CHAPITRE PRKMIER
amis prétendaient que lorsque les peiues sont si sévères, la nature du délit doit être clairement définie, afin que le sujet soit à même de eoniMdtre et d'éritm! le dauger ; que Strafford ne poaymi pas ssppoaer qail commettait une trahison, lorsqn^il agtesait d'après d'anciens précé<toil», et la récente décision des j uges dans l'affaire du ship^mcmey ; que la doctrine de trahison interprétative et cumulative, sur laquelle les communes se fondaient, était nouvelle et étrangère aux lois; qu'il était injuste h ses accusateurs, après l'avoir traduit devant les lords, d interrompre le projet, parce qu'ils prévoyaient son acquittement; et que Tintroduclion du bill d'attainder, l'emploi de la force pour intimider les krds, et les moyens violents adoptés pour extorquer Tassentiment du roi , prouvaient suffisamment que la vengeance était autant qoe la justice le bat de ses adversaires* De leur c6té, on a soutenu que Thomme qui oherdie h détruire les libertés nationales ne doit pas rester impuni, parce que son offense n^a pas été exactement définie dans le livre des statuts ; que le cas, chaque fois qu'il se présente, doit être soumis a la décision de toute la législature ; que les sujets n'ont rien a craindre de cette manière de procéder, attendu que les cours ordinaires de justice ne se font point des précédents de la conduite du parlement ; et que l'attainder de Slraffcurd était nécessaire pour détourner les ministres suivants d'imité son exemple. 11 est peut^tre difficile de prononcer entre ces arguments contraires ; mais il me semble pea douteux que, dans un état bien réglé, il Taut mienx laisser aux coupables tous les bénéfices qn^ils peurait tirer des lacunes de la loi, que de les punir en se départissant des formes sacrées delà
justice.
Les communes, toutefois, n'étaient point satisfaites du sang de ^ Strafford. Elles annoncèrent l'intention de donner suite aux charges portées contre l'archevêque Laud, et elles accusèrent six des juges de trahison ou de malversation; Wren, évêque d'Ëiy, d*ayoir tenté de détruire la religion, en y introduisant la superstition et ridolàtr ie, et treize des pr^ts d'illégalités dans la dernière' convocation. Mais, malgré leurs menaces^ elles furent lentes à frapper. Leur attention était distraite par une multipUdté d'affaires, et leur marche arrêtée à chaque pas par rinterrention de noureaux sujets de débats. Il sera rendu corajpte plus tard de Fissue de plusieurs de ces poursuites.
Mais un personnage plus élevé qu'aucun d'eux, la reine ellemême, commença k trembler pour sa sûreté. Elle était catholi-
16 flffiîlAB irANOUmnillB.
que ; elle avait été élevée dans la cour d'un monarque despotique ; et on la savait en possession de rattachement et de la contianco de son mari, circonstances dont une seule suilisait pour ei/sêii&s la méfiance des patriotei, et exposer la princeiie aux fausses interprétationa d'hommoi qui, am toute liMin prétoBtioBfi k la piété, pratiquaieiil mÂipmmami la doetrim que la fin aanetifla liM moyens^. Os la ropfésaiitaiaiit au peuple aomme à la lAt» d'iiua fnolion dooi Tobjet était d'établir le despotisme et le papisme; et ehaque jour il circulait des contes, et il se publiait des libelles dillamatoires pour prouver Finfluence pernicieuse qu'elle était censée exercer sur le faible esprit de son mari, il est bien vrai que, depuis la mort de liuckingham, t'harles avait refusé d'avoir d^autre (avori que sa femme ; qu'il lui confiait ses poUi» cis, ses craintes^ ses dassaios; quUl désirait que ceux qui solli* citaient sa faveur, ramplôjrassani Gommé médiatnro, afin qu'alla aAt la miMta da kur rendra aenrioa; et quHl.ltaQsmallatt àê tamps en temps par eUa des ordres k ses aada iiitimaa« Ifauto la SBtte de oette hisloira démontrera qu'elle ne loi dictait paa sas opinions : il y eut bien des points sur lesquels il exigea qu'elle se soumît aveuglement; et une fois qu'il avait pris une résolution, il n'était pas au pouvoir de la reine, par raisoimeraent ou importunité, de le faire cbanger de dessein 2. Sa mère, cbassée de France par Tinimitié de Richelieu, avait trouvé, pendant les deux dernières années, un asile en Angletere , maia ria^N^ttlarité da sa fille a'éteadit à la fugiti?a 1 elle deoMada une guide pour la praléiar oontra les iimllea da k popidafia; et PaTia de Charlea k dédda k retonnm aor k ixNitinanft. Hanriatia, aflkayé^ daa menaces de ses ennemis, annonça son intention d^accompagner sa mère, mais les communes s'y opposèrent [17 juillet] : a leur sollicitation, les lords se joignirent a elles dans une pétition qui l'invitait à rester; et la reine, dans un gracieux discours prononcé eu anglais, uânrseuiemeut donna ^n assentiment, maia
1. Clarendon, dans son portrait de lord Digby, parle c des baa artifices dont Us se permettaient d'uiier pour venir à bout de ce qu'ils se proposaient; comme Se ml Uratf nëCkoae était d'abord a« eemidéMr ce qa*u était néeetnire de ftdre pour quelque fin publique, et ce qu'on pouvait raisonnablement désirer pour cette nn, et alors oie n'avoir aucun scrupule de faire tout ce gui pourrait miwBbltflblffigieat la fliiro attendre , de quelque iMttiro ^ es fAt, et quel qu'en fût le résultat pour l'bonneur ou les intérêts de quiconque serait jugé né point favoriser ni vouloir favoriser leur dessein. Clar. Pap. m, Supplément, LUI. Clarendon était un adversaire, mais cette assertion semble pleinement coaAnBée par leg ia&ê,
S. Voyez tu des exemples iaiit lu Mnt fpTU M Ml 4a lfair4Mia tes les Olvtmdhm Pap, n» M at tuiT.
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déclara être prête k faire fiws les sacrifices qui pourraient être agréables h la nation
Jusqu'ici les deux chambres avaient été d'accord sur la plupart des sujets. Elles avaient voté toutes deux que la rour de la présidence d'York était contraire aux lois; que la convocation n\ivait point le pouvoir de fairtdes lèglemetits qui liassent, toit le dsifé, soit IdtlaïqaMy Bani to emiMiitement duparltfiBeiit; #t qmlfls éfèqnif et toi eooiéiiattlqQgs ne dertiettt pu oecufwrde diargee eéeiilièfes, ni être juges on nu^itrats. Utoi vni&ÊX Adopté BMCcewiveieirt fAostom billi, dminaiil to tonnage et le pondage a la couronne, mais seulement pouf de courtes périodes, afin que la répétition du don établît plus solidement leur droit ; et d'autres, abolissant les cours de rliaînbre étoilce et de haute commission, interdisant la levée du shi[)-money, sui)priniant toutes les formalités vexatoires relatives à la chevalerio, et fixant les limites des forêts royales; elles ayaient, de plus, obtenu Tap- * probatéon ée deux actes très-émportaiits , l'on [16 lémerj, qui arrêtait quHl se tiendrait éè droit, el mène sans contoeatlon legrale, dee pattoments ttiennam*, et Pantre [10 mai] , qui les in» teetissaHd^imeaiitorilésuprème, pnisquHl prohibait ladissolutifm, la prorogation ou Tajournement du parlement actuel sans le consentement préalable des deux chambres Mais les prétentions élevées par les communes, et le pouvoir qu'elles exerçaient, commencèrent h provoquer la jalousie des lords. Beaucoup de ces derniers manifestèrent la résolution de combattre toute nouvelle tentative de renverser Tancienne constitution de la législaturOi m les droits indubitables de la eonronne, et le roi, afin de con» foMr l'àppm des pain inflaents, on da moins d'afftdblir leur opposttioB ) donna les divetees charges de gouvmTiea? dn prince, de lord diambellan, de lieutenant d'Mande, et de mattre des pupilles, aux comtes de Hereford, d'Essex, de Leicester et au lord Say. Un nouvel esprit parut animer la chambre haute, qui rejeta successivement comme empiétant sur leurs droits, deux bills envoyés par la chambre baâse^ Tun [2ô mai], pour interdire aux