qu'on appelle

la côte d*Or; ce sont : cape Coast castle ou fort du cap Corse, siège du gouverneur de ces comptoirs; Accra, Dixcove et Annamaboe. Le commerce avec les diverses stations a été pour les importations en 1827, de 22414 livres, et en 1841

de 133 510 livres. Les retours sont faits en ivoire, huile de palmier, gomme, poudre d'or, grains de Guinée, bois de teinture. La population noire qui habite autour des forts et sous l'influence directe des Anglais , est estimée de 700 à 800 mille âmes.

Fernando Po (île de) dans le golfe de Biafra. — Elle est occupée depuis 1827 par l'Angleterre, mais réclamée par l'Espagne. C'est le point le moins insalubre de la côte occidentale d'Afrique, et une station importante d'où ron commande l'entrée de la rivière des Camerones. Il ne s'y fait encore aucun commerce et l'on n'y compte que quelques milliers de noirs. L'Angleterre a acheté en 1849 plusieurs établissements danois sur la côte d'Or, Talia, Quitta, Ningo et Adda.

Amérique «nslalse.

Dans l'Amérique du nord, l'Angleterre possède le haut et le bas Canada et le Nevy^-Brunsvy^ick, la Nouvelle-Ecosse avec l'île du cap Breton, l'île du Prince-Edouard, l'île de New-Foundland , le territoire du nord ou de la baie d'Hudsonet les Bermudes.

Canada, — La prise de Québec , en 1759, par le général Wolf, a donné cette province à l'Angleterre. Son étendue , de Tnt à l'ouest, est de 1000 milles, du nord au sud, de 300 miiles; sa superficie de 300000 milles carrés, ou deux fois et demie celle du royaume-uni. En 1844 elle renfermait 1177 248 habitants. Dans les dernières années, la population s'y est rapidement accrue ; aujourd'hui elle doit être d'au moins 1 300000 habitants. En 1832 les importations étaient de 1 507 719 livres, et les exportations de 952 463 livres. En 1847 les unes ont été de 2 161 923 livres, les autres de 2 078 572. Les principales exportations sont le blé et les bois de construction.

New-Brunswick, — Surface de 25324 milles carrés; po-

pulation, en 1806, 35000 habitants; en 1824, 78000; en 1840, 156162. Importation, en 1832, 531875 livres; en 1847, 925 9581. Exportation, aux mêmes années, 471 5271. et 6175931., consistant principalement en bois de charpente, poissons et un peu de blé. On y construit beaucoup de navires qui sont ensuite vendus en Angleterre ou aux États- Unis (116 en 1841). Les trois quarts des terres de la province sont encore entre les mains du gouvernement ; cependant le climat est très-salubre, et de nombreuses rivières rendraient les communications faciles.

Nouvelle-Ecosse. — Cette péninsule , comprise entre la baie de Fundy et le canal qui la sépare de l'île du câp Breton, ne tient au New-Brunswick que par un isthme large de 11 milles. Sa longueur, de Test à Touest, est de 280 milles ; sa largeur moyenne de 60 milles. Découverte par Sébastien Cabot, elle fut cédée à la France en 1667, prise en 1710et'assurée à TAngleterre par le traité d'Utrecht. Cette province , qui portait le nom d*Acadie sous la domination française, est d'une extrême importance pour TAngleterre, car tandis que les États-Unis manquent de bons ports sur TAtlantique, la Nouvelle-Ecosse possède, outre le port magnifuiue d'Halifax, oii 1000 vaisseaux seraient en sûreté, onze autres ports capables de recevoir les plus grands vaisseaux de guerre, et quatorze où peuvent entrer les navires du commerce, de sorte que dans une guerre avec les États-Unis on pourrait de là troubler tout le commerce américain. La population de la Nouvelle-Ecosse était en 1806 de 65000 habitants; en 1824, de 84000; en 1838, de 154991 et, y compris la population du cap Breton, de 178 237 habitants. La valeur des importations était en 1832 de 765 167 livres ; en 1847, de 1 031 835 livres ; celle des exportations consistant surtout en poissons, a été aux mêmes années de 392 255 1. et 6^ 568 7201.

Ile du cap Breton. — - Dépendance de la Nouvelle-Ecosse, a 100 milles de long et 80 milles de large. En 1827 la population était de 27 000 âmes. Son commerce consiste en poissons et en charbon de terre. En 1839 elle a exporté 38 199 tons de houille; la même année l'importation était d'une valeur '' 8027 livres et Texportation de 42 859 livres.

586 cHàmu XLi.

lU du Prince Edouard (anciennement File SainiJean), dans le golfe du Saint-Laurent, a une longueur de 140 milles, une largeur moyenne de 15 milles; une superficie de2lM milles carrés; sa population, en 1841, était de 47033 habitants; elle appartient depuis 1758 à FAngleterre. En 1839, la valeur de l'importation n'était que de 1626 livres, celle de l'exportation de 13628 livres.

Terre-Neuve ou New^Faundland , a dans sa plus grande longueur 400 milles, dans sa plus grande largeur 300 milles. Sa superficie est d'environ 35 000 milles carrés. La pèche en fait la principale industrie. En 1806, on y comptait 26505 habiUdts; en 1836, 74 705. En 1847, l'exportation était d'une valeur de 806819 livres; TimporUtion de 760 324 livres. Le nombre de vaisseaux de tous pays entrés en 1832 était de 858 ( 92 344 t. ) ; en 1844, il a été de 1 130 ( 127 139 t. ). L'ihtérieur de Terre-Neuve est inconnu , la population ne s'éloignant pad des côtes où est sa richesse, les morues, qu'elle va pécher sur les bancs qui s'étendent dans le voisinage.

L'étendue du territoire de la Baie d'Hudson ne peut guère être appréciée, car on en connaît fort mal les limités. On l'évalue de 2 à 3 millions de milles carrés. On n'en tire que des fourrures. Des mines d'or viennent d*étre découvertes dans Vile de la reine Charlotte^ une dépendance des terres concédées à la compagnie de la Baie d'Hudson, dans le Pacifique au nord-ouest de Vancouver.

Les Bermudes^ groupe d'Iles dont cinq seulement ont une certaine importance , sont situées à 580 milles dans l'est du cap Hatteras. La surface des lies habitées est de 20 milles carrés; la population, en 1806, était de 10000 âmes; en 1839 de 8933. L'importation a varié chaque année, de 1832 à 1847, eitre 77925 livres sterling et 148762 livres sterling; l'exportation entre 8418 livres sterling et 32231 livres sterling.

Colonlea defl inéem ««ekleBtolefl.

Sous ce titre sont comprises les îles de : Antîgoa, la Barbade, la Barboude, l'Anguille, laDomiiùque, Grenade et les

GOLOtnss. 5S7

6ren«dînes, Monsenrat, Nevis, Saint-Christophe, Saintelucie, Saint-Vincent, Tabago, la Trinité, Tortola et les îles Vierges, la Jamaïque, les îles Bahama, la Guyane anglaise, Honduras. La population totale s'élève donc , d'après les derniers recensements, qui ne sont pas tous il est vrai de la même année, à 820792 âmes. En 1827 on a expédié d'Angleterre, dans ces colonies, pour 3 583 222 livres sterling de produits; en 1849 pour 1 821 146 livres sterling; et elles ont envoyé dans le royaume-uni pour 5 020 146 livres sterling en 1832, pour 5 768 926 livres sterling en 1847. En 1847 les importations de la Jamaïque seule étaient de 1 321 705 Kvres sterling; les exportations de 1 937645. Les productions fie ces colonies sont le sucre, la mélasse, le rhum, le café, le cacao, le piment. Les expéditions de café, qui partent surtout de la Jamaïque, de la Dominique et de la Guyane , étaient en 1827 de 29419598 cwts.; en 1849 elles tombent à 3590839. En 1838 l'esclavage fut aboli: 663899 negrès furent affranchis au prix de 16561684 livres sterling payées par la métropole. On voit qu'il en a coûté cher A l'Angleterre pour exécuter cette émancipation ; le ralentis^ sèment du travail dans les colonies où la production a baissé depuis 1838, a de plus fait diminuer les importations anglaises de moitié. Mais un grand acte d'humanité avait été accompli , et ce que l'Angleterre aime assez à mêler à U philanthropie, elle a pris avec ses 600000 »ègres libres au milieu du golfe du Mexique une position formidable contre les nations voisines, surtout eontre la grande union américaine dont tous les Etats du sud sont des États à es* claves.

Résnitié pour leci colonies.

Le tableau suivant donne le nom de chacune des possessions et colonies de l'Angleterre avec la date de l'acquisition , la population et la forme de son gouvernement soit par des assemblées législatives locales, soit directement par la niétropole. Il est inutile d'ajouter que là même où sr des assemblées législatives , il y a aussi un gouverneur représente l'atitorité métropolitaine.

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k ces chiffres ajoutons celui de la population des contrées soumises à la compagnie des Indes , et nous aurons pour la population totale des établissements et colonies de l'Angleterre 104769454 âmes.

Si maintenant nous comparons le commerce fait par r Angleterre avec le monde entier, au commerce particulier fait avec ses colonies, nous trouverons en 1832 pour le premier une valeur de 36 450 594 livres sterling, et en 1849 de 63 596 625 livres sterling ; pour le second spécial , aux mêmes années, 10140979 livres sterling et 15712595 lî* vres sterling. D'où on peut conclure que le commerce de l'Angleterre avec tous les pays s'accr<^t plus que son oomii* merce particulier avec ses colonies, puisque l'un, en 1832, n'était que 72,18 pour 100, l'autre étant alors 27,82 pour 100, tandis qu'en 18491e premier a pris 75,30 de tous les échanges , le second n'en ayant plus que 24^70. Une conséquence à tirer de là c'est que ce n est point, comme on le répète sans cesse , parce que l'Angleterre a un grand empire colonial^ qu'elle est une grande puissance commerciale , mais parce qu'elle a une industrie gigantesque. L'Angleterre fait presque autant d'affaires avec les seules villes hanséatiques qu'avee les Indes orientales où elle règne en souveraine sur un im« mense territoire et sur 100 millions de sujets. Derrière les villes hanséatiques, en effet, il y a une Allemagne qui produit et qui consomme , tandis que ces 100 millions d'In* dous ne consomment pas plus qu'ils ne produisent. D'oà cette vérité économique que nous devrions en France avoir toujours sous les yeux, à savoir que l'activité des relations commerciales entre les peuples est en raison du développement de leur industrie en tout genre ; que les colonies contribuent à la prospérité commerciale, mais ne la font pas, et que par conséquent la France, pour n'avoir que quelques rares et pauvres établissements épars sur les mers, n'en esl pas pour cela condamnée à admirer et envier toujours la fortune de l'Angleterre, en désespérant de jamais y atteindre : multiplions comme elle nos voies de communications intérieures ; ayons partout un canal ou un chemin de

' à portée de nos usines et ée nos «friftes , H eomme <*««

COLONUS. 5dl

elle les prix baisgeixmt , l'industrie se multipliera et U consommation augmentera. Mais gardons-nous de tomber dans l'excès qui cause aujourd'hui son plus grave péril. Donnons beaucoup à l'industrie , donnons davant^e encore à l'i^ricultuft.

CONCLVSIOTV.

Il n'a pas manqué à la Grande-Bretagne dans oe demisiècle, de prophètes de malheur. Ànjourd'hui encore il se publie des livres sons ce titre : De la décadence de t'An- §lieterre. Naguère quelques-uns la voyaient fléchissant et tombant ruinée sous sa dette de vingt-sept milliards, sous wm budget annuel de deux niilliards six cents millions; et comme cette dette , elle la réduit chaque année , et <]u'eUe la porte allègrement , comme ce budget elle l'a presque diminué de moitié tandis que partout ailleurs dette et budget s'accroissent, on a diangé de thème et on a dit c'est l'Irlande qui la tuera, ce sont ses pauvres qui l'a ruineront. Or l'Ir- ^nde vient de traverser des crises épouvantables, une famine , des appels à la révolte , et l'Irlande n'a pas tué , ne tuera pas l'Angleterre; quant aux pauvres, la marche ascensionnelle et menaçante de leur budget s'est arrêtée; il rétrograde etcommence à redescendre la pente qu'il n'a cessé de gravir depuis Elisabeth. D'autres jugeant l'Angleterre d'après les habitants des caves de Saint-Gites ne voient dans sa classe ouvrière qu'un cancer rongeur qui gagne et s'étend sur tout le corps social. La police mieux faite, plus active découvre plus de délits ; c'est rimmuialilû qui '■-''" dans des proportions colossales. Des ouvriers fc pour obtenir de leurs patrons des conditions m c'est le socialisme qui a passé le détroit , ciïst 1 terrible qui arrive pour la dernière heure des ceux-ci prédisent la prodiaine révolte des Inrhs

590 tHAriTM 11.1.

A ces Chiffres ajoutons celui de la population (Ij*!! Irées soumises à la compagnie des Indes , et i*""* J pour la population totale des établissements et ccwi'l l'Angleterre 104 7694M âmes.

Si maintenant nous comparons le commerce a l'ADgleterre avec le monde entier, au commerrep lier fait avec ses coiooies, nous trouverons eu 1^^* premier une valeur de 36 450 594 livres sterling, 6^7 de 63596625 livres sterling; pour le second sp«f mêmes années, 10140979 livres sterling et 15'' vres sterling. D'où on peut conclure que le co* l'Angleterre avec tous les pays s'sccroît plus ([t^ merce particulier avec »es colonies, puisque I "f **!„.. n'étaitque72,18 pour 100, l'autre étant alors 27 ,ft>(V;^' tandis qu'en 1849 le premier a pris 75,30 Se to»--, ^^^ ges , le second n'en ayant plus que 24,70. Une *^ 7;^,** -S; tirer de ià c'est que ce n'est point, comme on * 4>,^ ^^"ni , cesse, parce que l'Angleterre a un grand e^^ ^ *^ qu'elle est une grande puissance commercift^ - a qu'elle a une industrie gigantesque. L'Aiiglet^T»^^ ïZ* a Autant d'affaires avec les seules villes hanftih^ — les Indes orientales où elle règne en souver.t ^" mense territoire et sur 100 millions de su^r], villes banséatiques, en effet , il y a une Ar duit et qui consomme, tandis que ces 1 dous ne consomment pas plus qu'ils ne^r*^ cette vérité économique que nous devrioft^^ "^^ toujours sous les yeux, à savoir que racti>„ *«■ -, "'*" commerciales entre les peuples est en rait, ' **t- „ J*^ ment de leur industrie en tout genre ; qufc "^''^ »•'"'" tribuent è la prospérité commerciale , m^.^^ a»», '*"* et que par conséquent la France, pour n'dpj^ ''' Or '*"

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CONGLUSION. 593

accuse en effet plus d'activité d'esprit, car ces produits ne sont que le fruit de la lutte engagée entre l'homme et la nature, celle-ci n'étant vaincue par celui-là qu'à force d'intelligence. Plus de transactions accuse plus de probité, car le connmerce ne peut même subsister sans bonne foi ; plus de capital veut dire plus d'économie, c'est-à-dire plus d'empire de l'homme sur ses passions, plus de prévoyance, plus d'amour intelligent de la famille. Là enfin où l'on agit beaucoup il doit y avoir beaucoup de liberté, et la liberté est un élément de moralité ; là où la richesse s'accroît sous toutes les formes, il doit y avoir de la sécurité : sécurité donnée par de bonnes lois civiles pour que la propriété soit protégée contre les violences individuelles, sécurité donnée par de bonnes lois politiques, pour qu'elle sôit protégée contre les révolu tions^ On voit pourquoi nous avons, au risque de beaucoup de fatigue pour le lecteur, montré par tant de chiffres les immenses progrès de la nation anglaise, dans toutes les directions du travail matériel; c'est qu'il en sortait nécessairement une conclusion morale que rien ne peut ébranler.

Sans doute ce peuple n'a pas achevé son œuvre, même il lui reste immensément à faire.

L'Angleterre devient une immense fabrique. Les campagnes se dépeuplent et les cités s'engorgent. Londres renferme à elle seule un neuvième de la population entière de la Grande-Bretagne. L'équilibre entre ceux qui produisent les denrées alimentaires et ceux qui les consomment est donc renversé. Il faudrait le rétablir, mais déjà ce n'est plus possible.

La majeure partie du peuple anglais étant manufacturière, un changement dans la mode, dans le goût, dans les besoins ou un règlement de douane peuvent jeter dans la plus profonde misère des milliers de malheureux; une mauvaise récolte ou des récoltes médiocres , successives, peuvent amener dans la classe ouvrière la plus affreuse détresse. L'industrie est une machine gigantesque mais aux rouages délicats, qu'un rien

1. Voy., sur ces considérations, un remarquable article de M. Michel Chevaiier, dans le Journal des Économistes^ du 15 avril 1852.

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nada ; ceux-là rappellent la Charte du peuple et son esptil nîveleur. Et tous s'en vonl disiint l'Angleterre se meurt, l'Angleterre est morte.

Les chiffres que nous avons accumulés , s'ils sont pénîbla à lire , ont du moins le niérile d'avoir déjà répondu à c« sinistres paroles. Non, l'Ansleterrc ne touche pas à sa fin, Non, une révolution sociale ne frappe pas à ses portes. C'esl le pays oii il y a le moins d'oisifs [moins de 6 sur 100 ), celui où s'accroit le plus le capital national, celui enfin oi le paupérisme diminue, au lieu d'augmenter avec la population. Depuis le commencement du siècle sa population! doublé, ses importations otit (riplé, ses exportations soni huit foU plus fortes et sa production dix fois plus considérable. Est-ce donc ainsi que meurent les peuples ?

Certes l'Angleterre n'est ni une terre ni une race privilé' giées. De même qu'elle n'est arrivée à la liberté politiqi» qu'en laissant derrière elle la plus large traînée de sang et au respect de la loi, qu'en piissant par une révolution qq a duré quatre siècles et demi , elle n'a atteint sa brillant fortune industrielle qu'au prix de souffrances inouïes doi^ beaucoup durent encore. Mais pst-ce qu'il en va autrement dans ce monde ? Est-ce que toute conquête n'est pas le prii d'une lutte douloureuse? L'important n'est pas que le mal disparaisse, c'est impossible , mais qu'il diminue. Or je l'ai, suffisamment montré, si en face de tentations plus grandes, , si à mesure que la propriété prend des formes plus variées, et j'oserais dire plus saisissablcs , les vols simples augme»:^' lent, les grands crimes , les attaques contre les personne" diminuent. Pour cette classe dégradée que j'ai caraçténf ' plus haut (p. 545), la dépravation peut-être la moralité générale est niûilleure ; il y sièreté dans les actions , il y en l'esprit public évidemmetit s'f

Pour les individus l'intclli^ surentpas, Dieu merci, sur iirichesse publique croître en i grand État, on peut à cou]) t R'éf.laire et s'améliore. Une P'

accuse en effet plus d'activité d'esprit, car ces produits ne «iiitque le fruit de la lutte engagée entre l'homme et la nature, celle-ci n'étant vaincue par celui-là qu'à force d'intelligence. Plus de transactions accuse plus de probité, car le ' commerce ne peut même subsister sans bonne foi ; plus de capital veut dire plus d'économie, c'est-à-dire plus d'empire de l'homme sur ses passions, plus de prévoyance, plus d'amour intelligent de la famille. Là enfin où l'on agit beaucoup il doit y avoir beaucoup de liberté, et la liberté est un élément de moralité ; là où la richesse s'accroît sous toutes les formes, il doit y avoir de la sécurité : sécurité donnée par de bonnes lois civiles pour que la propriété soit pro- . ilégéc contre les violences individuelles, sécurité donnée ■Spar de bonnes lois politiques, pour qu'elle soit protégée ■ iconlre les révolutions'. On voit pourquoi nous avons, au ;. jrisque de beaucoup de fatigue pour le lecteur, montré par fMant de chiffres les immenses progrès de la nation anglaise, ïwans toutes les directions du travail matériel ; c'est qu'il en i-iportait nécessairement une conclusion morale que rien ne peut ébranler.

Sans doute ce peuple n'a pas achevé son œuvre, même il lui reste immensément à faire.

L'Angleterre devient une immense fabrique. Les campagnes se dépeuplent et les cités s'engorgent. Londres renferme à elle seule un neuvième de la population entière de la Grande-Bretagne. L'équilibre entre ceux qui produisent Its denrées alimentaires et ceux qui les consomment est (lune renversé. Il faudrait le rétablir, mais déjà ce n'est plus , posâjïle.

ieure partie du peuple anglais étant manufacturière,

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nada ; ceux-là rappellent la Charte du peuple et son niveleur. Et tous s*en vont disant l'Angleterre se met l'Angleterre est morte.

Les chiffres que nous avons accumulés , s'ils sont pénil à lire , ont du moins le mérite d'avoir déjà répondu à sinistres paroles. Non, l'Angleterre ne touche pas à sa Non, une révolution sociale ne frappe pas à ses portes, le pays où il y a le moins d'oisifs ( moins de 6 sur 1( celui où s'accroît le plus le capital national, celui enfin le paupérisme diminue, au lieu d'augmenter avec la po| lation. Depuis le commencement du siècle sa populatu doublé, ses importations ont tripléy ses exportations s< huit fois plus fortes et sa production dix fois plus coi dérable. Est-ce donc ainsi que meurent les peuples?

Certes l'Angleterre n'est ni une terre ni une race privil giées. De même qu'elle n'est arrivée à la liberté politiqi qu'en laissant derrière elle la plus large traînée de sai et au respect de la loi, qu'en passant par une révolution a duré quatre siècles et demi , elle n'a atteint sa brillai fortune industrielle qu'au prix de souffrances inouïes Ai beaucoup durent encore. Mais est-ce qu'il en va autremenl dans ce monde ? Est-ce que toute conquête n'est pas le prix d'une lutte douloureuse? L'important n'est pas que le mal disparaisse, c'est impossible , mais qu'il diminue. Or je l'ai suffisamment montré, si en face de tentations plus grandes, si à mesure que la propriété prend des formes plus variées et j'oserais dire plus saisissables , les vols simples augmentent, les grands crimes, les attaques contre les personnes diminuent. Pour cette classe dégradée que j'ai caractérisée plus haut (p. 545), la dépravation peut-être s'étend, mais la moralité générale est meilleure ; il y a moins de grossièreté dans les actions , il y en a moins dans les paroles ; l'esprit public évidemment s'est élevé.

Pour les individus l'intelligence et la moralité ne se mesurent pas, Dieu merci, sur la fortune ; mais quand on voit la richesse publique croître en d'énormes proportions, dans un grand État, on peut à coup sûr en conclure que ce peuple 'éclaire et s'améliore. Une plus grande masse de produite

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