Diunont, Y, pari, ii
2. Vo} 0/ la sontencc, ibid. 8', 88. Sagretlo , amhassa^lcur (I<^ Venî'^r . qui résida durant la guerre à Amsterdam, nous dit que les Hollandais reconnurent la perte de 1,12? vaisseaux de guerre et hâtiments marchands, et que les frais de cette guerre dépassèrent ceux de leurs vingt années â^hOBtUités avec l'Espace. 11 prétend que leur infériorité venait de trois causes : de ce que les vaisseaux anglais étaient plus grands, de ce que les canons anglais étaient de cuivre et de plus gros calibre, et de ce qae le nombre des prises laites par les Anglais au commencement paralys i les ressources maritimes de leurs ennemis. Rêïasionc Ms. Leclerc dit que les HoUaudais employaient 10,U0U hommes à la pèche du hareng, i, 321.
, 3. Les chefs des répubiica.ins étaient appelés ainsi parce qu'ils avaient été enfermée au château de Leof eiIfliB , d^ea ilf «talmit été dâiftés à te mort da dernier prince d'Orange.
36a HISTOIU D'ANGLETEftRK.
étranger, ou pliilol, coinnie on Tapiielail, d'un usurpateur, dans le? allaircs intériruros do la république
[1053.] La guerre dans kuiuelleles couronnes rivales de France et d'Kspagne étaient engageas depuis si longtemps, porta Louis et Philippe à faire leur cour au nouveau protecteur. Alonzo de Cardenas, ambassadeur d'Espagae, avait Tavantage d^ôtre sur les lieux. Il se rendit près de Cromwell pour lui présenter les félicitatioDS de son souverain, et pour lui of&ir Tappui du monarque espagnol, dans le cas oii il serait désireux de s'élever d*un degré de plus, et de prendre le titre et les fonctions de roi. A un message aussi flatteur il fut fait une réponse des plus courtoises, et Tambassadeur en vint il proposer une alliance entre les deux puissances, dont le grand objet serait de restreindre dans des bornes raisonnables Tanibition delà France qui, depuis tant d'années, troublait la tranquillité de FEurope. C'était là le seul avantage Philippe eût en vue : celui de Cromwell devait être que la France serait forcée de rc^fuser aide et asile h Charles Stuart et à ses adhérents , et de contracter Tobligation de maintenir, conjointement avec TËspague, le protecteur dans le gouvernement des trois royaumes. Cromwell écouta, mais ne rendit point de réponse : il nomma des commissaires pour discuter la proposition, mais il leur défendit de faire aucune promesse, ou de donner aucun espoir de son acquiescement. Quand don Alonzo leur communiqua la minute d'un traité qu^il ne restait plus qu'à con- * dure avec les délégués nommés par le dernier parlement, on lui demanda si le roi d'Espagne consentirait à un libre commerce avec les Indes-Occidentales, s'il réduirait h Tégalité les droits sur les marchandises étrangères, et s'il donnerait aux négociants anglais la préemption des laines d'Espagne. Il répondit que sou maître aimerait autant perdre les yeux que de soulfrirTintervention d'aucun pouvoir étranger dans les deux premiers objets ; que, quant aux autres, il serait facile de s'entendre. C'en fut assez pour le moment. Cromwell affecta de considérer le traité comme'^it; mais le fait est qu'il méditait à part lui un projet tout différent, et qu'il eut soin de ne pas se lier les mains par des arrangements prématurés 2.
1. Damont, 79. Thurln,>, vol. ii, m. Vau^'hun, i, 9, 11. La déduction OU défense des états de Hollaiide dans Leclerc, i, 315, et Basnage, i, 342.
^ S. ïhurloe, i, 70Ô, 7ô >, 700. Dumoiit, v, i)iirt. ii, p. lOfi. La clause relative à rinqaisition préservait lus commerçants anglais d'être inquiétés par cette cour, a condition quMls no feraient point de tcaiMUUe, mod6 ne dent BOMldalUM. l/rumwdi Toulait que cette conduion fût g upprimée.
CUAHIRE SE1'T1ÈM£. 301
L^ambassadeur de France, quoiqu'il eût commencé la négociation sous des auspices moins favorables, eut Padresse ou le bonheur de ramener à une issue plus satisfaisante. Que la famille royale de France, par suite de sa parenté avec celle d*Angleleire, ffti mal disposée envers la république, on n'en pouvait douter ; mais son inclinaliuii était tenue en bride par les querelles intestines qui détournaient [ attention du i^ouverneiuent, et la guerre extérieure qui la réclamait. La preniièrc preuve d hostilité était supposée avoir été donnée avant la mort du rui par un arrêt royal prohibant Fini porta tion en France des laines et soies anglaises [21 oct. l()/i8]; et, à cet arrél, h parlement avait répondu [23 août 1649] par un ordre prohibant également Timportation en Angleterre des laines, soies et vins de France. Les iniractions alléguées avoir été faites à ces règlements de commerce donnèrent lieu à la saisie et k la condamnation subséquente des navires appartenant aux deux nations ; chaque gouvernement délivra des lettres de marque h ceux de ses sujets qui avaient été lésés, et les commandants des stations navales eurent pour instructions de chercher à procurer cette réparation aux individus lésés qui ne seraient point en état de Tobtenir par euxniéines K Ainsi le commerce maritime des deux pays était exposé aux déprédations des croiseurs particuliers et nationaux, tandis que leurs gouvernements respectifs étaient censés restés en paix. Mais enl651| quand le cardinal Ma/arin eut été banni de iM-ance, Cromwell, qui venait de gagner la bataille de \\ orcester, résolut de tenter la fidélité de d'Estrades, gouverneur de Dunkerque et créature du ministre exilé. Un officier du régiment du lord général fit à d*Estrades roflûre d'une somme considérable, à condition quHl livrerait la forteresse aux Anglais, ou de la môme somme, avec Taide d'une force militaire au cardinal, s*il préférait traiter au nom de son protecteur. Le gouverneur se plaignit do rinsulle faite a son honneur; mais il fit entendre (jnr si b^s Anglais voulaient acheter Dunkerque, la proposition devait être adressée h son souverain [février 1652]. L'avis fut accueilli, et Tofire fut faite et discutée au conseil royal de Poitiers. Le cardi-
]. Voyez les instructions données à Popham. « Attendu que beaucoup d'An-
SlaiB ainsi dépouillés ne sont pas en état de supporter la dépense d'équipé es Taiiseauz à eux pour faire des saines an moyen de ces lettres de marque... vous dc\TC'7., comme en voie et exécution de justice, saisir, arrMer, etC*, les vaisseaux et navires dudit roi de France ou d'aucun de ses sujets, comme TOUS le jugerez confenable... et retenir iceux sont votre garde, jusqu'à ce que le pademenl âédare tes intentions ultérieures à leur égard. » Tliurloe, i, 144.
m mSKH&E D'ANGLBTBiRB.
nal, qui revint en France au moment môme, en pressa Tacceptalion * ; mais la reine incrc et les autres ronseillers répugnaient si fort a liomier aux Anglais un pied eu i raiice, quMl se rendit h leur opinion et que Ton refusa. Croniwell ne in;in({ua [las de garder rancune do ce dosappoinlonient. Les facilites qu'il accorda aux Espagnols pour faire des levées en Irlande, mirent leur armée de Flandre h même de réduire Gravelines [8 mai], et bientôt après 4'iQ?estir Dunkorque. Celte forteresse était sur le point de capiiuleTt lorsque une flottille française de sept Toiles, portant de yingt h trente canons chaque , et chargées de munitions et de yiyres, fut signalée s'avançaat le long du rivage h son secours. . Blake, qui avait reçu du conseil des ordres secrets , lui donna la chasse, l'escadre entière fut capturée [5 sept.] et le lendemain, Dunkorque ouvrit ses portes ^. La cour de Franco qualifia cette action d'insulte sans provocation ni excuse ; mais Ma/arin calcula froidement les conséquences probal)le d'une guerre, et, au bout de quelque temps, envoya Bordeaux [10 déc ], sous prétexte de réclamer les vaisseaux capturés, maison réalité pour combattre les intrigues des agents de l'Espagne, du prince de Condé et de la ville de Bordeaux, qui s'efforçaient d'obtenir Tappui de la république contre la cour de France'.
Bordeaui^ avait été nommé ambassadeur auprès du parlement ; après l'inauguration de Cromwell [21 févr. 1653], il devint nécessaire de le nommer ambassadeur auprès do son altesse le prolecteur. Mais en écrivant a Tusui [»aleur, quel titre Louis devait-il lui donner? « Mon cousin » fut offert et refusé; a mon frère, » que Cromwell voulait, blessait l'orgueil du monarque; et, comme terme moyen, a monsieur le protecteur » fut donné et accepté. Bordeaux proposa un traité d'amitié, par lequel toutes les lettres de marque seraient révoquées, et les dommages essuyés par les négociants des deux nations, soumis à des arbitres étrangers. Pour traverser les efforts de son rival, don Âlonzo, abandonnant son premier projet, mit en avant la proposition d'un nouveau traité de commerce entre TAnglelerre et l'Espagne. Cromwell ne se pressa de conclure ni avec l'un ni avec l'autre,
1. Louis XIV, à qui nous devons cette anecdote, remannie ici que c'était la maxime du cardinal 4e ixiurvoir, à quelque prix que ce fut. aux affaires prélentcs, persuadé que les maux à venir troaTement leun ranèdai dans Tavenir inênie. leurres de Loui« 2UV, i, ITO.
9. IMd» ISS-IVO. Voyez aussi Hoatb, 325 ; Thurloe, i, 311 ; WlOt^. m.
8. Jùuru. U éèo, 1053. Clar, Pap, m, 105» 193, m. Thurloe, 48S.
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GUAPim SEPTIÈME. 363
n sHTail que la guerre qui existait entre eux était la vérifable cause de ces démarches ; qu'il lenait la balance dans sa main, et qu'il était en son pouvoir h tout nioincnl de la faire pencher en faveur de Tunu ou do Tautro couroinie. Sa détermination, la vérité, était prise depuis longtemps; mais son dessein n'était pas de la laisser transpirer; et, lorsqu'on lui demanda l'objet des deux grands armements qui se préparaient dans les ports d'Angleterre, il refusa de donner aucune explication satisfaisante ^
Le traité en était là, lorsqu^il fut momentanémetit suspendu par Fouverture du premier parlement du protecteur. Il Tayait con- Toqué pour 1q 3 septembre [1664], son jour heureux, à ce qu*il croyait peut-être lui-même, à ce que certainement il voulait faire croire aux autres. Mais le 3 se trouvait cette année tomber un dimanche; et, afin que le jour du sabbat ne fut pas pmfané par l'agitation des aiïaires mondaines, il invita b's mcmbu s a venir le joindre au sermon de Westminster-Abbey le lendenuiin matin. A dix heures [A], le cortège partit de VViiitehall. 11 s'ouvrait par deux compagnies de gardes du corps ; puis s'avançaient k cheval des centaines de gentilshommes et d'olûciers nu-téte et en brillante tenue; immédiatement devant le carrosse marchaient les pages et les laquais du protecteur en riches livrées, et de chaque côté un capitaine des gardes; derrière venait Claypole, grand écu} cr, conduisant un cheval de bataille magnifiquement caparaçonné, et Claypole était suivi des grands officiers de l'état et des membres du conseil. L'extérieur du protecteur formait un contraste frappant avec la pompe du cortège. 11 portait un habit tout uni, a la façon des gentilshommes de campagne, et se distinguait surtout de sa suite par sa simplicité et par le privilège de garder son chapeau. Après le sermon, il se plaça dans le fauteuil d'apparat de la chambre peinte, tandis que les membres s^asseyaient, découverts, sur des bancs rangés le long des murs. Le protecteur alors se leva, ôta son chapeau, et leur adressa un discours qui dura trois heures. Ce discours ftit| oomme de eoiH tunie, verbeux, embrouillé et obscur, assaisonné de citations de l'Ecriture pour exciter la piété des saints, et tempéré d'une affectatiou de modestie pour désaimor l inimilié des républicains. U
1 Thurloe, i, 760 ; ii, 61 , IIS, 998, 559, 587. La marche du traité fut entrarée la conduite de de Baaz, créature de Maiarln, et envoyé pour aider Bor- \\x de ses avis. Au bout de quelque temps, on dérnnvrit que eet homme fétait-ce par l'ordre du ministre ou a la sollicitation des royalistes? on l'ignore) intiigaail «veo !«• nteoBteutt. CroMw^ te Aire* de letovfner en PAoee. Thurloe, it, 809» 851, 41i, 4^,
364 IIISTOIIiE D'ANCil.RTERRE.
(icclivit \ vii\t de la nation à la clôture du dernier parlement. Elle était agitée par les principes des niveleurs, qui tendaient k tout réduire à Tégalité; par les doctrines des hommes de la cinquième monaTchie, subversives du gouvernement civil; par des théoriciens reb'gieux, prétendus champions de la liberté de conscience, qui condamnaient tout clergé établi comme babylonien et antichétien ; et par des essaims de jésuites qui avaient fondé en Angleterre une juridiction épiscopale pour pervertir le peuple. \\u mvmo temps, la guorre maritime avec la Hollande absorbait toutes les ressources pécuniaires de la nation, tandis qu'une guerre commerciale avec la France et avec le Portuf^al paralysait son iu'lustrie. 11 Ips invita alors h comparer ce tableau a Vétat de choses actuel. Les taxes avaient été réduites; des juges de talents et d'intégrité avaient été nommés ; le fardeau qui pesait sur les commissaires du grand sceau avait été allégé par le renvoi d'un grand nombre d^espèces de causes de la cour de chancellerie aux cours ordinaires de justice; et <icron avait mis un frein k cette y» manie de se faire prédicateur quand Tenvie en prenait, La guerre avec la Hollande s'était terminée par une paix avantageuse; des traités de commerce et d'amitié avaient été conclus avec le Danem;nck et la Suède*; un traité semblable, qui devait mettre le trafiquant an^^lais à Fabri de Tiiiquisition, avait été signé avec le Portugal, et un autre était en progrès avec l'ambassadeur du roi de France. Ainsi le gouvernement avait mené les trois nations à grands pas vers la terre promise; c'était au parlement à les y introduire. La perspective était brillante : qu'ils ne retournassent pas la tète vers les oignons et les marmites del^^^Sypte. n ne parlait pas en maître, mais en serviteur comme eux, en ouvrier travaillant avec eux h la même bonne œuvre; c'est pourquoi, il ne les retiendrait pas plus longtemps, et il les inviterait k se rendre à leur chambre et a choisir leur président 2.
1. Celui avec la Suède fut néfzocié par "Whitélock, (lui avait élé chargé de cette mission contre son gre, par rinfloence de Cromwdll. Le but était de dé-;tacher l;i Suèdo des intérêts de la France, et de renp^aper h maintenir la liberté du commerce dans la Baltique contre le Danemarck, qui était sous l'inlluence de In HoUande. Il fut conclu le 11 avril. Après la paix arec la Hollande, le roi Dîinemarrk se h;Ua d'apaiser le protecteur : le traite, qui ne fut signé que onze jours plus tard, quoique Gromwell le dit déjà coaclu, stipulait que les trafiquants auj^liis ne payeraient paa d*aiitret droits on redevances qne les Hol> landais. Ainsi ils purent importer des flumlUoDs navales aux mêmes termes, tandis qu'auparavant, à cause de l'élévation des droits, ils It's achetaient de seconde main des Hollandais. Voyez les traités dans Dumont, v, part. 11, p. 80, 9».
t. Conpans U eopie ottolèlle imprimée ptr O. Saivlnldge, 1654» a?eo Fex-