‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 119 sur 276 · Journ. de Leicestcr · texte numérisé non relu

Journ. de Leicestcr

i. Papiers d'Ktat.de Milton, 85, 37, 39, 47, 49, ôO. BailUe, ii, S4d. Ultres dtf C«te, 1,414.

Sgg HISTOIRË ]>'A!IGLBTfiRRB.

c'est que tandis que souvent les lettres des agents royalistes passaient par les mains do Hisliop lui-même, ses i)apiers secrets, appartenant au conseil d^Mat, ('•laient copiés et transmis au roi Il s'ensuivait toutefois que les plans des royalistes étaient toujours découveris, et de la sorte déjoués par les précautions du conseil.

Tandis que le roi était en route pour TEcosse, un grand nombre de commissions en blanc avaient été saisies entre les mains de Lewen, docteur en droit civil, qui subit la prâe.de mort. Bientôt après [13 juillet], sir John Gell, le colonel Euaebius Ândiews et le capitaine Benson furent mis en jugement comme ayant conspiré le renversement du gouvernement établi par les lois. Ils opposèrent trois objections h la juridiction de la cour. Elle était contraire h la Magna Cliarta, qui donnait à tout homme libre le droit d'être juge par ses pairs; contraire à la pétition de droit, par laquelle les cours martiales (et la présente cour était trèscertainement une cour martiale) avaient été interdites; et contraire aux nombreuses déclarations du parlement, disant que les lois, les droits du peuple et les cours de justice seraient maintenus. Mais la cour repoussa les objections [22 août] ; Andrews et Benton subirent la mort; et Gell, qui n^était pas complice, mais qui avait eu amplement Connaissance du complot, fut condamné à un emj^risonnem^nt perpétuel [7 oct.], avec confiscation de ses biens 3.

Ces exécutions ne réprimèrent point Fardeur desroyalisteset ne

diminuèrent point la vigilance du conseil. Au commencement de décembre [2 déc. 1650] les amis de Charlesprirent lesarmesdans le Norfolk; mais le soulèvement était prématuré : un corps de Têtes- Rondes dispersa les insurgés, et vingt de ces derniers payèrent leur témérité de leur vie. Cependant le non-succès d'un complot n'empêchait pas d'en former un autre. Tant que Ciiarles Stuart fut en Ecosse, les anciens amis de sa famille préparèrent secrètement sa réception en Angleterre, et beaucoup de presbytériens, par aversion pour les principes des indépendants, se dévouèrent aux intérêts du prince 3. Le conseil résolut d^attaquer ce parU dans son principa} appui, la capitale ; et Love, un des plus fameux mi-

1. Sinfe Triaîs, v, 1. Pap. d'Etat de Milton , 34, 47, 50, 57. Un de ces agents, employés par les deux parûs, était une mistress Walters, autrement Uauiliii, dans les services de ]aqaeUe Bishop avait grande oon^ce. Elle devait a^introduire auprès de Cromwell en prononçant le mot «; prospérité. » Ibid.

2 AVhitcl. KU, J is. 473, 174. Heatli, ifi;», 270. Voyez la mention de pluaieura

découvort^'s «îans les Leltres de Carie, i, IVi, KM, 472.

S. « Il est clair pour moi qu'ils no nous regardent pas comme une magistiatratore légale, et n'catiment pas trahison rien de ce qui est fait par eaz pour

OHAPITIIB SIXIÈME.

iiislics, fui ain'lô iMvcc plusieurs lio sos associés |7 mai 1(>.M |. Lors d(* son procès [5 juin], il cliorcha à sauver sa vii* p.ir inn; protrstalion cvasivc, qu"il iil avec la plus im[Kisanle solenniu'-, < n présence du loul-Puissant ; niais il fut clairement prouvé conlre lui que les reunions avaient eu lieu dans sa maison, (pie Targent recueilli pour les royalistes avait été placé sur sa table, et que les lettres reçues et les réponses h rendre avaient été lues devant lui. Après le jugement, ses amis et lui présentèrent des pétitions en sa faveur : on obtint sursis sur sursis [iljuin, 15 juil.l], et le parlement, comme sHl craignait de décider sans instructions, en référa à Cromwell, en Ecosse. Ce général aussitôt fut assailli de lettres des amis et des ennemis de Love ; il garda le silence. La chambre accorda un nouveau délai ; mais il ne fit point de réponse, et Tinfortuné ministre eut la tétc iranchée à Tower-Hill, avee la fermeté et la sérénité d lui martyr. Un seul de ses complices, Gibbons, bourge(»is de la Cité, partagea son sort*.

Les conseillers secrets de Charles lui avaient insinue que la guerre entre le parlement et les Kcossais, en détournant de Tirlande Tattention du conseil, permettrait au parti royal de reprendre le dessus dans re royaume ; mais cet espoir s'évanouit promptement. On voyait les ressources de la république se multiplier avec ses besôins, et son armée d'Irlande s'augmentait journellement des recrues faites dans TUe et des renf<^ envoyés d'Angleterre. Ireton, à qui Gromwell avait laissé le commandement en chef, avec le titre de lord député, poursuivait presque sans interruption la carrière de son victorieux prédécesseur. Sir Charles Cooto rencontra les hommes de TUlster à Letterkenny [18 juin lG50j. Après une longue et sanglante ai tion, ils furent défaits, et le lendemain leur chef, le belliqueux évéque de Cloglier, fut fait pri- .«lonnier par un corps de troupes fraîches arrivées d'InniskelUng^. Lady Fitzgerald, nom aussi illustre dans les annales militaires de

nous détruire , afin d'amener le roi des Ecossais comme chef du covanant. » Vane à Cromwell, de € Love et ses frères. > Hilton, Pap. d*£taty 84.

1. Pap. d*Etat de Bffiton , 50, r)4, 6G, 75, 76. Whitel. 499, 493, 495, 500. Siaie

Trials, v, 43-2î)4. Heath, 288, 290. Journ. de Leicester, 107, 11', 123. 11 se répandit jr ])ruil, prohabloment non fondé , «^ue CromweU lui avait ; ( Cordé la vie, mai.s (lut- la dépêche fut interceptée et retenue ou détruite par les Cavaliers, (^ui se souvenaient de rancieime hostilité de Lore contre la cause royale. Kennet, 185.

2. Quoiqu'on lui eût accordé ouartier et promis la vie , Coote le fit pendre. C'était pourtant à la persuasion de Mac Muhon, au'O'Neil, l'année précédente, avait sauvé Coote en levant le riége de Londonderry (Clar. Short View, etc. Tol. Tiii, 145-140). Mais Coote laisnit la pucrre en sauvage. Voyes-en plottena exemples à la fin de CamWen$ii Mvenus de Lynch.

390 UiSTOlKE D'ÂISGLËTEKKE.

rirlande que celui de lady Derby dans celles de FAngleterre, dé* fendit la forteresse de Trecoghan ; mais ni les efforts de sir Robert Talbotan dedans, ni la courageuse tentative de lord Gastlehaven au

dehors, ne purent en empêcher la reddition*. Waterford, Carlow et Çharleniont acceptèienl des conditions lioiioraMr'S, ot la garnison de Duncannon, réduite a une poignée dlioinnjt s par les ravages d(^ la peste, ouvrit ses portes à rennemi [25]'^. Onnond, au lieu de tenir téle aux vaintiueurs sur le ch.miji de bataille, s'était engagé dans une longue et irritante contestation avec ceux des chefs catholiques qui se défiaient de son intégrité, et avec les^ bourgeois de Limerick et de Galway, qui refusaient d'admettre ses troupes dans leurs murs [20 août]. Le malheur avait mis fîn à son autorité : ses ennemis faisaient la remarque que, ami véritable ou ennemi secret, la cause des confédérés n^avait jamais prospéré sous ses ordres; et les évêques le conjurèrent, maintenant querexistence même delà nation était en jeu, d'adopter des mesures qui pussent éteindre les dissensions publiques, et unirtous les vrais Irlandais pour la défense cuininune [*28 mars]. Depuis la perte de Munster, par suite de la défection des troupes d'Ineliiquin, ils avaitMit entretenu une niéliance incurable contre leurs alliés d'Angleterre, et pour apaiser leurs soupçons, il congédia le peu d'Anglais qui étaient encore au service. Voyant augmenter leurs prétentions, il convoqua une assemblée générale à Loughrea, annonça son intention, réelle ou simblée, de quitter le royaume ; puis, à la requête générale, et après quelque hésitation, il consentit à rester. Jusqu'alors les Irlandais avaient nourri Fespoir que le jeune roi, comme il Tavait promis à plusieurs reprises, viendrait en Irlande et prendrait en main les rênes du gouvernement; mais ils apprirent, h leur grand désappointement, qu'il avait accepté Tinvitation des Ecossais, leurs ennemis jurés et invétérés. Au bout de peu de temps, les conditions auxquelles il avait souscrit commencèrent h transpirer : on sut qu'il s'était engage à annuler la dernière paix conclue entre Ormond et les catholiques, et obligé par serment non-seulement a ne pns permettre l'exercice du culte catholique, mais à extirper la reiigion.catholique de tous ses états. La tristesse et le découragement s'emparèrent de tous les esprits ; dix évêques et dix ecclésiastiques s'assemblèrent à James-ïown [6 août], et leur ^mière résolution lut

1. ToF«i le» Mém. de CttUèbaveii, lfO-19i ; et rOrmond éè Caite, ii, 116. S. Heath, S67, 970. WhUel. 427, 45d, 463, 464, 460.

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GUAPITRB SIXIÈME. m

[10] de (lé[Haer doux d'entre eux au lonl lieutenant, pour demander qu'il mil à excM Utiou sun aiii ieu j»rujt't de (juiaer le royaume, et laissât sou autorité aux mains d un députe catholique qui possédât la confiance de la nation. Cependant, sans attendre sa réponse, ils rédigèrent une déclaration [Hj^ dans laquelle ils accusaient Ormond de négligence, d'incapacité et de perfidie; protestaient que, bien qu'ils fussent forcés, par le grand deYoir de leur propre conserratioB, de se soustraire au gouvernement du lieutenant du roi, ils n'ayaient nulle intention de méconnaître Tautorite royale, et proclamaient que, dans les circonstances présentes, le peuple irlandais n'était plus lié par les articles de la pacilicalion , mais par le sernienl qu'il avait prêté en s'assoeiant jadis pour la défense cunniiurie. Le lendemain, ils y annexèrent une foi'nuilc d'excommunication atteij^nanl également toutes les [)ersonries qui soutiendraient ou Ormond ou Ireton, en opposition avec les intérêts véritables de la confédération catholique *.

Toutefois, le lord lieutenant vit qu'il avait pour lui quelquesuns des prélats et une grande partie de Taristocratie. il répondit [31 août] au synode de James-Town que la nécessité seule le dé* dderait à quitter Plrlande sans Torcbre du roi; et les fidéi-commissaires reprochèrent aux évêques leur imprudence et leur audace [2 sept.]. Mais en ce moment arrivèrent les copies de la déclaration que Charles avait été obligé de publier h Dunfermling en Ecosse. Tous les esprits entrèrent en fermentation. Les soupçons, s'écrièrent-ils, étaient justifiés; leurs craintes et leurs prédictions accomplies. Le roi les avait déclarés une race de « rebelles sanguinaires, » et les avait désavoués pour se? sujets; il avait annulé les articles de la pacification, et avait annoncé au monde entier qu'il voulait anéantir leur religion. Dans cet état d'eiïerveseence, le comité nommé par les évoques publia et la déclaration et Texcommunication [15 sept.]. Mais une seule nuit d'intdrvalle suffit pour calmer leurs passions; ils se repentirent de leur précipitation ; et d'après Tavls des prélats assemblés dans la ville de Galway, ils publièrent un troisième écrit, qui arrêtait Veitel des deux autres [16].

Le premier expédient d'Ormond fut de prétendre que la déclaration de Dunfennling était forgée: car de Breda , avant son voyage en Ecosse, le roi avait soleunellement assuré que pour au-

1. Ponce, Fmd»c»« Evmj*, 230-257. Clar. viii, 151, 154, 156. Hibernia Uo^ mmieana, SSl. Carte, ii, 118» 190, 1S3.

:tn lilSTOlKK D'AiNGLKlElVlŒ.

cune considération humaine Une violerait la pacification. Un se* cond message [i5 oct. J Finforma que la déclaration était authen* tique, mais qu*elle devait être considérée comme sans valeur, en ce qui concernait l'Irlande, parce qu'elle avait été faite sans Tavis du conseil privé irlandais ^. Cette communication encouragea le lord lieutenant à prendre un ton plus liardi : il se déclara prêt à soutenir [23 oct.j que le roi et ses officiers, d'une part, et la population catholique, de Tautre, étaient liés par les clauses du traité; niais il demanda préalablement que les lidéi-commissaire^ condanmassenl les actes du synode do James-Town, et se joignissent à lui pour [Minir ceux de ses membres qui persisterai en I dans leur désobéissance, ils ûreut des propositions aux prélats [29] et reçurent pour réponse que la protection et Tobéissance étaient corrélatives, et qu'en conséquence, puisque le roi les avait publiquoment exclus de sa protection sous la désignation de «c rebelles sanguinaires, ï> ils ne pouvaient comprendre comment un officier quelconque, agissant en vertu de son autorité, pouvait prétendre à leur obéissance^.

Cette réponse convainquit Ormond qu'il était temps pour lui de quitter Tlrlande; mais avant son départ il convoqua une assemblée ^MMuiral»^, et choisit le marquis de Clanricard, sei^^neur catholique, pour connnander en qualité de son délégué. Rien no pouvait être plus désagréable qu'une telle nomination h Clanricard, dont la santé était mauvaise, et les habitudes toutes domestiques. De quelque côté qu'il jetât les yeux, il était épouvanté de la perspective qui s'ouvrait devant lui. 11 voyait les trois quarts de l'Irlande au pouvoir d'un ennemi infatigable et victorieux. Le Connaught et le Glare, qui seuls restaient aux royalistes, étaient

1. Lettres de Carte, i, 391. Les conseillers de Charles, à Breda, lui avaient inculqué les |»ritieipes qu'il parait depuis avoir gardés toute sayie: «Que Thonneur et la conscience étaient des épouvantùls, et que le roi ^levait se ponverner plutôt d'après les règles de la prudence et de la nécessite. » Ibid. Nicholaa àOrmondy 48S.D*abord, Chartes convint qu'il faUait trouver moyen « de rompre en honneur et justice la paix faite avec les Irliindais, si un parlement libre de l'Ecosse jufîeait convenable, » plus tard . «: de la rompre ; mais à condition que la chose ne serait pus publiée avant qu'il eût avi rli Ormond et ses amis, pourvu à leur sûreté, et qu'on lui eût appris comment en honneur et justice il pouvait la rompre, en raison di- la rupture faite de leur côte. • 1*. :r.>0, .j'JT. ( (•[)endant, peu auparavant , il avait déclaré rormeilementuu'aucime considération ne le porterait àTioler cette même paix. Pag. 374, 9^9. Lors de sa demande ultérieure de secours au pape, il s excusa en disant, « fuisse vim manifest im ; jam enim statuerant iicoti Presbyterani personam suam Parliamento AnKlicano tradere, si iliam declarationem ab ipsis factam non upprobassset. » Éx originali pei|Ba me*

«. Ponce, S$7.tf«l.

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