CHAPITRE NEUVIÈME
provoquer le niécontoiiloaient da peuple, ils prêtèrent avec zclc leur assistance au parti républicaiu. 11 fut prouvé que, tandis que le rerenu ayait doublé, les dépenses ayaient crû dans une pro<portion plus grande; on se plaignit d^actes d'opjpression, dé ga»> pillage, de péculat et de tyrannie dans la percq>tion de Taccise ; on blâma séyèrement Pinhumanité de yendre comme esclayes aux planteurs des Indes occidentales les individus qui déplaisaient au gouvernement*; chaque jour le comité des •ïiiefs dénonçait à la chambre des exemples d'extorsion ; on oidonna de mettre on jugement Boteler, accusé d'oppression dans son office do niajor-général, et on en menaça îhurloe pour (•onduite illégale en qualité de secrétaire d'état. Mais en même temps que ces mesures éveillaient les espérances et satisfaisaient les ressentiments du peuple, elles répandirent Talarme dànsParmée : tout homme qui avait la conscience d'avoir abusé du pouvoir de Tépée, commença à trembler pour sa sûreté, et une fermentation inaccoutumée, présage certain de violences militaires, se fit remarquer dans les quartiers généraux de plusieurs régiments.
Jusqu'alors les officiers généraux avaient été partagés entre Whitehall et \\ allingford-house, résidences de Richard et de Fleetwood. A \\ hilehall, le lord Falconberg, beau-frère du protecteur, Charles Howard, qu'Oliver avait créé vicomte Ingoldsby, \V halley, Goffe et quelques autres, formaient un conseil militaire dont le but était de maintenir Tascendant de Richard dans Tarmée. A Wallingford-house, Fleetwood et ses amis se consultaient sur les moyens de le dépouiller du commandement et de le réduire à la condition de magistrat civil ; mais maintenant Ton vit paraître a SaintJames un troisième et plus nombreux conseil, composé de la plupart des officiers inférieurs et guidé par les secrètes intrigues de Lambert, qui, n'ayant pas de
1. Cîar. Pop. 111, 4S9,.4S9. Thurloe, 6^. Journ. de Burton, in, 448 ; ir, 955;
263, 301 , ion, 1?0. Il éUdt dit, dans une pétition, (\\ïc soixante-dix personnes, qui avaient été arrêtées àVoccasion du soulèvement de Salisbury, après une aimée d'emprisonnement, ayaient été rendues itlaBarbade pour «1,550 livres pesant de sucre l'une dans l'autre, plus ou moins, selon leur l'ueiilté de travail. bans le nombre se trouvaient des théologiens, des officiers et des gentlemen, qui étaient représentes comme «moulant aux moulins, veillant aux fournaises et bêdiast dans cette île brûlante} |Missant continuélleinent d'un colon à un antre, ou saisis comme «les chevaux ou des bestiaux pour les dettes de leurs maîtres -, étant fouettés aux poteaux comme des criminels au gré de leurs maîtref, et dormant dans des étakdes pires que céUes des poorceanx en Angleterre.> Ibid. S5S. Voyei aussi Thurioe, i, 745.
9. Le yîcomte Howard de Morpeth, 20 juiUet 1667, crée plus tard baron J)acre, vicomte Uoward de Morpetb, et comte de Carlislei par Ciiarles ilp 80 avril lOUl.
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coramiBsioii lui-même, s'abstenait de siéger parmi eux, et{Nir rinfiuenee pakute de Desberougfa, homme hardi et insouciim^ qui commençait k mépriser la conduite flsible et vacillante de Fleetwood. On y conçut le plan ûHin conseil général d*offlciers; lequel plan fut suivi de Tadoption de « lliumble représentation cl ]H'titioii, » acte rédige dans dos termes trop modérés pour doiiiKM* aïKMin sujet raisonnable d'offense, mai? qui laissait on- Ifiidri' Ix aucoup plus de ehoses qu'il ne jugeait prudent d'en exprimer. Kllc ne faisait point d'allusion au droit conteste du protecteur, ni aux sujets de discorde entre les deux chambres; mais elle se plaignait amèrement du mépris dans lequel la bonne vieille cause était tombée , des menaces et des poursuites faites contre les patriotes. qui s^étaient signalés en sa bveur, et des privations auxquelles les troupes étaient réduites par un système qui laissait arriérer leur solde de tant de mois. En finissant elle demandait le redressement de ces griefs, exposait rattachement des signataires h la cause pour laquelle ils avaient versé leur sang, et déclarait qu'ils étaient prêts h se rallier au protecteur et au parlement pour la dilViulre ^ Ce papier, revêtu de six cents signatures, fut présenté a Richard, qui le reçut d'un air satisfait, et le transmit à la chambre basse. Il y fut lu, déposé sur le bureau et dédaigneusement négligé. Mais les chefs du parti militaire traitèrent la chambre avec un égal dédain : après avoir obtenu le consentement du protecteur, ils établirent m conseil permanent d^offici^s généraux, et alors, au heu de remplir les espérances avec lesquelles ils avalent endormi ses soupçons, ils votèrent suiTcssivement que la cause commune était en danger, que le commandement de Tarmée devait être remis à une personne en qui elle eût conliance, et que tous les officiers seraient sommes de certifier leur approbation de la mort de Charles 1®*" et des actes subséquents des troupes, mesure dirigée contre l'assemblée de Whitehall, dont les membres étaient accusés de pencha secrètement vers la cause de la royauté^. Cela était asseï alarmant; mais en outre les officiers des milices signifi^eat ieor . adhésion la « représentation » de Tarmée, et plus de six centa soldats du régiment commandé autrefois par le colonel Fride publièrent leur détermination de seconder leura offiders dans
loe, 659.