‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 140 sur 276 · Jawm, 18, 10 août. 90 cet Bm. rtlat · texte numérisé non relu

Jawm, 18, 10 août. 90 cet Bm. rtlat

S. Le reproche dr vouloir introduire la loi de Dieu fut fréquemment répété par Cromwell. 11 était motivé sur ce que beaucoup de personnes ne voulaient ])as permettre la peine de mort pour vol, ni la distinction entre rbomicide et l'assassinat, parce qa*on ne trouve rien de semVlable dans la loi de Molie. Sm, relation f Vf»

sâooérité de leur zèle le témoigiiaf^e le plus convaiocaiit, un acte pour rextirpation des prêtres papistes et des jésuites, et la di^osition des deux tiers des meublas et iuiineulles des papistes réfractaires ^ Après cette escarmouche préliminaire contre Fan*

tichrist, ils se mirent h attaquer Satan lui-même, c( dans sa forteresse » des collations. Il était contraire h la raison, prétendaient-ils, qu'un particulier eût le pouvoir d'imposer un guide spirituel à ses voisins, et, en conséquence, ils décidèrent que les présentations seraient abolies, et que le choix des ministres appartiendrait au corps des paroissiens : vote qui porta les patrons de bénéfices à rechercher la protection du lord général contre Toppression du parlement. Des collations ils passèrent aux dîmes. Au commencement de la session, après un long débat, il fut généralement convenu que les dîmes devaient être supprimées, el qu'on les remplacerait par une indemnité aux inféodataires et par . un revenu convenable assuré au clergé. Le grand sujet de discussion fut de satoir par où Ton commencerait, par Pabolition do rimpôt ou par la substitution de Tequivalent. Pendant cinq mois le comité chargé de cet objet garda le silence : puis, pour empêcher, a ce qu'on pensa, d'agiter la question des collations, il présenta un rapport sur les moyens d'expulser les ujinistres scandaleux et d'en établir de saints, et il y ajouta sa propre opinion que les bénéliciers, les recteurs et les inféodataires avaient un droit de propriété sur les dîmes. Ce rapport souleva une dis* cussion de cinq jours. Quand la question fut posée sur la première partie, quoique le comité eût réuni en sa faveur toutes les forces desind^ndants, elle fut rejetée par une majorité de deux voix. La seconde partie, relative au droit de propriété sur les dtmes, ne fut pas mise aux voix; le sort en fut censé décidé par celui de la première, et le bruit courut dans la capitale que le parlement avait voté la suppression des dîmes, et avec elle celle des ministres qui tiraient des dîmes leur subsistance ^.

11 faut remarquer ici que, tous les lundis dmant la session, Feakes et Powell, deux prédicateurs anabaptistes, avaient fait des * instructions hebdomadaires devant de nombreux auditoires h Blackhriars. C'étaient d'éloquents enthousiastes, ayant, à ce

1. Pour procurer au trésor de l'argent coiuptant, on proposa de permettre aux réfractaîres de radieter les deux tiers, pour en joidr leur vie durant, moyennant quatre années du revenu. Cet anuiidcment passa, raais avec une forte opposition, fondée sur ce qu'il équivalait à une tolérance de TidolÂtrie. Ibid. 11.

Thurloe, i, 553.

2. Journ, l.'j-lu juill. 17 uov. 1, G-10 déc. Ma. relut. Ub-l'M.

qu'ils s'imafçiiuiK'iu , une mission du Toui-Piii>sanl, ol np craignant aucun tribunal lunnain. Ils traitaient dans leurs serinuuii la plupart des sujets discutés au parlement, et soutenaient les principes de leur secte avec une force et une extravagance qui alar- Biaieai Gromwoll ei W conseil. La guerre de Hollande était leur HkàmB fi?ortw Dm, prétèndaient-ils, avait livré la Hollande aux 'MMW ée» Anflak; o^étall le liim de débarquement des sainte, é\A devaient m mattM en marehe pour arradier la prostituée de labylono de aon aiége et étabUr le r<^ume du Christ 9Br le oontment ; et ito menaçaient de tontes sortes de maux temporels et éternels tout homme qui conseillerait la paix h d'autres ternies que rincor[>orali()n des Provinces-Tnies a la républiqu(3 d'Angleterre ^ Lorsqu'on sut que Croniwell s'était désisté de sa demande , dans leur indignation ils dépouillèrent le papo de beaucoup du litres dont les éiilises protestantes Tho- BOiaient depuis si longtemps, et ce fut le lord général qu'on déelaca être la béte de TApocalypse, Tancien dragon et Thomme du péché. Ne voulant pas violer la lib^té des assemblées rellgienses) ii supporta pendant qu^que temps ces insultes d*un ait de ma^punimité; euAn, il cita les deux prédicateurs devant lui «t la cowMil [6 dée,]. Mais les hérauts &a S^gnenr des armées BO reeallpsiit pas dervnnt les serviteors^^nno république terrestre; Us pendirent reproche pour reproche, accusèrent Cromwell d'une injustifiable usur[);itioii de pouvoir et sortirent de la conférence sans être punis ni intimidés^.

Dans lo public, les sermons de Blackfriars étaient considérés comme le commentaire des vues et des principes des anabaptistes de la cliaml)re. Les ennemis de ces réformateurs se multipliaient chaque jour : le ridicule et les insultes pieu vaient sur eux de toutes parts; et il devenait évident pour tout le monde, excepté pour eux, que rheare do leur chute approchait rapidement. Cromwell| leur âéateur, ét«t d^is longtemps déterminé à les faire rentrer dans le néant; et leur dernier vote au sujet des ministres parut iMirmr une ocoasion (kvoraUe. Il passa le lendemain , qui était an dimanche, en consultation secrète avec ses amis ; le lundi [12],

1. Beverning, un des ambassadeurs hullaudais, alla à l'une de ces réuuions. DsiMiioe l«ltr», U dH : « Le bat et rintentlon de ces i>rédicallon<( est d'abattre les croiivcrno fcnts ot de soulever le peuple contre les Provinces-Unies. Etant alors dans l'assemblée des saints* j*ai enten !u une prière, deux sermons. Mais» bon Dieu! ^ntUee eroeUee el àbontnables , qneUes horribles troanpettes d*i»» cendie, de neartre et de flamme! » Thnrloe, i, 44S.

S. Thurloe, 1» 441, m, 64$, 5SS, 591, 691.

CBAPITKË SKP riËM£. ' 343

ceux-ci se réunirent en grand nombre , et occupèrent do bouuc heure leurs sièges ii la chambre. Le colonel Sydenham se leva, n imssa en revue tout les actes du parlemeiit, les condamna comoie nuisibles k presque tous les intérêts, et, déclarant qu*n ne voulait pas siéger plus longtemps dans une assemblée si inutile, il proposa que la cham1»re se rendf f lii WfaiféliaU , et remtt le pouvoir suprême aux mains de celui dont elle le tenait. La motion fut appuyée ot combattue; mais les indépendants étaient venus pour agir, et non pour discuter. Ils se lovèrent immédiatement : le président , qui était dans le secret, quitta le fauteuil; le scrj^ent et le cl<Ti' rart on)|iaLrn«Trnt , rt près do oinqu.into membres le suivirent en corps. Les réformateurs, au nombre de vingUsepi seulement (car la plupart n^étaient point encore arrivés), se regardèrent avec surprise : leur promière ressource fut de se roetfare en prière; et ils étaient occupés à ce pleut exercice, quand Goflf et White, deux officiers , entrèrent et les invitèrent è se retirer. Etant requb de montrer leur mandat , ils appelk^nt une compagnie de soldats. Alors on ne fit aucune résistance; les militaires firent évacuer la cbambre, et les clefs ftirent remises au gardien L Pendant co temps-lh, le président, précédé de la masse, et suivi de Sydenham et de ses amis, se rendait par la rue h \\ liitehall. Kn route ot après son arrivée, plusieurs monibres so joignirent h lui, les uns par curiosité, les anlros par crainte. A Whitohall, un acte d'abdication du pouvoir su[»rorne fut dressé h la hAle par le clerc, signé par le président et par ceux qui le suivaient, et présenté par eux à Cromwoll. Le lord-général prit un air de surprise : il n'était pas préparé à une telle oiïtéj il ne voulait pas se charger d*un si lourd ferdeau. Mais sa Répugnance céda aux remontrances et aux prières de Lambert et des officiers, et Pacte fut déposé dans une chambre du palais pour la commodité des membres qui n'avaient pas encore été h môme d*y apposer leurs noms. Le troisième jour, les signatures s'ébvaiont îi quatrevingts, majorité absolue de tonte la chambre; lo quatriomo, une nouvelle constitution était pul)liée, et ('ronnvoll ol^tonait lo grand objet de son ambition — les fonctions et Tautorite de roi, mais sans le titre ^.

1. E.rart rrhil. 2:,, 5(1. True Xrtrra/iw, 3- Thurloe, i, 730, TM. J'adopte le nombre donne par Mamel» parce qu'il ne powait avoir aucun moiiC Ue le diminuer. '

S. Ex^ vel. iiO. True Narrai. 4. Ludlow, u, 33. Clarend. ill, 4S4. TlmHee) tt 754. L'aoleor de celte nouvelle coanitatieii ]i*e8i pM conna. Iiudleir neot Att

m HIBTOmK D'ANGUEUUE.

Ce jour-là [16 di-c] , vers une heure de raprès-inidi . le lordgénéral se rendit dans son carrosse du palais à \\ ostminsler-hall, entre deux haies composées de cinq régiments d'infanterie et de trois de cavalerie Le eortéfre se forma h sa porte. Devant lui marchaient les aldermen, les juges, deux commissaires du grand sceau et le lord-maire ; derrièrt lui, le conseil d'état et celui de rarmée. Us moutèrent à la cour de la chancellerie, où un siège de parade avec un* coussin avait été placé sur un riche tapis. Cromwell avait un habit et un manteau de velours noir, avec de grandes bottes, et un large galon d'or autour de son chapeau. H prit place dèvant le siège entre les deux commissaires; les juges étaient debout en demi-cercle dèrri^ lui, et les officiers civils se rangèrent à la droite de la cour, les militaires h la gauche.

Lambert alors s'avança pour haranguer le lord-général. 11 mentionna la dissolution du dernier parlement, lit observer que les circonstances exigeaient un gouvernement fort et stable, et pria son excellence au nom de Tarmée et des trois nations, d'accepter la charge de protecteur de la république. Cromwell, (pioiqu il fut impossible de cacher le dessein dans lequel il était venu, ne put encore renoncer h ses habitudes de dissimulation ; et si » après quelque hésitation, il donna son consentement, ce fut d'un air de répugnance qu'aucun des assistants ne pouvait croire sincère.

Jessop , Pun des secrétaires du conseil , reçut ensuite Tordre de lire « Finstrument de gouvernement, » composé de quarantedeux articles. 1° Le pouvoir législatif résidait dans un lord-protecteur et un parlement, mais avec la clause que tout acte adopté par le parlement aurait force de loi au bout de vingt jours, mémo sans le consentement du protecteur, h moins quil ne piit convaincre la chambre de la justesse de ses objections. Le parlement ne devait être ajourné, prorogé ou dissous, que de sou propre consentement , dans les cinq premiers mois de la session ; et un nouveau parlement devait être convoqué dans les trds années

qu'elle fut ]>(Mir la première fois, eommnntquée par Lambert à un conseil d'officiers d'elai-iuajor. Aux objections qui lurent faites, il répondit que le {^encrai aurait égai4 aux amendements qaitwaient proposés, mais qu'il ne renoncerait pas au projet même. Quelques-uns donc proposèrent (ju'à la mort du lord ?énérai aaaèl les gouvernements civil et militaire fussent séparés, et qu'aucun protèctenr ne pAt être remplacé par nn de ses parents. Ceci mécontenta teUement, qu'à une seconde réunion. Lambert, après les avoir informés que le lord

S;énéral prendrait soin de l'administration civile, les renvoya à leurs coramanements respectifs. Ludlow, ii, 'M. Cest à cela peut-être que l'anihassadettr hollandais fait allusion, lorsqu'il dit que Cromwell se désista du projet de se faire déclarer roi, à cause du méoonteuteiuent des officiers. ïimrloe, l, G4i.

CHAnTIlB SEPTIÉMB. M

qui suivraient la dissolulion du précédent. Le nombre des membres était fixé conformément au plan dressé par Vane h la fin du long parlement, à quatre cents pour T Angleterre, trente pour r Ecosse et trente pour rirlande. La plupart de» bourgs perdaient leurs fraDchises, et le nombre des membres de comté était accru. Quiconque possédait en meubles ou immeubles uaeTaleur de 2001. avait le droit de Yoter S à moins que ce ne fût un malreillant ou un délinquant, ou quMl ne professât la foi catholique ; et les Incapacités auiquelles les électeurs étaient sqjats s'appliquaient aussi aux élus. 2° Le pouvoir exécutif résidait en la personne du lord-protecteur, agissant avec Tavis de son conseil. Il avait, en outre, le droit de traiter avec les puissances étrangères, avec Vavïs du conseil, et celui de faire la paix ou la guerre, avec son consentement. C/est h lui aussi qu'appartenait la disposition des forces de terre et de mer, et la nomination des grands fonctionnaires de rétat avec Tapprobation du parlement, et, en Tabsence du paiiement, avec celle du conseil, sauf Tapprobalion ultérieure du par» lement. Les lois ne pouvaient être faites ni les taxes imposées que par le commun consentement du parlement, k*^ La liste civile était fixée à 200,000 1. , et U était ordonné qu'une somme ai^ nuelle serait levée pour Tentretien d'une armée de trente mille hommes, dont deux tiers d'infanterie et un tiers de cavalerie, avec la marine que le lord-protecteur jugerait nécessaire. 5" Tous ceux qui professaient la foi en Dieu par Jésus-Christ devaient être protégés dans Texercice de leur religion, à Texception desépiscopaux, des papistes et de ceux qui enseignaient la licence sous prétexte de religion. G" Le lord-général Cromwell était nommé lordprotecteur; ses successeurs devaient être choisis par le conseil. Le premier parlement devait s'assembler le 3 décembre suivant; et jusqu'à cette époqué le lord-protecteur était investi du pouvoir de lever les sommes nécessaires au service public, et de faire des ordonnances qui auraient force de loi, jusqu'à ce qu'on eût pris les ordres du parlement à cet égard.*

La lecture faite, Cromwell levant la main droite et les yeux au ciel avec beaucoup de solennité, jura d'observer et de faire observer tous les articles de Tinstrument; et Lambert, s'agenouillant, olli'it au protecteur une épée civique dans son fourreau, qu'il

1. Danuttle long parleineiit, cette conditioii avait été ado|)tée aiir la notion

de Cromwell, à la place d'une clause appuyée par le { omité, qui donnait la franchise électorale, avec difTérentes modifications, aux possesseurs de francsfiefs, de terres relevant d'un Hef, de teoanciers à vie OU à bail. Voyeï Joum, aomaraiesa.

accepla, en ùlanl la sienne, pour It' nioi^Mier qu'il avait rintontiou de gouverner ronstitutionneîlement et non militairement. Alors il prit pku e au fauteuil , mit son chapeau, tandis que les autres restaif'nt debout et découverts, reçut le sceau des mains des cornmissêires, le rendit aux mêmes personnes, et, après aroir exercé ces acles de Tantonté seoTmiBei retourna avec le cortège h soa oanoisey el legefloa Whit^att en grtfbd apparat. Le même jour, Fétabliaseoieikt du gouvernement par un lord-proteetear et des pârlemeiits Mennaux, et Vacceptation du protectorat par le lordgénéral, furent annoncés au public par proclamation, avec totrtes les cérémonies usitées jusqu'alors a Tavénement d'un nouveau monarque ^

On ne saurait supposer que cette élévation de TTomwell au pouvoir suprême fût vue avec satisfaction par toute autre classe que celle de ses compagnons d'armes, qui considéraient sa grandeur comme leur ouvrage, et attendaient de sa gratitude la récompense qu'ils avaient méritée. Mais la nation était lasse de révcîutions. On avait si ern^ment soufiflert des ravages de k foerre et de Poppressm des soldats ; on avait en tant d'exemples de châtiments encourus poor avoir réskêté aux possesseurs actuels du pouvoir , on était difîaé et sobdivhé en tant de partis, jalons et ennemis les uns dee antres, qu*on accepta volontiers tout changement qui promettait le retour de la tranquillité, en remplacement de Tinquiétude, du danger el de la misère. Le protecteur, néanmoins, ne né{?linrea pas les moyens de consolider son autorité, l sant des pouvoirs qui lui étaient confères par « Tin- » strumeni, » il donna les principaux commandements de rarm<'e h des hommes sur qui il pouvait compter; il cantonna les troupes de la manière la plus propre à réprimer toute insurrection; et, dans la multitude des ordonnances qu'il publia, il eut soin de révoquer les aetea qui exigeaient rengagement ; de défendre toute féttnioa pour <tos courses de dievaux on des combats de coqs ; d'expliquer les délits qui seraient considérés comme trahison eootre son gouvernement; et d'établir une haute cour de justice pour le jugement de ceux qui seraient accusés de ces délits.

[1664.] 11 ne pouvait j)as ignorer, toutefois, que même parmi les anciens compagnons de sa fortune, parmi les hommes qui avaient combattu et versé leur sang à ses cotés, U y en avait plu-

1. Whitel. 571-578. Thurloe, t, f«0, 011. LudloAv, ii, 40. T.c chanpemeiit 4mu Ib moào de roprcseiilation, qui avait etu proposé dans le loug parlumeiit^ fut généralement considéré comme une am^oration. Clar. Hiit. m, M.

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