‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 124 sur 276 · Jowm, S4 août · texte numérisé non relu

Jowm, S4 août

S, Ladlow, II, 8, 5, S-11. Heath, m, 338.

11. Crotimell h'dvait pas été longtemps dans File sans reconnaître ^'il était impoë^ible d*ftot;oin()lir le dessein qu'on arait eu d'abord d'eiterjniher la population catholique; et, en conséquence , il prit le parti de permettre li leurs chefs de s'eipatrier ayec une portion de leurs compatriotes, en entrant au serrice des puissances étrangères. Ce plan fut suivi par ceux qui lui succédèrent dans cette guerre, et fut complété par un acte du parlement , qui bannissait tons les ofticiers catholiquf'S. ('haque chef, lorsqu'il se rendait, stipulait pour un certain nombre d'hommes; on lui donnait toutes facilités pour parfaire sa levée, et les exilés s^e m pressaient d'aller risquer leur vie au service des puissances catholiques qui les engageaient : beaucoup au service de TEspagne, d'autres de la France, d'autres de l'Autriche , et quelquesuns de la république de Venise. Ainsi cette population gênante fàt réduite de trènte , peut-être de quarante nîllle Monunes robustes; mais on fut bientôt embarrassé de sayoir ce que Ton ferait de leurs femmes et de leurs familles , des feinmes et des familles de ceuî qui araient péri par les ravages de la peste et les hasards de la guerre, et de la multitude de ceux qui , chassés de leurs demeures et de leurs emplois, étaient réduits à un état de dénûment complet. A diiîérentes époques, on les rassembla en troupes, au nombre de plusieurs milles, on les entassa sur des vaisseaux, et on les transporta aux Indes occidentales ^ Mais, ' malgré toutes ces saignées d'un côté , ôt Farrivée continuelle de eoloos anglais et écossais de Tautte , la population cathoUque se

1. Selon PeUy p. 18 , on déporta six mille jeunes ^'arçons et femmes. Lynch {Cambrensis Eversus, in line) ilit qu'ils furent vendus cuuiuie esclaves. Bruo- (Hn, dans son Propugnaculum {Pragse^ anno 1069K porte les exilés à cent mUle. Ultra centum millia omnis sexus et fBtatis , e quinus aliqunt niillia in diversas Americte tabaccarias insulas relegaia sunt. P. 692. Dans une lettre on ma possession, écrite en 1656 , 11 est dit : Cathollcos pauperes plenis navibus mittunt in Bnrh idos et insulas Americfp. Credo jam sexa^nta millia abivisse. Expulsis enim ab initie in Uispaniam et Belgiam maritis, jam uxores et proies in Ame> rksam destlnantar. — Après la conquête de la ïmiaîaue, en 1855, le ptatectear, afin de la peupler» résolut de transporter dans oette lie mille jeunes garçons irlandais et mille jeunes filles irlandaises. On ne demanda d'abord que les jeunes liiles, u quoi il est repondu : c Quoiqu'il nous faille employer lu torce pour les enleyer, cependant, comme cela est si fort pour leur bien, et dénature à être sî avantageux ptuir le public, il ny a pas le moindre doute que vous n'en puissiez avoir tel nombre que tous jugerez couvenabie.» Tiiurioe, iv, Dans la lettre soiTante, H. GromweU dit : « Je pente qa*tt serait également arantafeux pour vos affaires là-bas et pcuir les n(Hres ici, si vous croyiez de'.nir envoyer mille cinq cents ou deux mille jeunes garçons de douze à quatorze ans au lieu sus-meiitionné. Nom pourrions très-bien nous en passer, et ils vous seraient utiles; et qui sait si ce ne serait pas un moyen d'en faire des Anglais, ou, pénr mieux dire, des clirétiens? » (Pase 10.) Thurloe répond : «Le comité du conseil a voté mille ûUes et autant de garçons à prendre pour cette destination. % Page 75.

trouva excéder la population protesf&nte dans la proportion de huit fî un Cromwill, lors(}u'il rut alloint Tapofîée de son pouvoir, eut recours h un nouvel expediont. 11 pressa à plusieurs reprises les fufrilils qui, sous le rè^^if du feu roi, s i'laicnt établis h la Nouv<'ll<*-An^deterre , d'abandonner leurs plantations et d'accepter des terres en Irlande. Sm leur relus, il lit la même offire aus Vaudoia^ prolestants du Piémont ; mais elle fut égatemeot sans succès. Ils préférèrent leurs vallées natales , quoique sous le gouveruemept d^un souverain catholique dout ils avaieiil provoqué Tinimitié, aux vertes campagnes d^Erin , et à tous les avantages quHls pouvaient tirer des soins paternels >9t de h croyance religieuse du protecteur^.

ni. Par un acte intitulé acte pour l'organisation de rirlande [12 août], II' parlement divisa les royalistes et les catliuliques en difîérenles classes, et atTecta a ciia«pio classe un degré approprié de peines. La perte de la vie et des bir-ns fut pronorii ^ t' CDiitre tous les grands propriétaires de terres; le bannissenienl contre ceux qui avaient accepte des commissions ; la conllscation des trois quarts des biens contre tous ceux qui avaient porté les armes sous les confédérés du lieutenant du roi,. et la contiscation d'un tiers contre toutes les personnes quelconques qui n'avaient pas été au service du parlement, ou n^avaient pas déployé un attachement constant pour la république d^ Angleterre. Tel fut le aort des gens qui avaient quelque fortune : quant aux autres, dont les • biens immobiliers et mobiliers ne s'élevaient pas \ une valeur de dix livres, on leur oMt gracieusement amnistie pleine et entière 3.

On prit soin, toutefois, que le tiers des biens qui, par cet acte, devait être rendu aux premiers propriétaires, ne fùl jtas \m< sur leurs anciennes terres, mais « dans les lieux que le parlement, pour le rétablissement efticace de la paix de la nation, jugerait convenable de désigner. » Quand le premier plan d'extermination eut échoué, on en adopta un autre, qui consistait à confiner les propriétaires fonciers catholiques dans le Connaught et le comté de Clare , au delà du Shannon, et à diviser le reste de Fîle, le Leinster, le Munster et rUlster, entre les colons protestants. Cette

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