Clar. Pai>. m, 97ô, 27y, S
CIlAiniRE UUimiU£. 3dl
d^un homme qui était également Pennemi des libertés de son pays et des droits de FEspagne. Ils étaient nne troupe nombreuse et déterminée de patriotes ; ils ne demandaient pour tout secours que de Targent et la coopération des troupes anglaises et irlandaises au service de TEspagne , et ils étaient priais a remettre , comme sûreté, une forte place maritime aux mains de leurs allies. Fiiensaldagna hésitai! à donner une réponse positive avant qu'une rupture complète eut éclaté, et, à sa recommandation, Sexby se rendit a iMadrid. il fut d'abord reçu avec froideur ; mais les nouvelles d'Hispaniola établirent son crédit; on reconnut la valeur de ses renseignements ; il obtint la somme de quarante mille cou* ronnes pour son parti , et Fassurance lui fbt donnée [janvier 1666] que, dès qu^on serait en possession du port quUl avait nommé, six mille hommes partiraient des d^tes de Flandre pour les aider. Sexby retourna h Anvers , transmit plusieurs fortes sommes h ses adhérents , et, quoique Cruniwell eût fini par être informé de cotte intrigue, quoique le dernier envoi de huit cents livres eût été saisi, rintrépide niveleur passa en Angleterre rjuin], fît ses arraîigemeîits avec ses associés, et j^evint sain et sauf sur le continent > [août].
Dès lors le but des ministres espagnols , qui avaient fini par accepter roffre de Charles [27 juillet], fut d'effectuer une alliance entre lui et Sexby, afin que, par la coopération des niveleurs avec lés royalistes, Tennemi commun tût plus aisément vaincu. Sexby déclara [14 déc.] qu'il ne s'opposait point k une monarchie limitée, pourvu qu'elle fût établie par nu parlement libre. Il pensait que ses amis ne s'y opposeraient point non plus; mais il conseillait aux royalistes de ne pas parh'r du roi au coininenrement de rentreprise , et de mettre en avant comme but le renversement de l'usurpateur et le rétablissement des libertés publiques. Charles, de son côté, consentit à faire usage des services de Sexby; mais il ne croyait pas que les moyens fussent tels qu'il les prétendait , et il. voyait des raisons dUnduire de Tavis qu'il aridt donné, que ses associés étaient ennemis de la royauté ^.
La négociaàon entre le roi et les ministres espagnols commença h inquiéter Cromwetl et Mazarin. Le cardinal s^ttendaît K la défection des régiments anglais et irlandais au service de la
1. Clar. Pop. m, i>Tl, ':7-,>, 571,577. «81, 5«5. ThUlO», tV, «96; T, 97,
310; VT, 8>>-H:î:j. Lettres de CarU', ii, Hù, 103.
îi. Clar. Pap, m, aU3, 311, 313, 315-317.
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a9t RISTOillE D'ABIGLETEMB.
l'iance; lo prolcrNMir prévoyait qu'ils seraient probablciniiit employés h faire une descente en Anj^leternv On résolut d'opposer le duc d'York à son frère. Ce jeune prince avait fait quatre campagnes avec son régiment sous le maréchal de Turcnne ; sa paye, comme colonel , et sa pension de six mille pistoles , suffisaient amplement à ses besoins; et sa brayoure sur le champ de bataille lui ayait yalu Vestime du général, et Payait rendu Fidole de ses compatriotes. Au lieu de le bannir de France, conformément h l'article secret, Mazarin, d'accord avec Cromwell, lui ofifrit l'emploi de capitaine général dans l armée d'Italie. Jacques l'accepta avec reconnaissance et entlionsiasme ; mais Charles lui commanda de donner sa démission et de se rendre immédiatement a Bruges. Il obéit [l'^'" sept. | ; son départ fut suivi de la démission de la plupart des ofQciers anglais et irlandais de l'armée française, et beaucoup de soldats imitèrent l'exemple de leurs chefs. Cette intrigue déjouée, Cromwell et Mazaiin eurent recours à une autre, dont les ressorts secrets nous sont cachés. Quelque ami prétendu insinua à don Juan, nouveau gouyerneur des Pays-Bas, qu'il y avait peu de fond h faire sur Jacques, qui était sincèrement attaché à la France , et gouverné par sir John Berkeley , agent secret de la cour de France , et ennemi déclare du chancelier et de son parti. En conséquence, le commandement réel des troupes royales fut donné h Marsin , un étranger ; du consentement de Charles, on exigea des officiers et des soldats un serment de lidéUté à l'Espagne [5 déc] ; et , au bout de quelques jours , Charles demanda d^abord, puis ordonna h son frère de renvoyer Berkeley [13]. Le jeune prince ne s'y refusa pas ; mais il suivit immédiatement [16] Berkeley en Hollande, dans l'intention de passer en France par l'Allemagne. Son départ fut appris avec joie par Cromwell , qui lécrivit à Mazarin une lettre de féliâtations sur le succès de cette intrigue : ce fut un sujet d'épouvante pour Charles, qui envoya des messagers prier Jacques et lui commander de revenir. A Bréda, le prince parut hésiter. Il revint bientôt après h Bruges [18 janvier 1657] , sur la promesse que le passé serait oublié; Èerkeley le suivit, et le triomphe des fugitifs fut complété par Télévatiou de l'odieuiL favori à la pairie
1. Glarendon» dans son Histoire, ne ftdt ^pw meniion de la faite de Jacques.
Il clicrcha mémo à persuader au lecteur que le duc fut force de quitter la France par suite de rarticle secret (m, 610, G14. Pap. m. Suppl. lihx), quoiqu'il soit clair, d'après les Mémoires de Jacques, qu'il la quitta à coatre-cœur, pour obéir à l'ordre fonnél de son frère (Jacques, i, S70). Clwendon attribno s»