‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 126 sur 276 · Braoàn, M. Hiberna Daminica, 706. * 8. Jmtm. V juin 1S6S · texte numérisé non relu

Braoàn, M. Hiberna Daminica, 706. * 8. Jmtm. V juin 1S6S

306 HISTOUiB D'AKOliETJSftllE.

Fidèles h l'esprit de ces votes , les commissaires civils ordonnèront par proclamation [G janvier] à tous les ecclésiastiques calliuliqiies de quitter Tlrlande dans un délai de vingt jours, sous peine de haute traliison, et défendirent à toutes autres personnes de donner asile à aucun do ces ecclésiastiques sous peine de mort. Ces mesures furent suivies de plusieurs autres tendantes au même objet. Qiûcanuque connaissait la retraite d'un prêtre, et ne la révélait pas aux autorités compéteAteSi était passible de la peine du Ibuet en publip et de Tamputation des oreiUes ; ôtre absent^ le dimanche, du aerrice de TégUse ps^issiale» exposait le coupable ii une aniende de trente pence» et les ma^^trats étaient autorisés à prendre les enfants des catholiques et à les envoyer en Angleterre pour ôtre élevés, e¥h proposer le serment d'abjuration a toute personne âgée de vingt et un ans, et le refus était puni d'un emprisonnement ;i volonté et de la coniiscatiou de leurs propriétés immobilières et mobilières

Durant cette période, le clergé catholique fut exposé a une persécution bien plus cruelle. qu'il n'en avait jamais subi dans rîle. Autrefois les gouverneurs en chef n'osaient point exécuter dans toute leur rigueur les lois contre les prêtres catholiques, et les fugitifs trouYaiept aisément un asile dans les domaines des grands propriétaires fonciers. Mais à présent le peuple irlandais gisait abattu aux pieds de ses vainqueurs; les troupes étaient réparties par petits corps dans le pays ; leur vigilance était stimulée par Fantipatie religieuse et l'espoir des récompenses, et les moyens de découverte étaient facilités par la défense de voyager sans une permission des magistrats. Sur le grand nombre de prêtres qui continuaient de rester dans lo pays, plusieurs furent découverts et perdirent la vie sur la potence. Ceux qui échappaient aux recherches se cachaient dans les cavernes des montagnes ou dans des huttes solitaires élevées au milieu des marais, d'où ils sortaient la nuit pour porter les consolations de la religion dans les diaumières de leurjs compatriotes opprimés et soutirants^.

£n Ecosse le pouvoir de la répuûique était aussi fermément établi qu^en Irlande. Quand Cromwell marcha sur Worcester à

I. Hihfirn, Domin. 707. Bruodia, S8S. PMter, Cimfmèim^ Annalwm eede-

siaatii-oriDH {liomœ, 1690), p. 292.

S. Leitres Mss. en ma possessioa. Bruodin, Gii(i. On publia ausai une procl4^ malion à toutes les religieuses de se marier oa de qvittcr riiliiiâe. SUm Auront successlvcniCnt déportées en Belgique, en France et en BHMIBiey ifkfQmn" çureut r hospitalité dans les couvents de leurs ordres respeotui. «méé

la ijoursuile du roi, il laissa Moiik avec huit mille hommes pour achever la conquête du royaume. Monk investit Stirliug, et les montajjnards qui conjposaient la garnison, alarmés do Texplosion des bunibcs lancées par les batteries, forcèrent le gouverneur de capituler [1/* août 1651]. Cette place vierge, qui n'avait jamais été souillée par la présence d'un vainqueur se soumit aux « sectaires » anglais, et, ce qui était plus liumiliaiit encore pour Forgueil de la nation, les vêtements royaux, une partie des insi* gnes de la roymité et les ardùres nationales (ureni îmvérencien* sèment arradiés de leur sanctuaire et envoyés k limdres cooiine trophées de la victcnre. De Ik le générai animais marcha sur Dundee, où il reçut un orgueilleux défi de Lumden , le gouverneur. Tandis qu'on se*préparait a Tassant, il apprit que les lorijs écossais, à qui Charles avait confié le gouvernement (m son absence, étaient assembb's sur la lande d'Fllet, dans rAngu>. Par son ordre, six cents chevaux, conimandes par les coloneU Aliired et Morgan, secondés, à ce qu'on croit, par la trahison, les surprirent le malin de bonne heure [28 août]. On lit trois cents prisonniers^ y compris les deux comités des étais et de rfiglise, plu* aîeurs pairs et toute la gentry des environs, et ces prisonnîarsy avec les autres individus que le général jugea hostiles et d^gereux à la république, suivirent les insignes rcfyaux et les archives de leur pays dans la capitale de TAngletwre. A Dundee, une hrèche fut bientôt ouverte; les défenseurs reculèrent devant les assaillants, et le gouverneur et la garnisop lurent massacrés [l^"*" sept.]. Je laisse h rimaginalion du lecteur le soin de se représenter ce que ces habitants eurent ;i soufiVir de la violence, de la brutalité et de la rapacité de leur ennemi victorieux. Beaueeup de gens avaient déposé a Dundee, à cause de sa force supérieure, leurs objets les plus précieux : ils devinrent tous la proie des vainqueurs, ainsi que soixante vaisseaux et leurs cargaisons, qui se trouvaient dans. le port ^,

1. < Hspc nobis invirta luleruut centuni sex proavi, 1617, > était l'inscription emphatique que le roi Jacques avait fait graver sur le mur. Echard, 697.

2 Heaih, 301, 3Câ. Whitelock, 508. Journ. 27 aoôt. Pap. d'Et. de Millon, 79. Balfour, iv, 314, 315. «Monk commanda de pas.«;i r au lil de l'épée tous las individ is, n'iniporto do quel sexe. Il y eut huit cents hahitants et soldats de tués, et environ deux cents femmes et entiiots '- If butin qu'ils lirent dans la ville excéda deax minions et demi» (enyfron ^,000 liv.; L%-pendant on voit que tonte « hk i|-arnison ne fut pa>-- p;issée an fil de l'épée, d'apiv s la mention faite dans les journaux (12 sept.) d'une liste d' officiers faits prisonniers, Lumsden avait obtenu quartier du capitaine Kelly ; mads comme ce dernier le eondidawt h Monk, il fut tué d'une balle dans la me par le migor Butler. Ediard, W* Cent de Baker, 639.

m aiSTOIRE D'ANGLETERRE.

Averties par ce terrible exemple, Sainl-Aiidiows, Aberdc^en et Moiitrose ouvrirent leurs portes; le comte de ITuiitlpy el lord Balcarras se soumireut ; le peu de forteresses qui restaient capitula, et si Arjryle, au milieu de son clan, conserva une indépendance raomeatanéeat^piécaire, ce, n'est pas qu'il nourrît l'espoir d^échapper au joug^ mais c'est qu'il cherchait h obtenir du parlement la reconnaissance d'une dette qu'il réclamait da gou« ▼ernement anglais ^ Pour lui ôter toute idée de résistance , eu lui en montrant rinutilité. Tannée fut successivement portée à vingt mille hommes on décida de construire des citadelles en pierre à Ayr, Leith, Perth etlnvemess, et une longue 'chaîne de postes militaires, qui traversait les montagnes, servit b contenir, sinon à apprivoiser Thumeur farout hc et l'indignation des indigènes. Le pai lenient déclara propriétés publiques ;les terres et biens de la couronne, cl confisqua les propriétés de ceux qui s'étaient joints au roi ou au duc de Uamilloii dans leurs invasions en Anfçleterre, à moins qu'ils ne fussent dans le commerce et ne possédassent pas plus de cin^ livres, ou qu'ils ne fussent pas dans le commerce et n'en possédassent que cent. Toute autorité dérivant d'une autre source que du parlement d'Angleterre fut abolie par proclamation [31 janvier] ; les différents sheriffs et officiers civils de fidélité douteuse furent remplacés par d'autres dévoués k la république; une taxe annuelle de 130,000 livres fut imposée pour l'entretien de Tarmée au lieu des logements de guerre h discrétion, et des juges anglais, assistés de trois ou quatre indigènes, furent chargés de faire les tournées et de remplacer les cours d'assises 3. Ce fut avec chagrin et honte que les Ecossais se soumirent a ces innovations, quoiqu elles fussent accompagnées d'une compensation^ celle d'éviter Tanarcliie et i'ef-

1. Balfour, iv, 313. Heath, 304, 308, 810, 313. VVhiteL 514, 584, 643. •

Page 1