CHAPITRE CINQUIÈME
ter leurs oôapagnons h cheval, ilt partirent, sachant h peine oè ils allaieDt, mais avec le doux espoir qu'ila pfotéferaiaiit la fe» traite du roi en attirant but euleapourittilei de rtnaami. Afoins d'une heure après, une compagnie de eatalerie de Cotaal, lous les ordres du colonel Ashenhurst, arrita k Wliileladies ; mais le roi était déjà parti; une perquisition infructueuse ne servit qu\\ irriter leur impatience , et ils suivirent à la hàle la trace des fugitifs.
Charles était maintenant entre les mains et entièrement à la merci de quatre frères (John, le cinquième s'était chargé du lord Wilmot), ouvriers du nom de Penderell, et de Yates, son premier guide, qui avait épousé une sœur des Pendereli. il ne pouvait se dissimuler que leur pauvreté pouvait les rendre plus accessibles à la tentation; mais Derby et GAttuà rafaient conjuré de baiH nir de telles penséee ; c'étident des hommes d'une fidélité éprouyée , qui , nés sur le domaine et nourrit dans les principes d'une famille loyale et catholique, s'étaient depuis longtemps employés avec succès à soustraire des prêtres et des cavaliers aux recherches des magistrats civils et des officiers miUtaires». L'un d'eux, surnommé le tidèle Hicliard, le conduisit au plus épais d'un bois voisin, tandis ([ue les autres se i)uslaient dans des endroits convenables pour découvrir et annoncer rapproche de rennemi. La journée était humide et orageuse^ et Richard, rempli d'attentions pour le roi, qui paraissait accablé de latigue^ à la suite de ses efforts pendant le oombat el des angoisses de sa Mte, lui étendit une couyerture sous un des plus gros arbres, el dit à la femme de Yates de lui apporter les meilleurs iifralohit* aements qu'elle aurait chef elle. Charles s'alarma h cette visite inattendue. Puis, se remettant, il dit t «Bonne femme, pouvei- » vous être fidèle à un malheureux Cavalier ?» « Oui, monsieur, » répondit-elle; a et je mourrais plutôt que de vous trahir. » 11 eut ensuite la visite de Jane, mère des Pendereli, La vieille femmo lui baisa les mains, tomba à genoux, et béait Dieu d'avoir choisi
1. L«i Prniémn» que eel événement a fait connaître an leetew, étalent originairement six frères, nés à Hobbal Grange, dans la paroisse de To!if<. John, George et Thomas, servaient dans les armées de Charks I". Thomas fut tué à Stow ; les deux autres survécurent à la guerre, et etuicm employés comme gardes^orettiers à Boscobel. Des trois autres, William prenait soin de la maison ; Humphrcy travaillait au moulin, el Richard tenait à ferme une partie de Hobbal Grange. Après la restauration, les cinq frères se presentèreni devant le roi à Whitehall, le 18 juin 1660; et Ua furent graeieaaement reçus, et renvoyé» avec une récompense princière. l'ne pension fut aussi aetord» <• à eux cl à leur postérité i et à ce titre, Anne Suitli Winstauiey, toucbe encore aujourd'hui 1818) 40 UT. 4e penaton aantieUe.
ses lils pour sauver, comme elle était sûre qu'ils le feraient, la Tie de leur souverain.
11 avait été convenu, entre le roi et Wilmot, que chacun d^eux ferait 9ùa possible pour gagner Londres, et s'informerait de Fautre sous le nom d'Ashburrdiam, aux trois Grecs dans le Ventry. Une conTorsation avec son guide décida Charles à adopter un autre plan, et h chercher un asile parmi les Cavaliers du pays de Galles, jusqu'à ce qu'on pût lui procurer un vaisseau pour le transi)orler en France. Vers les neuf heures du soir, ils quittèrent ensemble le bois pour aller chez M. Wolff, rcfractaire cathoque, h ^ladeloy, non loin de la Severn ; mais une alarme fortuite allongea leur route, et ajouta à la fatigue du royal fugitif ^ Ils atteignirent Madeley a minuit ; Wolff fut réveillé, et les étrangers forent admis. Mais leur hôte n'éprouvait pas des craintes médiocres pour leur sûreté. Des troupes étaient fréquemment logées chez lui ; en ce moment, deux compagnies de milice faisaient le guet dans le village, et les cachettes de sa maison avaient été récemment découvertes. Comme l'approche du jour [5 sept.] rendait également dangereux d'avancer et de s'en retourner, il les cacha derrière le foin d'une grange attenante, et il envoya dos messagers pour examiner les passages de la rivière. Leur rapport, que tous les ponts étaient gardys, et qu'on s'était assuré de tous les bateaux, força l'infortuné prince à abandonnner son dessein. Au retour de la nuit^ il se confia do nouveau aux soins de son guide fidèle, et, le cœur gros et plein de noirs pressentiments, il revint sur ses pas vers sa première destination, la maison de Boscobel.
A Boscobel, il trouva le colonel Careless, un de ses dévoués partisans, qui, pour Taider à s'échapper de Worcester, avait chargé l'ennemi h la porte opposée. Careless avait souvent provoqué et aussi souvent éludé le ressentiment des Tètes-Rondes ; et Texpérience lui avait fait connaître tous les loyalistes et tous les lieux de retraite du pays. A sa persuasion, Charles consentit 'à passer la journée [6 sept.] avec lui au milieu des branches d'un vieux et grand chêne ^. Cet arbre célèbre, qui fut ensuite détruit
1. Le moulin d'Evelyn était rempli de fuyards. Le meunier, voyant Charles et son guide, et craignant d'être déeoa?ert, cria ans «coquins;» et eux, le prenant pour un ennemi, prirent un sentier boueux, en courant de tOQtes leiin jaitt* bes. Boscobel, 17. Récit tiré des Mss. de Pepys, p. 16.
2. Ce jour-là, Humphrey l^enderell, le fermier. aUii à iSkefn?\l, sous prétexte de payer ses tixes ; mais en réalité pour apprendre des nouvelles. lî fui eonduit devant un offleier militaire, qui savait [ue Charles avait été ù Whiteladies,
' et qui tenta par menaces et par promettes de décourrir où était le roi j mais oa
GHAPITRB CINQUIÈME. 977
pour satisfaire a la vénération des Cavaliers, croissait près de la route coinumne d'une prairie située au ceuUre du bois. 11 avait été émoodé en partie quelques années auparavant, et les nouvelles pousses rayaient couTert d'un feuillage épais et abondant. Le r(H et son compagnon passèrent la journée dans cet abri. Sans être vus eux-mêmes, ils apercevaient de temps ea tempe les habits rouges (c^est ainsi qu'on appelait les soldats) passer entre lee ariires, et parfois ils les virent regarder dans lafprairie. Leurs amis, William Penderell et sa femme* que Charles appelait madame Jean, se tenaient près de là pour avertir du danger; lui, feignant de vaquer h ses fonctions de garde forestier, et elle, d'être occupée a ramasser des fagots. Mais il ne survint aucun sujet d'alarme immédiate; l'obscurité de la nuit Ips délivra de leur ennuyeuse et fatigante réclusion, et Charles, ayant, à son retour à la maison, examiné la cachette, résolut de s'y lier pour sa sûreté future ^.
Le lendemain [7], qui était un dimanche, il le passa dans la maison ou dans le jardin. Mais Tétat désespéré de sa position se représentait sans cesse à sa pensée, et la tristesse de sa physionomie trahissait le malaise de son âme. Heureusement dans Taprès-midi il reçut par John Penderell un agréable message de lord Wilmot, qui lui donnait rendez-vous cette nuit même chez M. Whitgravc, réfractaire, à Moseley. Les pieds du roi étaient si entlés et si meurtris par ses allées et venues de Boscobel à Madeley, qu'il accepta avec joie rolVre que lui lit Humplirey du cheval du moulin, et la tournure du monarque était assortie a celle du cheval. Il avait un justaucorps et des chausses de gros drap vert, si usé qu'en maint endroit il paraissait blanc, et les chausses « si longues qu'elles lui descendaient jusqu'à la jarretière ; » son pourpoint était de cuir, vieux et sale; ses souliers étaient lourds et coupés pour que ses fûeds fuss^t à Taise ; ses bas de kdne verte avaient été heaucoup portés, étaient raccommodés aux genoux et sans pieds, et un vieux chapeau gris et pointu, sans
ne put rien tirer de lui, et on lui permit de s'en retourner. Boscobel, ôd. C'est là, je suppose, la véritable version; mais Charles lui-même, en parlant de la ])ro]u^sition faite à Humphrey, rattnbne à un homme chei qui il avait changé d'hubits. Hecit Usé des Mm. de Pepys, p. 9. *
1. Careless trouva moyen de pagner Londres et do passer en Hollande, où il
£orta la première nouvelle de l'évasion du roi à la princesse d' Orange. Charles li donna pour armoiries, sous le nom de (^los, un*chéne sur champ d'or,
avt-'C line f;isce de muMilcs , surnn>nt('"de trois couronnes royales, et pour cimier iine couronne de feuilles de chêne, avec une epee et un sceptre, croisés en sautoir. Boscobel, 85.
cordon ni coilTo, avec un bAlon d'épino torln, conipirlail riiabillenientdu roi. Les six frères roscorlaiont avec dos arnios; doux m tenaient en avant, deux suivaient derrière et un marchait de chaque côté. Il n'avait pai fait beaucoup de chemin qu'il se plaignit à Hiunphrey du pas lourd et dur du oheyal. « Mon soureittin, repartit le meûnier, toui oublies qu*il porte but son dos le poidi de trois royAumei. i
A Moieley [8], égayé par la compagnie de WUmot et les atten-* tioni de Whitpmve et d^ son eliapelaid, M. Hudlestone il prit courage , refit le plan de la bataille de Worcester et déclara que s'il pouvait trouver quelques inilliors d'hommes assez hardis pour le soutenir, il n'hésiterait pas à combattre une seconde fois ses ennemis. Un nouveau plan d'évasion lui fut alors soumis. T.a fille du colonel Lane de Bentley avait obtenu du gouverneur do Staftbrd un passe-port pour aller voir niistress Norton, une de ses parentes, près de Bristol. Charles consentit à jouer le rôle de son domestique, etWilmot partit la nuit suivante pour faire les pr^ parstifs de sa réception. Dans l'intervallei pour être en gftrde oontre une surprise, Hudlestone suivait constamment le roi, Whitgrave sortidt de temps en temps de la maison pour observer ce qui se passait dans la rue, et sir lohn Preston et deux autres jeunes garçons, élèves de Hudlestone, étaient placés en sentinelle aux fenêtres du grenier Mais le danger d'ôtre découvert croissait d'heure en heure. T.es aveux d'un cornette, qui Pavait accompagné, et qui depuis avait été fait prisonnier, révélèrent que Charles avait été laissé a \\ hiteladies, et l'espoir de la récompense excitait les officiers parlementaires h de nouveaux et plus actifs efl'orts. La maison de iioscobel, le lendemain du départ du roi [9 sept.]) iut visitée successivement par deux détachements de l'ennemi ; le matin du jour suivant une seconde et plus t^ooreuie peifuiaition fut faite à Whiteladies^ et dans Taprès^midi Tarrivée d'une compagnie de cavalerie alarma les habitants de Moseley. Comme Charles, Whitgrave et HudlMtone se tenaient près d'une fenêtre, ils virent un voisin entrer précipitamment dans la maison, et à l'instant ils entendirent le cri de u les sol^
f 1. M. Whitgrave avait senri comme lieutenant, Hudlestone comme volontaire, dans les armées de Charles 1". Ce dernier était de la famille de Hnltra John, dans le Cumberland. Ayant quitté lo service, il entra dans k>s ord.es; et il était à cette éuoque prêtre séculier, vivant avec M. W'hitgrave. 11 devint ensuite moine bénédletin, etfù; nommé on des diapelains de la reine.
3. Quoique ignorant la qualité de Vétranger, les enfants amusaient le roi en a intitulant ses gardes du corps. Boscobel, 78.
OHAPITHE CI.NQUIKME. m
dats, les soldats ! » partir du bas de Pescalier. Le roi fut aussitôt enfermé daas sa cachette ; toute» le» autre» portei furent ouvertea, et Whitgrave, deioaiidaiit, reçut les eavaliors âeTftntaa roabon. U» rarrêtèrent comme Cavalier fugitif de Wctfoaaier; mal» il le» oonvainquit par le témoigiiage de aea Tofaina que deimii plu^eun semaines il n'afait pas quitté Meselej, et «ree bsanooup de peine il les décida k partir sans fouiUer la maison.
Cette nuit Charles gagna Bentley. 11 fallut peu de temps pour transformer le bûcheron en domestique et éeliaii^^er ses vêtements d'éioffe verte, contre un habit plus décent de drap jrris. il partit h cheval [11 sept.] avec sa maîtresse supposée dci i ioro lui, acronipagnéo de son cousin, M. Lassells, et après un voyage de trois jours [l/ij, il atteignit Abbolsleigh, maison de M. Norton, sans interruption ni danger. WiUnot s'arrêta dans le voisinage chez sir John Winter. Sur la route il s'était de temps en temps réuni h la troupe du roi comme par hasard ; plus généralement il la précédait ou la suivait à peu de distanoe. Il i^t a obevali un faucon sur le poing et dm diiens h ami oôtéi et la hardiesse de sa contenance préservât aussi elBoacement d'être déoonvert que le plus habile déguisement.
Le roi, è son arrivée [15], eut la faveur d'une chambre séparée, sous prétexte d'indisposition ; mais le lendemain matin il se trouva en compa^^nie de deux personnes, dont Tune avait été soldat dans son régiment des gardes ii \\ nrcoster, l'autre domestique dans le palais de Hichmond, quaiid Charles y demeurait plusieurs années auparavant. Le premier ne le reconnut pas, quoiqu'il prétendit donner son signalement; Tautre» dès que le roi se découvrit, se rappela les traits du prince et communiqtta ses soupgoBs à Lassells* Charles, avec heauooup de jugementi le fit venir, se découvrit ï lui oomme h une andmme oonnaiisance et lui demanda son assistailce. Cet honmie fil était sommelier dans la maison) se sentit honoré de la eonflaooe du roi , et tâehit de la reconnaître par ses services. Il éloigna du roi deux personnes de la maison, connues pour leurs principes républicains; il tâcha, ([uoique sans succès, de trouver un vaisseau h Brislf 1 pour le lransi)ortor en France ou en Kspagne, et il introduisi» lord Wilmot dans sa chambre h minuit [17]. Ils y tirent conseil et décidèrent que le roi se rendrait le lendemain cliez le colonel
Windham» cavaUer qu'il oonnaimit» k Iront, près de Shembum; qu^on expédierait un messager pour préparer la famille à son arrivée, et que pour motiver le départ stihit do miss Lane»
$80 UISTOIKE I)'AN<ÎLRTFUI^E.
line loltro supposée lui serait remise, annonçant que son père était à rarticle de la mort. Le plan réussit, on la laissa i)artir , et, au bout de deux jours, le roi parvint au lieu de sa destination. Le lendemain matin, miss Lane prit congé de lui, et se hâta de retourner à Bentley avec Lassells ^
Dans sa retraite de Trent, Charles commença à se bercer do Fespoir d'être bientôt hors de danger. Un Taisseao fut loué à Lyme pour transporter un seigneur et son domestique (Wilmot et le roi) à la côte de France; Thcure et le lieu de rembarcation furent fixés, et une veuve, qui tenait une petite auberge h Charnioutb, consentit à fournir un asile temporaire h un gentilliornuK} déguisé, et }\ une jeune personne qui venait de se soustraire a la surveillance d'un tuteur dur et sans pitié. Le londomain soir [23], Cbarlos parut en habits de domestique, >ay an t eu croupe Juliana Coninf^y, et accompagné de Wilmot et de Windham. L'hôtesse ût un accueil cordial aux prétendus amants; mais leur patience fut bientôt mise à une rude épreuve : la nuit se passa sans qu'aucun bateau entrât dans la baie, sans qu'on apen^ût au* cun vaisseau au large , et le désappointement donna naissance à mille soupçons et appréhensions. Au point du jour on se sépara [26] ; Wilmot, avec un domestique, allant Lyme s'enquérir du maître du navire; Charles, avec ses compagnons, se rendant h lîridport pour y attendre le retour de Wilmot. A Bridport il trouva quinze cents soldats se disposant à s'embarquer pour une expédition contre Jersey; mais, ne voulant pas se susciter un péril réel, en cherchant à en éviter nu imaginaire, il poussa hardiment jusqu'à l'auberge et conduisit ses chevaux à travers la foule avec une brutalité qui excita des plaintes. Mais un nouveau danger l'attendait à récuhe. Le valet d'écurie Tinterpella comme une ancienne connaissance, prétendant l'avoir connu au service de M. Potter, à Ezeter. Le fait est que, durant la guerre civile, Charles avait logé chez cette personne. Il se détourna pour cacher son inquiétude, mais il eut assez de présence d'esprit pour tirer parti de la demi-méprisc du ^?arçon d'écurie, et pour répondre : (( C'est vrai, j'ai été autrefois domesti(iue chez M. Pottrr; mais comme je n'ai pas le temps maintenant, nous renouvellerons connaissance à mou retour à Londres, devant un pot Je bière. »
Après dîner, le roi et sa suite rejoignirent Wilmot hors de la
1. Cette dame reçut, par ordre des deux chambres, une récompense de 1,000 1. pour 8M smlees <G. Jonrn. 19» 91 déc. 1660).
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CHAPIIKE GiNQUlLME. 381
Tille. Le maître du yaiseeau aTait élé retenu chez loi par les craintea et les remontrances de sa femme, et aucune promesse ne put le décider k renooToler son engagement. Consterné et découragé , Charles reprit le chemin de Treni : de nouveaux plans furent snitis de nouveaux contre-temps ; un s^ncf yaisseau, que le coîonol Philips s'était procuré h Southampton, fut saisi pour
10 transport dos troupes a Jersey [25 sept.], et des l)riiits mystérieux, qui circulaient aux environs, rendirent prrilifux un plus \on^ séjour du roi chez le colonel Windhani *. il trouva [8 ot t.] a Heale, résidence de la veuve lîyde, près de Salisbury, un plus sîlr asile dans une cachette oîi il resta cinq jours, pendant lesquels le colonel Gunter, par Tentremise de Mansel, négociant loyaliste, arrêta un bAtinient charbonnier qui se trouvait à New- Shoreham [1^]. Charles [iô] se rendit à la hâte par Hambleton
I à Brighton, oik il soupa avec Philips, Gunter, Mansel et Tattorshall, le maître du bâtiment. A table, Ta^tershall tint ses yeux fixés sur le roi ; après souper il prit Mansel à part et se plaignit d'avoir été trompé. La personne en gris était le roi : il le con* naissait bien, ayant été retenu par lui sur la^rivière, lorsque, comme prince de Galles, il conuuandait la flot le royale eu ItViS. L'avis en fut proinptement dontié a Charles, <[iii u'on parla point
; h Tattershall, mais (jui, pour s'assurer de son liouime, trouva moyen de retenir ses convives à boire et à fumer à table pendant le reste de la nuit.
j Avant son départ , tandis quHl était seul dans une chambre,
Taubergisto entra, et, passant derrière lui, lui baisa la main, qui n^Nmit sur le dos d'une chaise , en lui disant : «c Je ne doute pas, si je vis, que je ne devienne un lord et ma femme une lady . » Charles se mit è rire, pour montrer qu'il le comprenait, et re- ' joignit la compagnie dans l'autre {uèce. A quatre heures du malin [16 oct.] ils se rendirent tous è Shoreham : sur le rivafi:© sa suite prit congé de lui, à rexcoplion de Wilmot, qui raccompagna dans la barque. Là, Tattershall, tombant à genoux, lui assura soloiiiicUemcnt que, quelle qu'en put être la conséquence,
11 le conduirait sain et sauf sur la côte de France. Le vaisseau, aidé de la marée, se dirigea sans peine vers Tilc de Wiglii
I comme s'il était en route pour Deal, Lieu de sa destination. Mais à cinq heures de l'après-midi , Charles, ainsi qu'il en était con-
1. Une récompense de 1,000 1. fut accordée plus tard à Windham (C. Journ, 17 déc. 1S60).
M HISTOIKE U'ANGUËTEUHË.
voim avec Tatlorshall , s'adressa aux gens de l'équipage. U leur (iii compagQons et lui étaient des négociants en faillite
qui fuyaient Xmvs créancioii| il les pria do se joiiMke à lui pouc déttto le patron à se diriger vert la côte de Ffanoe, et, comme damier argiundoi, il leur donna ^ringi ahiUiiigs pour lioiro. TaW tflfrtill fit bamcoup d'ob|acttoai; maia à la afao anafépiK gnanoe appaiantoi il prit la goa?amîl el fil rcHite an liavan de la Manobe. Au point du jour [17] ila vkettft devant ew la pelUa ville de Fécamp, h la distance de deux milles; mais la marée descendant, ils jetèrent Taiicre, et bientôt après, ils aperçurent sous le vent une voile suspecte qui, par sa manœuvre, lit craindro au roi que ce ne fut uu corsaire d'Ostende, ce que le capitaine croyait aussi. On reconnut ensuite que c'était un heu français; mais Charles n'attendit pas qu'on eût vérifie le fait; la chaloupe fut au^itôt descendue, et leg dâUJL afenturion iuceat conduit» sains et sauis dan» le port ^
La ^vranoe du roi iut un aiyet de ioie ponr les nations de rEnrepe, chei qui rborreur excitée par la mort du père avait dGwié de la popularité auxentiepriaeadufOa, Ony avaitbitdea Tmxpftur le auooèa de aon eapédition en Angleterre. Ai^rèe sa débite k Woroester, on y avait eu de vives inquiétudes pour ses jours. 11 avait échappé aux poursuites : il se présentait avec do nouveaux droits a la sympathie par le courage qu'il avait déployé sur le champ de bataille, et Tadresse avec laquelle il s était tiré des dangers. Ses aventures furent écoulées avec intérêt, et sa conduite obtint des éloges universels. Qu'il fût l'héritier 4es couronnes de laGrande-llretagne, c'était un pur hasard de naissance ; mais c'était aux ressources et h l'énergie de son esprit qu'il devait d'être digne de les porter. £n peu de neia» néanmoins» Tilluaion s'évanouit* Cbariaa avait donné toa ilenra de Y^tgénnce : elles ae fléiciient sonerinflaenoe desséehantedn plaisir et delà disaipation.
1. Pour l'histoire de l'éviision «lu roi , voyez le "Roscohol «le Blouiif , avi-e Cla^ustrwn Régale Heseraium; le Manuscrit de Whitegrave, imprimé dana la Bêtratj^êctiifê E«vû¥f, xrr, 9f> ; U Relation du père Hudleston; Th9irut rative and Relation^ dans lo Ilarîeian MisceihDiy, iv, 441 ; un récit de l'é- Tasion de ^îa Majesté, de Worcester, dicté à M. Pt-pys par le roi lui- intime, et li^ relation donnée par Bâtes, dans la seconde partie de sou Elmichus. En i)utre, nous avons une relation de Clarendon, qui prétend avoir tiré ses renseignements de Charles et de,'; autres uoteurs de et' drame, «^t affirme qu'elle est exiActeiueui vraie ; qu il ne s y trouve rien dont ou puiiise justeiueut suspecter la ▼érilé » fplBr,Hitt. ii, 487, 498) Cependant, quiconque la comparera anx antres récits, verra que bien des détails d'un grand mtérôt ont été omis, et beaucoup d'autres tellement deligures, qu'ils ne se rapprochent guère de la vérité. U faut qeaVMaloriM, évifaiiÉ tu «cil, et aprèa Wk WfLlntMrfaUe de temps, se soit fié a ton imaeiniition pour soppLéer à ta mémoire, voyei la note (F).
Mais du prince fugitif, nous devons retourner au général victorieux qui, du champ de bataille, s'avançait en triompiie k Londie^. Le parlemeat aemlilail ne fa? olr oomment exprima sa reconnaissance à Thomme aux brillants services duquel la répubiiqne devait son salut. A Aylisbury , Cromwell rencontra une dépatation des deux commissaires du grand sceau, le lord chef de justice et sir Gilbert Pickering, h chacun desquels, conuuo gage de sa satisfaction, il lit pieseut d'un cheval et de deux Kcossais choisis parmi ses prisonniers. A Acton, il fut reçu par TOrateur de la chambre et le lord président, suivis des membres du parleuient et du conseil, et par le lord-maire avec les aldermen et les shoriiïs ; et il entendit de la bouche du recordeTi dans une adresse de félicitations, qu'il était destiné a h enchaîner les roii et à charger leurs nobles de fers. » il entra dans la capitale, dans un carrosse d'apparat [12], fui sahié des acdamationa du peuple à mesure que le cortège traversait la cité, et il se reniât au palais de Bampton-Court, ok des appartements avaient été préparés pour lui et sa famille aux frais du public. On proposa dans le parlement, que le 3 septembre fut mis h jamais au rang des fêtes en souvenir de sa victoire : ou lixa un joui- (radions de grAcesgénérales; et en sus d'un premier doii hMii s de 2,500 livres par an, d'autres terres de la valeur de /i,OUU livres lui furent décernées comme preuve de la reconnaissance nationale. Cromwell reçut ces honneurs d'un air de profonde humilité. Il sentait la nécessité de couvrir Tambition qui fermentait dans son sein d'un voile de modestie extérieure; il protestait donc ne pas s'en attribuer le méritOi el ne voir dttia ce qu'il avait fiiii^ue la main du louirPuissait combattant en faveur de ses serviteurs fldèto
1. Whitel âÛ9. Ludiuw, i, 373. Ueath, aOl. Jourm. tt, 9, 11, lU sept. «Lo le»* dMiiiln 13, le ooaimiiii des prisonniert fit mmaà de Weitmingter aux plaines
deTuthill, — jamais oti ne vit spoct.vcle plus triste . excepté au misérable lieu de leur défaite , — et là vendu a plusieurs uégociuats et envoyé aux Barba*» des. »4Heath, 301. On en accorda quinze cents comiDe esdavea ans trafir* cants avec la Guinée» et Ui fbrent transportés à la CAle d*Or en Afrique. Poth Mith Ui, im
CHAPIÏKË SIXIEME.