CHAPITRE SIXIÈME
^ dép«'U{)lés par la faiiiiiK' oi la peste, et les discussions polilitiues et
religieuses divisaient les chefs ot leurs adlK'rents. Un parti attribuait les désastres de la nation a la témérité des honunc^s qui osaient gouverner sous le poids d'une excommunication ; et Taulre accusant ses adversaires de cacher des vues déloyales et intéressées sous le manteau du patriotisme et de la religion. Tout espoir
I * de résister avec succès était perdu ; le Shannon, (jui les proté^it actuellement contre Tennemi, deviendrait guéable au printemps, et alors lé dernier asile de Tindépendance irlandaise serait envahi ^ Dans ces circonstances décourageantes, il fallait toute Tau-
i torité d'Ormond'et de Castlehaven pour le décider à accepter une
I charfço qui no lui offrait aucune persp<*ctivc d'émoluments ou de
gloire, mais qiii lui promettait une moisson abuudante de contradictions, de fatigues et de dangers.
Dans l'assemblée (pii se tint h Loughrea [25 nov.), la majorité
, des membres désapprouva la conduite du synode, mais chercha
plutôt à éteindre la discorde par la conciliation, qu'a la peri)étuer . Orroond, après avoir écrit une justification de sa conduite [2 déc], et reçu [7] une réponse consolante, slnon^parfaitement satisMsanté, s^erabarqua à Galway. Mais Clanricard refusa obstinément d'entrer en exercice de sa charge, avant qu'il eût été offert répa-
I ration de Tinsulte faite à Fautorité royale par la déclaration de James-Town. H demanda qu'on reconnût qu'il n'était au pouvoir d'aucun corps de dispenser le peuple de son obéissance au lord député; tant qu'il était investi de l'autorité royale, et il finit par obtenir [2/il une déclaration a cet efTet, mais avec une protestation que, par elle, « les confédérés n'abandonnaient point leur droit à » l'observation iidèlc des articles de la pacification, et ne s'enga- » geaient pas à obéir à tout gouverneur en chef qui pourrait être
i » indûment nommé par le roi, pendant qu'il serait privé de sa li-
» berté chez les Ecossais »
Sentant l'avantage que les royalistes d'Ëcosse pouvaient tirer de la prolongation des hostilités en Irlande, les chefs parlementaires cherchèrent h mettre fin à cette longue et sanglante Intte. A peine Clanricard avait-il pris en main le gouvernement, que Grâce et Bryan, deux officiers catholiques, se présentèrent à rassemblée j^lO janvier lOol], avec un message d'Axtel, gou-
4. Voyes VStat de la Nation, par Clanrioarde, dans tes Mémoires» Part, u,
page 91.
2. Carie, ii, 137-UO. Wal*h. App. 75-187. Belling in Poncium, 26.
291 HISTOIRE D'ANGLBTERRE.
verneur de Kilkenny, ei chargés do pr(iposer un traité de soumission. Un grand nombre de nionibres accueilliront cotte ouverluro avec transport. Ils soutinrent qu'iuie négociaiion générale pouvait seule mettre lin aux traités particuliers qui, chaque jour, éclaircissaient leurs rangs, etexposaient les plus déterminés à une perte inévitable; que les conditioas offertes étaient meilleures qu'ils n'avaient lieu de s'y attendre maintenant^ infiniment meilleores qu'ils ne pouvaient les espérer plus tard. Qu'il» missent la irïncérité de leurs adversaires à l'épreuve. Si le traité réussissait, la nation serait sauvée ; dans le cas contraire, le non-succès rattacherait \ la cause commune tous les vrais Irlandais, qui, s'ils .devaient tomber, ne tomberaient pas sans vengoanco. Ce raisonnement avait beaucoup de force, 'et il fut appny('' du témoignage des officiers de plusieurs quartiers, qui re{)resentèrent qu'une négociation avec le parlement était le t?eul moyen do sauver le peuple. .Mais Clanricard traita la proposition avec mépris. La discuter c'était une insulte à sa personne, un acte de traiiison envers le roi; et il fut secondé par l'éloquence et Tautorité de Castlehaven, qui affectait de dédaigner la puissance de l'ennemi^ et attribuait ses succès è leurs propres divisions. Si l'assemblée eût su les vrais motifs qui taisaient agir ces deux seigneurs; qu^s avaient pour instructions secrètes de Charles de continuer la lutte à tous risques, comme le hieilleur moyen de le mettre en état de tenir tete à Cromwell; que cette occasion, probablement la dernière, de sauver la vie et les biens des confédérés, allait être sacriliee h la pure chance de remporter une victoire au profit des Ecossais, leurs violents et implacables ennen)is K une grande partie des calamités que Tlrlande était encore condamnée à souffrir eut peut-être été détournée. Mais la majorité se laissa persuader : la motion de négocier avec le parlement fut rejetée; et les peines de trahison furent prononcées par l'assemblée, et la sentence d'excomunication par les évôques, contre tous ceux qui conclueraient un traité particulier avec l'ennemi. Limerik et Galway, les deux boulevards de la confédération, désapprouvèrent ce vote, et refusèrent obstinément d'admettre des garnisons dans leurs murs, atin de n'être point tenus sous le joug militaire, et de rester arbitres de leur propre sort.
Le lord depuie ne fut pas plus tôt délivré de cet obstacle qu il se trouva engagé dans une négociation d'une délicatesse et d'une