Tlradoe, Me, 817, 9S
896 HISTOIRE D'ANGLETERRB.
l'Espagnol, adversaire naturel de rAnglclerre, parco qifil cLiit IVsrlavo (lu pape, un enfant d(3 ténèbres, et par conséquent ennemi de la lumière , aveuglé par la superstition et jaloux d'abattre les choses de Dieu, avec qui il était impossible d'«Mre en . paix, et à qui, relativement à ce pays, on pouvait appliquer les paroles do TEcriture : m Je mettrai l'inimitié entre ta semence ]i et sa semence. » U y avait aussi Charles Stuart, qui, à Taide de rEspagdol et du duc de Neubourg, avait levé une armée foj> midable pour envahir Ttle. 11 y avait les papistes et les Cavaliers, qui s^étaient déjh soulevés et étaient prêts à se soulever encore en faveur de Charles Stuart. Il y avait les niveleurs, qui avaient envoyé un agent h la cour de Madrid, et les hommes de la cinquième monarchie, qui recherchaient une union avec les niveleurs contre lui , c( une réconciliation entre Hérode et Pilate » pour que le Christ pût être mis à mort. » Les remèdes, — mais, ûms cette partie de son discours, il fit d'assez fréquentes digressions pour paraître répugner \ en venir aux remèdes, — étaient de faire la guerre au dehors et de fortiller le gouvernement au dedans ; de ne pas perdre de temps k des questions d'une importance secondaire, ou d'une nécessité moins urgente, mais de s'enquérir de l'état du revenu et de lever d'amples subsides. Dans sa péroraison, il eicpliqua le quatre-vingt-cinquième psaume, en s'ecriant : a Si le pape et l'Espagnol, et le diable et » tout le monde se mettent contre nous, quand ils nous entoure- » raient comme des abeilles, nous les détruirons au nom du Sei- » gneur. Le Seigneur des armées est avec nous, le Dieu de Jacob » est notre refuge ^ d
De la chambre peinte, les membres se rendirent au parlement. Une garde ioUitaire était posée à la porte, et Ton exigeait de chaque individûi'^'dn certificat du conseil ayant de le laisser entrer^. Les membres'exclus se plaignûrent par lettres de cette infraction aux privilèges parlementaires^. Un vif sentiment de désapproba» tioQ se manifesta dans plusieurs parties de la chambre ; le greffier de la république à la chaucellerie reçut l'ordre de déposer
1. Introducton au Journal de Burton, cxlviii-clxxix. Joum. 17 sept. Thiir-
loe, V, 197. Thurloe affirme doux fois lui-mùrne (nO', (n-2) que l'armée du roi, que Cromwell portait au nombre exa^^ere de huit mille hommes, n'en aTait pas plot ctemiUe.
9. Les certificats aistribnés aux membres feyorisés étaient ainsi conçus :
« 17 s('i)i. Kîôf). Comté (le — Les présentes sont pour certifier que A. B. est élu par brevet un d;\s chevaliers pour servir dans ce parlement pour ledit comté, et est approuvé par le conseU de sou altesse. > Nath. Tuylor, clerc de lu république à la chancellerie.
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sur le bureau Unis les procàs-yerbaux d'élection, et le conseil fut
requis de donner les motifs de cette innovation partiale. Fiennes, un des commissaires du grand sceau, répondit que le devoir do s'enquérir de la validité des élections était conféré par a Tnistrument » aux lords du conseil, qui avaient rempli cette mission de leur mieux. Il s'ensuivit un débat animé : que telle fut la clause de « rinstrument, » on ne pouvait le nier*; mais que le conseil décidât sur des informations secrèteis et à Tinsu des intéressés^ cela semblait contraire aux premiers principes de la justice. La cour, néanmoins, pouvait actuellement disposer des yotes delà majorité, et la motion que la chambre s'occup'At des aiEedres de la nation passa par la force du nombre. Plusieurs membres, pour montrer leur désapprobation, se retirèrent yolontairement, et ceux qui avaient été exclus par la violence publièrent, en termes pleins de hardiesse et d'indignation, un appel a la justice du peuple 2 [22].
Après avoir éliminé ses ennemis, Cronnvell n'avait pas lieu de craindre qu'on s'opposAt à son bon plaisir. La chambre adopta une résolution qui proclamait la justice et la politique de la guerre contre TEspagae, et deux actes, dont l'un annulait tous les droits de Charles Stuart et de sa famille à la couronne, et dont l'autre entourait de nouyellés sûretés la personne du chef de Fétat. Un subside de quatre cent mille livres fut voté avec la même unanimité; mais quand on en vint à examiner les moyens de lever cet argent il y eut une grande diversité d'opinions. Les uns proposèrent de faire une enquête sur la gestion du trésor, d'autres d'adopter des améliorations dans la perception du revenu ; d'autres recommandèrent une augmentation de l'accise, et d'autres un système plus économique de dépenses. Dans la discussion de ces questions et de bills particuliers, semaines sur semaines, mois sur mois se passèrent ennuyeusement et sans fruit ; quoique le délai lixé par Tinstrument fût expiré, le bill de Timpôt n'avait
1. Dans lu minute de «rinstrument, tel qu'il avait été amendé dans le dernier parleioent. la iuridiction du conseil en celte matière était bornée à TaccQsatioB de délit, et sa décision n'était pas défliiiti?e, mais subordonnée à rapprobation de la chambre. Joifrti. 39 noT. 1654. Mais cette minute n'arait pas
reçu r assentiment du protecteur.
2. La nature des charpes portées contre les membres peut se voir dans Thurloe, V, 371, 383. Dans les journaux, il n'est lait mention que de soixante^-dixneitf noms [Journ. 19 sept. l»;r)(;); mais il y en a quatre-¥ingt-dix-huit joints à l'appel dans Whitelock , (ir)l-():'>3. Dans les deux listes, se trouvent les noms d'Anthony Ashley Cooper, qui devint ensuite le conseiller intime de Cromwdl, et ceux de plasieuis autres , qui , plus tard» soUicitèront et obtinrent des certiâcats.
m HISTOIRE D*AMttLBTERRE.
pas fait de progrès ; r(, pour ajoubT à rimpatienc»' de Cnunwell, il sVlcva accideFîirlleinent uu nom eau sujet de discussion qui^ intéressant fortement les passions , absorba peniiaat quelque temps Tattention de la chambre'.
A râge de dix-neuf ans, George Fox, ûls d'un tisserand de Drayton, el né avec une âme ouverte aux impressions religieuses, avait accompagné quelques-uns de ses amis à une foire du voisinage. Le bruit, les ^jouissances et la dissipation dont il était témoin ramenèrent à des pensées sérieuses et k des scrupules de conscience/ et Pentliousiaste entendit ou crut entendre une voix intérieure qui le sommait d'abaïuiomitr la maison de ses parents, et de se faire étranger dans son propre pays. Docile à ravertisscment céleste, il se mit à mener une vie solitaire, errant de lieu en lieu et habillé de cuir de la tète aux pieds. Il lut attentivement les Ecritures, étudia les visions mystérieuses de r Apocalypse, et en apprit la véritable signification du Christ et du Saint-^Eaprit. D'abord, des doutes et des craintes assiégèrent son ime ; mais, lorsque le temps de Vépreuve fut passé, il se trouva enivré de délices spirituelles, et reçut Tassurance que son nom était écrit dans le Livre de Vie de TAgneau. A la même époque, leSeigneur lui défendit d'employer le pronom pluriel vous en s"adressant à une seule personne , de donner h son voisin le bonsoir ou le bonjour, de découvrir sa tête ou de faire la révi'rence h aucun mortel. Enfin, rKsprit lo poussa h faire part aux autres des doctrines célestes qull avait apprises. Il prêcha pour la première fois en 1647, à Duckenlield, non loûi de IManchester; mais le théâtre le plus heureux de ses travaux fut Swarthmoor, près d'Ulverston, Ses disciples suivirent son exemple; la parole de PEsprit fut donnée aux femmes aussi bien qu'aux hommes, et les prédicateurs des deux sexes» ainsi que beauooup de leurs sectateurs, attirèrent Tattention et les censures du magistrat civil. Leur refus de se découvrir devant le tribunal était habituellement puni d une amende pour fait de mépris; leur répuf^nance religieuse à prêter serment et h payer la dîme le?e\p()s;iit h de longs emprisonnements, et ils <''t. tient souvent et sévèrement fouettés comme vagabonds, parce qu'ils avaient coutume de parcourir le pays dans le but de prêcher. A ces souffrances, comme il arrive toujours aux sectes persécutées, on ajouta des calomnies, et ila furent faussement accusés de nier la Trinité, de contester Tauto*
1. J<mm. pai$im. Tàodoe^ v, «, 4»i, 5$!, 684, m, «M. Voyei note (I).