CHAPITRE HUITIÈME
Ne pouwnt résister a leurs ennemis en pleine canipagno, les gônôraux espagnols résolurent de retarder leurs progrès par la défense la plus opiniâtre des difTérentes forteresses. Le prince de Ligne entreprit celle dTpres; le soin de Newport, de Bruges et d'Ostende fut confié au duc d'York; et Don Juan retourna à Bruxelles hâter les nouvelles levées des différentes provinces. Au bout de quinze jours, Dunkerque capitula [17 juin] ; et le roi de France en ajant pris possession , remit de sa propre main les clefs h Fambassadeur d'Angleterrç. Gravelines fut réduite bientôt après ; le prince de Ligne se laissa surprendre par Tactivilé supérieure de Turenne ; Ypres ouvrit ses portes, et toutes les villes des bords do là Lys se soumirent Tune après Taulre ;nix vainqueurs. Karement peut-être on avait vu une campagne piu^ désastreuse pour les armes de TEspagne ^
Aux yeux des observateurs superficiels , Cromwell pouvait maintenant parattre avoir atteint Fapogée du pouvoir et de la grandeur. Au dedans, il avait découvert j déjoué et puni toutes les conspirations tramées contre lui ; au dehors, son armée avait moissonné des lauriers; ses flottes balayaient les mers; son amitié était recherchée par toutes les puissances, et il réglait comme médiateur les différends entre le Portugal et la Hollande, et entre le roi de Suède et Télecteur de Brandebourg. Il avait récemment envoyé lord Falconberg complimenter Louis XIV a son arrivée à Calais ; et, peu de jours après, il reçut la vi^^ite du duc de l'réqui, qui lui apportait une épée magnifique de la part de ce prince ; et celle de Mancini , avec un autre présent de tapisserie , de la part de son oncle, le cardinal Mazarin. Mais par-dessus tout , il était maintenant en possession de Dunkerque, le grand objet de sa politique étrangère depuis deux ans , la porte par laquelle il devait accomplir les desseins de la Providence sur le continent. Cependant le fait est que son autorité en Angleterre n^avait jamais été plus précaire qu'en ce moment ; et d'un autre Côté, les souds
gnenr,» dit Fleetwood, «poussa le cœur de Son Altossc à mettre ce jour à
Çart pour chercher le Seigneur; et en effet, il se manifesta un très-bon esprit, 'andis que nous étions en prière, ils se battaient; H le Seiftneur a donne une réponiie signalée. Et le Seigneur nous a avoués, non-seulement dans notre tAchc là-bas, mais dans nos services' auprès de lui, par la voie de la prière, oiii est en effet notre ancienne voie expérimentée et éprouvée dans tous nos embatrai €C difflcnltés.» ma. 150.
1. Xacqnes, Mém. i,859. Thurloe. ▼ii,169, 170, 215. S'il fant en croire Temple (il. '4' \ Cromwell vit qu'il avait eu tort d'aider les Français, et olînt d unir ses forces à celles de l'Espaçne, pourvu que le siège de Calais fût la première tentative de l'armée comoiBee.
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et les inquiétudes du gouvernement, joints à la crainte d'attentats contre sa personne et au poids des chagrins domestiques , minaient rapidement sa constitution , et Tentraînaient , des briltantes et sédaisantes yisions de rambition, aux ténèbres et au silence de la tombe.
!• Cromwell était II présent réduit à la situation qui avait été la source de tant de calamités pour le feu roi : ses dépenses excédaient de beaucoup son revenu, (jiioique le dernier ]»arlement eût pourvu, et pourvu amplement, on le croyait alors, a la splendeur de son élablissemeu,t et h tous les frais de la giici ro, il avait déjà contracté d'énormes dettes; son échiquier était souvent tari jusqu'au dernier shilling; et ses ministres étaient obligés d'aller mendiant (telle estTexpression du secrétaire d'état) un emprunt temporaire de quelques mille livres, avec Tagréabie prévision d^un refusé U regardait Tarmée, dont il avait cantonné la plus grande partie aux environs de la métropole, comme son principal, son seul appui contre ses ennemis ; et tant que ses soldats avaient été bien vêtus et bien nourris, il avait pu compter sur leur attachement ; niais maintenant qué leur solde était arriérée , il avait lien de craindre que le mécontonfement ne les portât h écouter les snîzprestions des officiers qui voulaient renverser son pouvoir. A la vérité, précédemment, il s'était tiré d'embarras semblables en imposant des taxes de son autorité privée; mais ce^te conduite -était si fortement réprouvée dans la pétition et avis, et il Pavait récemment abjurée avec tant de solennité, qu^il n^osait pas renouveler Texpérience. n essaya 'de faire un emprunt parmi les négociants et les capitalistes de la Cité; mais son crédit et sa popularité s'étaient évanouis : en déclarant la guerre aux Espagnols, il avait tari une des sources les plus abondantes de profit, le coininerce avec Tî^spaj^ne; et le nombre des }»rises faites par l'enuemi, et qui s'élevaient h plus de mille avait ruiné beaucoup d'opulentes maisons. On éluda sa demande en exigeant des garanties sur les terres des particuUe^s en province. Il restait un troisième expédient, s'adresser ati parlement; mais Cromwell, comme Charles I®', avait appris à redouter le nom seul de parlement. U avait constitué à son troi^ de ces assemblées , et cependant il n'en avait pu plier aucun à ses vobntés. Prmsé •toutefois par les instances continueiles de Thurloe , il chargea