CHAPITRE HUITIEME
aiuis relusicn'iU de se conleiiter du cellt! réponso : on imouvcla le premier voto, et la chambre se rendant en corps auprès de lui [8], le pria de se rappeler qu'il était de son devoir d'écouter Favis du grand conseil des trois nations. Il répondit humblement qu'il avait toujours des doutes sur un point; et que, tant que ces doutes ne seraieni pas dissipés, sa consdenoe lui défendait de donner son assentiment; mais qu'à était disposé k expliquer ses raisons et à entendre les leurs, et qu'il espérait que dans une conférence amicale on trouverait le moyen de concilier leurs opinions contraires, et de se décider pour ce qui serait le plus avantageux au pays*.
En conséquence, la chambre nomma une commission pour écouter et lever les scrupules du protecteur. A leur grande surprise, les commissaires ne le trouvèrent nullement pressé d'entrer en discussion. Quelquefois il était indisposé, et ne pouvait les recevoir ; souvent il était occupé d'affaires importantes : dans trois occasions , ils obtinrent une entrevue. Il voulut traiter la question sous le rapport de l'utilité. Si le pouvoir était le mâme sous un protecteur, à quoi bon un roi ? demandait-il. Ce titre blesswait des hommes qui , par leurs anciens services , avaient acquis le droit qu'on respectât même leurs préjuges. Il n'était pas sûr non plus ipie n'tablir la royauté ne fût pas renier la cause dans laquelle ils »Uaieut engages, et la Providence, qui les avait si merveilleusement secondés. L'Ecriture, il est vrai, sanctionnait la dignité de roi ; mais, au témoignage de i'Ëcritiu'e, on pouvait opposer «la main visible de DieU| p qui , dans la dernière lutte , c avait déraciné la royauté. )» On répliqua gravement que - le titre de protecteur était nouveau, celui de roi ancien ; que le premier n'avait aucun sens précis , que le dernier était mêlé ï toutes nos lois et kistitulions ; que les pouvoirs de l'un étaient inconnus et sujets à modiiication ; que ceux de l'autre étaient constatés et limités par les coutumes et par les statuts. L'abolition de la royauté n'entrait pas oi iginairement dans les vues du parlement; — c'était la personne ([non repoussait, et non la dignité ; — elle avait été elfectuée plus tard par une portion seulement du corps représentatif; tandis que maintenant sa restauration était demandée par une plus grande autorité, par le parlement entier des trois royaumes. Cette restauration, en effet, était nécessaire pour sa sûreté et pour la leur; attendu que,
X. Thuiloe, 1, 751, 756.P«rl. SM. m, 14d3-1485. lomu âaBarton, 417. .
(Kaprès la loi, tous les artes (fun roi en possossioii du trône, mais d'un roi seulement, sont bons et valides. Il y avait des gens qui prétendaient que loi et premier magistrat étaient synonymes; mais personne ne s^était encore ayisé de substituer un mot à Tautre dans les Ecritures, où tant de pactes, de promisses et de préceptes sont annexés au titre de roi. On ne pouvait 'pas non plus alléguer la « main Tisible d^Dicn n dans le cas présent ; car la main visible de Dieu avait déracine le gouvernement d'un seul aussi clairement que C(^lui d'un roi. Croniwell promit de donner h ces argunionls ratlentiou convenable : il avoua h ses amis coiitidentiels que ses scrupules étaient levés; et en même temps, pour éclairer T ignorance du public, il ordonna [20 avril] de publier un rapport sur les conférences*.
Le protecteur toutefois n'était pas un de ces esprits prompts à se résoudre et à exécuter. Il allait rarement droit à son but, et il préférait les circuits et les voies détournées. 11 avait coutume de considérer la question sous toutes ses faces et dans toutes ses conséquences possibles, et dHnventer de nouvelles causes de retard, au point d'encourir parfois le reproche d'irrésolution et de timidité"^. Au lieu de rendre une réponse claire et décisive, il cliercha a ^^agnor du temps en demandant l'avis de la chambre [22] sur diilérents passages de la pétition, sur le chiffre présumé du revenu annuel, et sur la ratification des ordonnances émanées de lui, et des actes passés par le petit parlement. Par ce moyen, il obtint quinze jours de sursis , pendant lesquels il se consulta fréquemment avec BroghiU, Pierpoint, Wbitelock, Wolseiey et Thurloe K Enfin [6 mai], on se dit tout bas à la cour que le protecteur avait résolu d^accepter le titre ; et immédiatement Lambert, Fleetwood et Desborough lui firent en leur nom, et au nom de plusieurs autres, la fâcheuse déclaration qu'ils devaient donner leur démission et quitter à jamais ses conseils et son service. Son irrésolution revint : il avait promis à la chambre de donner
1. Voyez «Monarchy asserted to be thc must ancicnt and logal form of government, elc. ISSO. Walker, Besearches historical and antiquarian , 1-27. > Joarn. de Barton, App, lu 498. Thorloe, ti, SIS. WhiteL 565. Jimm.
avril.
3. TouK les hummes sages dtt dehon s'étonnent dn retard.» Thurloe, Tt S4d.
Aussi C'/ar. Pop. m, 339.
3. «Dans ces reunions,» dit V^bitelock, «laissant de côte sa grandeur, il était extrêmement famOier areo nous ; et , par manière de distraction, tt fàtiait
des vers avec nous, et chacun devait essayer son imapinalion. 11 demandaitesw diuairement du tabac, des pipes et une chandelle, et de temps en temps, il pre- *nait Inlnnème du taliac. Puis il revenait à sa grande et sérieuse ailaire. p G50.