‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 174 sur 276 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

terait sur le Irùnc do ses pères, il aiïranchirait les collioliques de ses trois royaumes de Vinlolérable oppression des lois pénales

Les événements de Thiver, la tentative de Syudercombe, l'ascendant de ropposiiion dans le parlement, et les préparatifs des royalistes pour recevoir le roi exilé, joints à une indisposition lud>Uuelle , avaient aigri et irrité le caractère de GromwelL.n voyait que ce serait faire une dangereuse épreuve que de mettre en jugement les hommes qui avaient servi la cause avec lui ; mais rien ne Tempêcliait de décharger sa vengeance sur les royalistes, et de les convaincre du danj^er d'abuser plus longtemps de sa patience par leurs projets annuels d'insurrection. Dans chaque comté, tous ceux qui avaient été dénoncés, tous ceux môme qui * étaient suspectés, furent mis en état d'arrestation ; une nouvelle haute cour de justice fut établie conformément à Tacle de 1656, et sir Henry Slingsby, le docteur Hewet et M. Mordaunt furent choisis pour être les trois premières victimes. Slingsby, gentilhomme catholique et prisonnier à Hull, avait entrepris de corrompre la fidélité des officiers de la garnison , qui , par ordre du gouverneur, amusèrent la crédulité du vieillard, jusqu'à ce qu'il eût eu rimprudence de leur délivrer [2 avril] une commission de Charles Stuart Le docteur Hewet était un théologien épiscopal, autorisé h prêcher a Sainl-Gregory , et était depuis longtemps un des plus actifs et des plus utiles agents que le roi eût dans le voisinage de la capitale. Mordaunt, frère cadet du comte de Peterborough, avait aussi déployé son zèle pour le roi, en entretenant une correspondance suivie avec le marquis d'Ormond, et en distribuant des commissions royales à ceux qui offraient de faire de^ levées en faveur de Charles. La vérité des charges qui pesaient sur eux n^était pas douteuse; et, connaissant le danger qu'ils couraient, ils protestèrent avec force contre la légalité de la cour, dmandèrent un jugement par jury, et en appelèrent è la Magna Charta et è plusieurs actos du parlement. Slingsby finit par se défendre et fut condamné [l^'' juin] ; Hewet, sous prétexte que se défendre ce serait trahir les libertés de l'Angleterre, resta muet; et son silence , d'après un acte récent , fut j)ris pour un aveu de culpabilité. Mordaunt fut plus heureux. Stapeley, qui, pour sauver sa vie, déposait contre- lui, répugna à le charger, et Mallory, qui devait appuyer le témoignage de Stapeley, avait, quatre jours

1. Lettres de Carte, 186-14S, 145. Clar, Pop. m, 401. 9. Thoiloe, VI, 777, 780^ 786» 930 { m, 46, 47, 98.

IliSrOiiV£ D'ÂiNGLËTËllRE.

té payé pour cacher. La majorité des juges proie ce défaut d'indices, et déclara que la culpabilité UTée ; et, quelques Jours après [9], ils aoquittèrenl, m raisons, deux autres conspirateurs, sir Humphrej apitaine Woodcock. Le fait est qu*tls étaient tas de les exposaient h la censure du public; car la cour nie du peuple, l'ilo abolissait le jugement par jury ; it pas d'enquèle et de dénonciation sur le sertnerit Aes hommes ; elle privait raceusé du bénéfice de la sa procédure était contraire à la loi de trahison, à droit, et au serment môme de gouyemement prêté eur. Cromwell, mécontent de ces acquittements, il conseU, et renvoya le reste des prisonniers devant ordinaires, oh, plusieurs turent déclarés coupables, à subir les peiùes de la trahison ^ grands efforts pour sauver la vie de Slingsby et de veur du premier, on allép^uait qu'il n avait jamais < imposition , qu'il ne s'était jamais soumis h la relue depuis des années il était privé de ses bien.> ut <'n sorte que sa conduite devait plutnl être consi- La tentative d'un prisonnier de guerre pour sortir que celle d'un sujet pour renverser le gouverneg^ment était présenté par son neveu, lord Falconr son récent mariage avec Mary CromweU [19 no* passait pour avoir une grande influence sur son t cause du docteur Hewet était épousée par un plus at, par Elisabeth, la fille favorite de Cromwell, «pii, le, était dans un état de santé délicat et précaire. 1 vain qu'elle intercéda pour Thomme qui lui i^rece de son ministère spirituel; Cromwell fut inexo- V résolu de verser du sang et de faire craindre son aux royalistes, puisque son indulgence ne les avait Tous deux furent décapités ^ [8 juin].

1, 6Ti, Tlîurloe, vu. 159, ICA. State Triaî.^, v, 871, S!=î ^ îX)7. plus intéressants dans Clarendon ; mais une grande partie de ^nement, et une plus grande probablement, controuvée. Il n'est délit de Sllngtby fut antérieur de deux amu es ni qui; llewet Ir TÎsilé le roi en Flandre, m que Mallorv s'ochappa de la salle sment (Voyez Clar. Hist. m, Gld-6â4}. La relation de MaUory, ne» est dans Thurloe, tii, 194, 810.

f 149. Je crois ou'il y a Ueo de douter dea sentimenta de loyauté

Stuail, et de 1 affliction et du drplaisir causés par l'exécution les écnvaiuii aitribueut à Klisabeth Claypoie. Dans une lettre

CUAPITKE HUITIÈME. 427

Duranl Thiver, les succès et les revers des armées ennemies en Flandre s'étaient à peu près balancés. Si, d'un côté , le duc d'York avait été repoussé avec perte lorsquif avait tenté d^emporter d'assaut, pondant la nuit, les ouvrages de Hardick; de l'autre, le maréchal d'Aumont avait été fait prisonnier avec quinze cents hommes par le g(3uverncur espagnol d'Ostende, qui, sous prétexte de livrer la place, Tavait atlirc dans les fortifications. En février, \v traité d'alliance ofTensiv*^ entre la l'rance et rAiigleterre fut renouvelé pour une autre année : trois mille hommes, tirés de divers régiments, furent envoyés par le protecteur pour remplir les vides que la guerre avait faits dans ses troupes, et FarriH' e combinée ouvrit là campagne par le siège de Dunkerque. Les Espagnols reçurent cette nouvelle avec surprise et crainte. Trompés par de faux renseignements, ils avaient employé tous leurs efforts à pourvoir à la sûreté de Cambrai. Les avis réitérés de Charles avaient été négligés ; les grands ouvrages de Dunkerque n'étaient point finis , et la défense de la place avait été laissée a la garnison ordinaire, qui n'était pas de plus de mille hommes, et ceux-ci mediociement a|)|)rovisi()niiés de munitions et de vivres. Peur reparer son erreur. Don Juan, du consentement de son mentor, le marquis Caraeenâ, résolut de hasarder une bataille ; et rassemblant six mille hommes d'infanterie et quatre mille de cavalerie, il vint camper entre le village de Zudcote et les lignes des assiégeants. Alais Turenne , qui connaissait l'organisation défectueuse des armées espagnoles', résolut* de • prévenir l'attaque dont on le menaçait; et le matûi même du lendemain [4 juin], avant que le canon et les munitions des Espagnols fussent arrivés au camp, on vit les forces alliées s'avancer en ordre de bataille. Don Juan plaea h la hâte ses hommes le long d une chauK* de dunes, qui s'étendait du rivage de la mer au canal, donnatit le commandement de Taile droite au duc d'York, celui de la gauche au prince de Gondé, et se réservant le centre. L'action fut engagée par les Anglais, qui se trouvaient opposés à leur compatriote, le duc d'York. Ils étaient conduits par le major-général Morgan; carLockhart, qui était à la fois ambassadeur et commandant en chef, était retenu par une indisposition dans sa voiture. Leur déshr de se distinguer en présence des deux

écrite p;u' elle h su bolle-.sœiir, la femme de II. Cromwell, et datée seulement de quatre jours upr<;8 la mort de ilewet, elle Veugatje à rendre gràçes à Dieu de les ftToir deUvrés de la conspiration de Hewet : cCar oerti^iiemeat, nonseulement sa famille (Je Cromwell^ eût été perdue, mais, selon to cc [uobabilltéy la nation entière eût été baignée oans le 8aag.> m juin. Xhurloe, vu, 171.

4tt HISTOIRE D'AMGLETKaR£.

nations' rivales les emporta bien en ayant de leurs alliés ; mais

ayant fait halte pour reprendre haleine au pied de la dune opposée, ils la gravirx'nt avec impétuosité, reçurent le feu de l'eniHMiii, et , h la pointe de la pique, le chassèrent de sa position. Aussilot le duc cliargea h la tête de la cavalerie espagnole; mais la moitié de ses hommes tomba sous un feu de mousqueterie bien dirigé, et Jacques lui-même ne dut la conservation de sa vie qu'à la trempe de son armure. Cet avantage toutefois fut chèrement acheté : dans le régiment de Lockhart, il resta à peine un officier pour prendre le Gonunandement.

Pendant ce temps, Faction avait commencé sur la gaucho, où. le prince de Condé , après un combat opiniâtre , fut forcé de ae retirer au bord du canal. Le centre ne prit point part à rengagement ; car le régiment placé a son extrême gauche se voyant pris en flanc par les Français qui poursuivaient Condé , abandonna précipitamment sa position, et cet exemple fut itnilé successivement par toute la ligne. Mais, dans rintervalle , le duc d'York ayait rallié son infanterie rompue ; et pendant qu'elle faisait lace aux Anglais, il chargea' ces derniers en flanc, à la tôte de sa compagnie de gardes à cheval. Quoique mis en désordre, ils continuèrent de combattre, se servant de la cipsse de leurs mousquets contre les épées de leurs adversaires; et au bout de quelques minutes, plusieurs escadrons de cavalerie française arriyèrent h leur aide. Jacques fut entouré ; et désespérant de trouver son sahit dans la fuite, il se fit passer hardiment pour un ofticier français; se dirigea, à la tête de vingt cavaliers, vers la droite de leur armée; et passant avec soin entre le> ditîérents corps, il arriva sans exciter de soupçons au bord du canal, par lequel il gagna rapidement Furnes*. La victoire des alliés fut complète. La cavalerie espagnore ne fit aucun effort pour protéger la retraite de son infanterie, dont tous les régiments furent successivemeni entourés dans la poursuite et forcés de se rendre. Turenne'et ses officiers attribuèrent sans difficulté le principal mérite de ce bril- lant succès au courage et 'k la fermeté des i^giments anglais : h Whitehall, on Tattribua aux prières du lord protecteur, qui, le joûr même, observait avecson conseil un jeûne sol(mnel,pour implorer les bénédictions du ciel sur les opérations de l'armée alliée ^.

1. Voyez le récit de cette bataille par Jacques lui-même, dans ses Mem. 98S-868. Aussi Thurloe, vu, 155, 156, 159.

3. « Vraiment, > dit Thurloe, «.je n'assistai jamais à un exercice de ce genre, où j*«ie TU une plm fnmde etaion de foi et de prière.» Ibid. 166. «Le 8e^

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