CHAPITRE SIXIÈME. !2S
temeni du peuple, ou promit à plusieurs reprises de licencier une grande partie de la force armée, et d'abolir l'usage des logements à discrétion. Mais de ces promesses» la première fut parement ilhisoire; car bien qn^on fit quelques réductions partielles, en somme le diifRre de Farmée coiatinua de s^aocrottre. La seconde fnl remplie ; mais en revanche, le fardeau des taxes augmenta; car IMmpôt annuel des comtés monta graduellemuut de 60 à 90,000 livres, h 120, et enfin h 160,000 K
Un autre sujet de troubles naquit de ces principes do liberté que, intMuo oprès la répression do la doniiore sodilion, les soldats nourrissaiont socrotomont, otnvouaiont parfois. Beaucoup dVuitre eux sans doute avaient confiance dons le patriotisme des officiers et se soumettaient h leur jugement; mais il y en avait aussi beaucoup qui condamnaient le gouyemement a( tuel comme un aban« don de la bonne cause qu'ils avaient originairement embrassée. Ces derniers révéraient Lilbume comme un apôtre et un martyr; ils lisaient avec avidité les publications qui sortaient fréquemment de sa prison ; et ils condamnaient comme persécuteurs et tyrans ceux qui l'avaient enfermé, lui et ses compagnons, dpns la Tour, On avait fait dos préparatifs pour les traduire on jugeniont comme auteurs de la dernière sédition [H avril]; mais après mûre délibération, le projot fut abandonné 12 mai], et on rendit un acte qui déclarait coupable de trahison quiconque prétondrait que le gouvernement était tyranniquo, usurpé ou illofritinu'. Aucun décret, néanmoifis, ne put réprimer Tiiostilité de Lilburne ; et un nouveau pamphlet do lui [8 janvier], en faveur des « libertés légales fondamentales du peuple, » mit h réprouve la résolution de ses adversaires. Ils reculèrent devant la lutte ; on jugea plus prudrat de pardonner«ou plus digne de mépriser ses efforts; et sur sa pétition où il demandait la permission de visiter sa famille qoi était malade, il obtint son élargissement
Mais cette douceur ne lU aucune impression sur son esprit. Dans le cours de six semaines, il publia deux écrits plus violents, et les distribua aux st)ldats. l^ne nouvelle sédition éclata h Oxford [18 juillet]. La promptitude do sa rt'pression enhardit lo conseil; le démagoguo fut reconduit dans sa prison de la Tour [6 sept.] ; et Keble, avec quarante autres commissaires, fut charpré de le juger sur sop derni'sr délit, d'après le récent statut des tiahisons [14].
1. Journ. 7 avril, 1'' août, 7 déc. 1649 , 21 mai, 26 novembre 1650j 15 ayril, 1" sep. 19 dcc. 1651 ; 10 déc. 1652 ; 34llOr. 1663.
2. Journ. 11 avril, 12 mai, 18 juillet 1649. Council BooJfe,9inai. Whitel 414.
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9M HISTOIRE H'AMGUmUUiE.
'On regardera pciit-ùlro luiimie une faiblesse à Lilburno travoir offert de se transporter, l\ i( naines conditions, on Amérique; niaiji il racheta ïhi rcjnitation dès qu'il fut traduit à la barre [25 oct.]. Il repoussa avec dédain les charges des ae( iisateurs et tes reproches de la cour ; il électrisa Taudionco par de fréquents appeiii à la Magna Cbarta et aux libertés dea Anglaïai et soutinl aTeo force la doctrine que le jury pouvait juger du droit auMÎ bien que du fait. Ce fut en vain que la cour déclara cette opinloii « k plua condamnable béréaie qui eftt jamais été iuTMitée dans le pays, » et que le gouyeniement emfdoya toute ion influence pour gagner ou intimider les jurés. Après trois jours da débats, lilburne obtint un verdict d'acquittement ^,
On ne sait si, après sa mise en liberté, il se fit quelque compromis secret. U souscrivit (( rengagement » [29 déc], Toxpliquant dans un sens confurnio h ses principes ; et le parlement lui vota [30 juillet 1G50] une soinniu considérable en réparation do ce qu'il avait souffert dans la chambre étoilée 2. iMais deux ans plus tard [16 janvier lt)52], il eut Timprudence de faire distribuer une pétition de Josiah Primate, qui accusait sir Arthur Hazlorig ei les comnfïissaires de Haberdasbers -hall d'injustice et de tyrannie, La chambre déclara que c'était une infraction à ses privilèges, et le délinquant fut condamné k une amende de sept mille lima et au bannissement ï perpétuité. Probablement la cour de la chambre étoilée ne prononça jamais de jugement dans lequel la peine fût moins proportionnée au délit. Mais ses anciens ennemis cherchaient moins h être justes envers le prévenu qu'a se mettre eux-mêmes en sùrolo. Ils saisirent cette occasion do délivrer le gouvernement do la présence d'un homme qu'ils craignaient depuis si longtemps ; et comme il refusait de s'agenouiilor à la barre pendant le prononcé du jugement, ils changèrent la décision en acte du parlement. Four sauver sa vie, Lilburno se soumit [20]; mais sa résidence sur le continent lut courte; le lecteur le reyerra bientôt en Anglettfre ' «
Lea niveleurs avaient avoué hardiment leur objet; les royalistes travaillaient dans Torobre et b la dérobée ; cependant le conseili par sa vigilance et son activité, sut déjouer rhostOité ouverte des uns et l9s secrètes machinations des autres. On peut, il est vrai,
1. Jmm. 11 sept 80 oct KMS. Whitèl. SSA, 995. Staiê THàU^ 11, 151.' 9. Wbltel. 4aQ. Jbiini. !«, 80 jaOltt 1S60.
3. Jour». 98 déc. 1651 ; 15, 90, aSjiiifter MSS. WhM. 580. BUkU IVMf , 407-415.
CIIAIMTUK SIMKMK.
f^lovor ilos (loiilos sur la politique do « rGiiga^cminjil, pfoinossie de tidélité li la république, MOI roi ni chambre des lords. Tant qu'il fat reatreint à ceux qui occupaletit des emplofo daua le gou- Tememetit, œ ne toi qu'une simple question dè choix; mais lofiqu'on Texigea de tous les Anglais, figés de plus de dlt^sepl ans, sous peine d'être incapables de soutenir une action en justice, il deyint pour nombre de personnes une affaire de nécessité, et servit plutôt h irriter qirà donner de la sécurité Une mesure plus efficace fut Tétablisseîncnt permanent d'une haute cour de justice pour s'enquérir dos délits contre Tétat, a laquelle on ajouta Torganisation d'un système d'espionnage di1 au capitaine Bishop, sous la direclion de Scot, membre du conseil. Les amis de la monarchie, encouragés par les cris des niveleurs et les protesta» tiens des Ecossais, avaient commencé à tenir des réunions, tantôt sous prétexte de culte religieux, tantôt sous celui d'amtK sements de campagne. En peu de tmnps ils dtrisèreni lé royaume • en districts appàés associations, dans chacun desquels on suppo» sait ponvdr lever un certain nombre d'hommes armés ; et on obtint des commissions en blanc at ec la Signature du roi, pouf nommer des colonels, des capitaines et des lieutenants au commandement de ces troupes. Puis il s\^tal)lit une correspondaîice active avec Charles, après sou arrivée en Ecosse, et avec le comte de Newcastle, le lord Hoplon et un conseil d'e\iles, d'abord à Utrecht et ensuite h La Haye. Dans le plan dêlinitiveoienl adopté, il était proposé [déc.J que Charles lui-mùme ou iMassey, laissant une force sufflsante pour occuper Tarmée anglaise en Ecosse, passât la frontière des deux royaumes atcc un corps considérable de cavalerie; qu^en môme temps 1m royalistes des dlf[lte«ntei associations se levassent en armes, et qué les exilés de Hollaudo, avec cinq mille aventuriers anglais ët allemands, débarquassent dans le Kent, surprissent Douvres, et se hfttatseht de sa réunir k leurs alliés presbytériens de la capitale'. Mais pour combiner et assurer la coopération de toutes les parties intéressées, il fallait employer de nombreux agents, parmi lesquels, s'il y en avait qui agissaient par principes, beaucoup étaient d'une foi douteuse et dans une position désespérée. Quelques-uns de ceux-ci commirent des trahisons ; quelques-uns offrirent leurs services aux deux parties, et les trompèrent tous deux; et uu lait curieux,