Thurloe, m. Fussm. W'hitel. ÔOtKiSiU. Bâtes, SKK
CHAPlTilË SEPTIÈME. 873
tait en vain que Charles, de Cologne où il avait établi sa roui , reconiniandait la prudence , qu'il conjurait ses partisans de ne pas jouer leurs espérances et les siennes sur des projets qui, sans lui être utiles, compromettraient leur propre sûreté. Ils méprisaient ses avertissements, ils raccusaient d'indolence et d'apathie, ils formaient des associations, rassemblaient des armes, et fixèrent le 14 février pour des soulèvements simultanés dans la plupart des comtés de PADgleterre ^ Le jour fut remis au 7 mars; mais Charles, à leur requête, se rendit déguisé à Hiddlebourg, eu Zélande, afin d'ôtre h portée de passer en Angleterre, et lord Wilmot, récemment créé comte de Rocbester, arriva, avec sir Joseph WagstafT, pour prendre le commandement des insurgés, le premier dans les comtés du nord , le second dans ceux de Fouest. L'intention de Wap^stalf était de surprendre Winchester pendant les assises ; mais l'arrivée inattendue d'une compagnie de cavalerie le détourna de cette tentative, il attendit patiemment que Les juges se rendissent à Saiisbury, et apprenant que leur garde ne les avait point arcompagnés, il entra dans cette ville avec deux cents hommes à cinq heures du matin le lundi [11]. Le corps principal commandé par lui s'établit sur la place du marché, tandis que de petits détadiements enlevaient les chevaux des diverses auberges, ouvraient les portes de la prison et surprenaient le sheriff et les deux juges dans leurs lits. WagstafF donna d'abord Tordre que ces trois hommes fussent pendus immédiatement comme traîires agissant sous l'autorité de l'usurpateur: puis, feignant de s'adoucir, il renvoya les juges sur leur parole, mais nUint le sherifï prisonnier, parce qu'il avait refusé de proclamer Charles Stuart. A deux heures de l'après-midi il quitta Salisbury^ mais non sans commencer déjà à douter du ré* sultat. C'est h peme si dans la foule de propriétaires et de fermiers que les assises avaient réunie dans la ville, un seul s*était Joint h lui, et les royalistes du Hampshire, au nombre d*envfron deux cent cinquante chevaux, n^étaient point arrivés malgré leur promesse. De Salisbury les insurgés entrèrent parle Dorsetshire dans le comté de Devon. Leurs espérances s'aflaiblissaient d'heure en heure : plus ils avançaient, plus leur nombre diminuait, et, le soir du troisième jour [14], ils atteignirent SouthmoUou dans
1. On lait assigner à Clarendon (H«f<. m. ôôilj le Ib avril pour lu jour du Midèveinent ; mais tous les documents, aussi bien que sa propre relaUon, prou- Tent qw o^ett une erreur.
T. sa
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un état d^épuisement et de decouragemeut. En cet instant le capitaine Crook, qui les suivait depuis plusieurs houres, attaqua la ville avec une compagnie de cavalerie. Ils firent a peine un semblant de résistance; Penruddock, Grove et Jones, trois desche£S| furent foits prisonniers avec une cinquantaine d^autres; les autres, parmi lesquels Wagstaff eut le bonheur d'être, s'échappèrent îi la faveur des ténèbres
Les royalistes du llaïupsliire s'claionl mis on marche sur Salisbury, lorsque apprcnani \\ agstalf avait quitté cette ville, ils^se dispersèrent immcdialement. D'autres soulèvements avaient lieu au nniue moment dans les comtés de Montgomery, de Shropshire, de Nottiiigham, d'York et de Northuniberland, mais partout avec les m^mes résultats. l.es républicains, m&lgré leur ardent désir de voir le protecteur dans la poussière, ne se souciaient pas que sa ruine fût consommée par un parti dont Pascendant leur paraissait un mal encore plus grand. Les insurgés furent honteux et alarmés de leur petit nombre ; la prudence les décida \ se débanda avant d'en venir à des actes d'hostilité, et ils se retirèrent en secret chez eux, afin d'échapper aux prouves, sinon au soupçon de leur culpabilité. Uochester lui-mrme, tout présomjttucux qu'il était, abandonna rentreprise , et, avec son bonheur accoutumé, trouva moyen de revenir sur ses pas, à tiavers mille dangers, du centre du Yorkshiro à Cologne, à la cour du souverain exùé 2.
Soit par un sentiment de honte, soit par crainte des conséquences, Cromwell, môme après les provocations qu'il avait toçues , n'osa mettre en jugement aucun des hommes qui avaient jadis combattu à son c6té, et qui maintenant se liguaient contre lui, parce qu'il foulait aux pieds les libertés de la nation. Avec les royalistes ce fut autn^ chose. Il savait (pie leurs souffrances exciteraient peu la pitié de ceux dont il recherchait la faveur, et il tenait à intifuider les plus ardents par le châtiment de ceux qu'il avait faits prisonniers. Quoiqu'ils se fussent rendus sous conditions, Penruddock et Grove eurent la tête tranchée à Ëxetcr [16 mai] ; environ quinze autres fùrent exécutés dans cette ville et à Salisburj, et le reste fut envoyé pour être vendu comme esclave k la Barbade ^. Ces exécutions furent suivies de certaines
1. Whitel. r,90. Thurloe, m, S68,d95»a06. Heatii,a67. Clar. in;55L 560. Lud-
low, II, ij'.K Vaiii,'han. i, 119.