Mem. de CastlehaTen
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difficulté extraordinaires. Vers la fin de Tété précédent, Ormond avait envoyé le lord Taafe b Bruxelles, avec des instructions, tant en son propre nom qu'au nom du conseil suprême pour solliciter 1 assistance dn duc de lorraine, prince du caractère le plus remuant et le plus intrigant, qui avait coutume de vendre fort choraux puissances voisines les services de son armée. Le duc le reçut gracieusement, lui lit un présent de cinq mille livres, et lui promit eo outre un secours d'hommes et d'argent, mais à condition qu'il serait déclaré protecteur royal de Tlrlande avec tous les droits attachés h cette charge; droits aussi peu définis la charge elle-même était peu connue jusqu^alors. Taafe hésita [nov. 1560], mais il fut encoijffagé à agir par la reine-mère, le duc dTork et de Vie, résident du roi h Bruxelles. Ils alléguaient que, sans Taide des Irlandais, le roi succomberait en Ecosse ; que le duc de Lorraine était le seul prince qui pouvait leur porter secours; et que, (juclsque fussent ses desseins secrets, ils ne sciaient jaujais si préjudiciables aux intérêts du roi que la conquête de l'Irlande par le parlement Taale, toutefois, prit un terme movf^n [31 déc], et persuada ad duc d'envoyer de llénni au[)rès du conseil suprêmci avec pouvoirs de conclure le traité en Irlande.
L'assemblée venait d'être congédiée lorsque cet envoyé arriva [25 février 1651]. Le peuple, le clergé et la noblesse le reçurent comme un ange descendu du ciel. Les- armes et les munitions qu^il apportait, jointes à sa promesse d'un secours plus eficace avant peu, les tirant de leur abattement, et les encouragèrent h se livrer h l'espoir de résister au choc de l'ennemi. Clanricard| ' laissé sans instructions, ue savait comment agir. 11 n'osait point
1. Comparez les papiers dans la 3* partie des Mémoires àê Clattlicaràf» 17|]i*
27 (fol. Londres, 1757), avec l'Ormond de Carte, ii, 143.
2. Clanricarde, t, 5, 17, ^7. Ormond ('tait aussi de cette opinion. Il écrit à TaaI'c que «Ton n'uviiit rien fait qu'on dût désirer de défaire;» que le conseil «oprème était le mettlear juge de sa position; qu'ils avaient reçu la permission (lu roi, pour leur propre salut, même de recevoir des conditions de l'ennemi, ce qui était nécessairement bien plus contraire à son intérêt, que do recevoir «les aeeoan ée font autre pour loi réaliter, presque n'importe h qoeU termes. » Clanr. 31. Dans la colleclinn de lettres faite par Carte, il y en aune d'Ormond à Clanricard, écrite après la bataille de AVorcester, dans laquelle ce seigneur dit que son avis sera, sans aucun scrupule, que «desmfapdslras convenables soient envoyés au pape, et qu'il lui soit fait des propositions de nature à déterminer son intervention, non-seulement jqirès de tous les princes elles états... r> Li' reste de la lettre est perdu, ou Carte n'a pas voulu le publier; mais il est évident, d'après la première partie, qu'il pensait que la seule < liance de rétablir l'autorité royale rt;iU dans l'aide qu'on Ol>tieiulra4t dn pope et des puissances catholiques. Lettres de Carte, 461.
S96 UISTOIRE IVANGLETERHE.
rofuser une assislanio dont lo peuple faisait tant de cas ; il irosai^ point accéder à des demandes si préjudiciables a rautorité du roi. Mais si le titre de protecteur royal sonnait mal a ses oreilles, il produisait un eiiet tout ditlérent sur les confédérés, qui avaient lieu de conclure que silalutte entre Crom-well et les Ecossais se terminait à l'avantage de ces derniers, les catholiques irlandais auraient toujours besoin d'un protecteur pour défendre leur religion . contre lè fonattsme exterminateur deFEglise d^Ecosse. Clanricard, toutefois, fut inexorable, et sa fermeté finit par triompher de rimpétuosité de ses compatriotes et de Fobstination de renvoyé. Il obtint de ce dernier [27 mars] une somme additionnelle de quinze mille livres, h la condition peu onéreuse de nommer des agents pour couduue la négociation à Bruxelles, d'après les instructions qu'ils recevraient de la reine-mère, du duc d'York et du duc d'Ormond. Le lord député se réjouit de s'être déchargé de ce fardeau. De ilénin fut satisfait, parce qu'il connaissait les sentiments secrets de ceux au jugement desquels on référait le point en question!.
Taafe, après avoir reçu ses instructions ï Paris ( mais des instructions verbales et non écrites, comme Clanricard Tavait demandé ) , rejoignit [11 juillet])! Bruxelles ses collègues, sir Nicholas PlUnket et Geoffrey Brown, et après de longs mais inutiles débats, il souscrivit |27] aux demandes du duc de Lorraine ^. Ce prince, par le traite, ^'engageait a fournir pour la protection deVlrlande tous les secours d'armes, d'argeni, do munitions, de vaisseaux et de vivres, que le cas pourrait exiger ; et, en retour, les agents, au nom du peuple et du royaume d'Irlande, lui conféraient à lui, h ses héritiers et à ses successeurs, le titre de protecteur royal, ainsi que la suprême autorité civile et le commandement des troupes, mais sous l'obligation de rendre Tun etTautre, à Charles Stuart, le souverain légitime, après le remboursement de ses dépenses ^. il n'y a pas de doute que chacun des deux partis cherchait à duper Pautre.
Clanricard était surpris de n'avoir aucune nouvelle de ses agents, aucune de la reine ni du duc d^Qrmond. Après un silence de plusieurs mois , arriva une copie du traité [12 oct.]. Il le lut avec indignation ; il prétendit que les envoyés avait transgressé leurs