CHAPITRE NËUVIÊMË
on n^admit aucan rang intermédiaire entre le lieutenant général ei les colonels; Fleetwood fut nommé lieutenant général [9 juin] avec le commandement en chef en Angleterre et en Ecosse, mais
limité h une courte durée, révocable à volonté, et dépouillé de plusieurs des pouvoirs qui y avaient été annexés jusqu'alors. Toutes les commissions militaires furent révoquées, et il fut ordonné qu'un comité de neuf membres recommanderait aux emplois d'officiers dans chaque régiment ; que leur mérite respectif serait discuté dans la chambre, et que ceux qui auraient subi cette éprenye recevraient leurs commissions au bureau de la main du président. Le but de cette disposition était dair : elle tendait k rendre vaine la déclaration des militaires, à écarter les hommes d^nne ûéèlifé douteuse, et à fiiire dépendre les autres, ipour leurs positions, du bon plaisir de la chambre. Fleetwood et ses partisans résolufent de ne jamais se soumettre a celte dégradation, tandis que les soldats s'amusaient h tourner en ridicule râge et les infirmités do celui qu'ils appelaient leur nouveau lord-géneral, le président Lenthall; mais Hazlerig obtint Fadhésion du colonel Hacker et de ses officiers. Leur exemple par degrés en entraîna d'autres; et, à la fin, les plus mécontents, quoique avec honte et regret, consentirent à en passer par cette humiliante cérémonie. Les républicains se félicitèrent de leur victoire ; ils n^avaient (ait 4^'acoélérer leur défaite K
Depuis la mort de Gromwell, le roi exilé n^avait cessé d'observer avec un vif intérêt le cours des événements en Angleterre, et chaque jour ajoutait à son espoir d'une issue favorable. L'état incertain de la nation, les dissensions de ses ennemis, les rapports flatteurs de ses amis et les offres de coopération d'hommes jusqu'alors opposés k ses droits, lui persuadèrent qu'il toucliaitau jour de sa restauration. Afin de ne point laisser échapper l'occasion par sa propre lenteur, il annonça [4 juin] aux chefs des roya- .listes son intention de venir en Angleterre, et de hasarder sa vie au milieu de ses fidèles stijets. H y eut è peine un comté oh la plus grande partie de la noblesse et de la haute boui^ieoisie ne s'engageât pas k se rallier sons son étendard. Le 1*' août fut fixé pour le soulèvement général; il fût décidé Qnfflet], dans un conseil tenu à Bruxelles, que Charles se rendrait déguisé sur les côtes de Bretagne, ou il pourrait trouver le moyen de passer eu
1 . Joum. passim. Lndtow. tr. U7. Décl«r«tioa des offloien, S. TIhbIm. S99.
Clar. Hist. ni, 605.
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lit mSTOM ITAMOlimMB.
(iallos ou dans le Cornwall; (|uc le duc d'York, avec six cenls vt'lcrans fournis par le prince de Condé, s'end)anjii»'rait à Boulogne, et tenterait une descente sur la cote de Kent ; et que le duc de Gloucester le suivrait d'Ostende avec rarniée royale, forte • de quatre 0ûlle hommes, sous les ordres du maréchîd iMarsin. Malheuieusement les alTaires en Angleterre ayaieni jiuM[ae-là été conduites par le conseil nommé ce le knot » (le petit comité), à la tète duquel était sir Richard Willis. WilliS| le lecteur le saiti était un traître; mais ce n*ét^t que depuis peu que Charles a?ait été édairé sur sa perfidie par Morland, secrétaire de Thurlœ, qui, pour faire sa paix, avait envoyé h la cour k Bruges plusieurs des coniniunii ations originales de la main de \\ illis. Cette découvorle sur[»rit et ornbarras.sii le roi. Publier la conduite du traître, c'était le provoquer à faire d'autres révélations; la cacher, c'était se rendre cornpli' e d« la perte de ses partisans et de la ruine de ses propres espérances. 11 reconuuauda d'abord à ses correspondants d'être réservés dans leurs rapports avec a le knoê; » puis il ordonna [18 juillet] à Willis de le rejoindre m certain jour è Calais, et, loirsque cet wdre &it méconnu [1*' août], il défendit ouvertement aux royalistes de lui donner des renseignements et de suivre ses avis ^.
Mais ces précautions venaient trop tard. Après la déposition du protecteur , Willis avait continué d'être en relation avec ïhurloe, qui, au moyen des renseignements qu'il obtint de la sorte, fut en état de desarmer le ressentiment de ses anciens adversaires. Dès le commencement de juillet, le conseil avait en son pouvoir le plan des royalistes. On demanda aussitôt desren- ' forts aux armées de Flandre etdlrlande; on ordonna une levée de qnatme régiments de mille hommes chaque [13]; onfnriides mesures pour mettre sur pied la milice ; on fit de nombreuses arrestations dans la Cité et dans toutes les parties du royaume, et
1. Clar. Pop. III, 614, 517, ."318, 520, 524, 52n, 520, 531, 535, 53G. Willis soutint qu'il était mnocont , et le fU croire à liea!icnuji de c'cns. Echard (j). 72!^ a publie une lettre signée de Woiiand, dixan iu4uelic ou lui lait dire qu'il lia, jamais eayoyé une seule des lettres de Willis au roi, et qu'il n'a même jamais sa son nom : d'cix TTrirris ii, 915) infère que toute l'impntrition est fausse, f'epeildant personne n eu pourra mettre en doute la yérite , après avoir examine las prennes qui existent dans les Papiers Clarendon (m, 518, 520, 529, 533, 535, 53(5, 542, 549, 556, 558, 562, 563, 574, 583, 585), et dans la collection des Lettres de Carte (ii, 220. 256, 284). En elTet, la lettre de Willis, du 9 mai Ui60, où il sollicite le pardon du roi, ne laisse aucun doute {Clar. Pap. 643). Que Morland ait été le délateur, et par conséquent qtie la lettre qui est dans Echardsoit fabri-
âuee, ecla est évident, d'afires lu récompense qu'il reçut à la restauration . et 'après son propre aveu à Pepys. Vo>ez i'epj s, i; 79, tt^, 188, 8*. Voyw am>si «Vie de Jaoqmes » 870.