‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 173 sur 276 · Œuvres de Louis XIV, i · texte numérisé non relu

Œuvres de Louis XIV, i

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418 HISTOnUS D'AUmUBTE^RE.

tlon devant coXio place [271, que les écluses ïwvoni lAchées!, le pays inonilé, et que Turenne envoya ?ps ironpes dans l(Mirs quartiers d hiver. Mardick reçut une garnison, en partie anglaise et en partie française, sous le commandement de sir John Reynolds ; mai^ cet officier, peu de temps après, encourut les soupçons du protecteur. Leduc d'York, qui avait servi dans Varaiée fhmçaise, était bien connu de quelques-uns des officiers firançais. âs se tencotttraient de temps à autre, et échangeaient des compliments dans les promenades quHls faisaient I cheval, lui de Duhkorque, eux de Mardick. l\ir Vun d'eux, Reynolds sollicita la permission de présenter ses respects t\u jeune prince. Il était accompagné do Crew, aulre officier; cl ([uoiqu'il prétendît ([ue c'était nne politesse accidentelle, il trouva ["occasion d'olfrir tout bi\> an duc ses services h mots couverts. Au bout de quelques jours, il reçut Tordre de se rendre h Londres auprès du protecteur, en compagnie du colonel \V hite, qui Tavait secrètement accusé; mais tous deut se perdirent dans les sables de Godwin [è déc.] par rignoranoe ou la stupidité du capitaine K

En Angleterre, TattenUon publique était absorbée par un spectacle nouveau et des plus intéressants. Le parlement se réunit le jour auquel on Pavait ajourné; mais il était actuellement divisé en deux chambres, suivant Tancienne forme [20 janvier 1658], Soixante-deux individus avaient été appel<'s à la chambre haute ; et U'S ordonnances, étant la copie de relies rendues jadis par le souverain, furent considérées comme conférant pareillement les privilèges d'une pafirie héréditaire, sauf certaines exceptions spécifiées dans la « pétition et avis ^. »Les communes, sur Tappol de rhuissier de la verge noire, se rendirent' à la chambre dee lords, oh elles trouvèrent son altesse assise sous un dais d^ap* parât. Son discours commença par Tanden protocole : « My lorda et messieurs de la chambre des communes. » Il fut court ; mai» sa brièveté fut compensée par sa piété; et après une explication du i.xxxv^ psaume, il renvoya les deux chambres pour plusamples déiails il Fiennes, le garde des sceaux, (pii, dans une longue et ennuyeuse harangue, loua et défendit les nouvelles institutions. Après le départ des communes, les lords passèrent leur temps k rexamen des privilèges de leur chambre. Cromwelly avait appelé ses deux Richard et Henry, sept pairs de création ioj9JiB^

1. Thnrloo, vi. 931, 887, 426, 513, 538, 648, 680, 637, 665, 676, 731. Mém. de

Jacques, 1, :U7-3:?8, 3. Thurloe, vi, 75;^.

CHAPimi: IIIHTIKME.

plusieurs membres de sou couâeiii quelques gcntilshoiuines riches et de bonne famille, avec une proportion convenable de jurisoonsultes et d'ofUciers, et un léger mélange de personnes connues pour ne pas aimer son gouvernement. Parmi les anciens pairs, il n'en Tint que deux, les lords Eure et Falconberg, dont le dern^r avait récemment épousé Mary, fille du protecteur [19 novembre 1657] ; et sur les autres membres, neuf étaient absents pour atTairu ou par repu^^naiiec. Comme leurs procès-verbaux n'ont pas été cou-n vés, leurs travaux luius sout peu counus*.

Dans la chauil)re basse, le parti du gouvernement a\ait été affaibli par la translation imiiolilique des principaux membres à k chambre des lords, et par Tintroduction do ceux qui, jadis exfidus par ordre de Cromwell, prenaient maintenant séance en vertu de Tartide qui réservait à la chambre le droit de vérifier les pouvoirs de ses membres. L'opposition avait à sa tête deux hommes d'une grande influence et d'une résolution indomptable, Hazlerig et Scot. Tous deux avaient été exclus k la premiSre session du parlement, et tous deux se souvenaient de cet affront. Pour éloigner Hazlerig d'une position oîi son e\p«'rionce et son cloqueiu (■ le rendaient un redoutable adversaire, CroinwcU l'avait appelé h la ehandjre haute; mais il refusa d'obéir h Tordonnance, et prit place aux comumnes Qu'une nouvelle chambre ddt ôtre convoquée conformément aux articles de la a pétition et avis, n personne ne le niait; mais,' demandait-on, qui avait fait ses membres lords? Qui leur avait donné les privilèges de Tancienne pairie? Qui leur avait conféré le pouvoir d'annuler les actes de la chambre à laquelle ils devaient leur existence ? Devait-on souflrir que les enfants se missent au-dessus de leurs parents ; que les nominataires du protecteur contrôlassent les représentants du peujple, les dépositaires du pouvuii' suprême do la ua-

1 Journ. 7. ?0 janvier. Whitel, 0G6, 0(ÎS. Le diicoura de Flennes est rapporté dans les journaux, 25 janvier. Voyez Its noms et les portraits de ci'ux (lui furent présents, dans : ^Seconau rtlaiicjn du doniier j)arlement ainsi appelé), etc., imprimée dans la ciiKjuienie année de l'esclavage de T Angleterre sons sa nouvelle monarclùe, l(i'is. « Ils passèrent leur temps à do petits détails, Iclsiine' de nommer des coiuniissions ; et entre autres ehoi>es à e^^aminer les priviiu^'es et la juridiction de l^r chambre ( les bonnet et sages âmes ! ), ayant desaToir ce (pie c'était que leur chambre ou comment elle s'aj>i>ellerait.» Ibid. 7. Les pairs

Ïui refusèrent de venir, étaient les comtes de Mul^rave, de Warwick et de [anebetter, le vicomte Say et Scie, et le lord Wharton.

9. Hazlerig ne lit point d'objceiiua au sicrment qui l'obligeait à être lidele au protecteur; mait le sens ou'il y attachait était nngulier : c Je aeral fidèle, » dit-il, «à la personne du lord protecteur. Je ne tuerai penonne. > Journal de Burtou, II, 347.

420 HISTOIRE D'ANGLETEUKE.

lion? On répondit que le protecteur les avait appelés lords ; que Tobjel de la « pétition et avis » était de rétablir le « second état ; » 6.t que, s'il restait aucun doute, il valait mieux amender ce Finstrument, » en donnant aux membres de Fautre chambre le titre de lords, et au protecteur celui de roi. CromweH essaya d'adoucir ces esprits irrités. 11 leur fit des sermons sur l'avantage et la nécessité de runion [25 janvier]. Qu'ils regardassent au dehors: les papistes menaçaient île dévorer tous les protestants d Kurope; l'Angleterre était le seul appui, le seul espoir de la religion. Qu'ils regardassent au dedans : les cavaliers elles niveleurs étaient ligués pour renverser la constitution; Charles Stuart préparait une invasion; et les Hollandais avaient en Tingratitude de lui Tendre certains bâtiments pour cet objet. La discorde entraînerait inévitablement leur ruiner celle de leurs libertés et de leur religion. Quant h lui, il prenait Dieu, les anges et les hommes k témoin, quMl n'avait point recherché la charge qu'il occupait. On la lui avait imposée; mais U avait juré d'en accomplir les devoirs, et il tiendrait son serment en conservant à toutes les classes leurs justes droits civils et religieux*. Mais ses avis, ses prières et ses menaces furent inutiles. Les juges portaient sans cesse des messages des a lords au.\ communes, y^ei chaque fois on leur disait que « la chambre rendrait réponse par ses propres messagers [22 janvieri S février]. » Mais au lieu de rendrô réponse, elle passait tout son temps h. discuter quel titre et quels droits de- Taient appartenir k l'autre chambre

Jamais peut-être, dans son extraordinaire carrière , CromwéO ne fut aux prises avec des difficultés égales h celles qui l'entouraient en ce moment. Il ne pouvait lever d'impôts sans le consentement du parlement, et la paye de l'armée d'Angleterre était arriérée de cinq mois, celle dlrlande de sept ; le roi exilé meua-

1. M. Rutt a ajouté ce discours au Journal de Burton, ii, 851-371. Je dois faire la remarque que 1* le protecteur, cette foi.s, donna aux membres le titre ambigu de «my lords et messieurs des deux cluunbres du parlement • » '2^ qu'il ne réussit point à prouver le danger qui, à ce qu'il prétendait, menaeuit le protestantigme. Si, au nord, les deux états protestants de Suède et de Danemaroic étaient en guerre Tun contre l'autre, au sud, les états catholiques de France et d'£spagne étaient dans la même situation ; 3" qae les bâtiments vendus par les Hollandais étaient six flûtes que les corsaires anglais détruisirent plus tard; 4" qu'à dater de ce moment, u affirma constamment, et avec serment, qu*il n'avait pas recherché ses fonctions actuelles. Comment pmivait-il justifier de pareils serments à ses propres yeux ? Etait-ce par le motil tuliacieux que ce qii*a avait reoherohé en realité o^étaient les fonctions de roi et non cèllet de protecteur ?

\\ Journ. '2r>, 99 janvier; 1*% 8, février. Joum. de Burton, n, STl-lOi. Ttrar-

loc, 1, TGG; VI, ',07,

CHAPITEE UUiTlÊM£. AU

çait de faite une descente des côles de Flandre, et les royalistes dans tout le royaume se préparaient h rejoindre son életiuard;

les chefs de ropposilion dans le parlement s'étaient ligués avec plusieurs officiers pour rétablir la république « sans une personne seule ni chambre des lords, » et une pétition préparatoire pour recueillir des signatures circulait dans la Cité. Croniwell consulta ses plus fidèles conseillers, qui, les uns, lui conseillèrent une dissolution; les autres, objectèrent le manque d'argent et le danger d'irriter le peuple. Peut-être avait-il déjà pris sa résolution, quoiqu'il la tint secrète au fond de son cœur; peut-être fût-ce le résultat de quelfjue impulsion soudaine et du moment i ; mais un ' matin [k féTrier], il se jeta tout à coup aaiis *in carrosse à deux chevaux , qui se tenait aux portes de Whitehall , et , (àisant s:/:\(^ h six de ses gardes de le suivre, il ordonna au cocher de le conduire au parlement. La, il révéla son projet à Fleetwood, et, cet. officier s'étant permis des remontrances, il déclara par le Dieu vivant qu'il dissoudrait le parlement. Ayant fait venir les communes, il leur parla d'un ton de mécontentement et de reproche : <K Elles ravalent placé, » dit-ii, « dans la haute position oii il se trouvait; il ne Tavait pas recherchée : il n'y avait ni homme ni femme sur le sol anglais qui pût le dire. Dieu payait qu'il eût mieux aimé vivre sur la lisière d^un bois et garder un troup-eau de moutons, que de se charger du gouvernement. Mais s'en étant chargé à leur requête, il avait le droit de compter sur leur aide et leur appui. Cependant, quelques-uns d'entre eux. Dieu lui en était témoin, en violation de leurs serments, tentaient d'établir un parti républicain dans Tarmée ; d'auties avaient reçu des commission , afin d'enrôler des hommes pour Charles Stuart, et les uns et les autres avaient leurs émissaires qui cherchaient en ce moment à exciter des troubles ou plutôt une révolte dans la ville. Mais il s'était engagé devant Dieu à prévenir de tels désastres : c^est pourquoi, » dit-il en^concluant, a jç pense qu'il est grandement temps de 'mettre fin k votre session, et je dissous ce parlement ; et que Dieu juge entre vous el moi. » « Âmen, amen, » répondirent plusieurs voix des rangs de Topposition

I. € Quelque chose étant iirriv é ce matlB, qui a mis le protecteur dans une rage et une fureur voisines de la folie, comme ceux qui étaient à Whitelum peuvent l'attester. > Second Narraiive, p. 8.

â. Journ. 4 fév. Thurloe, vi, 778, 779, 781, 788. Pari. Hist. ni, 1535. Par le serment, que OremweU lenr reproche de ▼ioler, Us avaient juré « d'être loyau t

et fidèles envers le lord protecteur comme premier magistrat, et de ne rien ourdir, machiner ou tenter contre sa pcrsouue ou son autorite ié^'itime.»

m aiSToms d'ahgleterrb,

(l'était le quatrième parloinenl dissous p«ir (-romwoll. Los républicains faisaiont ôclator leur ressentiment par des murmures, des plaintes etUes menaces; uiais le protecteur, sûr de la Mé- Ulé de Tarmée, méprisa les faibles efforts de leur yengeance, et encouragea , par sa rigueur , la timidité de ses conseillers. De fortes patrouilles d^infaoterie et de.caviderie parcoururent les rues, dispersant tous les rassemblements du peuple eu plein air, dans les maisous particulières et même dans les conventicules et les églises , pour raison ou sous prétexte de dévotion. Le colonel et plusieurs capitaines de son régiment fui i ni ca>sés * [11 février] ; un grand nonibrede niveleurs et de royalistes fur(Mit arrêtés et emprisonnés, ou relAchés sous caution, et le lordmaire , les aldermen et le conseil de ville reçurent de Cromwell lui-même un exposé du danger dont les menaçait rinvasion méditée par Charles Stuart, et Tinjonction de surveiller les repaires 'des mécontents et de maintenir la tranquillité de la Cité. Ën même temps , ses agents s^occupaient activement d^oblenir des adressa loyales et affectionnées de Tarmée, des comtés et des principales villes ; et ces adresses , publiées dans les gazettes , servaient k intimider ses ennemis et à manifester la stabilité do son pouvoir ^.

La crainte do Vinvasion , a laquelle Cromwell faisait de si fréquentes allusions, n'était pas tout h fait sans fondement. Au retour de rhiver, les royalistes avaient rappelé a Charles sa promesse du printemps précédent; le roi d'Espagne fournit un secours de cent cinquante mille couronnes; le port d'Ostende fut choisi pour lieu d'embarquement, et des armes, des munitions et des transports furent achetés en Hollande. i^ce lui-mème| dominant pour quelque temps ses habitudes d'indolence et de dissipation , parut jaloux de tenir sa parole > ; mais les plus prudents do ses conseillers le conjurèrent de ne pas risquer sa vie sur de vagues ubsurauces d appui, et le marquis d'Ormond, avec

1. «Moi,» dit Iluckcr, «: qui Tavais servi (juatorze ans, et avais commandé un ré; iiiK-nt scj»! ans, sans jtipenK-nt ni aiipcl j'ai été cha.ssé par le souffle de ses nui ines ; ci j'ai perdu non-seulement ma place , mais un ami riier pardewils lenuffcbé. Cin^ Gtfiitaines sous mes ordres ont été chassés avec moi, pour n'avoir pas pu dire que c'était une chamlnre des lord». > Journ. de Bur» ton, m, 100.

a. Thurloe, vi, 778, 781, 788 ; vii, 4, 'il, ;]:>, 71. Pari Hisi. lii, 1.V28.

3. Cependant Ormond dit à Hyde : «Je crauis que son goût immodéré pour les sociétés ftitiles» efléminées et Tulgaircs , ne soit devenu une partie irrésistible do sa nature , et ne lui permette pas d'anlnfr ses propres desseiSB et Ifit actions des autres, do Tardeur qu'exigeraient w qualité et bien plus encore sa fortune.» 87, 7 jauv. 1G58. Clar. m, 387.

CIIAPITKE HUITIÈME. «S

la loyauté la plus chevalerosque, oflHt de s'assurer sur les lieux des Tues et des ressources réelles de ses partisans. Feignant de se rendre en mission à la cour du duc de Neubourg, ce seigneur^ accompagné d'0*Nell, passa la mer [fin de janvier 1658], débarqua déguisé h Westmarch sur la cAto d'Essex, et marcha droit h Londres. Lh , chai^goant coiiliiiuollomont diiabits et de logements, il parvint h éluder les soupçons dos espions du gouverncuKMit, et eut Foccasion de conférer avec des honunes de dilTérents partis ; avec les royalistes, qui voulaieut la restauration do l'ancienne monarchie; avec les niveleurs, qui consentaient h ce que les droits du roi et des sujets fussent réglés dans un parlement libre ; a?ec les presbytériens modérés , qui, guidés par les comtes de Manchester et de Denbigh, et par Hossiter et sir William Waller, oAraient de s^eir rapporter aux promesses du roi , et avec les plus rigides d'entre ces sectahres, qui, les lords Say et llobarls a leur tcto, demandaient la confirmation des articles auxquels le feu roi avait donné son asscnliuienl dans l'île do Wiglil. Mais il ne put obtenir d'aucun d'eux des assurances sati.^t'aisantcs d'appui. Ils étaient hors d'é(a( dVxécutcr ce qu'ils avaient promis par leurs agents. Ils n avaient ni les moyens, ni le courage, ni les talents né( essaires pour cette entreprise. La plupart refusaient de se déclarer tant que Charles n'aurait pas débarqué avec des forces respectables, et les |>lus ardents demandaient qu'il s^engageAt h être prêt à faire voile dès qu'il apprendrait leur soulèvement, parce qu'il n'y §vait pas de probabilité qu'ils pussent, sans assistance étrangère , tenir tête au protecteur plus d'une quinzaine de jours

Dans CCS conférences, Ormond se trouva fréquemment en contact avec sir Richard Willis , qui était du petit comité , et placé très-haut dans la couliaiicode Charles*^. Willis désapprouva tout net l'entreprise. Les ennemis du roi , fit-il observer , étaient prêts en ce moment h tirer Tépéo les uns contre les autres; mais, une fois que la bannière roydle serait déployée , ils réuniraient leurs efforts contre l'ennemi commun. Cependant, s'il en faut croire Clarendon, l'auteur de ce prudent avis était un traître, quoique un traître d'une bien singulière espèce. On dit qu^U était

1. Lettre do Carte, ii, llH, ISM, 130. Clar. m, .388, 3:>3, 3!).",. Thurloe, i, TlM.

9. ÎjO petit c nmité se composait «le Willis, du colonel Russell, de sir WUliam Couipion, d'K.lward Villiers et de M. Brodcrick, suivant plttsietirs lettres daOf Clarendon ; suivant le due d*York, deg qwtM pMiWf» loid BeltifM et de lord Looghboroagh. Jacquet, i, Sno,

rni vomi avoc (Iroiiiwell , moyennant un salaire annuel, de lui révéler le^> [)i'ujels du roi et des royalistes ; mais à condition qu'il n'aurait aucun rapport personnel avec le prolecteur, qu'il ne serait jamais forcé de citer aucun individu dont il voudrait garder le nom secret y et qu'il ne serait jamais appelé à rendre témoi« gnage ou à fournir des documents pour lA condamnation d'aucun prisonnier K On croit qu'il remplit fidèlemeni pendant plusieurs années cet engagement , et lorsquUl pensa qu'Ormoud était depuis assez longtemps k Londres, il informa Cromwell de la présence du marquis dans la capitale ; mais en même temps fit a?epfir le marquis qu'on avait donné Tordre de l'arrêter. Cet avis eut IVHct désiré. Ormond s'enfuit [15 février] h Shoreham , dans le Sussex, passa à Dieppe; puis, traversant la France sous un déguisement jusqu'à Genève , afin d'échapper aux regards de Lockhart et de Mazarin, il revint, en suivant le Khini rejoindre sou maître en Flandre ^.

Le rapport d'Ormond était peu fait pour encourager Charles : ses dernières espérances furent bientôt détruites par la vigilance de CromwelL Dès que le dégel eut ouvert les ports de Hollande , une escadre de frégates anglaises balaya le rivage [15 mars], captura trois flûtes destinées h Texpédition, en poussa deux h la côte, et bloqua hermétiquement le port d'Ostende ^ [14 avril] . Le projet fut de nouveau remis a l'hiver, et le roi résolut d'aller solliciter, en personne , un secours d'argent h la cour d'Espagne. Mais il fut dissuade de ce voyage et par Hyde et par le caniinal de Retz, qui lui firent sentir combien il était plus avantageux qu'il résidât en Flandre, où il était à même de saisir le premier instant propice que la fortune lui ofEïrirait. Pendant ce temps-là, le cardinal, par son agent à Rome , sollicitait du pape une aide pécuniaire pour le roi, à la condition que, dans le cas où il mon-

]. Ceit la Tenion deClarendon. Dans Thmloe, i, 757, setrouTe une pièce

rignée John Foster, qu'on suppose être l'offre oripinalc faite par Thurloc à AVillis. Il y demande que personne autre que le protecteur ne soit instruit du rôle qu'il joue; qu'on ne le mette jamais en avant comme témoin . que le pardon d'un ami intime Itil soit accordé; et qu'on lui remette 50 liv. avec la ré-

Eonse, 500 liv. à sa première entrevue avec Turloe, et 500 fi v. ouand U leur vrera quelqu'un des conspirateurs contre la personne do Crom^vell.

S. Clar. Hist. m, Ul4-Glb, 6t>7. Le récit de Clurcudon est si souvent inexact,

att'il n*e8t pat prndeni «Vadmeltre aaciine accusation sur sa seule autorité ; mais ans la circonstance présente, il raconte la découverte de la trahison do Willis avec des détails si minutieux, qu'il faudrait une dose considérable d' incrédulité ponr douter que le fond en soit vrai ; et son récit est oonflrmé par Jacques II (Mém. 1, 870), et par d*aotrea documents dont U sera question oi-i^cès.

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