‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 137 sur 276 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

suite, on appclaiil à la Magna Charta et aux droits des Anglais , opposant des fins de non recevoir à sa niiso en jugement, et demandant son tt oyer » ou la spécification de Tacte de son bannisse* ment, du jogement sur lequel Tacte était fondé, et de raccusation ^1 avait motivé ce jugement. La cour fut emlMurraseée. Elle ne savait comment refuser; car il le réclamait comme son droit et comme nécessaire à sa défense. D*nn autre côté, elle ne pouvait raccorder, parce qu'on ne trouvait pas traces de Tenregistrement de raccusation ni de l'arrêt.

Après un ajournement aux assises suivantes [11 août] , deux jours se passèrent à discuter les fins de non recevoir du prisonnier et son droit h Toyer. A la fin , sur la mesure que fit la cour de passer outre, il repoussa V accusation. Le procès dura trois jours. Ses amis, au nombre de plusieurs milliers, y assistèrent constamment : des centaines d'entre eux étaient armés, dit-on, dans le dessein de le délivrer s'il était condamné^ et on faisait circuler des piliers portant que, si Lilburue périssait | vingt mille per* sonnes p^iraient avec lui. Cromwefi, pour encourager la cour, posta deux compagnies de soldats dans le voisinage immédiat, cantonna trois récents d'inlsnterie et un de cavâerie dans la dtéi et ordonna à une force nombreuse de marcher sur la métropole. Les détails de ce procès sont perdus. Nous savons seulement que les accusateurs se contentèrent de montrer que Lilburne était la personne dénommée dans Pacte, que la cour invita le jury h ne répondre que sur le fait, et que le prisonnier fit une longue et véhémente défense, contestant au dernier parlement le droit de le bannir, attendu qu'd avait légalement expiré à la mort du roi, et que la chambre des communes n'était point une cour de justice, et soutenant aux jurés qu'ils étaient juges du droit aussi bien que dufait| qu'à moins qu'ils ne le crussent coupable de crime, ils ne pouvaient consciencieusement rendre un verdict qui renverrait à la potence, et qu'un acte du parlement, s^il était évidemment injuste, était essentiellment nid, et n'était point une justiflcation pour des hommes qui prononçaient d'après leurs serments. A une heure avancée de la nuit [20] le jury le déclara non coupable, et les cris de triomphe, accueillis et prolongés par ses partisans, parvinrent aux oreilles de Cromwell à Whilehall.

L'intention du lord général n'était pourtant pas que sa victime lui échappât. L'mterrogaloire d(>s jugeset d(^s jurés devant le conseil, avec une copie certifiée de certaines expressions outrageantes

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dont Lilbm ne s'était servi dans sa dufenw, fût soumis à la chambre [21 août], et on obtint un ordre portant que, nonobstant sou acquittement, il serait ciifei tiic à la Tour, et ([u'on n'aurait égard a aucun writ d'iiabeas corpus ciiiaiié de la cour supérieure en sa faveur ['16 nov.]. Ces mesures mécontentèrent beaucoup. On se plaignait, et avec justice} de ce que les hommes qui avaient prétendu pendre les armes contre le roi pour la défeoso des libertés anglaises» ne te laisatent maintenant aucun scrupule de foukr aux pieds ces mêmes libertés, toutes les fois que leur ressent»» ment ou leur Intérêt était en jeu K

Dans la poursuite et le châtiment de Lilbume, le parlement fut unanime ; sur la plupart des autres points , il était dirisé en deux partis distincts , celui des indépendants, qui , inférieurs en nombre, mais supérieurs en talents, tenaient pour le lord général et le conseil, et celui des anabaptistes, qui, guidés par le fanatisme religieux et poliliquo, se rangeaient sous la bannière du major-général Harrison. Ces « sectaires » prédisaient le règne du Christ avec ses saints sur la terre ; ils se croyaient appelés par Dieu h préparer la voie à cette merveilleuse révolution, et ils considéraient comme leur devoir de commencer parxéformer tous les abui qu'ils pourraieni découvrir dans TËglise ou dans Pétai».

U j avait dane knrs aotei beaucoup de ckoses auxquelles ceux qui s'étaient embarqués dans la même cause ne pouvaient faire

d'objections raisonnables. Ils établirent le système d'économie le

plus rigide, les règlements de l'accise furent revisés, rorgaïusation du trésor fut simplifiée et améliorée, les emplois inutiles furent entièrement supprimés et les appointements des autres considérablement réduits ; les comptes publics furent soumis h Texamen le plus rigoureux; on accorda de nouvelles facilités pour la vente des terres considérées alors comme propriété oatio* nale. On fit une disposition pour Tenregistrement futur des ma^ riages, des naissanoes et des décès^* Mais le ianatisme delemr

1. Il fut envoyé de la Tour au rh/lteuu d'Elisabeth, à Jersey, et se fit ensuit© quaker au château de Douvres. A la mort de Cromwell il fut mis en liberté, et mourut ©n 1060. Sewell, 3^-231. Voyoi Thtirloe, i, 324, 367, 368, 360, 439, 4:K>, 13'), 1 11, 11>, 151, 4->:î. Exact relation, p. 5. Sta/e Trials, v, 415-450. Wlûi. 5r>ti, m), 5(jl , m. Jo u m 13, 1 1 juill. s, 22, 27 août. 26 nov. *

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