MAISON DE BRUNSWICK-HANOVRE
allemand, petit-fils d'Elisabeth, cette ambitieuse fille de Jacques I", qui avait forcé le comte palatin , son mari , à prendre la couronne de Bohême, en lui disant qu'elle aimait mieux régner et ne manger que du pain , que de vivre dans les délices comme femme d'électeur. Il y avait en lui quelque chose de ces deux races; mais, s'il était entêté xomme Charles 1" et violent comme Jacques II, il n'avait ,]»as cet esprit aventureux qui perdit ces deux monarques; fl était passionné à sa manière, cruel même et abominable aousdes apparences de bourgeoisie sans façon. Le peuple anglais, qui s'était trop avancé pour reculer, se contenta de lui. Un monstre lui eût convenu, pourvu qu'il fût protestant et ennemi de la France. George I" était un misérable, mais protestant : il fut accepté.
« Ce prince qui, sur un soupçon, fit étrangler le comte de Kœnigsmark, et placer son corps sous le parquet du cabinet de l'électrice , cette charmante et malheureuse Sophie -Dorothée qu'il condamna à une captivité de trente-deux ans; ce prince,iqui fut aussi mauvais père que l&auvais mari, et qui manquait d'esprit, de loyauté, de diiCnité, de tact , n'avait pour lui qu'un mérite : il était l'en- Seffli acharné du catholicisme, de la France et de Louis XIV. les haines qu'il satisfaisait et les craintes qu'il rassurait le firent bien accueillir. La vulgarité de son esprit n'était pas inéme rachetée par le sérieux de sa conduite. C'était, sinon far le génie, du moins par la passion , l'homme qu'il fallait îringleterre pour continuer cette ligue du nord, qui avait M mise en mouvement par Cromwell, Shaftsbury et Guillaume. Entre lu! et l'héritier légitime, il y avait cinquante- Jepi personnes dont les droits primaient les siens, et, s'il eût ^ question de peser ces droits dans la balance de la modalité , aucun n'était plus indigne de monter sur le trône. Ce roi d'un peuple grave se renfermait tous les soirs, le plus souvent pour s'y enivrer, chez deux Allemandes d'un âge avancé, la vieille duchesse de Kendal et la comtesse de Darlington. Aussi les pamphlets, les vers satiriques, les caricatures inondaient la cour et la ville. Un pauvre imprimeur ^yant publié dans son journal « que l'Angleterre était ruinée
par deux laiderons, >» en fut pour ses deux oreilles, ky tons , pour compléter ce portrait , que le nouveau m narque, comme le remarquait ie député Shippen enpk parlement, ne savait ni la langue ni la constitution del'J gleterre. «( Le roi, disait plus tard Robert Walpole, ne lait pas anglais; je ne parlais ni français ni allemand : je mis mon latin à neuf comme je pus , et nous gouvemàmc l'Angleterre avec du latin de cuisine. »
Tel était le roi que TÂngleterre se résignait à accept plutôt que de retomber sous le joug d'un prince catholiqi et que les jacobites écossais allaient s'efforcer de détrôner.]
Iiuiai*reeUoii des Jaeoblte* 逫«MiUi«
Le nouveau roi, avant même de débarquer en Angletei avait montré son antipathie pour les torys. Dans le premic parlement qu'il réunit , deux ministres de la reine Ann( Bolingbroke et ie duc d'Ormond furent accusés de hau^ trahison. Ils s'enfuirent sur le continent, mais un bill d'f tainder menaça leur tête s'ils mettaient le pied en ÂngU terre. Ces violences par en haut amenèrent des émeutes pi en bas. Le peuple insulta ceux qui célébraient rannivej saire de la naissance du roi, et brûla une image de Guj laume III. La chambre répondit à ces mouvements en conl rant au roi de grands pouvoirs et le droit de suspendre ra( d*habeas corpus. Alors des pensées de révolution germèrel dans plus d'une tête, et le prétendant prépara une d( cente. La mort de Louis XIV, sur l'appui duquel il con)| tait, l'alliance du régent de France avec la maison de novre ne l'arrêta pas, et le 6 septembre 1715, la plup] des chefs de clans et des seigneurs des hautes terres, accoi pagnes d'une suite aussi nombreuse de partisans qu'il le( avait été possible d'en rassembler, se réunirent à Aboyni dans le comté d'Aberdeen. Le comte de Mar, agissai comme général en cette occasion , déploya l'étendard royi à Castletown, dans le Braemar, et proclama le prétende] avec autant de solennité que le temps et le lieu le permet taient, roi d'Ecosse, sous le titre de Jacques VIII, et d'Angleterre, d'Irlande et de leurs dépendances, sous celui