‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 122 sur 276 · Clanr. d · texte numérisé non relu

Clanr. d

instructions; il menaça de les déclarer traîtres par proclama* tîon [20]. Mais Charles était maintenant arrifé à Paris, après la défaite de Worcester, et il était au fait de tonte Tintrigue. Il loua

la loyauté du député, mais il chercha h calmer son mécontentement contre les trois agents, Toxhorta h leur rendre sa conliaiu e, et rengagea h faire usage do leurs services, comme si le traité n'eut jamais existe [10 février 1652]. Il envoya au duc de i.orraifK' In comte de Norwich [23 marsj, pour réclamer contre les articles qui portaient le plus d'atteinte à l'autorité royale et pour rouvrir la négociation ^. Allais la malheureuse issue de la guerre d'Ecosse fit envisager II ce prince le projet comme désespéré; tandis qa'û hésitait, la cour de Bruxelles eut la preuve de ses intrigues avec le ministre de France; et )i la surprise de TEuropc, il fut soudainement arrêté à Bruxelles, et conduit prisonnier à Tolède en Espagne ^.

Clan rie ard, tout hostile qu'il était aux prétentions du duc do Lorraine, s'était servi de Fargent qu'on avait reçu de ce prince pour organiser de nouvelles forces, et mettre tous les obstacles qu'il pouvait aux progies de l'ennemi. Ireton, qui n'espérait rien moins que l'entif^re réduction de l'île, ouvrit la campagne par le siège de Limerick. Les conditions qu'il offrit furent refusées par les habitants [11 juin 1661] ; et h lenr requête, Hugh O'Xeil avec trois mille hommes entreprit de défendre la ville ; mais il fut conyenu que les chefs des postes et le gouvernement de la place resteraient aux mains du maire. Les deux partis déployèrent une valeur et une opiniâtreté dignes du prix pour lequel ils combattaient. Quoique lord Broghill eût défait lord Muskerry, commandant des catholiques du Munster, quoique Coote , malgré Clamicaid, eut pénétré ilo l'extrf'mité septentrionale du Connaught jusqu à Atheureeet Portumna ; quoique Iroton, après plusieurs tentatives infructueuses, eut trompé la vigilance de flasllehaven, et se fut établi sur la rive droite du Shannou ; et quoiqu'un parti dans l'intérieur do la ville s'efforçât de représenter les ennemis parlementaires comme les avocats de la tolérance uniyerselle; rien ne put ébranler la constance des citoyens et de la garnison. Ils harcelaient les assiégeants par des sorties réitérées, ils repoussaient tous les assauts; et dans une occasion [15 juillet], ib détruisirent tout le corps qui avait été débarqué dans a llle. »

1. ( l.im ic. 3«-41, 17, ",0-54, 58. Aussi l'oucf, liiuilui:, ii, DU, Uô, 1:^7, 1;J0, 011.

i>y8 HISTOIKE D AiNGLETEKKE.

Môme après la funeste bataille de ^\'orcester, ils répondirent h une seconde sommation par un refus énergique. Mais en octobre, ' un renfort de trois mille hommes arriva d* Angleterre au camp ; on forma une batterie de gros canons que la flotte avait débar* qués dans le port ; et une large brèche faite à la muraille avertit les habitants de se préparer h un assaut. Dans ce moment critique, et le terrible exemple de Droghoda et de Wexford sons les yeux, ils se réuniriMit à ThAU 1 de ville [23 oet.]. Ce fut en vain que (.rNtnl fit des renioiilraiices, que les rve([ups de Limerick et d'Emly prir'ient et menacèrent: Slrestli,le maire, donna les clefs au colonel Fanning, qui s'empara de la porte de Saint-Joiiu, tourna le canon contre la villOi et fil entrer deux cents des assiégeants. Un traité fut alors conclu [27], et si la garnison et les habitants conservèrent leur vie et leurs biens, ce fut en abandodnantvingtpdeui individus à la merci du vainqueur. Quelques* uns de ces derniers échappèrent h la mort : Térence O'Brien, évêque d'Emty, WalUs, moine franciscain, le major général Purcell, sir Geoffrey Galway, Baron, un des membres du conseil, Stretch, maire de la ville, ainsi que Fanning et Iliggin, furent sacrifiés en expiatior» de la résistance opiniAtre des assiégés *. O'Neil fui aussi voué h la mort par Irelon, mais les officiers qui composaient la cour, admirant sa bravoure, cherchèrent à lui sauver la vie. Deux fois ils le condamnèrent par déférence pour le commandant en chef, qui déclarait son énergique défense de Clonmell un crime impardonnable contre Tétat. Mais la troisième fois le député consentit è les laisser au libre exercice de leur jugement; et ils se prononcèrent en faveur de leur brave , mais infortuné captif. Ireton lui-même ne vécut pas longtemps. LorsquUl avait condamné révêque d'Emly h mort, ce prélat s^était écrié {S^nov.] : «r J*en appelle au tribunal de Dieu, et je te somme » de me rejoindre à sa barre. » Bien des gens regardèrent ces paroles comme prophétiques; car en moins d'un mois le victorieux général tomba victime de la maladie pestilentielle qui ra- . vageait Fouest de Flrlande. Sa mort fut une perte grave pour la république, non-seulement cause de ses talents comme officier et comme homme d'état, mais parce qu'elle enlevait le principal obstacle à l'ambition désordonnée de Cromwell ^.

1. Voye? le récit de leur exécution dans Bruodin, 100. 101. Ils furent pendus et décapités. Galway fut écartelé. Les tètes des patients furent exposées audestos ae la porte do Midi.

S». Ladlow, 1, 293, 2'ju, 298, 2uy, 300, 307, 310, 316-394. Heath, 304, 305. Lettre

CUAPiTR£ SIXIÈME. S99

Pendant Vhbfet suiTani, les confédérés eurent le temps de réllédiir à leur état de détresse. Charles, 11 est yrai, exilé pour la seeonde tels, les engageait à persévérer* [31 janvier 1652] ; mais il était difficile de persuader h des hommes de hasarder leur vie ot leur fortune, sans la perspective, mémo la plus éloignée, d'aucun avantage peureux ou pour la cniisc royale; et au mois ilc mars [7], le colonel Fit/{»atrick, chef c U'hic du comté de Meath, mit bas les armes, et obtint en retour la possession de ses biens. Cet exemple alarma les confédérés; et Clanricard proposa en leur nom, une capitulation générale : elle fut refusée par la dure politique de Ludlow, qui avait pris le commandement à la mort d'heton; une série de soumissions eurent lieu; et O*0wyer, la ville de Galway, Thnrlogh O'Nefl et le comte de Westmeath acceptèrent les termes dictés par Tennemi, qui étaient la garantie de leurs personnes et de leurs biens mobiliers, la restitution d'une partie de leurs terres, aux conditions que le parlemont (létorminerait, et la permission de résider sur le ton itoire de la république, ou d'entrer avec un certain nombre dliommes au service de quelque prince étran^^cr ami de l'Angleterre. Le bénéfice de ces articles ne s'étendait pas aux personnes qui avaient pris les armes dans la première année de la lutte, ou qui avaient appartenu h la première assemblée générale, ou qui avaient commis des meurtres, ou qui avaient pris les orîdres dans TEglise de Rome. 11 y eut, toutefois des royalistes qui, pour obéir aux instructions reçues de Charles, résolurent de continuer les hostilités jusqu'à la dernière extrémiié« Lord Muikerry rassembla cinq mille hommes sur les frontières des comtés de Cork ët de Kerry, niais il fut obligé de se retirer devant ses adversaires ; l'importante for-

teresse de Ross ouvrit ses portes

'Sjuil.] ; et, après quelque hésita-

tion, il fit sa soumission. Au nord, Clanricard, réduisit Hally<hanlum et Donriegal fl8 mai]; mais il en resta là ; et (!oo(<' le poussa dans l'île de Carrick, où il fut forcé d'accepter les coinlilious ordinaires [juillet]. Le dernier chef marquant qui brava les armes de la république fut le cblonel Richard Grâce : il attaqua subitement les quartiers des ennemis; mais il fut ensuite repoussé au delà du Shannon avec une perte de huit cent hommes. Le colonel

direton , imprim'ée parField, l66l. Carte, ii, 154. Le élément ordonna que

le corps d'Ireton fût enterré aux frais du luilili»- Il fm transporte frirlande à Bristol, et de là à Londres, exposé sur un lit de parade à Soiuerset-Jiou*©, et, le G février, inlmmé dans la cUapolle de Henri Vil. Hcalh, 305.

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