‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 180 sur 276 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

tant au sénat qoe sur le ohamp de bataille , et il se déiilo) d d*uoe manière frappante dans ses discours et ses prières la veille an soir de sa mort. 11 faut oependani (^server qu'il mit toujours sa religion d^aooord arec son ambition. S*il croyait que la cause dans laquelle fl s'était embwNfoé était la oause de Dieu, il oroyait aussi que Dieu l'avait choisi pou? ôfa« Vhenreux diampbn de cette cause. Ainsi Thonneur de Dieu s'identifiait It son prc^ire avancement, et les artilices que suggérait sa politique étaient sanctifiés h ses yeux par ro])jot ultérieur auquel il visait : la difTusiou de la sainteté et rétablissement du règuo du Ciirist parmi les hommes ^

CUAPITRE NEUVIEME.

PROTECIOKAT.

Richard Cromwell protecteur. — Parlement convoqué ; — 4iil0iit. — Goil» TffiiMMiit wUtaire. — Long partMoiit féMi ; — «polié de noarean ;

léinflUné. ^ Monk à LondrM* — Béadmission des memhro^ exclus. —

Loti- parlement dinouB. — Le parlement-conTeniion. — Restauration de Charles II.

De sa femme, Elisabeth Bourchier, Cromwell laissait deuxflls, Richard et Ih'ury. La caniéie de (v> deux jeunes gens offrit, au début, un contraste romanjuable. Durant la guerre civile, Richard vécui dans le Temple, kéquen ta la société des Cavaliers, cl passa mm tenps dans les plaisirs et la débauche, llorry ^'éiait rendu aoi %Qartiers de son père j et son itTancement fut si rapide, qu'h rige 4e tiogt ans il ayait le bmet de capitaine dans le régiment des gardes de FairfoXi le lordrgénéral. Après rétablissement de la république, Hlcliard se maria ; et s'étant retiré chez son beaupère, à Hursley dans le llampshire, il s'adonna aux occupations ordinaires des gentilshonunes campagnards. Henry accompagna sou iière lors de la réduction de T Irlande, pays qu'il gouverna

1. L'ambassadeur de Venise remarque que durant le protectorat Londres avait Vaîr d'une ville de gamiaon, où Von ne voyait que des marches de troupes e où Von n'entendait que le son des tambours et des irompettes- U decorp ei gran dezza di Londra ha molto cangiato di faccia, lu nobiltà, chela rendeva conspicua, sta diYiaaper la campagna, et la delecatezza délia corte la pin sontuosa et la pin allegro di-l mondo, frcciuentata da principîtli daiuf, et abundan^ neiil niu scclti traUencmenti, e cangiata al présente in una peri-eiui marcnia et con- Camarchia, in ui; incessante strepito di tamburri, c di trombe, et in stnoio numéros! di soldati et ofiiciali diverti ai poBtL Sagredo. Voyee aussi une lettre interceptée dana Xhurloe, iiy 670.

440 OISTOIRB lyÀIIGLKrBaïUS.

ensuite, cV abord avec le rang de major-général, puis avec celui de lord-député. Ce no fut que la seconde atinée du protectorat, que Cromwell parut se rappeler qu'il avait un lils aîné. Il le fit lord du comnier( e, puis chancelier de F université d'OxIord, et enfin membre de la nouvelle chambre des pairs. Comme ces honneurs étaient bien inférieurs à ceux qu'il prodiguait à d'autres personnes alliées à sa iàmille, on en conclut qu'il avait une médiocre opinion des talents do Richard. Une conclusion plus probable, c'est qu^il craignait d'exciter la jalousie do ses officiers, et s'abstenait sei-^iicusenient de ce qui aurait pu confirmer le soupçon gcnci al, (ju il avait le dessein do reudro le protectorat bércditaire dans sa famille.

Dès qu'il eut expiré, le conseil s'assembla, et le résultat de la délibération fut Tordre de proclamer Richard Cromwell protecteur, motivé sur ce que feu son altesse Tavait déclaré son successeur dans cette dignité ^ Il ne s'éleva pas un murmure d'opposition : la cérémonie s'accomplit en tous lieux de la manière dont on a coutume d'annoncer l'avènement d'un nouveau spuve> rain ; et des adresses de condoléances et de félicitations affluèrent de l'armée, de la marine, de cent églises congréganisles, et des bourgs, des cités et des comtés. Il semblait que les Bretons nés libres eussent été convertis en une nation d'esclaves. Ces écrits étaient rédigés dans le style le plus outré d'adulation, ornés d'allusions forcées tirées des Ecritures et de toute Texlravagance de l'hyperbole orientale. « Leur soleil s'était couché, mais la nuit n'était pas venue. Ils avaient perdu le père nourricier dont la main avait brisé le joug de la servitude qui pesait sur le cou et la conscience des saints. La Providencei d'un seul coup funestOi avait ôté la respiration à leurs narines, et fait tomber leur tète

1. Il paraît y avoir de honncs raisons de douter de celte assertion. Thurloe (vu, 372) informe bien Henrjr CromweU que son père a Dommé Richard soD sticcessear le lundi précédent ; mais sa lettre ftit écrite après qne Richard eut été proclamé, elle contenu en est impossible à concilier avec b s Icfrc^ écrites avant. Nous en avi)us une de lerd Falcoiiberp, à la date du lundi, disant qu'aucune nomination n'avait ele laite, et «pie Thurloe avait promis de la SDggérer, mais 4Uf [«roli iblemont il n'accomplirait pas sa promesse (ibid. 365) $ et une autre de Tluirloe lui-même à Henry Cromwell, mentionnant la même chose quant k la nouiinfition (ibid. 364). On dira peut-être que Kichai'd l'ut nommé le lundi après que les lettres furrat écrites ; mais U existe une seconde lettre do Thurloe, datée du mardi, où il est dit que le protecteur était toujours incapable de s'occuper des alTaires publiaues, et que les choses resteraient, il le craignait bien, jusqu'à la mort de Son Altesse, dans l'état qu'il a décrit ûiom sa lettre de lundi (ibid. 360). On prélendit plus tard que la nomination avait eu lieu dans la nuit fjui précéda la mort du protecteur, en présence d»^ ipuitre membres du conseil (Falconbery dans Thurloe, '310 , et Barwick, iind. 4lô ) ; mais ce dernier igoute que beaucoup de gens doutent qu'eUe ait jamais eu lieu.

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de leurs épauleî^; mais elle leur avait doiiiic en retour la plus Doble branche de cette souche renommée, un i^rince distingué par le charmant ensemble de sa personne, mais plus encore par 1q8 qualités éminenif^s do son esprit. Feu le protecteur ayait été VU Moïse pour conduire le peuple de Dieu hors de la terre d'Ë-^ gypte; son fils serait un Josué pour les mettre en plus complète possesâon de la vérité et de la yertu. Elie avait été enleiré au eiel : Elizée restait sur la terre, héritier de son manteau et de son esprit * ! »

Les royalistes qui s'étaient persuadé que tout Tédifice do la puissance prutectoriale s'écroulerait à la mort de Cromwcll, virent avec stupéfaction racquiescement général donné a Tavénement de Richard; et les princes étrangers, qui avaient jugé prudent de solliciter l'amitié du père, s'empressèrent alors d'offrir leurs félicitations au ûis [tà sept.]. Cependant, quoique Tho* rizon parût calme et serdn» un œil expérimenté pouvait aisément découvrir les éléments d^un orage prochain. Les offiders tenaient des assemblées secrètes; on émettait tout bas des doutes sur la nomination de Richard par son père; et on encourageait parmi les soldats Topinion que, comme la république était Touvrago de l arméo, la première cliargc de la république devait appartenir au commandant de Tarmée. C'était pour cette raison que le protectorat avait été donne à Cromwell ; mais son tils n'avait jamais tiré l'épée pour la cause; et permettre que le pouvoir suprême lui échût, c'était déshonorer, déshériter les hommes qui avaient souffert si cruellement et perdu tant de sang dans Ut lutte.

Ces plaintes avaient été probablement suggérées, à coup sûr elles étaient fomentées par Fleetwood et ses amis, les colonels Cooper, Berry et Sydenham. Fleetwood était brave sur le champ

de bataille, mais irrésolu au conseil, avide de pouvoir, mais retenu continuellement par des scrupules de conscience, attaché par principes au républicanisme, mais prêt à acquiescer a tout changement, sous prétexte de soumission aux décrets de la Providence. Cromwell, qui connaissait l'homme, l'avait élevé au commandement en second de l'armée, et nourrissait son ambition

1. Los ministres ô( ossais à Edimbourg, au lieu de se joindre à ces adresses, firent des priôrcs le dimanche suivant ' pour que le Seigneur fût n iséricordieux envers les exiles, et ceux qui étaient en captivité, et les fît revenir avec des gerbes de joie : qu'il délivrât tout son peuple da joag de Pharaon et des donneurs de t<lciio rK^'y})te , et qu'il abattit leoTs opprenean et hâkAt Tépoque ' de leur délivrance. » Tiiurloe, vu, 41G.

4>*2 HIOTOmE I) ANGLETERRE.

dePespoir loinlain et trompeur de lui succéder dans la luagisira* ture suprême. Le protecteur mourut; et Fleetwood, au lieu d*ftgir, hésita, pria et délibéra : il laissa passer le moment propice ; Il acquiesça à la décision du conseil en tiTOur de Richard ; puis se repentant de sa fsiblesse, il chercha h se dédommager de cette perte, en restreignant Tautorité du protecteur h radroinistratioB civile, ot en obtenant pour lui-mônio le commandant exclusif et sans conlrAlo do Tannée. Sous le dernier gouvernement, les assomldccs des officiers avaient cté entravées et prohibées ; maintenant on les encouragi'a h se nimir et à délibérer; et au nombre do plus de deux cents, ils présentèrent à llichard une pétition par laquée ils demandaient qu^aucun officier ne pût être destitué que par une sentence de cour martiale, et que le commandement en chef des forces et la d^|position des brerets fùssent conférés h quelqu^un qui, par ses services passés, eût prouvé son attachement à la cause, n ne manqua pas de gens qui conseillferent au protecteur d'anéantfr d'un seul coup les espérances des factieux en arrêtant ot emprisonnant les chefs; mais des avis plus modérés prévalurent, et dans un discours ferme, mais conciliant, compost' ]iar le secrétaire Thurloe, il répondit [\h oct.] que pour satisfaire leurs désirs, il avait nommé son parent, Fleet^ wood, lieutenant général de toutes les forces; mais que se départir du commandement en chef et du droit de donner et de reprendre les brevets, ce serait agir contrairement à la « pétition et avis, » acte en vertu duquel il avait Pautorité suprême. Pendant quelque temps ils parurent satisfaits; mais les principaux ofBders continuèrent de tenir des assemblées dans la chapelle de Saint-James, ostensiblement dans le but de prier, mais en réalité pour délibérer. De nouvelles jalousies s'éveillèrent ; on disait qu'un autre commaiidiitil (on voulait parler de Henry Cromuell) serait mis audessus de Fleetwuod ; Thurloe, Pierrepoint et Saint-John furent dénoncés comme de mauvais conseillers ; et il devint évident a tous les observateurs attentifs que les deux partis entreraient bientôt en collision. Le protecteur pouvait compter sur les armées d'Irlande et d'Ecosse. En Irlande, son frère Henry gouvernait sans opposition; en Ecosse,. Honk, par sa judicieuse répartition des troupes et sa vigilance à maintenir la discipline, avait privé les mécontents des moyens de tenir des assemblées et do corrcs' pondre entre eux. En Angleterre, il était si\r de huit colonels, et par conséquent, h ce qu'on supposait h tort, de leurs régiments respectifs, qui foriuaiont la moitié de l'armée régulière. Mais ses

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adv eisaires étaient maUres do Fautre moitié| étaieni Munigonlé dûiis le conseil, et voyaient chaque jour leur nombre se groHir d'hommef qui penchaient secrètement yars les princ^as répabUiOftinSi ou qui oherohaient à s^acoréditer au^ès d'un parti qu'ils ooQttdéraient omome ajrant le plus de dumces de préraloir dana k lutte qui s'approchait ^

L'attention publique fut distraite de ces intrigues par les obsèques du fou prolecteur. Il fui résolu qu'eHos surpasseraient eu luagnificence celles de tous les souverains précédents; et à cet cifet, elles furent célébrées avec le cérémonial observé h l'en terreinent de Philippe II d'Espagne. Soiuerset-house tut choisie pour la première partie de rexposition. Les speotateursi après avoir iNuisé [26 sept.] par trois salles tendues de drap noir^ furent admis dans la c^aioWe fiinètoe, où, entourée de ciergesi se yoyait une alfigie de Cromwellf re?étue dfes habillements royaux et couchée 8«r un lit d'apparat qui ccmTrait ou était censé couvrir le ceiv oneil. De chaque côté étaient les différentes pièces de son armure : dans une des mains était placé le sceptre, dans l'autre le globe; et derrière la tete, une couronne impériale reposait sur un coussin dans un fauteuil d'apparat. Mais en dépit de toutes les précautions, il devint nécessaire d'enterrer le corps avant le jour marqué ; et le cercueil fut secrètement déposé la nuit dans un caveau, à Tel* tfémité ocddentale de l'aile du centre. dans Westminster-abbey, SOUS le somptueux oénotaphe qui venait d'être érigé. L'effigie fut •lors tnmspcNrtée dans une salle plus yaste i au lieu d'élre ooi»» diéei die Ait mise debout» et parut deyant les spectateurs non* seulement ayeo les emblèmes de la royauté dans les mainsi mais ayec la couronne sur la tête. Pendant huit semaines, ce spectacle fut donné au public. Comme le joui fixé pour les obsèques approchait, le bruit courut qu'il y aurait une insurrection pendant la cérémonie; mais on borda les rues de gardes des plus fidMes régiments; le corté^ge, composé des principaux personnages do la ville et de l'armée, des officiers de l'état, des ambassadeurs étrangers et des membres de la famille du protecteuTi défila sans inteiruf tîon [28 noy .) ; et refûgie ^ était portée sur un char, au

1. Pour ces particularités, voyez les lettres dans Tharloe, vu, 886, 406, 418, -11.1, m, .1?7, 428, 447, t'O, 11?, l':?, m, l«>n, loi, m, 493, 495, m, ■197, 4y8, 500 , 510 , 511. îelle était la métiance entre les partis, que Hirhurd et son frère Henry n'osaient pas correspondre par lettres, t Je ne cumte i)as ([u'on n'ouvre toutes les lettres adressées à Son Altesse ou venant d'elle, qu'on pourra soupçonner de traiter d'affaires. » 4j4. Pour ]m pfÎBCipes qpM profes8ai«nt uiiiinteuant les niveleurs, voyez note (J;.

lieu ûn corps, fut placée, avec In solennité convenable, dans le cénotaphe doat nous ayons parlé. Cest ainsi que la fortune se louait des vues ambitieuses de Cromw^. Ces honneurs de la royauté qu'elle lui avait refusés durant sa vie, elle tes lui prodiguait après sa mort ; puis, au bout de quelque» mois, reprenant ses dons, elle remplaçait la couronne par une corde , et le royiâ moniimont de Tabbaye par une fosse ignominieuse à Tybum*.

Avant que le lecteur passe aux affaires plus importantes de Tintéricur, il doit jeter un coup à\v'\\ rapide sur les r(4ations de rAngleterrc avec les états étrangers. La guerre qui sévissait depuis si longtemps entre les couronnes rivales de France et d'Espagne tirait à sa fin; Louis n'attachait plus d'imporUnce h l'assistance de TAngleterre, et on laissa expirer au temps marqué le traité auxiliaire qui ayait été.renouT^é d'année en année [août]. Mais le nord de TEurope réclamait vivement Faitentiim du nouveau protecteur ; car le roi de Suède, après une courte paix, avait de nouveau tiré Tépée contre son ennemi, le roi de l)anemarck. Les intérêts commerciaux des états maritimes étaient gravement compromis dans cette lutte : TAngleterre et la Hollande se préparèrent à secourir leurs alliés respectifs; et une escadre hollandaise se joignit à celle de Danemarck, tandis qu'une division anglaise, sous le commandement d'Ayscue, arrivait en aide an monarque suédois. La rigueur de Thiver força Ayscue de revenir; mais dès que la navigation du Sund fut ouverte, deux flottes puissantes liirent expédiées dans la Baltique, Tune par le protecteur, Tautre par les Etats; et Moûtague, Tamiral anglais, fut chargé de la mission délicate et difficile nonHEmlement de surveiller les mouvements des Hollandais, mais aussi de les contraindre a observer la paix envers les Suédois, sans leur donner sujet de commencer les hostilités contre lui-même. Il réussit à cet égard; mais aucune offre de médiation ne put réconcilier les monarques belligérants; et nous verrons Montagne croisant encore dans la Baltique à l'époque où Richard, dont il tenait sa commission, sera forcé d'abdiquer la dignité protectoriale 2. Peu de jours après les funérailles de son père, à la surprise

1 Thurloe, vi, 528, 329. CarrinKton apud Noble, i. 3CU-3GS). Lt-s frais seuLn du drap noir, en ceite oceaalon, nreat de 6,939 Ut. 6 ■. 5 d. Btbltoth. «o». Il, 448. Je ne fa» pu menUon des contes puérils sur renlèTenent du corps dv protecteur.

2. Joum. de Burton, m, ôlCy. Thurloe, vol. vu, passim. Lettres de Carte, ii, 157-182. Londorp, viii, (Wô, 7U8. Dumont, vi, 244, 252, 2t)0.

CiiAl*lTH£ N£UV1ÊM£. 445

da public, le protecteur convoqua un parlement [30 no?.]. Comment, se demandait-on, Richard pouvait^il espérer dominer une telle assemblée, lorsque le génie et Tautorité d'Oliver s'étaient

trouvés au-dessous de cette tâche? On en reconnaissait la difficulté; mais les arrérages dus à l'armée, l'épuisement du trésor et la nécessité de chercher un appui contre les projets des officiers, le foi'caient de tenter rcxiicriciice, et il se tlatla de l'espoir de réussir en évitant récueil contre lequel, dans Topinion de ses conseillers , la politique de son père avait échoué. Oliver avait adopté le plan de représentation préparé par le long parlement avant sa dissolution, plan qui, en ôtant aux bourgs les moins . considérables leurs franchises, et en multipliant le nombre des comtés, avait rendu les élections plus indépendantes du gouver^ nement : Richard, sous prétexte de faire une faveur îi la nation, revint h l'ancien système, et, si nous en croyons le calcul de ses adversaires, les bour^ïs n'envoyèrent pas moins de cent soixante membres sous l'inlUience de la cour et de ses partisans. Mais il eût été dangereux d'adopter le même plan dans les pays conquis d'Ecosse et d'Irlande. On demanda donc à chacun d'eux trente représentants, et, comme les élections se firent sous les yeux des commandants de Tarmée, les membres, à une seule exception, se montèrent les serviteurs dociles du gouvernement ^

On regarda toutefois comme un présage peu feivorable que lorsque le protecteur, à Pouverture du parlement, manda les communes h la chambre des lords, près de la moitié des membres refusai d'obéir [27 janvier 1659]. Ils ne voulaient pas sancliomier par leur présence Texistencc d'une autorité dont ils avaient dessein de contester la légalité, ni admettre la supériorité de rang des nouveaux pairs, représentants du protecteur, sur eux, représentants du peuple. Dès que la chambre basse fut constituée, elle se divisa en trois partis distincts : l°Les protectoristes for* maient environ la moitié des membres. Ils avaient reçu pour instructions de s^en tenir fidèlement aux clauses de «cThumble pétition et avis, » et de considérer le gouvernement d'un seul, avec Taide des deux chambres, comme base inaltérable de la constitution. 2° Les républicains, qui n'étaient pas plus de cinquante, compensaient la faiblesse du nombre par leur énergie et leur éloquence. Vane, Hareng, Lambert, Ludlow, Nevil, Brad-

1, Thurloe, vu, 541, 560. Ludlow, ii, 170. Bethel, Brirf j^amillv«, 810. Com/mmo» éê V Angleterre, "p. 4. London, 1668.

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44e HIBTOIIIB D'ANGLETBMUI.

sli.iw et Scot étniont toujours prêts à discuter, bien au fait îles formes parlemeulairos, et toujours aux aguets pour profiler du nian(jue do savoir ou d'expérience de leurs adversaires. Avec eux votait Fairfax, qui, après une longue retraite, reparaissait sur la scène. Constamment assis près ûb Uazlerig, il était Técho de ses opinionsi et il joua si adroitement son rûle, il sut si bien s'ancrer dans leur confiance, que, quoique royaliste au fond du cœur, ils lui destinaient la charge de lord-général, en cas d'expulsion ou d'abdication de Richard. 3" Les « modérés ou neutres » tenaient, connue iioinitrc, le milieu entre les protectorisles et les républicains. (^)ut l(|ues-un> li'cnlre eux flottaient entre les deux partis; niais beaucoup ('laiciit des Cavaliers déguisés qui, par ob(''i-saiu'c aux ordres de Charles, s'étaient fait envoyer à la chambre, ou des jeunes gens qui, sans aucun principe arrêté en politique, se laissaient guider par les suggestions des Cavaliers. Hyde avait donné pour instructions à ces derniers d^entraver les plans du pro* lecteur» en dénonçant k la chambre les actes illégaux commis sous la dernière administration, en mettant en accusation thurioe et les principaux officiers de Tétat, en fomentant des dissensions enli'e les courtisans et les républicains, et en jetant leur poids dans la balance, tantôt en faveur d'un parti, tantôt en faveur de l'autre, selon qu'il paraîtrait le plus avantageux aux intérêts du royal exilé

Les lords, se sachant sur un terrain peu solide, eurent soin de ne pas provoquer l^hostilité des communes. Ils n^envoyèrent aucun message, ne firent aucun bill» mais, rempkçant les aifoirQ» d^état par des questions de religion, ils trouvèrent moyen de pas^ ser leur temps à discuter la forme d^un catéchisme national, sur le péché qu'il y avait k permettre les représentations théâtrales et les corruptions papales que Ton supposait exister dans le livre de prières conununes^. Dans la cbambre basse, le premier sujet (jui mit en évidcnc e la fi>rme des dillerents partis fut un bill [l'*" fin rierj, qui, sous prétexte de rc'connaître Richard Cronnvell pour successeur légitime de son père, aurait entraîné le parlement à afiquiesoer à la forme existante de gouvernement. Les

1. Thurloo, I, 700; vu, 562, 604, 605, 000, 015, 610. Cînr. Vav. Tii, i34, 4ds. 433, 434. 436. Il y avait 47 républicains, de lOU à 140 faux répabUctlni et nmires, W hommet de lei et plus de 100 roBettomiBirei. Ibid. A/m. Ils

comiufiictTcut par un jour de jeinie et de mortification dans la chambre , et quatre ministres les tinrent à entendre prier et prêcher de neuf heures à six. Journ. de Burton, et Joum. 4 fcv.

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