‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 155 sur 276 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

ayaiont, disait-on, élé commises par des troupes détachées de Farméc française ^ .

Ces éTénemeuts ouvraient une perspective flatteuse à la vanité de Cromwell. Par son usurpation, il avait perdu tout droit au titre de champion de la liberté civile; il pouvait encore se présenter aux yeux de rCuropOi dans le rôle plus auguste de protecteur de la foi réformée. Son premier soin fut de faire, par Tentremise de Stouppe, la ptomesse de son appui aux Vaudois, et Voftre de les transplanter en Irlande et de les établir sur les lerres des callioliques irlandais : la proniosse fut accueillie avec des expressions de reconnaissance, et Toflre déclinée respectueusement^, il sollicita ensuite 1<* roi de France do se joindre h lui connue médiateur entre le duc do Savoie et ses sujets des vallées; et reçut pour réponse que Louis avait déjà interposé ses bons ofÛceS| et avait lieu de s'attendre h un résultat favorable. Enfin il envoya comme ambassadeur à Turin [22 mai] Morland, qui j fut honorablement reçu, et entretenu aux Irais du duc. A son mémoire en faveur des Vaudois, il tiit répondu [21 juin] que, par égard pour Cromvell, on leur pardonnerait leur révolte, quoiqu'elle n'eût point été provoquée ; niais toute intervention ulierieure de sa part fut arrêtée par Tavis que les détails de la paciticalioii avaient été entièrement référés h Servien, rand)assad('ur de France 3.

En Angleterre, Cromwell avait si^niilic son intention de retarder la signature du traité av» c la Franc(^ jusqu'à ce qu il sût l'opinion de Louis au sujet des troubles du Piémont. Bordeaux fit des 'remontrances contre ce nouveau prétexte de délais [24 mai] : il ' soutint que la question n'avait aucun rapport avec le sujet du traité ; que le roi de France n'interviendrait jamais dans Tadministration intérieure d'un état indépendant; que le duc de Savoie avait aussi bien le droit de faire des lois pour ses sujets protestants, que le gouvornt iiiciit an^rlais pour les catholiques des trois royaumes ; et que les Vauduib uimeot eu réalité des rebelles qui

1. Piain'zc îivîiit sous ses ordres (juolinu s troupes détachét^s de l'armée française, cuum und^u piir le pniice ihonius de Savoie. Le bruit courut qu'un ré- {(iaient de ptpisles irlandais faisait parUe de ce detacheveat, el, omnine de raison, on leur attribua les plus liorribles cruautés, l.ejier, m. Stouppc. Préf. ïhurloe, 41â, 4^U, 4iiU. Aprè/i exapiep, ou rtsconnut que Qtm prtiieuduii Irlandais étaient Anglais : c Le régiment irlandais qu'on disaif être le régfaaeBt (lu comte de Bristol, faible et i>eii nombreux, et presque entièrement composé d'AtiLliiis ; je n'entends pas faire ds lui ley plaintfîs dont vous parles. » Tliurloe. m, "lU.

'J. Thurloe, m, 459.

a Ibid. 538, OOtt, 6iK>, 056, m, Siri, ibid. Vaugli. 848.

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UlSiOllU-: U'AMiLElEHUE.

avaiont jiislomeni encouru le ressculimeiit do leur souverain. Mais CroinwelL n'était pas homme h se laisser détouTDer de soo dessein. Ce fut en vain que l^aml>as8adeur demanda une réponse définitive [18 juin]; qu'il réclama une audience de congé avant son départ [21]. A la fin, il fut tiré de perplexité par Tordre [20 août] d'annoncer que le duc, à la requête du roi de France, avait accordé une amnistie aux Yaudois et confirmé leurs anciens privilèges; que cette faveui avait été reçue avec reconnaissance par les insurgés; et que les habitants des vallées, prolestants et catholiques, s'étaient réunis, embrassés avec des larmes, et avaient juré de vivre perpétuelliMueiit amis. Celte nouvelle inattendue fut reçue par Cromwell avec une froideur qui trahit soa désappointements Mais si la pacification rompit les nouveaux desseins qu^îl méditait^, elle servit à augmenter sa réputation aux yeux de FEurope; car il était évident que les Yaudois devaient les conditions fàvorables qu'ils avaient obtenues [8 août], non pas tant h la bonne volonté de Louis qu^à son extrême désir d'ôter au protecteur tout prétexte d'intervention future

Mais quoique la Iranquillile fùl rétablie en Piémont, Cromwell ne voulait toujours pas conclure le traité avant de savoir quelle impression avait produite sur le roi d'Kspagne la tentative qu'on venait de faire contre llispaniola. Philippe, déjh en guerre avec la France, répugnait à accroître d un si puissant adversaire le nombre de ses ennemis; mais Taffr ont était si marqué, si injuste, si peu motivé, que le supporter en silence, c'était souscrire k su propre dégradation. H se plaignit [1^ sept.], dans un langage plein de dignité, dePingratitudeet deTinjustice du gouvernement anglais; il opposa k cette conduite sa scrupuleuse fidélité h la lettre et à Pesprit des traités entre les royaumes; il ordonna que

1. Thorloe, m, 469, 470, 475, 535, 568, 706, 7<M, 743, 745. Siri, xv, 848.

9. Les cantong protestants de la Suisse avaient envoyé le colonel M ey en Angleterre, orfraiit (h- lever une ariuée pour secourir les Vaudois si Cromwell voulait fournir un subside de 10,')00 liv. par mois (Siri, Mercurio^ xv, ll-J . Eu conséquence , Downing fui expédié comme envoyé auprès de ces cantons ; mais la pacification était âé^ oondue, et à son arrivée à Genève il reçut Tordre, daté du 30 août, de revenir immédiatement (Thurloe. m, 093, OlM; iv, 31). Cependant ce projet ne fut point abandonne, mais contié a Morland, qui resta à Geiière pour mstribaer l'argent de rÂnc(letefi;p. On peut voir qaellet étaient ses inatructions secrètes, ibid. p. 396.

3. On peut voiries conditions dans Morland, n")C', Dûment, vi, part, ii, p. 111, et Léger, 21(J. La souscription en faveur des Vaudois, dont ^,000 liv. furent données par le protecteur, montait à 38,'2-28 liv. 4 s. 2 d. Sur cette somme, S5,8âH liv. H s. i) d. furent envoyées aux vallét s à différentes époques, 4<î:j liv. 17 8. furent atTectées aux frai.s, et environ THX) liy. se troUT^ent être de mptintilt rognée ou fausse. Journ, 11 juillet l.>3{).

GHàPITR£ S£PTIÊBIE. 385

tous les yaisseatix, marchandises et propriété appartenant h des sujets de la république fussent saisis et coutisqués dans toutes les parties de ses états, et chargea son ambassadeur a Londres do fain? des remontrances et de prendre son congé ^ Le lendemain de la remise du passe-port a don Alonzo [24 oct.], Cromwell consentit à la signature du traité avec la France. Il y était stipulé que les hostilités maritimes, qui troublaient depuis si longtemps le commerce des deux nations, céderaient; que les relations d'amitié et de commerce seraient rétablies; et dans un article séparé, et en conséquence appelé secret, que Barrière, agent du prince de Condé, et neuf autres Français, également mal yus du ministère français, seraient exclus h perpétuité du territoire de la république; et que Charles Stuart, son frère le duc d'York, Orniond, liyde et quinze autres adhérents du prince exilé, seraient de mùnie exclus du royaume de France 2. Le protecteur s'était persuadé que si la maison de Stuart devait être rétablie, ce serait parTaide de la France; et il espérait, par l'addition de cet article secret, faire naître une violente et durable inimitié entre les deux familles. Ët il ne se contenta pas de cela : dès que les ratifications furent échangées, il proposa une alliance plus intime entre FAngleterre et la France. Bordeaux» d'après ses instructions, dut se borner dans sa réponse h des expressions générales d'amitié. 11 pouvait recevoir toutes les ouvertures qu'on lui ferait : il ne devait faire aucune avance de la pait do son souverain.

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